Une entrée fictive est une entrée délibérément incorrecte dans un ouvrage de référence comme un dictionnaire, une encyclopédie, une carte Dans ces ouvrages, les entrées tirent d'ordinaire leur origine d'une source externe fiable, mais aucune source n'existe pour une entrée fictive.

Noms En anglais, les entrées fictives sont parfois appelées , terme créé par le New Yorker à partir d'une entrée biographique fictive de l'édition 1975 de la . Le (littéralement « piège à copyright ») est un élément imaginaire volontairement introduit dans la fabrication d'un ouvrage ou d'une carte dans le but de détecter les plagiats ou les atteintes au droit d'auteur qui seraient commis ultérieurement.

Un autre terme, nihilartikel, combine le latin (« rien ») et l'allemand (« article »).

Motivations Les canulars mis à part, une entrée fictive peut être introduite pour détecter les atteintes au droit d'auteur. En introduisant une information fausse dans un ouvrage, il est plus facile de mettre en évidence un plagiat si cette entrée est copiée avec le reste. Ce motif est admis dans la préface de l'édition 1964 des tables mathématiques de : « » (« ces [erreurs] connues composent un piège inconfortable pour un aspirant plagiaire »). De façon similaire, on peut trouver des (littéralement « rues pièges ») sur une carte ou des numéros inventés dans un annuaire téléphonique. Elles ne peuvent toutefois pas forcément constituer une preuve suffisante de plagiat.

Une contrefaçon, destinée à induire le lecteur en erreur, n'est en général pas perçue comme une entrée fictive.

Exemples

Sources officielles La plupart des listes de membres du comprennent l'homme politique fictif Jakob Maria Mierscheid, qui serait un membre du parlement depuis 1979. Parmi ses activités, il aurait contribué à un important symposium à Francfort sur le , un animal tout aussi fictif.

Travaux de référence L'ouvrage allemand inclut une entrée fictive : la description d'un sport romain, l’, qui ressemble au football moderne.

L’ (1887–1889) contient environ fictives.

Zzxjoanw est la dernière entrée de , par Rupert Hughes ; introduite en 1903, elle reste présente dans les éditions suivantes jusque dans les . Identifiée comme un mot maori pour « tambour », il est prouvé par la suite qu'il s'agit d'un canular (le mot est suspect car le maori n'utilise pas les lettres j, x et z).

En 1975, la contient l'entrée fictive Lillian Virginia Mountweazel. Sa biographie prétend qu'il s'agit d'une conceptrice de fontaine et une photographe, connue pour , une collection de photographies des boîtes aux lettres de l'Amérique rurale. Elle serait née à Bangs, Ohio, en 1942 et morte en 1973 dans une explosion alors qu'elle travaille pour le magazine Combustibles. est le sujet d'une exposition à Dublin, Irlande, en examinant sa vie et ses œuvres fictives.

En 1980, la première édition du contient deux entrées fictives : Guglielmo Baldini, un compositeur italien, et Dag Henrik Esrum-Hellerup, qui aurait composé pour la flûte. le nom d'Esrum-Hellerup dérive d'un village de la banlieue de Copenhague. Ces entrées ne sont pas présentes dans les éditions suivantes, ainsi que dans les rééditions de l'édition de 1980.

En , le reçoit une couverture médiatique quand une fuite révèle que sa seconde édition contient au moins une entrée fictive. Il s'agit du mot « », défini comme « l'évitement obstiné de ses responsabilités officielles », qui est ajoutée dès l'édition de 2001. Il s'agit d'un piège à plagiat intentionnel, le texte du livre étant distribué électroniquement et ainsi facile à copier.

L'encyclopédie médicale allemande contient l'entrée (), un animal mangeant la roche. Son nom scientifique, Petrophaga lorioti, fait mention implicite de son origine : une création de l'humoriste Loriot. Supprimée en 1996, elle fait son retour l'année suivante à la suite des protestations des lecteurs, avec une section additionnelle portant sur le rôle de l'animal dans la chute du mur de Berlin.

Parmi les ouvrages de Joel Whitburn sur les hits parades, on trouve que la version de de culmine à la pour la semaine se terminant le . Toutefois, n'a pas publié cette semaine-là et Marterie n'a jamais enregistré cette chanson. Dans sa compilation des du , Whitburn inclut la chanson fictive , du groupe , tout aussi fictif. Dans les de , du groupe D.A. apparaît dans les pendant trois semaines en 1979 ; Whitburn passe trois décennies à chercher une copie du disque avant de conclure qu'il n'existe pas. Le seul groupe qui aurait pu l'enregistrer, DA!, basé à Chicago et actif à cette époque, dément avoir chanté cette chanson.

Cartes Les entrées fictives sur des cartes sont appelées de diverses manières : , , ville de papier, folie de cartographe

En 1978, les villes fictives de , dans l'Ohio, ont été insérées dans la carte officielle du Michigan, un clin d'œil à l'université du Michigan et à sa rivale traditionnelle, l'université d'État de l'Ohio.

La ville d'Agloe, inventée par des cartographes, a finalement été identifiée à un vrai lieu par l'administration du comté car un bâtiment, l', a été érigé à son emplacement fictif. Cette « ville » est évoquée dans le roman La Face cachée de Margo de John Green.

Néanmoins, dans la littérature la « ville de papier » demeure souvent un effort d'imagination de l'auteur. Il s'agit d'innover, ou d'adapter le réel aux besoins du scénario.

, un sommet américain fictif de la ligne continentale de partage des eaux, est présent sur plusieurs cartes locales au début des . On suppose qu'il s'agit d'une création du dessinateur Richard Ciacci. Cette fiction reste ignorée pendant deux ans.

En 2001, au Royaume-Uni, l' obtient un règlement à l'amiable de de livres sur un conflit l'opposant à l' après que cette dernière a reproduit du contenu des cartes de la première sur ses propres cartes. L' dément toutefois avoir introduit des « erreurs délibérées » sur ses cartes, affirmant avoir identifié le plagiat par des ressemblances stylistiques comme la taille des routes.

La ville anglaise fictive d'Argleton est étudiée par dans un épisode de Punt P.I, programme de BBC .

Divers Le livre du paléontologue australien Tim Flannery, , écrit en collaboration avec le peintre , décrit certains des animaux les plus étonnants. Il met en garde qu'un de ces animaux est le produit de leur imagination, à charge pour le lecteur de déterminer lequel.

Chaque numéro du catalogue de contient un produit fictif et donne lieu à un concours ; la meilleure suggestion de la personne l'ayant détecté est incluse dans l'édition suivante.

À l'été 2008, l'institut météorologique public slovaque, SHMÚ, soupçonne qu'un service commercial concurrent, meteo.sk, détourne ses données, suspicion aggravée lorsque après une panne de trois heures du site de SHMÚ, celui de meteo.sk n'est pas mis à jour. Le , SHMÚ altère délibérément la température à Chopok de à . Après peu de temps, cette température apparaît également sur le site concurrent.

En 2010, Google prétend que ses résultats de recherche pour une faute d'orthographe sur commencent à apparaître sur Bing. En conséquence, Google fabrique des résultats de recherche où une centaine de requêtes comme « delhipublicschool40 chdjob » ou « juegosdeben1ogrande » retournent vers une même page sans aucun lien. Neuf de ces faux résultats sont observés par la suite chez Bing.

Fiction Dans Tlön, Uqbar, Orbis Tertius de Jorge Luis Borges, une entrée encyclopédique sur le pays mystérieux d'Uqbar conduit le narrateur à la région de Tlön, tout aussi imaginaire.

Les entrées fictives jouent un rôle central dans un roman de John Green, La Face cachée de Margo.

Dans le roman Fight Club de Chuck Palahniuk et dans le film éponyme, l'entreprise de Tyler Durden est dénommée "Paper Street Soap Co" et domiciliée dans la Paper Street House, au 537 Paper Street, un clin d'oeil aux rues fictives insérées par certains géographes dans leurs cartes pour repérer les plagiaires.

Notes et références

Références . . . . . . . . . . . . . . .

Voir aussi Bibliographie . . . . .

Articles connexes Poisson d'avril

Pot de miel Salage (cryptographie)

Liens externes