Chronologie de l'économie Années 1940 - Années 1950 - Années 1960 Événements Afrique 1949-1959 : plan de développement économique décennal au Congo belge. 1950 : la British South Africa Chartered Company cède ses droits miniers à la Rhodésie du Nord avec une période transitoire de 36 ans.

1952, Maroc : sur 706 médecins, 11 sont marocains. Sur plus de 200 architectes, un seul est marocain.

1953-1958 et 1959-1964 : plans de développements dans les colonies portugaises de l'Angola et du Mozambique ; ils bénéficient principalement aux exploitations agricoles des colons. 1953 : famine dans le Wollo et le Tigray en Éthiopie, causée par la sécheresse et des invasions de sauterelles. Oran compte musulmans et Européens. 282 musulmans sont scolarisés dans l’enseignement secondaire, pour Européens. 1953-1954 : famine chez les Ugogo au Tanganyika.

1955 : publication du plan de trente ans de Van Bilsen pour préparer les Congolais à l'indépendance.. Il prévoit la formation d’une classe d’indigènes élevée au Congo belge : de 1950 à 1958, les emplois salariés passent de à dans le secteur privé, de à dans le secteur public et le nombre d’entreprises indigènes est multiplié par 9, passant de à . mise en place d’organismes de stabilisation des prix et de soutien à la production agricole en Côte d'Ivoire et au Cameroun. 1955-1959 : la Grande-Bretagne reçoit 44,9 % des exportations de ses possessions d’Afrique occidentale et leur fournit 43,4 % de leurs importations, 53,2 % des exportations de ses possessions d’Afrique centrale et leur fournit 37 % de leurs importations, 25,6 % des exportations de ses possessions d’Afrique orientale et leur fournit 37,4 % de leurs importations. : début de la production de pétrole au Gabon, au forage d'Ozouri à trente kilomètres de Port-Gentil, par la Société des Pétroles d’Afrique Equatoriale Française.. vignette|Une du journal Al-Ahram sur la nationalisation du canal de Suez. : nationalisation de la Compagnie du canal de Suez. 70 % des importations britanniques et 50 % des importations françaises transitent alors par le canal. Le capital de la compagnie se partageait entre le Trésor britannique et petits porteurs français. Les revenus tirés de l’exploitation du canal serviront à financer la construction du barrage d’Assouan. 1957-1958 : famine dans le Tigray, le nord le Wollo et en Érythrée en Éthiopie ; elle aurait touché un million de personnes et provoqué la mort de . 1958 : début de la production de pétrole au Nigeria.

Amérique 1952 : le président Jacobo Árbenz Guzmán lance une réforme agraire au Guatemala pour redistribuer la terre aux indigènes et aux créoles pauvres. Elle menace les intérêts de la société américaine United Fruit Company. Il est renversé par un Coup d'État organisé par la CIA en 1954. vignette|La réforme agraire en Bolivie, 1953. 1952-1964 : révolution des forces de gauche en Bolivie. Le MNR amorce un processus d’incorporation des couches populaires au régime révolutionnaire. Il favorise la création de syndicats comme la Centrale ouvrière bolivienne (COB, 17 avril) et la Confédération nationale des travailleurs paysans de Bolivie (CNTCB, ). Le nouveau régime bolivien affranchit les Indiens et impose une réforme agraire (). La Bolivie est alors le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. L’espérance de vie à la naissance est de l’ordre de 40 ans et le taux d’alphabétisation n’excède pas 30 %. Les trois quarts de la population vivent de l’agriculture mais les rares terres cultivables sont aux mains de grands propriétaires recourant au pongueaje, pratique féodale de travail forcé accompagné de services personnels gratuits, pourtant interdite en 1945. Un puissant secteur minier assure les recettes de l’exportation et entretient des conditions de travail inhumaines. vignette|Construction des bâtiments ministériels de Brasilia en 1959. 1953 : publication par l'économiste keynésien Howard Bowen de l'ouvrage Social Responsibilities of the Businessman, qui a joué un rôle fondateur dans l'émergence de la notion de responsabilité sociétale des entreprisesAux sources de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise. (Re)Lecture et analyse d’un ouvrage fondateur : Social Responsibilities of the Businessman d’Howard Bowen (1953) - Aurélien Acquier et Jean-Pascal Gond. 1956–1961 : phase de modernisation au Brésil sous la présidence de Juscelino Kubitschek (anos JK). Grâce à l'importante aide américaine, une longue période de progrès économique et d'enrichissement s'ouvre pour le Brésil. Entre 1950 et 1980, avec un taux de croissance de 7 % par an en moyenne, le PIB est multiplié par huit, cependant le revenu par habitant n'est multiplié que par 3,4 et les inégalités sociales s'accentuent. Le gouvernement brésilien intervient pour accélérer le processus d’industrialisation. Le Brésil possède métiers à tisser (coton). La production nationale d’acier représente 66 % de la consommation nationale en 1951. Le Brésil compte alors 52 millions d’habitants. Après 1956, Juscelino Kubitschek, décidé à promouvoir « 50 ans de progrès en cinq ans », parvient à mobiliser les Brésiliens autour de la modernisation du pays, symbolisé par la construction en quatre ans d’une nouvelle et futuriste capitale, Brasilia sur les plans de l’architecte Oscar Niemeyer. Le développementisme fait progresser l’industrie de 10 % par an, au prix d’un endettement public considérable. L’excès de la demande, et l’insuffisance de l’offre provoque une augmentation de l’inflation et nécessite une dévaluation.

L’Argentine, le Brésil et le Mexique représentent 72,4 % de la production industrielle totale de l’Amérique latine. Dans ces trois pays, l’industrie compte pour plus de 20 % du PIB.

Le PNB des États-Unis représente 40 % du PNB mondial ; il détiennent les deux tiers des réserves d'or et le dollar supplante la livre sterling ; leur flotte marchande représente les deux tiers de la flotte mondiale, ils produisent les deux tiers du pétrole et la moitié du charbon de la planète. Les dépenses pour la défense passent de 13 milliards de dollars en 1950 à plus de 50 milliards en 1953.

Asie 1950 : d'après Angus Maddison, la Chine ne produit plus que 4 % du PIB mondial, alors qu'elle était la plus grande puissance en 1820 et qu'elle le redevient au début du . Interview de Michel Volle.. le Moyen-Orient représente 17 % de la production mondiale de pétrole en 1950. Les revenus pétroliers de l'Arabie saoudite passent de 56 millions de dollars en 1950 à 110 millions en 1951, 212 millions en 1952, 300 millions en 1959. 1951 : à l’instigation des États-Unis, les pays occidentaux mettent en place un embargo sur les produits stratégiques à destination de la Chine, ce qui permet aux pays du Chincom de monopoliser le marché chinois. Cet embargo, levé se révèle une catastrophe pour certains pays d’Asie, comme la Malaisie qui rompt l’embargo en juin 1956 en livrant du caoutchouc afin de pouvoir écouler ses énormes stocks et d’enrayer la chute des cours descendue à 25 cts contre 45 cts en décembre 1955. 1952 : Punjab Gram Panchayat Act.. Création en Inde du système des panchayats ou « conseil de village » à partir d’un projet élaboré par les Américains. Chaque village doit élire son panchayat qui élabore ensuite une sorte de plan de développement rural basé sur la création d’une coopérative. 1952–1973 : le Japon connait une haute croissance de l’économie, qualifiée de « miracle » (10,2 % par an de 1950 à 1973). L’industrie japonaise amorce en grand sa reconstruction. 1953 : l’Inde se tourne vers l’Union soviétique pour contrebalancer l’alliance américano-pakistanaise. Entre 1953 et 1959, le volume des échanges entre les deux pays est multiplié par quinze. 1954 : la guerre d’Indochine a fait officiellement « tués, décédés ou disparus » dans le camp français, dont Français. La guerre a coûté 3000 milliards de francs (1953), dont plus de 60 % à la charge de la France, soit 10 % des ressources françaises pendant les dix ans de conflit. Elle a empêché la réalisation du plan d’industrialisation de 1946 et marque l’échec du projet fédéral souhaité par la France en Indochine. En 1954, les États-Unis financent la guerre d’Indochine pour près de 80 %. Inde : développement industriel dans le secteur des équipements lourds, plus particulièrement dans l’industrie sidérurgique et métallurgique. L’Union soviétique intervient dans les produits pétroliers (raffinerie de Baurani), les complexes industriels (aciérie de Bhilai et de Bokaro). Les secteurs de l’aluminium, du ciment, de la production d’électricité, du charbon et des biens de consommation (automobiles, bicyclettes, ustensiles de cuisine, réfrigérateurs…) progressent également. Le développement des PME reste décevant.

1956 : lancement d'un plan quinquennal de redressement économique en Corée du Nord (1957-1961).. 80 % du potentiel économique de la Corée du Nord est détruit à la fin de la guerre. La discipline « spartiate » du PPTC et l’encadrement rigoureux de la société nord-coréenne permettent un redressement et un développement considérables juste avant 1960. La politique des plans de développement permet la reconstruction d’un secteur industriel important. Cette politique économique s’appuie, à partir de novembre 1956, sur un mouvement de mobilisation des travailleurs le Ch’ollima undong, le mouvement du Cheval volant. Les ouvriers sont invités à produire à un rythme accru. : nouvelle résolution de politique industrielle en Inde définissant les catégories d’activités selon le rôle que l’État doit y jouer : les secteurs de la défense et l’industrie lourde relèvent de la compétence de l’État ; dans d’autres secteurs (communication, chimie, etc.), les sociétés publiques et privées peuvent se développer concurremment et un troisième groupe est entièrement laissé au privé. Une Commission de planification est chargée d’élaborer les objectifs concrets pour le développement de chaque secteur concerné. 1956-1960 : plan quinquennal en Indonésie. Il est difficile de le mettre en application, une grande partie de l’économie dépendant de capitaux étrangers. Les profits transférés à l’étranger représentent à peu près le tiers de l’ensemble des investissements prévus pour ce plan. La République ne peut investir dans son économie les revenus des exportations et la production des cultures vivrières augmente moins vite que celle des produits destinés à l’exportation. 1958 : la collectivisation des terres est achevée en Corée du Nord. 1958-1961 : le Grand Bond en avant, lancé pour développer l’industrie chinoise, entraine une grande famine dans les campagnes chinoises, qui tue entre 15 et 36 millions de personnes. 1959, Inde : un projet de réforme agraire est défini en janvier par le parti du Congrès à Nagpur. Nehru relance le mouvement des coopératives agricoles qui doivent permettre à l’État d’assurer des prix agricoles relativement bas et d’offrir des denrées de première nécessité dans les magasins d’État. Une limitation à l’étendue des propriétés est instituée pour affaiblir les zamindars, ainsi qu’une série de mesures au profit des cultivateurs non propriétaires. Les réformes agraires, du ressort des Assemblées régionales, sont mises en œuvre très lentement, freinées par les solidarités de classes et de castes. Elles réussissent cependant à instaurer une nouvelle forme de propriété fondée sur la législation occidentale.

En Indonésie, au milieu du , 13 % des familles possèdent 82 % des terres et possèdent chacune plus d’un hectare ; 87 % ne possèdent pas de terres ou ont des exploitations de moins d’un hectare. En 1952, le secteur industriel représente 10 % du revenu national. En 1954, 96 % des grandes plantations appartiennent à des étrangers. La part des petits producteurs dans les exportations s’accroît ; en 1956, ils produisent en de caoutchouc contre aux grandes plantations.

Europe Europe orientale et URSS