Repsol S.A. (Ibex 35Fiche de Repsol S.A. sur le site de la Bourse de Madrid, consultée le juin 2013.) est une société anonyme espagnole, fondée en « 1987. Nace el grupo Repsol », sur le site officiel www.repsol.com.. Elle centre ses activités autour de l'exploration, la production, le transport et le raffinage du pétrole et du gaz naturel. De plus, elle fabrique, distribue et commercialise des produits issus de la pétrochimie, et du gaz naturel. Elle est emblématique de l'industrie pétrolière en Espagne actuelle.
La société, créée en 1987, résulte de la fusion de plusieurs sociétés espagnoles du pétrole et de la pétrochimie, Hispanoil, Enpetrol, Butano, CAMPSA et Petronor, autour de l'Institut national des hydrocarbures (INH). Elle fusionne, en 1999, avec la société argentine YPF sous le nom de Repsol YPF. En 2012, à la suite de la nationalisation d'YPF par le gouvernement argentin, la société retrouve son nom de Repsol.
Description
Le nom de Repsol dérive de la marque de lubrifiant commercialisée par la société REPESA (Refineria de Petroleos de Escombras en espagnol), ancêtre de la société actuelle.
En 1991, l'Institut national des hydrocarbures espagnol (INH), face à la fin imminente du monopole gouvernemental sur le pétrole, se fixa comme objectif de créer une entreprise à capital mixte public-privé qui exploiterait les actifs pétroliers de l'État. Au moment de lui trouver un nom, une enquête de rue montra que les deux seuls mots que les gens associaient avec le monde du pétrole étaient CAMPSA (nom de l'ancien monopole d'État) et REPSOL : c'est ce dernier nom qui fut choisi pour la nouvelle société.
Histoire
Origines (1927-1986)
250px|thumb|Raffinerie de Puertollano, en Castille-La Manche.
Le est créé, sur l'impulsion de Miguel Primo de Rivera, la Régie du monopole du pétrole S.A. (Compañía Arrendataria del Monopolio de Petróleos S.A ou CAMPSA)« 1927. Campsa », sur le site officiel www.repsol.com.. Société d'économie mixte, avec une participation minoritaire de l'État, CAMPSA devait développer les capacités de raffinage en Espagne. En 1942, ses activités sont attribuées à l'Institut national de l'industrie (Instituto Nacional de Industria ou INI), créé l'année précédente par le pouvoir franquiste« 1941. Se sientan las bases », sur le site officiel www.repsol.com. dans le but de renforcer le poids de l'État dans la gestion des activités liées à l'énergie. Le est créée l'Entreprise nationale Calvo Sotelo (Empresa Nacional Sotelo ou ENCASO), chargée des activités à Puertollano et à Carthagène, au Levant espagnol.
En 1948 est constituée la société REPESA (Refinería de Petróleos de Escombreras)« 1948. Refinería moderna », sur le site officiel www.repsol.com., chargée de gérer la nouvelle raffinerie d'Escombreras, dans le port de Carthagène. Ouverte en 1951, cette raffinerie, considérée comme la plus moderne d'Espagne, comporte un centre de recherches et produit des lubrifiants et de l'asphalte. Elle commercialise de l'essence, des huiles et des lubrifiants, « Repsol » étant la marque la plus réputée de la société. Le est créée l'entreprise Butano S.A., distributeur de gaz. Le succès de Butano S.A. vient de la méthode de vente, car le gaz est vendu aux consommateurs chez eux, le gaz étant transporté par camion jusque devant la porte« 1957. Gas butano puerta a puerta », sur le site officiel www.repsol.com..
À partir des années 1960, l'État espagnol cherche des alliances avec des groupes étrangers, afin de développer ses activités. En 1961, le ministère de l'Industrie autorise la constitution d'un groupe par la compagnie américaine Marathon Oil Company et la PETROLIBER (Compañía Ibérica de Petróleos S.A.), afin de construire et exploiter une raffinerie à La Corogne. En 1964, CAMPSA, avec l'aide technique des Américains Chevron et Texaco, découvre du pétrole à La Lora, dans la province de Burgos« 1964. Oro negro en España », sur le site officiel www.repsol.com.. En 1965, la création d'Hispanoil (Sociedad Hispánica de Petróleos S.A.) répond au projet de développer l'exploration et la production d'hydrocarbures hors du territoire espagnol« 1965. Hispánica de Petróleos S.A. », sur le site officiel www.repsol.com.. Hispanoil réalise ses premiers forages dans le golfe de Syrte, en Libye, en accord avec les compagnies française Elf Aquitaine et américaine Murphy Oil. Au début des années 1970, les différentes sociétés espagnoles se développent. Les activités pétrolières se développent, en particulier au Pays basque, avec la raffinerie de Bilbao, et en Catalogne, à Tarragone où est créée l'ENTASA (Empresa Nacional Petróleos de Tarragona), le « 1971. La refinería Catalana », sur le site officiel www.repsol.com..
Les années 1970 sont l'heure de la reprise en main des activités pétrolières par l'État espagnol. En 1972, CAPSA, Fierro et PETROLIBER vendent leurs participations dans le groupe Hispanoil à l'Institut national de l'industrie (Instituto Nacional de Industria de España ou INI) et à la Direction générale du patrimoine de l'État (Dirección General de Patrimonio del Estado)« 1972. Hispanoil nacionalizado », sur le site officiel www.repsol.com., ce qui implique la nationalisation totale du groupe. Le , REPESA absorbe ENCASO et ENTASA, donnant naissance à ENPETROL (Empresa Nacional de Petróleos), société détenue à 71,7 % par l'État à travers l'INI. En 1981, afin de favoriser la cohérence des politiques de l'État, est créé l'Institut national des hydrocarbures (Instituto Nacional de Hidrocarburos ou INH), qui regroupe les participations de l'État dans PETROLIBER, HISPANOIL, CAMPSA, ENPETROL, ENIEPSA, ENAGAS et Butano S.A., compagnies dans lesquelles l'État a une participation majoritaire ou est le seul propriétaire. L'INH est une entité de droit public qui dépend directement du ministère de l'Industrie et de l'Énergie« 1981. Instituto nacional de Hidrocarburos (INH) », sur le site officiel www.repsol.com..
Pourtant, à partir du début des années 1980, dans le but de l'intégration espagnole à l'Europe, la politique de l'État commence à changer en faveur d'une libéralisation du secteur énergétique. Le , l'État attribue à CAMPSA la gestion du réseau de transport des produits pétroliers et gaziers, c'est-à-dire les oléoducs, les terminaux de stockage et la flotte de camions-citernes« 1984. Hacia la liberación del sector », sur le site officiel www.repsol.com.. En 1985, l'État met en place un plan afin d'arriver à la libéralisation du secteur en 1992« 1985. Inicios de la compañía », sur le site officiel www.repsol.com.. En 1986, l'INH cède ses participations dans CAMPSA à trois entreprises différentes, Petronor, Petromed et ENPETROL. Hispanoil recentre ses activités sur l'exploration pétrolière et absorbe la même année ENIEPSA (Empresa Nacional de Investigación y Explotación de Petróleo).
Naissance et développement de Repsol (1987-1999)
Le groupe Repsol, avec un capital de pesetas, est créé en : ce nouveau groupe aux ambitions internationales qui regroupe les entreprises dans lesquelles l'État espagnol avait une participation majoritaire, à travers l'INH, actionnaire unique, dans les domaines de l'exploration, la production, le transport et le raffinage d'hydrocarbures. Repsol S.A. détient cinq filiales : Repsol Exploración (ancienne Hispanoil), qui regroupe les activités liées à l'exploration et au transport ; Repsol Petróleo (ancienne ENPETROL), qui regroupe les activités liées au raffinage de produits pétroliers ; Repsol Butano (ancienne Butano S.A.), qui regroupe les activités liées au transport et à la commercialisation de gaz naturel ; CAMPSA ; Petronor ; Repsol Química (ancienne Alcudia), d'abord filiale de Repsol Petróleo, puis qui gagne en autonomie quelques mois plus tard, regroupe les activités liées à la fabrication de produits chimiques d'origine pétrolière.
En 1989, le gouvernement commence la privatisation de Repsol à hauteur de 26 % du capital de la société. En 1991 est créé Gas Natural qui regroupe les activités de l'INH dans le domaine du gaz. En 1997, l'État espagnol achève le processus de privatisation de la compagnie.
Expansion internationale (1999-2012)
thumb|250px|Logotype de l'ancienne société Repsol YPF, à la suite de la fusion de Repsol avec l'argentin YPF.
Entre janvier et , REPSOL acquiert 97,81 % des actions de la société pétrolière argentine YPF S.A., donnant naissance à une entreprise multinationale sous le nom de REPSOL YPF, S.A« 1999. Entrada de YPF » sur le site officiel www.repsol.com.. La nouvelle société est alors une des plus grandes entreprises pétrolières privées du monde, opérant dans plus de trente pays, en particulier en Amérique latine où elle occupe une position de premier plan dans le pétrole et le gaz.
La présence en Amérique latine devient l'une des clefs du développement et de la croissance de la nouvelle société : en 2000, la compagnie poursuit ses investissements à Cuba, au Chili, en Argentine, en Colombie et au Venezuela, mais elle acquiert aussi 45 % de Lipigas, leadeur du marché chilien de gaz liquide et rachète les activités de BP à Trinité-et-Tobago« 2000. Un nuevo milenio » sur le site officiel www.repsol.com.. En 2001, en accord avec Petrobras, Repsol YPF devient le pétrolier du Brésil« 2001. 2ª Petrolera integrada de Brasil » sur le site officiel www.repsol.com.. La même année, la société s'associe à SAMO S.R.L, afin de créer sa filiale en Bolivie. En 2002, Repsol YPF, dans le contexte de la crise argentine, devient le pétrolier privé au Venezuela« 2002. Impulso a la tecnología » sur le site officiel www.repsol.com.. En 2003, la compagnie renforce ses activités au Mexique« 2003. Salto del GNL » sur le site officiel www.repsol.com.. En , Repsol crée au Brésil une coentreprise avec le numéro 1 pétrolier chinois Sinopec pour exploiter les actifs du groupe pétrolier espagnol dans le pays. La société chinoise détient 40 % du capital avec un apport de fonds de 5,2 milliards d’eurosLe chinois Sinopec s'allie à Repsol au Brésil, La Tribune.fr, octobre 2010.
Repsol YPF maintient également ses activités en Europe. En 2002 est ouvert à Móstoles, près de Madrid, le Centre technologique (Centro de Tecnología) de Repsol YPF, plus grand centre de recherche et développement dans le domaine pétrolier d'Espagne. En 2004, Repsol YPF reçoit un prix Platts pour son investissement dans le pompage du pétrole qui menaçait les côtes espagnoles à la suite du naufrage du Prestige« 2004. Premio al mejor proyecto de ingeniería » sur le site officiel www.repsol.com.. Parallèlement, le groupe recherche des alliances avec des sociétés énergétiques russes : en 2006, Repsol YPF achète 10 % de la West Siberian Ressources et signe plusieurs accords avec Gazprom afin de développer des synergies en Europe, en Russie, en Amérique latine et en Afrique« 2006. La más transparente » sur le site officiel www.repsol.com.. En , le groupe pétrolier russe Lukoil se montre intéressé dans l'acquisition de 30 % des actions de Repsol YPF, en rachetant 20 % appartenant à Sacyr et 10 % à Caja Madrid, sans que le projet aboutisse.
Expropriation d'YPF
thumb|250px|Station service Repsol.
Le , la présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, multiplie les critiques envers le groupe hispano-argentin, dont elle juge les investissements insuffisants, et lui retire douze concessions sur le territoire argentin, à la suite de l'augmentation de plus de 100 % du prix de l'essence dans le pays. Le , elle annonce la nationalisation à 100 % de la filiale argentine du groupe, partagés à hauteur de 51 % pour l'État argentin et 49 % pour les provinces productricesDépêche AFP, « L'Argentine contrôlera 100 % de la compagnie pétrolière YPF », Le Monde, 16 avril 2012..