thumb|300px|right|La synagogue et la place du marché La synagogue de Höchst sur le Main, inaugurée en 1905, a été détruite en 1938 lors de la nuit de Cristal comme la plupart des autres lieux de culte juif en Allemagne.

Höchst sur le Main est une ville indépendante dans les environs de Francfort-sur-le-Main, jusqu'à son rattachement à Francfort en 1928. Elle devient alors un quartier de Francfort qui compte de nos jours environ habitants.

Histoire de la communauté juive La communauté jusqu'à l'avènement du nazisme Jusqu'à la fin du Moyen Âge, très peu de Juifs ont vécu à Höchst sur le Main. Aux , on ne compte pas plus de deux familles juives.

L'apparition d'une communauté moderne remonte au . En 1635, il n'y a qu'une seule famille juive. En 1648, il est fait état de deux propriétaires de maison juifs, Joseph Jud et Moschin Jud, et de deux propriétaires fonciers juifs, Simon Osterbach et Wolf Hochheimer. En 1745, il y a 12 habitants juifs et en 1800, six familles juives représentant 21 personnes, sur un nombre total d'environ 800 habitants à Höchst. Ces familles vivent du commerce de l'argent et de marchandises diverses pour lesquelles, elles doivent obtenir un permis de commerce. Depuis la fin du , le commerce du vin leur est permis.

Dans le courant du , leur nombre va croître rapidement, passant de 36 personnes en 1816, à 59 en 1843, sur un nombre total de habitants, puis à 99 en 1890 soit 1,2% des habitants. En 1895, on compte 128 Juifs, soit 1,2% de habitants; en 1899: 160 sur habitants, en 1905: 148 soit 0,9% de , 154 un an plus tard: Magazine Frankfurter Israelitisches Familienblatt du 14 décembre 1906 et en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale: 151 soit 0,9% de la population totale de habitants.

La communauté est organisée et en plus de la synagogue, possède un Mikve (bain rituel), ainsi qu'une école religieuse. Les morts sont enterrés dans la ville de Bad Soden am Taunus, distante de 6 km. L'enseignant religieux est en même temps Hazzan (chantre) et Schochet (abatteur rituel). La communauté dépend du rabbinat de district de Wiesbaden.

Plusieurs associations caritatives ou de jeunesse participent à la vie associative de la communauté : le Israelitischer Frauenverein (Association des femmes israélites), fondée en 1861 et dirigée de 1911 à 1926 par Recha Hirsch, puis par Rosa Levi, chargée de l'aide aux malades et aux personnes dans le besoin ainsi que d'un accompagnement moral lors de soins palliatifs; la Israelitische Hilfskasse (Fonds d'aide mutuelle israélite), fondée en 1924 et chargée des personnes indigentes ; le Israelitischer Wohltätigkeitsverein (Association de bienfaisance israélite), fondée en 1889, qui prend en charge les malades et les soins aux migrants ; le jüdischer Jugendverein (Association de jeunesse juive) fondée après la Première Guerre mondiale, et la Chewra Kadischa, société du dernier devoir chargée des services funéraires.

Au début du , la population juive croit encore légèrement et atteint son maximum de 200 personnes en 1932-1933. En 1925, la population juive est de 184 personnes soit à peine 0,6% de la population totale de la ville de habitants. La communauté est dirigée par Mrs Max Ettinghausen, Emil Baum, J. Würzburger, Carl Hirsch et Gustav Gerson. Le Hazzan (chantre) et professeur de religion est, jusqu'en 1936, Kallmann Levi et l'officiant L. Abermann. L'éducation religieuse est dispensée à 12 enfants (28 en 1932). Des cours d'instruction religieuse sont aussi donnés dans les écoles publiques. Les bourgs de Griesheim et de Nied sont rattachés à la communauté de Höchst, avec respectivement 16 et 3 personnes. En 1932, le président de la communauté est Berthold Ettinghausen, et le trésorier Gustav Gerson.

Les membres de la communauté sont très impliqués dans la vie économique, sociale et politique de la ville. En 1892, Siegmund Ettinghausen est élu conseiller municipal d'Höchst: Magazine Der Israelit du 20 juin 1892. Lors des dernières élections municipales Mr. Siegmund Ettinghausen a été nommé au conseil de la ville. La faveur des autorités se tourna aussi vers les institutions juives existantes; ainsi notre école religieuse est soutenue non seulement par la mise à disposition gracieuse des locaux avec le chauffage adéquate, mais aussi prise en charge matériellement. Il est bon de faire connaitre cette très belle action de l'administration locale de la ville, et de la relier à son souhait de voir les relations pacifiques entre les confessions continuer d'exister d'une manière sereine.

En 1909, c'est au tour de Max Ettinghausen d'être élu conseiller municipal: Magazine Frankfurter Israelitisches Familienblatt du 26 novembre 1909.

La communauté juive de Höchst partage depuis 1870, le cimetière situé à Soden avec les communautés de Soden, Hofheim, Hattersheim et Okriftel. L'ancien cimetière situé à Niederhofheim date du dernier quart du .

En 1928, Höchst est rattaché à Francfort-sur-le-Main. Les communautés juives de Francfort-Höchst, Francfort-Griesheim et Francfort-Nied dépendent du rabbinat de district de Wiesbaden: Magazine Gemeindeblatt der Israelitischen Gemeinde in Frankfurt de juin 1936. La période nazie En 1933, à l'arrivée au pouvoir des nazis, la communauté juive de Höchst compte environ 200 personnes et représente 0,6% des habitants de la ville. À partir de cette date, en raison de la privation de leurs droits civiques, du boycott des commerces et établissements juifs et des agressions physiques, de nombreuses familles juives vont émigrer ou se réfugier dans les grandes villes allemandes. En 1936, le nouveau chantre et professeur de religion est Carl Hartogsohn.

Malgré la fusion qui a eu lieu depuis déjà un certain nombre d'années, la communauté juive de Höchst am Main est restée indépendante, et maintient sa synagogue et ses autres institutions répondant aux exigences du judaïsme traditionnel. Après la retraite de Mr. Levy, leur précédent et méritant enseignant, c'est actuellement Mr. Carl Hartogsohn, chantre et professeur qui officie depuis bientôt trois ans à Groß-Gerau (Hesse), qui a été sélectionné pour ce poste. Mr. Hartogsohn rejoindra son nouveau poste avant Jomim Hanauroim (les grandes Fêtes): Magazine Der Israelit du 23 juillet 1936. Carl Hartogsohn, né à Emden, est le dernier enseignant juif à Höchst am Main; lui et son épouse née Hede Rüb ont été déportés et assassinés en 1943.

En 1938, 70 Juifs vivent encore à Höchst. Lors de la nuit de Cristal, du 9 au , la synagogue est incendiée, et trois magasins juifs dans la Königsteiner Straße et la Dalbergstraße sont pillés et saccagés. La plupart des hommes juifs sont arrêtés et conduits tout d'abord au poste de police (Bolongaropalast), avant d'être incarcérés pendant plusieurs semaines au camp de concentration de Buchenwald.

Les Juifs de Höchst qui n'ont pu émigrer dans un pays sûr, ont été déportés entre 1941 et 1943 dans des camps d'extermination et assassinés. La brochure Juden in Höchst donne les noms des 102 habitants juifs de Höchst victimes des nazis: Waltraud Beck, Josef Fenzl et Helga Krohn: Die vergessenen Nachbarn - Juden in Höchst (Frankfurt am Main); éditeur: Jüdisches Museum; 1991; pages: 72 à 75.

Histoire de la synagogue Les premières salles de prière Une première salle de prière est installée en 1778 dans une petite maison à colombages construite en 1525, à l'intérieur des anciens remparts de la ville de 1355. On ne sait pas combien de temps, cette salle de prière, déjà mentionnée dans le plan de l'incendie de 1778, comme Judenhaus (Maison des Juifs), a été utilisée. Au début du , cette maison est le centre de la communauté juive, même étroite et petite, d'autant plus que les Juifs de Griesheim, Schwanheim, Liederbach, Münster et Niederhofheim, viennent à Höchst pour les offices. Après l'installation d'une nouvelle salle de prière en 1806, cette première salle de prière est vendue à des particuliers. La maison existe toujours au 2 Albanusstraße et un restaurant occupe son rez-de-chaussée.

En 1806, est inaugurée, dans la Bachgasse, la nouvelle salle de prière, installée dans une ancienne tour du mur nord de la ville. Cette tour est louée par la communauté juive, contre paiement annuel de la somme de 4 florins au gouvernement de Nassau. Elle se trouve à proximité du Mikve (bain rituel), construit en 1798, et alimenté par une partie de l'eau de la rivière Liederbach qui coule en ville. Compte tenu de la nouvelle destination de la tour, une partie des murs d'enceinte de la ville a dû être écrêtée. Cette salle de prière n'est utilisée que pendant dix ans. En effet, le gouvernement approuve la démolition de la tour pour permettre la construction d'une synagogue, la troisième sur les décombres de l'ancienne.

Cette nouvelle synagogue est inaugurée le . Pendant les années 1890, la population juive de la ville croît rapidement. Après avoir hésité entre une extension de la synagogue présente et la construction d'une nouvelle synagogue, la décision de construire un nouveau bâtiment est approuvée en octobre 1904 par le conseil de la communauté: Magazine Frankfurter Israelitisches Familienblatt du 4 novembre 1904 : Magazine Der Israelit du 10 novembre 1904. thumb|right|250px|Plan d'architecte thumb|250px|right|La synagogue vers 1910.

La nouvelle synagogue Le nouveau bâtiment est construit à l'emplacement de l'ancienne synagogue. Le président de la communauté présente le le projet à la ville pour l'obtention du permis de construire. Celui-ci est attribué peu de temps après, si bien que la première pierre est posée le . Pendant la période de construction de la synagogue, les offices se déroulent dans la salle paroissiale catholique : Magazine du 27 octobre 1905.

La nouvelle synagogue est construite en style roman sur un terrain de selon les plans de l'architecte et ingénieur de construction Sigmund Münchhausen de Cologne, connu pour avoir déjà bâti les synagogues d'Einbeck et d'Osnabrück. Elle est inaugurée par le rabbin Dr. Horovitz de Francfort-sur-le-Main le . La consécration de la synagogue a été décrite dans la presse juive ainsi que dans la presse locale: Journal Kreisblatt für den Kreis Höchst du 15 décembre 1905

Le 14 de ce mois, l'inauguration de la nouvelle synagogue locale s'est déroulée par un office solennel en présence des représentants des autorités royales et municipales. Cette maison de Dieu, construite en style roman, selon les plans de l'architecte S. Munchausen de Cologne était richement décorée avec des fleurs et remplie jusqu'au dernier siège par de nombreux invités. Les habitants des rues environnantes avaient abondamment pavoisé leurs maisons. Dans la soirée, un banquet a été organisé. Les participants étaient des fidèles de toutes les confessions, et la fête se déroulait de façon exaltante.Le déroulement de la célébration dans sa totalité était tel que tous les participants, et surtout ceux de la communauté juive pouvaient avec une très grande satisfaction, être fiers de ce jour d'inauguration de la synagogue : Magazine du 18 décembre 1905.