Maillebois est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire. Le ban a une superficie de .
Exposée à un climat océanique altéré, Maillebois est drainée par la Blaise, le ruisseau de Saint-Martin, la Vallée de Saint-Vincent, la Vallée de Grimoux, la Vallée de Saint-Jacques et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un site Natura 2000 . Les « forêts et étangs du Perche », protégés au titre de la directive Oiseaux, , sont un vaste écocomplexe favorable aux espèces d'oiseaux à affinité forestière.
Maillebois est une commune rurale qui compte en , après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1968.
Le patrimoine architectural de la commune comprend sept immeubles protégés au titre des monuments historiques. Le château, construit aux , dont les bâtiments des communs sont l'oeuvre de Nicolas Desmarets, surintendant des finances sous Louis XIV,, est inscrit en 1941 et les communs en 1974, puis une partie des écuriées est inscrite en 2000. Les forges de Dampierre-sur-Blévy, construites dans la deuxième moitié du sont un ensemble industriel exceptionnel qui a participé à la production métallurgique utile à la défense du royaume, avec les forges de Moisdon-la-Rivière (44) de 1668-1669, de Clavières (36) de 1668-1671 et de Dampierre (28) de 1669-1673. La maison du maître de forges et une pièce intérieure sont inscrites en 1993. Le bâtiment du haut-fourneau double et d'autres pièces sont classés en 1994. L’église Saint-Pierre, église construite aux et demeurée inachevée, est classée en 1907. Une maison à pans de bois, sise 7 rue du Cheval-Blanc, construite dans le quatrième quart du , est classée en 2013 . L’église Saint-François-d’Assise, une ancienne chapelle castrale du à voûtes à liernes et tiercerons et portail monumental , est inscrite en 1971. La Ferme du Rouvray, ancien site fortifié remanié avec porte fortifiée et pont d’accès, est inscrite en 1963 (Porte fortifiée et pont ; principaux bâtiments et vestiges ; douves et ruines de la tour). La maison à pans de bois, une demeure traditionnelle en bois, est inscrite en 2021 (en totalité, avec murs et sols).
Géographie Situation
Maillebois se trouve dans le nord du département d'Eure-et-Loir (arrondissement de Dreux), à environ au nord-ouest de Chartres et au sud-ouest de Dreux.
La commune se trouve dans le pays du Thymerais.
Communes limitrophes
Habitat La commune de Maillebois a la particularité d'avoir trois bourgs (villages dotés d'une église), correspondant à trois communes originelles, issues des paroisses d'Ancien Régime : Maillebois ; Blévy ; Dampierre-sur-Blévy.
Elle compte aussi plusieurs hameaux secondaires : à l'ouest : Feuilleuse, La Verdière, Les Châtelets ; au sud : Le Grand Boulay, La Pommeraie, Fouville ; au nord : Chennevières.
Communications Maillebois (bourg) est traversé par la route départementale 939, qui relie Chartres à Verneuil d'Avre et d'Iton (Eure), d'où partent des routes vers Caen et Rouen.
La route départementale 928 reliant Nogent-le-Rotrou à Dreux passe par Châteauneuf-en-Thymerais, à au sud-est.
Relief et hydrographie La commune est arrosée par la Blaise, affluent en rive gauche de l'Eure, elle-même affluent de la Seine.
Un barrage sur la Blaise est à l'origine de l'étang de Dampierre. En aval, à Blévy, la Blaise reçoit le ruisseau de Saint-Martin en rive droite.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Laons à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Maillebois est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (79,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (71,1 %), forêts (13,5 %), zones agricoles hétérogènes (7,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,3 %), zones urbanisées (1,7 %), prairies (0,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Maillebois est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau et par ruissellement et coulée de boue, notamment le ruisseau de Saint-Martin, la Blaise et la Vallée de Saint-Vincent. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1999 et 2018, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Maillebois. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines, partie 1 - chapitre Mouvements de terrain.. L'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..
Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 65,4 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (52,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 398 sont en aléa moyen ou fort, soit 71 %, à comparer aux 70 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie 1276 : Maillebois (cartulaire Saint-Père-en-Vallée de Chartres) ; 1299 : Maaillebois (archives départementales d'Eure-et-Loir-H, Abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois) ; 1426 : Mailleboys (Archives nationales.-JJ 173, , fol. 276 v°) ; 1460 : Mailleboix (Archives nationales.-JJ 190, , fol. 12) ; 1470 : Mailleboix (archives départementales d'Eure-et-Loir-H, abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois) ; 1485 : Mailleboues (archives départementales d'Eure-et-Loir-H, abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois) ; 1494 : Maillebouees (archives départementales d'Eure-et-Loir-G, chapitre Notre-Dame de Maillebois) ; 1498 : « Jehan Bachelier, laboureur à Maillebouis, paroisse de Bléry » (Archives nationales-JJ 231, , fol. 55).
L'étymologie est la suivante : « maille » pourrait venir du latin malus (mauvais), par palatalisation du « l » ; dans ce cas, « Maillebois » signifierait « mauvais bois » ; mais il est possible qu'il s'agisse de « mail » signifiant « marne » ().
Histoire Ancien régime Au Moyen Âge, il existe deux seigneuries : Maillebois et Dampierre.
L'histoire de Maillebois commence avec les barons de Châteauneuf-en-Thymerais. La seigneurie passe sans doute ensuite aux Vendôme-Montoire, précisément à la branche cadette, seigneurs de La Châtre-sur-le-Loir et Lassay-les-Châteaux, vidames de Chartres, puis par mariages. aux Vieuxpont, Le Baveux et d'O. Au , elle est vendue aux Harlay de Sancy, Le Camus de Jambville, puis aux Desmarets, (notamment au maréchal de Maillebois).
La seigneurie de Dampierre dépend au départ du marquisat de Crécy. En 1480, François de Courseulles est cité comme seigneur d'un fief à Dampierre ; en 1487, il acquiert la moitié d'un fourneau à fer sous la Chaussée de l'étang de Dampierre.. En 1552, François de Vendôme, vidame de Chartres mort en 1562, vend la terre et seigneurie de Dampierre à Pierre de Courseulleshttp://www.denisjeanson.fr/site_toponymie/lettre_c/lieux_chateau18d/chateau18dd.html. En 1591, Jean de Courseulles seigneur du Rouvray (à Dampierre), remet aux enfants de Mathurin de Ballu, la terre du Bois-Ballu (paroisse de Dampierre), confisquée par sentence de mort rendue contre Mathurin de Ballu pour crime de forfaiture. En 1677, François de Courseulles baron de Dampierre marquis du Rouvray, la vend () à Henri Jules de Bourbon duc d'Enghien fils du Grand Condéhttp://www.lesforgesdedampierresurblevy.com/portail.html, aussi propriétaire de la forêt, des forges et des seigneuries de Sénonches et Brézolles..
Époque contemporaine Lors de la réforme administrative de la France en 1790, apparaissent les communes de Maillebois, Blévy et Dampierre-sur-Blévy.