Alberto Isaac Trèves de Bonfili, né à Padoue le et mort à Venise le , est un diplomate, homme politique et banquier italien.

Introduction

Il est diplômé en droit de l'université de Padoue en jurisprudence. Le , à vingt deux ans, il accède à un poste d'attaché de légationLégation « Représentation diplomatique auprès d'une puissance où il n'y a pas d'ambassade » ; le petit Robert ; d'abord attaché de légation à Berne le , puis à Constantinople le , jusqu'au , à sa « date de mise en retraite »Francese Giunti Pocket, sans doute pour obligations familiales. En effet il doit se préparer à succéder à son grand-père Giacomo Treves (décédé en 1885), propriétaire de l'importante Maison bancaire vénitienne du même nom, qui a joué un rôle important dans le développement industriel italien, avant de poursuivre une carrière d'homme politique, assumant les charges administratives de conseiller municipal de Venise et de conseiller provincial de Padoue. Il devient député de Vénétie dès 1890, âgé de trente-cinq ans, durant trois législatures sous le règne d' et sénateur du royaume d'Italie dès 1904, âgé de quarante neuf ans, nommé par Archives du Sénat.

Biographie Fils de Giuseppe Treves de Bonfili et Adele Todros Alberto est le deuxième fils d'une famille de religion juive de dix enfants, l'aîné étant Mario, le cadet Baldo étant mort à l'âge de trois mois, fils du baron vénitien Giuseppe (Joseph) Treves de Bonfili et de la Turinoise Bella Adele Todros, elle-même fille du baron Leone Todros, dont le titre fut concédé par le roi de Sardaigne. D'après le dictionnaire encyclopédique de Giovanni Treccani, « c'était un agronome, banquier et philanthrope ».

Carrière Politique Député siégeant à la Chambre des députés du Parlement du royaume d'Italie, sous le règne de , durant les , et législatures (Crispi), en tant que rapporteur (questeur, secrétaire) auprès de Antonio di Prampero, Treves fut nommé par la suite sénateur du royaume au Parlement du royaume d'Italie par le roi le , la nomination a été confirmée le et la prestation de serment s'est déroulée le (Giolitti).

La Vénétie, conservatrice et catholique, a confié ses propres instances de renouvellement à deux membres de tradition hébraïque, Alberto Treves et Leone Wollemborg. Treves, connu aussi pour ses activités de bienfaisance, avait également des liens d'amitié avec les patriarches de Venise, l'un d'eux se vit offrir un voyage pour le Conclave de 1903 payé par le sénateur et devint pape, le pape Pius X soit Pie X et plus tard saint Pie X, le Cardinal Sarto.

En 1915, le sénateur a été parmi les qui ont laissé à la porte de Giolitti leurs billets en signe de solidarité avec l'action du politicien de Dronero (Giolitti) en faveur d'un accord diplomatique avec l'Empire austro-hongrois et en opposition à la guerre pour laquelle complotait Antonio Salandra (« per cui tramava Salandra »).

La figure d'Alberto Isaac Treves de Bonfili est significative d'une pleine intégration des représentants de la tradition hébraïque dans le royaume de et dans la période libérale de . Les dirigeants des communautés hébraïques sont maintenant intégrés à différents niveaux dans la haute bourgeoisie financière, commerciale et agraire et ont eu accès à la noblesse, dont ils étaient exclus dans les siècles précédents pour des raisons religieuses.

Les Trèves Les Treves, par ailleurs, avaient déjà atteint une position influente au cours de la république de Venise. Cette dernière leur accorda d'habiter dans un palais patricien adapté à leurs activités d'armateur, et d'étendre à dessein le ghetto avec le « Ghetto novissimo ». Les Treves sont présents dans la Province de Trévise dite « Marca Trevigiana » soit la Marche Trévisane, dès le XIVe siècle, en effet sur leurs pierres tombales apparaît au XIVe siècle la colombe avec le rameau d'olivier qui fera toujours partie de leurs armoiries et dans la Sérénissime à partir du XVIe siècle;au XVIIe siècle ils sont devenus les principaux armateurs battant pavillon de Saint Marc,avec plus de trente navires, qui furent saisis par le général Bonaparte après la chute de la République et utilisés durant la campagne d'Égypte où ils ont été détruits par les Britanniques.

Comme appartenant à la communauté hébraïque ils n'auraient pas théoriquement le droit, mais cela a été accordé, leur permettant la création de plusieurs sociétés (par exemple la « Compagnie Vénitienne de la Baltique ») dont ils étaient « parcellonisti » majoritaires tandis que leurs capitaines, , avaient des parts minoritaires. Notez que l'un des motifs juridiques pris par les Espagnols comme prétexte pour la guerre déclarée contre Venise au XVIIe siècle était le paiement aux hébraïques de la protection commerciale garantie par la bannière vénitienne.

Les Treves étaient « exonérés pour leur patrimoine conformément aux lois limitant les activités des Hébreux » adoptées sous l'inspiration de Andrea Tron (1712-1785) dit en vénitien «el paròn » ; peu de temps après ils ont financé l'élection du doge de Venise (l'avant-dernier) Paolo Renier avec lequel ils ont toujours été liés. Renier poussa un Treves à épouser la seule héritière de l'autre puissante famille israélite vénitienne, la Bonfili ; les liquidités acquises avec ce mariage furent par la suite la base de la fortune du XIXème siècle de la famille après le désastre, la catastrophe de la perte de la flotte.

Titres de noblesse Le baron Giuseppe Treves (1811) La famille possède un titre baronnal accordé à Giuseppe Treves par roi d'Italie en 1811, et confirmé en 1812Noblesse du royaume d'Italie (1805-1814)

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Le chevalier Giacomo Treves de Bonfili Tandis que le prédicat « de Bonfili » a été accordé par le gouvernement autrichien à Giacomo Treves en tant que fils de Giuseppe Treves et Benedetta Bonfili, ainsi que le titre de noble chevalier impérial, en effet à cette époque c'est l'empire d'Autriche qui gouverne le royaume de Lombardie-Vénétie et qui peut décerner le titre de chevalier de l'ordre impérial autrichien de Léopold à moins qu'il ne s'agisse de l'ordre de l'empire d'Autriche de François-Joseph ou encore l'ordre de la Couronne de fer comme le précise l'article à propos de l'ordre de François-Joseph, « Dans les milieux d'affaires parfois, le crédit d'un chef d'entreprise était mesuré à l'aune de sa décoration : les titulaires de l'ordre de la Couronne de fer étaient alors mieux considérés que ceux titulaires "seulement" de l'ordre de François-JosephOrdre(s) de l'empire d'Autriche ou impérial(aux) autrichien(s) (voir aussi http://www.phalerae.org/Autriche/index.html) . »

Par la suite, Giacomo fut membre du nouveau gouvernement vénitien en 1848-1849République de Saint-Marc (1848-1849), « nouveau gouvernement provisoire proclamé le , dont Daniele Manin devient le président. Cette "nouvelle" République, qui fait appel au nom historique et illustre de la république de Venise la sérénissime celle de 697 à 1797, ne fut qu'éphémère, Venise étant réoccupée par l'armée autrichienne le , après une résistance héroïque qui dura 17 moisDe l'illustre république de Venise (697-1797) à l'éphémère "nouvelle" république de Saint-Marc (1948-1949)

Le traité de Campo-Formio signé le 18 octobre 1797 entre la France et l’Empire d'Autriche, livre l’ex-« Sérénissime République » à ces derniers qui la transforment aussitôt en une province de leur Empire. Il a existé une éphémère République de Saint-Marc en 1848-1849 créée à la suite de l'insurrection de la ville contre le joug autrichien.

La république de Saint-Marc a été un État créé à Venise à la suite de l'insurrection de la ville contre le gouvernement autrichien le 17 mars 1848. Les deux patriotes Daniele Manin et Niccolò Tommaseo, qui se trouvaient enfermés dans les prisons autrichiennes, sont libérés et prennent la direction d'un nouveau gouvernement provisoire proclamé le 22 mars, dont Daniele Manin devient le président. La république, qui fait appel au nom historique de République de Venise, eut une durée brève, Venise étant réoccupée par l'armée autrichienne le 22 août 1849, après une résistance héroïque qui dura 17 mois. . »

Les barons Treves de Bonfili, Giuseppe (1866), Jacques (1866), et Alberto (1894) Giacomo aimait à répéter, dans le dialecte vénitien : « mi so fiol de baron, pare de baron, ma no so baron » (« je suis fils de baron, père de baron, mais je ne suis pas baron »).

En effet les deux Giuseppe, son père et son fils, avaient obtenu ces titres respectivement du royaume d'Italie de Napoléon , non transmissible aux descendants, et de la maison de Savoie.

Cette dernière avait reconnu à Giuseppe Treves de Bonfili, petit-fils de Giuseppe Treves (Iseppo), fils de Giacomo et père d'Alberto, le titre baronnial, en même temps, lors de l'annexion de Venise au royaume d'Italie en 1866, mais aussi en 1894 il avait accordé une reconnaissance supplémentaire baronniale à Alberto qui comme second fils, n'y aurait pas eu droit.

Lignée davidique

D'après Samuel Schaerf, ce fut le même sénateur Alberto Trèves de Bonfili qui ironisa sur ces reconnaissances parce qu'en réponse à un juif polonais sur « comment se fait-il que bien qu'il soit un Israélite, il ait pu obtenir un titre de noblesse ? », il présenta son propre partenaire Coen, indiquant qu'il était noble depuis , parce que les Coen sont de la caste sacerdotale.

Selon l'Encyclopaedia Judaïque, Treves (Dreyfus en allemand) peut également se vanter d'une tradition exceptionnelle : dans leur ascendance est énumérée une fille de Rachi, le sage viticulteur de Troyes dont les commentaires de la Bible sont le fondement non seulement des œuvres de Maïmonide, mais aussi, en partie, de celle de saint Thomas d'Aquin.

Les couleurs de la famille, rouge et bleu, perpétuent (« rimanderebbero secondo ») une antique légende de la lignée Davidique.

320px|La Fuite en Égypte1500 Vittore CarpaccioNational GalleryWashington.

De même que l'Église catholique, qui même pendant le Moyen Âge était extrêmement attentive au symbolisme, obligeait les artistes à peindre en rouge et bleu les vêtements de Jésus et de Marie afin de souligner leur appartenance à la maison royale d'Israël, et bien au sein même de l'école vénitienne de San Giorgio de Dalmatie, est exposée L'Histoire de la Sainte Famille de Vittore Carpaccio, que complète le retable du même artiste en la basilique San Giorgio Maggiore de Venise“À droite du chœur, une porte conduit à la salle du conclave où eut lieu l'élection du pape Pie VII. Elle est décorée d'un retable de Vittore Carpaccio.”, où la représentation des manteaux rouges et bleus, au côté du Christ sur le mont des Oliviers, met en évidence, dans les moments les plus sombres, la royauté messianique.

Il semble que, comme la famille d'Espagne Abravanel, les Trèves aient fait remonter leurs origines anciennes à une souche princière davidique.

Armoiries Le baron de l'empire reçut pour règlement d'armoiries :

Coupé; au premier, parti d'azur à une colombe d'argent portant dans son bec d'or un rameau d'olivier et des barons membres du collège électoral; au second, d'argent à un vaisseau de sable aux voiles de pourpre voguant sur des ondes d'argent.

Petits-enfants militaires Le , naquit à Milan un de ses petits-fils également prénommé Alberto. Le , avec un groupe de chevaliers de Pinerolo (Turin), il obtempère à l'ordre de rejoindre à cheval dans les trois jours Brennero (Autriche) pour signifier (pour que l'Autriche signifie) à l'Allemagne de ne pas annexer l'Autriche après l'assassinat de Dollfuss (Engelbert). Officier de carrière, comme son frère Adolfo bénévole sur le front gréco-albanais, Alberto Treves de Bonfili a combattu en Afrique du Nord (Afrique septentrionale) entre 1941 et , après avoir assumé (pris) le nom de famille de la grand-mère Baldissera (Virginia) selon la loi numéro 1055 du 13/07/1939.