Albert de Palatinat-Mosbach (en allemand Albrecht von Pfalz-Mosbach ou Albrecht von Bayern ; * 1440; † 20. août 1506 à Saverne) fut prince-évêque de Strasbourg de 1478 à 1506 sous le règne des empereurs Frédéric III et Maxilmilien , les pontificats de Sixte IV à Jules II. Il fut assisté d'un évêque auxiliaireSe reporter au droit canonique sur le statut de l'évêque auxiliaire et titulaire sur: Code de droit canonique, le dominicain Jean Ortwin, évêque titulaire in partibus infidelium de Mathones, et son supérieur hiérarchique était le métropolite de Mayence Thierry d'Isembourg, puis Berthold von Henneberg et enfin Jakob von Liebenstein.
Albert est le cousin de l'évêque Robert de Palatinat-Simmern, son prédécesseur à l'évêché de Strasbourg.
Origines familiales Albert est issu de la maison princière des Wittelsbach. Il était le fils du comte palatin Othon de Palatinat-Mosbach (1390-1461) et de Jeanne de Bavière-Landshut (1413-1444), fille aînée du duc de Bavière Henri XVI de Bavière et de son épouse .
Albert eut deux enfants illégitimes. Il eut avec Catherine de Lützelburg une fille, Élisabeth de Bavière (Huntingen) et un fils, le bâtard Georges de Bavière.
La branche Palatinat-Mosbach est une ligne qui a peu duré dans le temps, de 1410-1499. Issue d'une succession du roi des Romains, Robert I du Saint-Empire, elle subsistera pendant deux générations. Leurs fiefs sont situés à Mosbach et à Sinsheim. En 1443, les possessions du Palatinat-Neumarkt s'y rajoutent. Par manque de descendance mâle, le territoire passe en 1499 à la maison du palatinat du Rhin. Robert III (5 mai 1352 – 18 mai 1410), comte palatin du Rhin, élu roi des Romains le 21 août 1400, a épousé en 1374 Élisabeth de Nuremberg (1358 - 26 juillet 1411). En 1410, le palatinat du Rhin se scinde en quatre branches : Louis reçoit le titre héréditaire d’électeur palatin avec Heidelberg, Amberg et Kaiserslautern ; Jean reçoit le Neumarkt ; Étienne hérite de Simmern-Deux-Ponts et la quatrième branche cadette échoit à : Othon , comte palatin du Rhin à Mosbach, aïeul de la branche Mosbach, en 1448 Mosbach-Neumarkt, s’est marié avec Jeanne de Bavière-Landshut (1413 - 20 juillet 1444). Ils ont eu neuf enfants : (1432–1457), qui épouse le comte Amélie (épouse du comte de Rieneck-Grünfeld) Otto II de Palatinat-Mosbach, sans descendance et dont les terres passent à l'électorat palatin du Rhin. Robert de Palatinat-Mosbach, évêque de Ratisbonne de 1457 à 1465 Dorothée (abbesse) Albert, ( 6 septembre 1440 - 20 août 1506), évêque de Strasbourg Anne (abbesse) , prévôt de chapitre cathédral Barbara de Palatinat-Mosbach (1440 - 1486), nonne au monastère de Liebenau près de Worms.
L'évêque Albert de Palatinat-Mosbach a dans sa parenté les personnes suivantes :
Son épiscopat Du canonicat à l'entrée solennelle à Strasbourg thumb|Ancien palais épiscopal de Saverne thumb|Cloître de l'ancien couvent des Récollets à Saverne Albert était chanoine capitulaire de Strasbourg, puis prévôt du chapitre cathédral. Il était le cousin de son prédécesseur Robert de Palatinat-Simmern. Le magistrat de la ville libre impériale Strasbourg fut très satisfait de ce choix et offrit du vin et des fruits aux chanoines. Contrairement à son cousin Robert, Albert poursuivit une politique moins offensive vis-à-vis de la ville libre dont il confirma les privilèges le . Le , il reçut les hommages et les serments d'allégeance de ses sujets dans sa ville de résidence princière, Saverne. Puis il se prépara à recevoir l'ordination sacerdotale pendant moins d'un an ; il lut sa première messe à Saverne le en présence de l'évêque de Spire et son évêque auxiliaire. Le sacre a eu lieu à Mayence comme pour presque tous les évêques strasbourgeois car ils sont suffragants de l'archevêque de cette ville.. La cérémonie du sacre et de l'entrée solennelle se renouvelait à chaque vacance du siège épiscopal. Rares sont les évêques qui firent exception à la consécration dans la cathédrale de Mayence ; avant Guillaume de Hohnstein, on a des récits sur le sacre de Henri II de Veringen en 1207 et de Frédéric de Lichtenberg, élu le 1 octobre 1299. Des doutes subsistent encore sur le sacre de Gauthier de Geroldseck à Strasbourg. .
Son entrée solennelle à Strasbourg eut lieu le 4 octobre 1479 ; il était accompagné de son père Othon, comte palatin, son frère Jean, prévôt capitulaire, du comte palatin du Rhin Philippe I du Palatinat, du margrave de Bade Christophe I de Bade et du comte de Wurtemberg Eberhard V de Wurtemberg.
Albert tenta de mener une politique d'unification territoriale pour la principauté épiscopale. Des villes et des châteaux furent fortifiés, notamment Dachstein et Isenburg, et les fiefs mis en gage ont été rachetés. Pour financer les frais élevés de la confirmation papale, il obtint du pape Sixte IV l'autorisation de lever un impôt sur la consommation de beurre pendant la période du carême. Avec l'argent perçu, il fit également couler des canons. Cet impôt fut quelque peu impopulaire auprès de la population même si finalement cette mesure a permis entre autres d'améliorer la situation financière de l'évêché.
Albert fit construire dans sa ville-résidence de Saverne un modeste palais derrière l'église collégiale qu'il confia aux Augustins dont il avait accepté la sécularisation. Le monastère des Augustins et son église furent récupérés par la branche des franciscains observants, les Récollets, qui inaugurèrent à Saverne leur cours de philosophie et théologie en 1486.
C'est pendant son épiscopat que se produit le mouvement contestataire du Bundschuh, une rébellion des paysans. Il mit en garde les autorités de l'évêché et les responsables politiques du landgraviat de Basse-Alsace et de quelques villes devant la recrudescence de ce mouvement protestataire. Son objectif était de mutualiser les forces en présence afin de mieux résister à l'expansion du mouvement. Des mesures de surveillance renforcée ont été adoptées, une réunion à Sélestat a permis de trouver un consensus.
Ses relations avec le chapitre cathédral furent plutôt bonnes. Il s'efforça d'engager des réformes ecclésiales, en particulier pour lutter contre les abus constatés dans les monastères. En 1482, il convoqua un synode diocésain et fit faire des visites pastorales en 1492. En outre, il ne s'est pas clairement opposé à la pratique des indulgences papales.
L'influence de Geiler Jean Geiler de Kaysersberg, prédicateur de la cathédrale depuis 1478, et Jacques Wimpfeling, installé à Strasbourg depuis 1501, exercèrent une grande influence sur Albert. L'évêque prit même la défense de Wimpheling en 1506 pourtant en conflit avec le pape Jules II. Malgré cette influence, les réformes souhaitées par les deux intellectuels n'ont pas toutes été suivies d'effet. Le projet de transformer la collégiale de chanoinesses Saint-Étienne en une communauté de clercs échoua aussi. Le chapitre s'opposa également à la visite pastoraleFrancis Rapp, Geiler von Kaysersberg, Johannes (1445–1510) In: Theologische Realenzyklopädie, Teil I Band 12 Berlin, 1984, .
Le , Albert convoqua un synode à Strasbourg auquel assistèrent 600 prêtres. Ce fut Geiler qui prononça le discours d'ouverture en partant de l'Évangile selon saint Jean XX, 20 : Dans son sermon, Geiler reproche aux fonctionnaires épiscopaux de pratiquer le népotisme avec leurs enfants et leur entourage personnel afin de leur attribuer les meilleurs prébendes alors qu'ils ne sont parfois que des enfants. Aux conseillers laïcs, il reproche d'accaparer l'évêque pour les tâches gouvernementales et administratives de son temporel qui le détourne de sa fonction pastorale avec les prêtres sans vouloir remettre cause le pouvoir séculier du prince-évêque pour autant. Geiler s'attaque ensuite aux désordres et aux abus qu'il observe à tous les niveaux : le manque de discernement dans l'attribution des dispenses ; la désacralisation des fêtes ; les injustices commises par les représentants du magistrat de la ville ; le fait que des personnes du sexe opposé entrent dans les monastères de femmes ou d'hommes.
Sur recommandation de Geiler, un certain nombre d'abus issus de pratiques introduites depuis le furent supprimés en 1482. De même, Albrecht reprit en main les couvents en perdition et réintroduit la discipline conventuelle, comme au couvent des sœurs de la collégiale Saint-Étienne par le décret du . En 1488, il chassa les sœurs récalcitrantes du couvent de Sindelsberg. En revanche, Albert ne réussit pas forcément à freiner la sécularisation progressive de nombreuses communautés religieuses comme à Selz ou à Neuwiller.
Ce fut Geiler qui, quatre jours après l'élection du nouvel évêque, prononça l'oraison funèbre d'Albert dans laquelle il développa en quinze points les quinze qualités que saint Paul attend d'un évêque en s'appuyant sur Tit. I, 7-8 et Timoth., III, 2-7.
Épitaphe d'Albert dans l'église collégiale de Saverne vignette|upright=0.5|L'église Notre-Dame-de-la-Nativité, Saverne, Bas-Rhin Dans le chœur, à gauche de l'autel de l'église collégiale de Saverne, aujourd'hui église Notre-Dame-de-la-Nativité de Saverne on lit le texte suivant:
Traduction libre: Ci git le vénérable seigneur et prince Albert, évêque de Strasbourg et landgrave d'Alsace ; sa majesté le duc issu de l'illustre famille de Bavière ; célèbre pour sa clémence et sa vie menée dans l'honnêteté, particulièrement épris de paix et de justice. Après avoir dirigé son église pendant 28 ans, il quitta cette basse vie sur terre le 20 août 1506 afin de pouvoir pleinement jouir au ciel de la bonté divine comme il l'a mérité.
Références
A voir aussi Liste des évêques de Strasbourg Liste des évêques de Mayence, métropolitain
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