La grande offensive du Nakdong est une offensive de grande ampleur menée par les forces nord-coréennes pour tenter de briser les défenses du périmètre de Busan tenu par les forces des Nations unies. Elle se déroule du au lors de la guerre de Corée.
Dans les premiers mois de la guerre, l'armée nord-coréenne a réussi à contrer et repousser les forces des Nations unies (ONU) vers le Sud, à chaque rencontre. Cependant, en août les troupes de l'ONU arrêtent de reculer et forment un périmètre de défense autour de Busan à la pointe sud-est de la péninsule Coréenne. Pour la première fois, les troupes de l'ONU forment une ligne continue que les Nord-Coréens ne peuvent ni contourner, ni submerger par le nombre. L’offensive nord-coréenne cale contre le périmètre et à la fin août, tout élan est perdu. Voyant le danger d'un conflit prolongé le long du périmètre, les Nord-Coréens lancent en septembre une offensive massive afin d'effondrer les lignes de l'ONU.
Les Nord-Coréens lancent une offensive simultanée sur cinq axes afin de faire pression sur l’ensemble du périmètre. Le , d’intenses combats éclatent autour des villes de Masan, Gyeongju, Daegu, Yongch'on et du Nakdong Bulge. Les affrontements sont violents et s'étalent sur près de deux semaines afin de contrôler les voies d'accès vers Busan. Après un certain succès, les Nord-Coréens sont incapables de conserver l'avantage contre les forces des Nations unies, numériquement et technologiquement supérieures. L'armée nord-coréenne subit un échec et doit battre en retraite, alors que les Américains lancent une contre-attaque à Inchon qui finit de l'anéantir.
Contexte
thumb|left|upright|Les troupes américaines en cours de débarquement en Corée, le .|alt= Dès le début de la guerre de Corée et l'invasion de la Corée du Sud par le Nord, l'Armée populaire de Corée bénéficie d'une supériorité en homme et en équipement tant sur l'armée de terre de la République de Corée que sur les premières forces expédiées par l'Organisation des Nations unies afin d'empêcher l'effondrement de la Corée du Sud. La stratégie nord-coréenne est de poursuivre agressivement les forces des Nations unies et les forces sud-coréennes sur toutes les voies d'approche en direction du sud, attaquant de front et amorçant simultanément un mouvement en tenaille. Cela doit permettre aux Nord-Coréens d’encercler et de couper la retraite de l’ennemi, qui est alors forcé de se retirer en désordre, laissant derrière lui une grande partie de son matériel. De l'offensive initiale du aux combats en juillet et début août, les Nord-Coréens utilisent cette stratégie pour vaincre efficacement toutes les forces de l'ONU qui doivent battre en retraite vers le Sud. Cependant, à partir de l’établissement du périmètre de Busan sous la responsabilité de la des États-Unis en août, les troupes de l'ONU tiennent efficacement une ligne de défense continue que les troupes nord-coréennes ne peuvent percer ou contourner. La logistique nord coréenne plus faible et éloignée de ses bases ne peut suivre le et leur avantage diminue chaque jour devant le nombre d'hommes et de matériel qui débarque sur le périmètre.
Quand les Nord-Coréens approchent du périmètre de Busan, le , ils tentent la même technique d'assaut frontal sur les quatre principales voies d'approche vers le périmètre. Tout au long du mois d'août, la nord-coréenne, et plus tard la engagent la d'infanterie américaine durant la bataille de Masan, repoussant d'abord une contre-offensive de l'ONU avant d'attaquer à Komam-ni et à Battle Mountain. La poussée bloque devant les forces de l'ONU, bien équipées et disposant de grandes réserves qui repoussent à plusieurs reprises les forces nord-coréennes. Au nord de Masan, la nord-coréenne et la d'Infanterie américaine s'affrontent dans la zone du Nakdong Bulge. Lors de la première bataille du Nakdong, la division nord-coréenne est incapable de tenir sa tête de pont sur la rivière face au grand nombre de troupes de réserve américaines qui tiennent bon et les repoussent, et le , la nord-coréenne est refoulée à travers le fleuve avec 50 pour cent de pertes. Dans la région de Daegu, cinq divisions nord-coréennes qui tentent de prendre la ville sont repoussées par trois divisions de l'ONU à plusieurs reprises au cours de la bataille de Daegu. Les combats sont violents en particulier dans la Bowling Alley où la nord-coréenne est presque anéantie. Sur la côte Est, trois autres divisions nord-coréennes sont repoussées par les Sud-Coréens à P'ohang-dong lors de la bataille de P'ohang-dong. Sur l’ensemble du front, les troupes nord-coréennes sont ébranlées par les défaites. Pour la première fois depuis le début du conflit leur stratégie ne fonctionne plus.
L'armée nord-coréenne a été poussée au-delà de ses limites et nombre de ses unités ont été réduites limitant l'efficacité de ses forces à la fin d'août. Les problèmes logistiques ont entravé les Nord-Coréens, qui ont été dévastés par des pénuries de nourriture, d’armes, d’équipements et le renouvellement de leurs troupes. À la fin août, le commandement de l'ONU dispose de plus de soldats de combat en Corée que les Nord-coréens, et la supériorité de l'ONU dans les airs et sur la mer creuse un fossé chaque jour plus grand. Les Nord-coréens ont perdu plusieurs centaines de tanks et disposent de moins de 100 tanks au , comparativement aux 600 chars des Américains. À la fin d'août le seul avantage restant aux Nord-coréens est l'initiative, comme les troupes nord-coréennes ont conservé un haut moral et assez de provisions pour une offensive à grande échelle.
Prélude thumb|right|upright|alt=|La carte de la ligne défensive de Périmètre Busan en septembre 1950. Lors de la planification de l'offensive, les commandants nord-coréens se rendent compte que toute tentative d'attaque par les flancs des forces de l'ONU est impossible de par l'appui de la marine américaine. Au lieu de cela, comme le seul espoir de réussite, ils choisissent de frapper frontalement le périmètre afin de le réduire. Avertis par le renseignement soviétique, les Nord-Coréens sont conscients que les forces de l'ONU se renforcent le long du périmètre de Busan et qu'ils doivent mener une offensive rapidement, ou renoncer à la bataille. L’objectif secondaire est d’encercler Daegu et de détruire les unités américaines et sud-coréennes présentes dans la ville. À cette fin, les unités nord-coréennes prévoient d'abord de couper les lignes d'approvisionnement vers Daegu.
Les planificateurs nord-coréens agrandissent leur force en prévision de la nouvelle offensive. L'armée, constituée à l'origine de 10 divisions en deux corps, est élargie à 14 divisions avec plusieurs brigades indépendantes. Les nouvelles troupes sont amenées depuis les forces de réserve située en Corée du Nord. Le maréchal Choi Yong-kun sert comme commandant en second de l'armée nord-coréenne, avec le général Kim Chaek à la tête du quartier général sur le front. Ils disposent du d’armée situé à l’Est et commandé par le lieutenant général Kim Mu Chong, et du d’armée situé à l'Ouest et commandé par le lieutenant général Kim Ung. Le contrôle les 10, 2, 4, 9, 7 et 6 divisions ainsi que la blindée, avec la blindée et la de sécurité en soutien. Le commande les 3, 13, 1, 8, 15, 12, et 5 divisions avec la blindée en soutien. Cette force compte environ , même si un tiers se compose de nouvelles recrues forcées et des conscrits sud-coréens, et manque d'armes et d'équipements. Le , ils sont confrontés à une force de troupes de combat, plus de troupes de soutien des Nations unies.
Le , le commandement nord-coréen distribue les ordres opérationnels à leurs unités subordonnées. Ces ordres appellent à une attaque simultanée contre les lignes de l'ONU sur cinq zones différentes afin de submerger les défenseurs de l'ONU et de permettre aux Nord-Coréens de percer les lignes et de repousser les forces de l'ONU sur au moins une des zones. Cinq groupes de combat sont constitués comme suit :
Les et doivent percer la d'infanterie américaine à Masan. Les , , , et doivent percer la d'infanterie américaine au Nakdong Bulge à Miryang et Yongsan. Les , , et doivent percer la de cavalerie américaine et le d'infanterie sud-coréenne à Daegu. Les et doivent percer les 8 et d'infanterie sud-coréennes à Hayang et Yongch'on. Les et doivent percer la ROK Capital Division et la d'infanterie sud-coréenne à P'ohang-dong et Gyeongju.
Le , le leader nord-coréen Kim Il Sung ordonne que la guerre soit terminée au , mais l'ampleur de l'offensive ne le permet pas. Les groupes 1 et 2 doivent commencer leur attaque à 23:30 le , et les groupes 3, 4 et 5 le à 18h00. Les attaques doivent être étroitement connectées pour submerger les troupes de l'ONU sur chaque point simultanément, empêchant l'ONU de déplacer ses renforts sur chacune des zones de l'attaque. Les Nord-Coréens prévoient principalement des attaques de nuit pour contrecarrer la supériorité aérienne et la puissance de feu naval des Américains. Les généraux nord-coréens pensent que ces attaques nocturnes devraient empêcher les forces de l'ONU de tirer de manière efficace et couterait un grand nombre de victimes à l'ONU par tirs amis.
La grande offensive prend les stratèges et les troupes de l'ONU par surprise. Le , les troupes de l'ONU pensent qu'elles ont déjà détruit la plupart des troupes qui menacent le périmètre, et prévoient la fin de la guerre pour fin novembre. Les unités sud-coréennes, dans l'intervalle, souffrent d’un faible moral à la suite de leurs échecs à se défendre efficacement jusqu'ici dans le conflit. Par prudence, le lieutenant général Walker ordonne au major-général John B. Coulter de consolider d’armée sud-coréen dans la zone de P'ohang, qui tombait en morceaux avec le moral bas. Les troupes de l'ONU se préparent pour l'opération Chromite, un assaut amphibie sur le port d'Inchon le et n’anticipent pas une offensive sérieuse des Nord-Coréens avant ce dernier.
Bataille Le corridor de Gyeongju
thumb|left|alt=|La poussée nord-Coréennes sur le corridor de Gyeongju, 27 août - 15 septembre 1950. La grande offensive nord-coréenne frappe d’abord le flanc droit de l'ONU sur la côte Est de la Corée. Bien que l'attaque générale du dans le Nord et l'Est soit initialement prévue pour le , la nord-coréenne, maintenant forte de , commence à manœuvrer plus tôt que prévu depuis les montagnes d'où elle s’était réorganisée après sa défaite à Kigye et P'ohang-dong. La division ne dispose que d’un faible approvisionnement alimentaire, en munitions et en armes, et le moral des hommes est faible. Face à la nord-coréenne, la Corée du Sud oppose la division Capitale. À 04h00, le une attaque nord-coréenne déborde une compagnie du de la division Capitale, au nord de Kigye. L’ensemble du régiment doit battre en retraite. Ensuite, le à l'Est doit à son tour reculer en raison de l’exposition de son flanc. Le perd la ville de Kigye en se repliant, et l’ensemble de la division recule de près de sur le côté sud de la vallée de Kigye.