La bataille de Ka-san est un engagement entre les forces des Nations unies et de Corée du Nord lors de la guerre de Corée qui se déroule du au dans les environs de Ka-san, au nord de Daegu en Corée du Sud. Cette bataille fait partie de la Grande offensive du Nakdong lors de la bataille du périmètre de Busan. La bataille se termine par une victoire des Nations unies, après qu’un grand nombre de soldats sud-coréens et américains a repoussé une forte attaque nord-coréenne.

Afin de capturer Daegu, les 1 et 13 divisions de l’armée populaire de Corée avancent vers les collines au nord de la ville où ils sont confrontés à la de l'armée sud-coréenne et à la de cavalerie américaine. Les Nord-Coréens cherchent alors à occuper un grand nombre de collines, en particulier la colline 902, également connue en Corée surnommée Ka-san, comme le nom de l’ancienne forteresse située à son sommet.

En deux semaines de combats dans et autour de la forteresse, les Nord-Coréens réussissent à repousser graduellement les forces de l'ONU de Ka-san et des collines 755 et 314 vers le sud, mais les lignes de l'ONU ne rompent pas et les Nord-Coréens ne peuvent consolider rapidement leur avancée. Les forces de l'ONU se défendent avec ténacité allant jusqu’à affecter un bataillon du génie sur la ligne de front afin d’empêcher les Nord-Coréens d'avancer le temps que la contre-attaque de l'ONU à Inchon puisse prendre les Coréens à revers.

Contexte Le périmètre de Busan

thumb|left|upright|Les troupes américaines en cours de débarquement en Corée, le 6 août 1950.|alt= Dès le début de la guerre de Corée et l'invasion de la Corée du Sud par le Nord, l'Armée populaire de Corée bénéficie d'une supériorité en homme et en équipement tant sur l'armée de terre de la République de Corée que sur les premières forces expédiées par l'Organisation des Nations unies afin d'empêcher l'effondrement de la Corée du Sud. La stratégie nord-coréenne est de poursuivre agressivement les forces des Nations unies et les forces sud-coréennes sur toutes les voies d'approche en direction du sud, attaquant de front et amorçant simultanément un mouvement en tenaille. Cela doit permettre aux Nord-Coréens d’encercler et de couper la retraite de l’ennemi, qui est alors forcé de se retirer en désordre, laissant derrière lui une grande partie de son matériel. De l'offensive initiale du aux combats en juillet et début août, les Nord-Coréens utilisent cette stratégie pour vaincre efficacement toutes les forces de l'ONU qui doivent battre en retraite vers le Sud. Cependant, à partir de l’établissement du périmètre de Busan sous la responsabilité de la des États-Unis en août, les troupes de l'ONU tiennent efficacement une ligne de défense continue que les troupes nord-coréennes ne peuvent percer ou contourner. La logistique nord coréenne plus faible et éloignée de ses bases ne peut suivre le et leur avantage diminue chaque jour devant le nombre d'hommes et de matériel qui débarque sur le périmètre.

Quand les Nord-Coréens approchent du périmètre de Busan, le , ils tentent la même technique d'assaut frontal sur les quatre principales voies d'approche vers le périmètre. Tout au long du mois d'août, la nord-coréenne, et plus tard la engagent la d'infanterie américaine durant la bataille de Masan, repoussant d'abord une contre-offensive de l'ONU avant d'attaquer à Komam-ni et à Battle Mountain. La poussée bloque devant les forces de l'ONU, bien équipées et disposant de grandes réserves qui repoussent à plusieurs reprises les forces nord-coréennes. Au nord de Masan, la nord-coréenne et la d'Infanterie américaine s'affrontent dans la zone du Nakdong Bulge. Lors de la première bataille du Nakdong, la division nord-coréenne est incapable de tenir sa tête de pont sur la rivière face au grand nombre de troupes de réserve américaines qui tiennent bon et les repoussent, et le , la nord-coréenne est refoulée à travers le fleuve avec 50 pour cent de pertes. Dans la région de Daegu, cinq divisions nord-coréennes qui tentent de prendre la ville sont repoussées par trois divisions de l'ONU à plusieurs reprises au cours de la bataille de Daegu. Les combats sont violents en particulier dans la Bowling Alley où la nord-coréenne est presque anéantie. Sur la côte Est, trois autres divisions nord-coréennes sont repoussées par les Sud-Coréens à P'ohang-dong lors de la bataille de P'ohang-dong. Sur l’ensemble du front, les troupes nord-coréennes sont ébranlées par les défaites. Pour la première fois depuis le début du conflit leur stratégie ne fonctionne plus.

La grande offensive du Nakdong

Lors de la planification de la grande offensive, les commandants nord-coréens se rendent compte que toute tentative d'attaque par les flancs des forces de l'ONU est impossible de par l'appui de la marine américaine. Au lieu de cela, comme seul espoir de réussite, ils choisissent de frapper frontalement le périmètre afin de le réduire. Avertis par le renseignement soviétique, les Nord-Coréens sont conscients que les forces de l'ONU se renforcent le long du périmètre de Busan et qu'ils doivent mener une offensive rapidement, ou renoncer à la bataille. L’objectif secondaire est d’encercler Daegu et de détruire les unités américaines et sud-coréennes présentes dans la ville. À cette fin, les unités nord-coréennes prévoient d'abord de couper les lignes d'approvisionnement vers Daegu.

Le , le commandement nord-coréen distribue les ordres opérationnels à leurs unités subordonnées. Ces ordres appellent à une attaque simultanée contre les lignes de l'ONU sur cinq zones différentes afin de submerger les défenseurs de l'ONU et de permettre aux Nord-Coréens de percer les lignes et de repousser les forces de l'ONU sur au moins une des zones. Cinq groupes de combat sont constitués. L'attaque sur le centre du périmètre menée par les 3, 13 et d’infanterie nord-coréennes, est chargée de percer la de cavalerie américaine et la sud-coréenne à Daegu.

Bataille thumb|right|Un soldat américain de la de cavalerie observe les Nord-coréens sur la colline 518 au Nord de Waegwan lors de la bataille de Tabu-dong. thumb|right|upright|alt=|La carte de la ligne défensive de Périmètre Busan en septembre 1950. La zone de Ka-san se situe au nord-ouest du périmètre. thumb|right|alt=|La poussée nord-coréenne vers Daegu, du 2 au 15 septembre 1950.

Simultanément au déroulement de la bataille de Ka-san, et à une coute distance, les troupes de l'ONU et les unités nord-coréens sont dans l'impasse à la bataille de Tabu-dong. Dans ce secteur, le major nord-coréen Kim Song Jun, du , fait défection le en faveur de l'ONU. Ce dernier rapporte que la Corée du Nord prévoit de lancer une attaque à grande échelle au crépuscule. La , dit-il, vient de recevoir 4000 nouveaux soldats, et même si 2000 d'entre eux sont encore sans armes, elle compte désormais une force d'environ 9000 hommes. Dès réception de cette information, le major-général Hobart R. Gay, commandant de la de cavalerie alerte toutes les unités de première ligne afin qu’elle se prépare à l’attaque. Le major-général Paik Sun-yup, commandant de la d'infanterie sud-coréenne alerte et renforce aussi ses troupes pour se préparer à l'attaque.

Attaque nord-coréenne Conformément aux informations fournies par Kim selon lesquelles les Nord-coréens allaient attaquer dans la nuit du , ces derniers frappent avec force dans la zone de Bowling Alley au nord de Daegu. L'attaque prend de court le de cavalerie à Sangju. En effet, la division est mal déployée le long de la route vers cette ville et le manque de force de réserve ne permet pas de contre-attaquer efficacement. Les Nord-Coréens frappent le du de cavalerie dans la nuit du 2 au sur la colline 448 qu’ils envahissent à l’ouest de la Bowling Alley et à au nord de Tabu-dong. Sur la droite, la compagnie E n'est pas sous le feu ennemi, mais elle est scindée et doit se retirer. Le commandant du place la compagnie I dans une position de barrage juste au nord de Tabu-dong à cheval sur la route. Là, deux chars T-34 et l'infanterie nord-coréenne frappent à 02h00 le . Lors de cette action, la compagnie I subie de lourdes pertes mais repousse l'attaque. Le dépassé se retire relayé par le assemblé à la hâte dans une position défensive au sud de Tabu-dong. Au cours de la journée, des éléments de la nord-coréenne forcent un peloton I&R du de cavalerie et un détachement de la police sud-coréenne à abandonner la cité fortifiée de Ka-san sur la crête de la colline 902, à à l'est de Tabu-dong. Le , le commandement de l'ONU et la des États-Unis accuse la perte simultanée de Tabu-dong et de la colline 902, sommet dominant des montagnes à au nord de Daegu.

Les Nord-Coréens concentrent ensuite le feu de leur artillerie au nord de la colline 902 et, bien que les tires soient légers et sporadiques, ils provoquent tout de même des dégâts mineurs sur les positions du d'artillerie de campagne. Cette avancée soudaine des Nord-coréens vers le Sud et vers Daegu, inquiète le commandant de la , le lieutenant-général Walton Walker. L’armée ordonne à un bataillon sud-coréen situé à Daegu de prendre position à l'arrière du de cavalerie, et la de cavalerie crée une force opérationnelle, la Task Force Allen, commandé par le commandant en second de la division, le général de brigade Frank A. Allen, Jr. La Task Force est composé de deux bataillons provisoires formés de troupes du et de troupes des services techniques, des musiciens d’orchestre, de la compagnie de réserve, et d'autres troupes diverses. C'est une force de combat d'urgence qui doit intervenir au cas où les Nord-coréens perceraient les défenses à l'approche de Daegu.

Contre-attaque américaine sur Ka-san La réplique à l'avancée de la Corée du Nord sur la route Tabu-dong en ordonnant à la de cavalerie de reprendre et de défendre la colline 902. Cette colline, à au nord de Daegu permet l'observation de toutes les voies de communication depuis le sud des positions de la dans la cité et, dans les mains des Nord-coréens, pourrait être utilisée à des fin de renseignement et pour des frappes directes d'artillerie et de mortier. La colline 902 est trop éloignée de la route Tabu-dong pour la dominer, sinon elle aurait contrôlé cette principale voie de communication. Mais la faiblesse de l'artillerie nord-coréenne et le manque d’obus de mortier limitent l’avantage pour ces derniers de tenir le pic qui demeure essentiellement un point d’observation.

En dépit de l’appellation « cité fortifiée », il n'y a plus aucune ville fortifiée sur la crête de Ka-san en 1950. Ka-san ou la colline 902 est une montagne haute de qui diffère de la plupart des hauts sommets dans cette partie de la Corée en ayant une zone de forme ovale à son sommet. Cet ovale est une partie d'une crête longue de , variant de à de largeur, qui descend du pic à à environ à son extrémité sud. Sur tous les côtés de cette crête, les pentes de la montagne tombent à pic. Dans les temps anciens, les Coréens avaient construit un mur de pierre haut de autour de la crête et avaient transformé le sommet en une forteresse. La plupart du sommet en 1950 est recouvert de broussailles denses et de petits arbres. Il y a aussi quelques petits champs en terrasses. Les Coréens considèrent Ka-san comme une montagne sacrée et près de l'extrémité nord de la crête, on trouve le temple bouddhiste de Poguk.