La Conférence Molé-Tocqueville est la plus ancienne conférence de France ainsi que l'une des plus anciennes sociétés de débat au monde toujours en activité avec l’Oxford Union et la . Cette conférence a donné naissance au plus important vivier d'hommes politiques de l’histoire de France contemporaine. Cette institution fut souvent le passage obligé pour accéder au sommet de l'Étathttp://memoiredudroit.fr/upload/catalogue-44.pdf.
La conférence est fondée en 1832 par le comte Molé. Après être rentré d'exil lors de la Révolution française, celui-ci a fortement été inspiré par les debating societies alors très en vogue en Angleterre.
Ainsi, son vœu est de créer une structure permettant l'émergence d'une « élite à la connaissance du parlementarisme ainsi qu'aux hautes fonctions de l'État ». Au sein de ce club est alors transmis tout le savoir-faire relatif au bon fonctionnement d'une démocratie.
La Molé tient une place singulière dans le paysage associatif de l’histoire de France, en ce sens où elle a accueilli un grand nombre d’hommes d'affaires, d’avocats mais également d'hommes d'État. En effet, nombreux sont les Présidents de la République qui y ont été formés. En 1852, l'Empereur Napoléon III se voit attribuer par les membres, le titre de président d'honneur de la conférence.
Citons parmi les membres honoraires : Jules Ferry, le comte de Mérode, le baron James de Rothschild, le comte Treilhard, le marquis d'Harcourt, Albert Kahn, Emmanuel Arago, le comte de Ségur, le baron de Jouvenel, Teisserenc de Bort, Paul Target, Tenaille-Saligny, Andral, Oscar du Motier de La Fayette Lefèvre-Pon, Timoléon de Cossé-Brissac, Ferdinand Duval, Léon Renault, Charles Floquet, Clément de Royer, mais aussi Pierre Taittinger, Pierre Brossolette, André Citroën et Thierry Saussez.
La Conférence Molé-Tocqueville est certainement l'institution la plus influente de son temps mais aussi la plus politisée des conférences qui existent depuis la Restauration. Elle est un lieu de réflexion sur les questions de législation, d'économie politique, d'administration et de politique générale. Son mode de fonctionnement inspire bon nombre d'associations reprenant ainsi le terme de « conférence ».
« Les noms de ses fondateurs sont pour la plupart restés très attachés à l'histoire de France. Il est peu d'hommes politiques en vue qui n'aient appartenu à la Conférence Molé-Tocqueville et n'y aient fait leurs premières armes. » (Le Gaulois, 1929)Le Gaulois, dimanche 18 novembre 1929. Provenance : bnf.fr / Thème : 07..
Histoire
Le fondateur
vignette|Reconnaissance du Culte israélite sous l'Empire. |130x130px|gauche Le comte Louis, né le à Paris et mort le à Épinay-Champlâtreux, est un homme politique français. Il est ministre de la Justice sous l'Empire, de la Marine sous la Restauration, des Affaires étrangères et président du Conseil, de 1836 à 1839, sous la monarchie de Juillet. Sous l'Empire, le comte fut nommé auditeur au Conseil d'État () avant d'y être admis comme maître des requêtes (). Rapporteur au Conseil d'État de la loi visant à reconnaître le culte israélite en France, Molé trouva le projet compatible avec les principes égalitaires de la Révolution française et préconisa une reconnaissance officielle de la religion juive, à la suite de quoi l'Empereur Napoléon le nomma commissaire impérial au Sanhédrin israélite. Il fut ensuite préfet de la Côte-d'Or (-1809), conseiller d'État (1809), directeur général des Ponts et Chaussées (1809), comte de l'Empire () et commandeur de l'ordre de la Réunion.
La Conférence de l'hôtel Molé
En 1832, l'hôtel familial des Molé, dans le quartier de Saint-Germain-des-Près accueille le Conseil d'État. Aussi, durant la même année, le comte y reçoit nombre d'étudiants en droit et d'élèves avocats afin de les préparer à la prise de parole en public.
vignette|L'hôtel Molé, dans le quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés abrite désormais le Ministère de l'Écologie.|250x250px La finalité de toutes les conférences créées au est marquée par un souci constant d’entretenir la flamme de la diversité et d’imaginer des mécanismes de plus en plus sophistiqués garantissant la pluralité des opinions.
Historiquement, ces conférences sont apparues à la fin de la Restauration et dans les premières années de la monarchie de Juillet.
On considère généralement que l’étape décisive a été franchie en 1832 avec la création de la Conférence dite de l’hôtel Molé, ultérieurement connue sous l’appellation de Conférence Molé. Le point important est que la conférence d’éloquence à la française est un être hybride, né de l’imitation d’un modèle anglo-saxon (la debating society anglaise, qui vit alors ses plus belles heures de gloire) et de la transposition dans la sphère politique d’une formule enracinée dans une tradition, celle de la « conférence particulière » ou « parlote » dans lesquelles les jeunes avocats se familiarisaient avec les techniques de l’argumentation, l'art oratoire et du débat contradictoire.
Aujourd'hui, les premiers locaux de la Conférence Molé-Tocqueville sont occupés par le Ministère de l'Écologie.
La conférence et les artistes vignette|Le cercle de la rue royale, une œuvre de James Tissot, représentant la première génération dirigeante de la conférence.|alt= gauche|vignette|Le portrait du comte Louis-Mathieu Molé est actuellement exposé au musée du Louvre.|alt= La conférence fut très tôt l'objet de représentations artistiques. Ainsi, le fondateur : Louis-Mathieu Molé fut lui-même l'objet d'un portrait de Jean-David-Auguste Ingres. Son portrait a été acquis par le musée du Louvre en 2011.
Plus tard, c'est au tour de James Tissot de représenter les jeunes de la conférence, dans son œuvre le Cercle de la rue Royale, actuellement exposé au musée d'Orsay.
Organisation La Conférence Molé-Tocqueville opère un brassage entre les élites. Il y a d'abord un brassage des générations, puisque les séances attirent aussi bien de très jeunes étudiants curieux de politique que de grands anciens éventuellement désireux de repérer de nouveaux talents. Il y a ensuite un brassage entre les milieux. La conférence apparaît d'abord comme l'un des piliers de la République des avocats. Mais à côté des représentants du barreau on trouve de très nombreux journalistes, un contingent important de hauts fonctionnaires et un public « parisien », à cheval entre le beau monde et un certain milieu littéraire.
École de l'éloquence et de l'apprentissage du pouvoir représentatif, la Conférence Molé-Tocqueville permet la discussion et le débat de sujets divers entre personnes venues de tous horizons politiques. Les personnalités de monde des affaires mais aussi les élus de la Nation qui tiennent une place prépondérante dans les institutions de bienfaisance et de philanthropie.
Liste des présidents
Conférence Molé 1835 : Paul de Lasteyrie 1836 : Eugène de Goulard 1838 : Ferdinand de Lasteyrie 1839 : Wolowski 1847-1848 : Frédéric Passy 1850 : Frédéric Passy 1851 : Target 1853 : Josseau 1854-1855 : Target 1857 : Ernest Picard 1858-1860 : Antonin Lefèvre-Pontalis 1860 : Floquet 1862 : Arthur de Boissieu 1864 : Jules Ferry 1865 : Amédée Lefèvre-Pontalis 1867 : Clément Laurier 1868 : Léon Renault 1869-1870 : Gambetta 1870 : Édouard Hervé 1871 : Ribot 1874 : Méline 1876 : Franck Chauveau
Conférence Tocqueville Jean Casimir-Périer Albin de Grilleau
Conférence Molé-Tocqueville 1878 : Sabatier 1879 : Valframbert et Ambroise Rendu 1880 : Lucien Henry et Davrillé des Essards 1881 : Ledru et Albert Duchesne 1882 : Paul Révoil et Jules Auffray ? : Georges Bonnefous 1896 : César Caire 1925-1926 : Me Georges Ferlet (avocat à la Cour d'appel de Paris) 1980-2012 : Jérôme Guerrand-Hermès 2012- : Jean Lequet.
Activités Partenariats internationaux universitaires passés : Un échange avec – (Yale University) ; Une reconnaissance mutuelle avec The Oxford Political Union – (University of Oxford). vignette|Société des Nations en 1920.|alt= La Conférence Molé-Tocqueville vit ses membres participer au Groupement universitaire pour la Société des Nations (G.U.S.N.), ainsi certains d'entre eux en furent membres fondateurs. Ce qui valut au journaliste James Donnadieu dans le quotidien national Le Figaro, de comparer le samedi , la rencontre internationale à Genève du comme étant la « Conférence Molé-Tocqueville des nations » : « des réputations s'y forment, des talents s'y affirment, mais ce n'est n'y un centre d'action, ni un poste de commandement ».
Admission Pour intégrer la Conférence Molé-Tocqueville, le candidat doit soumettre sa demande au bureau de la conférence. Le dossier ainsi transmis est ensuite observé par la commission d’admission, un avis est rendu dans un délai de deux semaines.
Quelques membres célèbres Présidents de la République Présidents de la République :
Chefs de gouvernement François Arago : chef de l'État français ; Louis Buffet : vice-président du Conseil des ministres français ; Jules Simon : président du Conseil des ministres français ; Jules Ferry : et président du Conseil des ministres français. Considéré comme étant le père fondateur de l'identité républicaine, auteur des lois scolaires relatives à « l'école publique gratuite et obligatoire » ; Léon Gambetta : président du Conseil des ministres français ; Alexandre Ribot : président du Conseil des ministres français ; Pierre Waldeck-Rousseau : président du Conseil des ministres français, ministre de l'Intérieur. Auteur de la loi relative à la création des syndicats professionnels. Auteur de la loi instaurant la relégation des récidivistes. Auteur de la loi relative au contrat d'association (dite loi de 1901) ; Émile Combes : président du Conseil des ministres français ; Aristide Briand : et président du Conseil des ministres français ; René Viviani : président du Conseil des ministres français. Avocat, cofondateur du journal L'Humanité ; Georges Clemenceau : président du Conseil des ministres français ; André Tardieu : et président du Conseil des ministres français ; René Pleven : et président du Conseil des ministres français ; Pierre Mendès France : président du Conseil des ministres français.
Avocats vignette|Plaque en l'honneur de Georges Mandel, au de l'Assemblée nationale. Albert Grévy. René Viviani : secrétaire de la Conférence du stage, cofondateur de L'Humanité (1904) avec Jean Jaurès. À la création du Ministère du Travail, il en devient le premier ministre et fait garantir le repos dominical par la loi de 1906. Président du Conseil des ministres (1914-1915) ; Vincent de Moro-Giafferri : secrétaire de la Conférence du stage, homme politique ; Gustave de Lamarzelle : sénateur, avocat, président de la Conférence Molé-Tocqueville et professeur de droit à l'Institut catholique de Paris ; Jean-Jules Clamageran ; Charles Savary ; Louis Wolowski ; Ernest Picard : sénateur, ambassadeur de France à Bruxelles, président de la Conférence Molé-Tocqueville ; Franck Chauveau : premier secrétaire de la Conférence du stage ; César Caire : secrétaire de la Conférence du stage, président du Conseil municipal de Paris, élu du arrondissement de Paris ; Emmanuel de Las Cases : secrétaire de la Conférence du stage ; Franck Chauveau : premier secrétaire de la Conférence du stage, député de l'Oise, vice-président de la commission des finances, sénateur, vice-président du Sénat de 1898 à 1901. Jean-Georges Duléry de Peyramont (20 February 1846 - Paris, 1882 - Sauviat, 87, Haute Vienne), Avocat, secrétaire de la Conférence du stage (Promotion : 1870-1871 - Voir http://www.laconference.net/?promotion=1870), secrétaire général de la préfecture du Puy de Dôme, sous-préfet de Sceaux. (voir notamment https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9799871m/f151.item.r=%20de%20peyramont)
Hommes d'affaires baron James de Rothschild : banquier français, fondateur de la branche de française de la famille Rothschild ;