La Laïta est le nom de l'estuaire formé par l'Ellé et l'Isole après leur confluence. On l'appelle aussi, à son embouchure, la rivière du Pouldu.
Hydronymie Le nom Laïta ou Laita n'apparaît pour la première fois dans des écrits officiels qu'en 1825, sur le cadastre de Quimperlé. Dans les écrits datant d'avant la Révolution française, la rivière qui coule de Quimperlé à la mer porte toujours le nom d'Ellé. Cependant Jean-Baptiste Ogée, dans son Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne paru en 1778 et Jacques Cambry, dans son ouvrage Voyage dans le Finistère ou État de ce département en 1794 et 1795, mentionnent la Laïta : « une barre qui n'existoit pas il y a quarante ans s'est formée au Pouldu, à l'embouchure du Laita Voyage dans le Finistère, ou État de ce département en 1794 et 1795, Tome troisième, page 124, librairie du Cercle social, Paris, 1798 ». Sur les cadastres de Guidel et de Clohars-Carnoët de 1818 et 1823 cette rivière est appelée rivière de Quimperlé Pierre Hollocou et Jean-Yves Plourin Les noms de lieux et leur histoire De Quimperlé au Port de Pont-Aven, Emgleo Breiz, 2008. .
L'origine du nom Laita demeure obscure. Il pourrait s'agir d'une déformation du mot Lothéa, du nom d'une ancienne paroisse que celle-ci longeait. Selon l'historien Alan J. Raude, ce nom pourrait dériver du celtique lagitamos, signifiant "cours (d'eau) plus petit".
Géographie
La Laïta est un fleuve côtier soumis à la marée qui prend naissance à Quimperlé au point de confluence de l'Ellé et de l'Isole. Le fleuve coule dans une vallée creusée par l'action conjointe des eaux de l'Ellé et de l'Isole. La vallée a été envahi par la mer à la fin de la dernière glaciation à la suite de la remontée du niveau marin. Aujourd'hui, elle constitue une ria ou un aber. La Laïta serpente depuis Quimperlé en direction du sud vers le golfe de Gascogne. Elle s'y jette au port du Pouldu après un parcours légèrement sinueux de entre des rives escarpées et boisées, peu accessibles. Son tracé sert partiellement de frontière naturelle entre les départements du Finistère et du Morbihan. Sa rive droite est notamment en partie occupée par la forêt domaniale de Carnoët (sur une longueur d'environ 6 km). L'entrée de la ria est rendu difficile d'accès à cause d'un banc de sable sous-marin mouvant et d'un poulier. En effet, lorsque le vent souffle de Sud ou d'Ouest une barre se forme rendant la navigation dangereuse.
Bassin versant et affluents
L'Ellé et l'Isole constituent les principaux affluents de la Laïta. Un peu en aval des deux autres elle reçoit les eaux du Dourdu, un cours d'eau long de qui prend sa source à Mellac et traverse la ville de Quimperlé. Plus loin en aval, elle reçoit les eaux du ruisseau Le Frout, long de , qui traverse la forêt de Carnoët et celles du ruisseau du Quinquis, long de . Mais sur le plan hydrologique il serait plus judicieux de considérer la Laïta comme la partie maritime du cours de l'Ellé, cette rivière constituant le plus important des tributaires. En effet le bassin versant de l'Ellé a une surface de à Quimperlé contre pour l'Isole. Si l'on additionne la longueur de la rivière Ellé et de l'estuaire de la Laïta on obtient un fleuve d'une longueur de selon le SANDRE. La Laïta draine une surface de à son point de départ à Quimperlé et de à son embouchure au port du Pouldu ou selon le SANDRE.
Hydrologie La surface du bassin versant de la Laïta est de à Quimperlé au niveau de la station hydrologique (virtuelle). Son module y est de /s et son débit spécifique de . La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement. Si on la compare à celle des bassins versants voisins cette valeur est inférieure à celle de l'Odet à Quimper () mais supérieure à celle du Blavet à Languidic (). Le débit journalier maximal a été mesuré le et était de /s.
La Laïta est responsable de fréquentes et graves inondations dans la basse ville de Quimperlé . Pour un seuil de débordement de , les crues de 1883, 1925, 1974, 1995 et du ont atteint ; la crue la plus importante, en a pour sa part été marquée par une hauteur d’eau de six mètres. Les 2, 3 et , une crue couplée à des marées de vive eau (coefficient 108) a justifié l’émission d’une alerte vigilance crues de niveau rouge pour la rivière, et inondations de niveau rouge pour l’ensemble du département du Finistère.
Les causes sont multiples, l'irrégularité des débits de l'Ellé et surtout de l'Isole, le rôle des grandes marées, l'endiguement des rivières depuis 300 ans, les modifications du bocage et des cultures en amont.
Histoire vignette|droite|alt=la Laïta à proximité de l'Abbaye Saint-Maurice de Carnoët.|La Laïta à proximité de l'abbaye Saint-Maurice de Carnoët. Les rives de la Laïta étaient déjà fréquentées aux temps préhistoriques, comme en témoigne la présence d'un tumulus dans la forêt de Carnoët. Le comte plus ou moins légendaire Conomor, véritable Barbe Bleue breton, y aurait élu domicile au . Les vestiges de son château, le château de Carnoët, sont encore visibles aujourd'hui. En l'an 868, les Vikings remontèrent le cours de la rivière et détruisirent la ville de Quimperlé, appelée à l'époque Anaurot. Vers 1170, des moines originaires de l'abbaye cistercienne de Langonnet, sous la conduite de leur abbé Maurice Duault, s'établirent sur les rives de la Laïta et y fondèrent un établissement monastique, qui prendra par la suite le nom d'Abbaye Saint-Maurice de Carnoët. Au début du , des navires de 100 tonneaux pouvaient remonter la Laïta jusqu'à Quimperlé, mais l'ensablement progressif du lit de la rivière et l'apparition d'une barre à son embouchure, leur en interdirent par la suite l'accès, ce qu'évoque déjà Jacques Cambry en 1794-1795 :
Pendant la Seconde Guerre mondiale, à l'arrivée des troupes américaines du général Patton en Bretagne, les Allemands se replièrent sur la région de Lorient pour y constituer une poche de résistance. La Laïta servit alors de ligne de démarcation occidentale à la poche de Lorient. Les Allemands ne franchirent pas la ria mais n'hésitèrent pas à bombarder la rive opposée, prenant pour cible l'abbaye Saint-Maurice de Carnoët dont les bâtiments furent gravement endommagés.
La pollution importante engendrée par les Papeteries de Mauduit., implantées à Quimperlé, et fabricant notamment du papier à cigarettes dont elles furent le premier producteur mondial, principalement dans les décennies 1950 et 1960, avait provoqué la disparition de toute vie aquatique et mis fin à la mytiliculture qui était auparavant prospère sur ses rives (toutes les concessions furent supprimées en 1975).. Une relance de cette activité a débuté en 2017..
Les paysages de la Laïta La Laïta en amont du pont Saint-Maurice
La rive droite de la Laïta (côté Clohars-Carnoët) en aval du pont Saint-Maurice
La rive gauche de la Laïta (côté Guidel) en aval du pont Saint-Maurice
Ouvrages d'art
Plusieurs ouvrages d'art franchissent la vallée de la Laïta. le viaduc routier qu'emprunte la voie express RN165. le viaduc ferroviaire construit en 1862. le pont routier de Saint-Maurice reliant les communes de Clohars-Carnoët et de Guidel.
Tableaux
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Marcel Gozzi et Isabelle Thieblemont, La Laïta, Liv'Éditions 2014.
Articles connexes Liste des fleuves de France Liste des rivières bretonnes
Liens externes
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