Grave est un film franco-belge, écrit et réalisé par Julia Ducournau, sorti en 2016.
Le film met en scène Justine, , végétarienne, qui intègre une grande école vétérinaire. Lors de son bizutage, elle est forcée de manger de la viande pour la première fois.
Le film est présenté en compétition à la Semaine de la critique durant le Festival de Cannes 2016.
Synopsis La scène d'ouverture, en plan fixe, montre une petite route. Une voiture arrive. Soudain, une personne déboule. Voulant l'éviter, le conducteur de la voiture percute un arbre. La personne se dirige alors vers la voiture accidentée.
Justine vient d'une famille de végétariens. À , elle intègre une école vétérinaire en Belgique, où sa sœur aînée, Alexia, est également inscrite et où leurs parents se sont jadis rencontrés. D'abord mécontente de découvrir qu'elle est en colocation avec un garçon alors qu'elle avait demandé de l'être avec une fille, elle fait tout de même connaissance et sympathise avec son colocataire, Adrien qui pour la rassurer, lui déclare qu'il est homosexuel.
Puis, dans le cadre de leur bizutage, les nouveaux élèves sont éclaboussés de sang et se voient contraints de manger un rein de lapin cru. Justine affirme qu'elle ne peut pas le faire en raison de son végétarisme, et demande à Alexia de la soutenir. Cependant, Alexia dément les propos de sa sœur et, après l'avoir vue manger un rein, Justine mange également le sien à contrecœur. Dans la nuit qui suit, Justine découvre qu'elle fait une éruption cutanée très virulente répartie sur tout le corps. Le médecin lui diagnostique une intoxication alimentaire et lui prescrit une crème apaisante.
Malgré cela, Justine commence à avoir de soudaines envies de viande, dérobant un steak à la cantine, qu'elle jettera plus tard, honteuse. Puis, elle et Adrien qui est devenu son confident, se rendent tard le soir à une station-service pour que personne ne la voie manger de la viande. Un soir, elle demande à sa sœur si elle peut dormir chez elle. Elle trouve la même crème dans l'armoire d'Alexia que celle donnée par le docteur à la suite de son éruption cutanée. Sa sœur charrie sur sa pilosité, que ce n'est pas comme ça qu'elle pourra séduire. Alexia se propose de l'épiler, notamment de son pubis. Mais elle ne parvient pas à lui retirer une dernière bande de cire, menant alors à une dispute sororale. Alexia décide alors de retirer la bande à l'aide de ciseaux, mais brusquement repoussée par sa cadette, elle se sectionne accidentellement le majeur gauche provoquant son évanouissement. Justine appelle immédiatement une ambulance, mais pendant l'attente de son arrivée, elle est submergée par une soudaine et irrépressible faim de viande. Elle se saisit du doigt amputé d'Alexia, le lèche, le déguste doucement puis le dévore. Sa sœur qui est revenue à ses esprits, assiste horrifiée à ce spectacle. À l'arrivée des secours, les deux sœurs prétendent que c'est le chien d'Alexia qui a mangé son doigt, et l'animal est alors euthanasié.
Le lendemain matin, Alexia emmène Justine sur une route à faible trafic, où elle se met délibérément en travers d'une voiture, qui est obligée de dévier brutalement de sa route pour l'éviter et part s'écraser contre un pylône (ce qui rappelle la scène d'ouverture). Les occupants de la voiture sont tués sur le coup en raison de la violence du choc. Alexia commence à dévorer l'un des passagers, tandis que Justine essaie de l'arrêter. Malgré cela, l'appétence de Justine pour la viande humaine grandit et elle commence à convoiter Adrien, son colocataire. Plus tard, participant à une fête très alcoolisée, elle embrasse un garçon et lui arrache un morceau de lèvre. Justine se confie à Adrien sur son penchant et ils finissent par avoir un rapport sexuel. Pendant ce rapport, Justine essaie frénétiquement de mordre Adrien plusieurs fois, soulageant finalement son appétit en se mordant le bras.
Quelques jours plus tard, Justine s'enivre lors d'une fête. Alexia la rejoint, puis l'emmène à la morgue. Le lendemain matin, tout le monde à l'école fixe Justine, certains l'évitant. Adrien montre alors à Justine une vidéo qui circule chez tout le monde d'elle prise à son insu, ivre, rampant sur le sol et essayant de mordre le bras d'un cadavre qu'Alexia tire hors d'atteinte. Hors d'elle, Justine attaque Alexia dans la cour. Alexia mord Justine au visage, puis elles se mordent les bras l'une de l'autre, avant d'être séparées. Plus tard, Alexia panse la blessure de Justine.
Le lendemain matin, Justine se réveille aux côtés d'Adrien, qui semble dormir paisiblement. Elle pense qu'elle a passé une délicieuse nuit avec lui. Mais en retirant le drap, elle découvre horrifiée que son colocataire est en fait mort, la cuisse droite partiellement dévorée et un bâton de ski planté dans la colonne vertébrale. Bien qu'elle n'ait aucun souvenir de ce qui s'est passé, elle est d'abord persuadée que ça ne peut être que elle qui a commis tout ça. Puis elle constate que sa bouche est immaculée, qu'il n'y a pas de sang et déduit qu'elle ne peut pas être la fautive. Elle trouve Alexia, pleine de sang et catatonique, effondrée dans le coin cuisine de la chambre estudiantine. Justine se saisit alors du bâton de ski et le presse contre le front de sa sœur, avant de la libérer et de la nettoyer.
Alexia est incarcérée. Justine et ses parents lui rendent visite en prison. À la maison familiale, profitant d'un bref moment d'absence de son épouse, le père de Justine lui confie qu'elle et sa sœur ne sont pas responsables des derniers évènements. Il lui explique que lorsqu'il a rencontré leur mère, il ne comprenait pas pourquoi elle s'obstinait à refuser de sortir avec lui. Il trouva la réponse lorsqu'ils se sont embrassés pour la première fois, montrant subtilement une cicatrice au-dessus de la lèvre supérieure. Il entrouvre ensuite sa chemise pour laisser apparaître toutes les cicatrices et les morceaux de sa chair manquants qui constellent son torse, et dit à Justine qu'il est sûr qu'elle sera capable de trouver une solution.
Fiche technique Titre original français : Grave Titre anglais : Raw Réalisation : Julia Ducournau Scénario : Julia Ducournau Musique : Jim Williams Costumes : Élise Ancion Photographie : Ruben Impens Montage : Jean-Christophe Bouzy Production : Jean des Forêts Coproduction : Julie Gayet, Nadia Turincev, Jean-Yves Roubin, Cassandre Warnauts Sociétés de production : Petit film, Rouge International, Frakas Productions Société de distribution : Wild Bunch Budget : 3,5 millions d'euros Pays de production : et Langue originale : français Format : couleur — 2,35:1 Genres : drame, body horror Durée : 98 minutes Dates de sortie : France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale) Belgique : (Offscreen) ; (sortie nationale) Suisse : (Festival international du film fantastique de Neuchâtel 2017) Classification : France : interdit aux moins de
Distribution Garance Marillier : Justine Ella Rumpf : Alexia Rabah Nait Oufella : Adrien Joana Preiss : la mère Laurent Lucas : le père Marion Vernoux : l'infirmière Bouli Lanners : le routier Jean-Louis Sbille : un professeur Denis Mpunga : le professeur d'anatomie bovine Thomas Mustin : le chef du bureau des étudiants
Production Tournage vignette|280px|Lieu des scènes de rassemblement des « bizuts », devant les bâtiments dits des « Grands Amphithéâtres » de l'université de Liège au Sart Tilman.Au-dessus, la terrasse où se déroule notamment la scène de dispute finale entre les deux principales protagonistes. Le tournage du film débute le en Belgique et s'étale sur une période de trente-huit jours. La plupart des scènes sont tournées à la clinique vétérinaire de l'Université de Liège..
D'autres lieux du campus du Sart Tilman de l'université sont aussi largement utilisés, tels l'hôpital universitaire et le bâtiment abritant les grands amphithéâtres entre les bâtiments de la faculté de droit, de science politique et de criminologie et ceux de la faculté des sciences. Les parkings à proximité apparaissent également. On y aperçoit des œuvres du musée en plein air du Sart Tilman.
Une scène est tournée sur la nationale 633 à proximité de l'Ourthe près de Colonster, à quelques centaines de mètres de la faculté de médecine vétérinaire.
Budget Soutenues par plusieurs sociétés de production françaises et belges (parmi lesquelles Rouge International et Frakas Productions), Julia Ducournau et son équipe ont réuni un budget d'environ d'euros..
Sortie Classification Du fait de ses nombreuses scènes violentes, gores et à caractère sexuel, .
En France, il a subi une interdiction de diffusion aux moins de seize ans, soit l'une des classifications les plus strictes. La Commission de classification des œuvres cinématographiques a justifié ce choix en précisant que le film
Aux États-Unis, la MPAA a attribué à Grave la classification « R » (pour restricted), soit une interdiction de diffusion aux mineurs de moins de dix-sept ans non accompagnés d'un adulte. En Irlande, en Norvège et en Grande-Bretagne, il a été interdit aux moins de dix-huit ans..
Promotion La première de Grave s'est tenue le dans le cadre de la du festival de Cannes. Présenté dans la section de la Semaine de la critique, le long métrage a obtenu le prix FIPRESCI.
Quelques mois plus tard, le , le film a été projeté en séance de minuit au festival international du film de Toronto, où il a provoqué l'évanouissement d'un couple de spectateurs en raison de ses scènes explicites... D'après Ryan Werner, chargé de faire la promotion de Grave, aucun festivalier n'avait eu de telle réaction depuis la projection d'Antichrist de Lars von Trier en 2009.
Après plusieurs autres présentations, notamment au festival international du film de Chicago au festival de Sundance, le film est sorti en France le ..
Dans les pays anglophones, Grave a été distribué avec le slogan ().
Accueil Box-office
Au cours de sa première semaine d'exploitation en France, du au , Grave attire dans les salles, prenant la du box-office. Projeté dans un total de , le film réunit donc par copie Classement hebdomadaire France 15-21/03/2017 – JP's Box-Office. Lors de sa deuxième semaine, Grave se maintient à la en réunissant de plus, hissant son box-office à Classement hebdomadaire France 22-28/03/2017 – JP's Box-Office. Après trois semaines, le film franchit le cap des vendus. Il restera à l'affiche pendant encore plusieurs mois, achevant finalement son exploitation en novembre avec un total de Box-office français pour Grave – JP's Box-Office.
Aux États-Unis, le film est sorti le sous le titre Raw (« cru »). Malgré une exploitation limitée (Grave a été projeté dans seulement deux salles pendant sa première semaine), il y a généré de recette en dix jours. Après huit semaines d'exploitation, les recettes totales sur le territoire américain s'élèvent à , le film ayant bénéficié d'une combinaison maximale de Gross for Raw – Box Office Mojo.
Grave a joui d'une très large exploitation en salles puisqu'il a également été diffusé dans d'autres pays d'Europe, en Asie, en Amérique du Sud et en Océanie Foreign gross for Raw – Box Office Mojo.
Critique
En France Grave a été très largement salué par la critique. Les journalistes ont notamment reconnu l'audace visuelle et scénaristique du film, ainsi que les qualités de la mise en scène de Julia Ducournau et de l'interprétation de l'actrice principale, Garance Marillier.
Mathieu Macheret, du Monde, estime par exemple que la réalisatrice Il ajoute :
Christophe Carrière, de L'Express, note quant à lui que, Il souligne également le fait que Julia Ducournau est .
Emily Barnett, des Inrockuptibles, parle d'un film qui .
Pour Philippe Guedj, du Point, C'est un .
Dans une critique enthousiaste écrite pour le compte de Bande à part, Olivier Pélisson loue la réalisation et le scénario de Julia Ducournau, dont le talent . Selon lui, il est
Pour Cécile Mury, de Télérama, Grave est , dont l'histoire de