est un film d'animation japonais réalisé par Makoto Shinkai, produit par CoMix Wave Films et distribué par Toho. Le film est sorti en au Japon et en en France. Il représente un lycéen à Tokyo et une lycéenne dans la campagne japonaise qui commencent soudainement et inexplicablement à échanger leurs corps.
Il présente les voix de Ryunosuke Kamiki et Mone Kamishiraishi, avec la direction de l'animation par Masashi Ando, la conception des personnages par Masayoshi Tanaka, et sa partition orchestrale et sa bande originale composées par Radwimps. Un light novel du même nom, également écrit par Shinkai, a été publié un mois avant la première du film. Le film a été acclamé par la critique, avec des éloges pour l'animation, la musique, les visuels et le poids émotionnel. Le film a rapporté plus de 41,44 milliards de yens (380 millions de dollars) dans le monde, battant de nombreux records au box-office, notamment en devenant le troisième film d'animation le plus rentable de tous les temps, sans tenir compte de l'inflation.
Le film a remporté le prix du meilleur long métrage d'animation aux Los Angeles Film Critics Association Awards, au Festival du film de Sitges et aux Mainichi Film Awards. Le film remporte également le Grand Prix de l'animation au Japan Media Arts Festival, et a été nommé pour la catégorie meilleure animation de l'année au Japan Academy Prize.
Synopsis Mitsuha, dix-sept ans, est lycéenne dans le petit village d’Itomori. Ayant perdu sa mère, elle vit avec sa petite sœur, Yotsuha, et sa grand-mère, Hitoha, son père ayant quitté le foyer pour devenir maire. Partageant son temps entre les études, ses amis, et son rôle de miko, dont le savoir lui est transmis par sa grand-mère, elle étouffe, et rêve d’une autre vie en tant que beau jeune homme à Tokyo. Taki, de son côté, est un lycéen tokyoïte timide et doué en dessin. Lorsqu’il ne traîne pas avec ses amis au lycée ou au café, il travaille dans un restaurant italien comme serveur, où il est amoureux d’une collègue plus âgée, Miki, sans avoir jamais osé se déclarer.
Alors qu’une comète passe dans le ciel d’Itomori, leur destin va basculer lorsqu’ils se rendent compte qu’ils se retrouvent chacun dans le corps de l’autre à raison de deux ou trois jours par semaine. Rapidement, ils tentent de communiquer et de se connaître par l’entremise de messages écrits sur leurs corps, puis dans leurs téléphones portables respectifs, établissant des règles pour ne pas perturber la vie de l’autre. Malgré tout, Mitsuha, dans le corps de Taki, parvient à séduire Miki et à lui obtenir un rendez-vous, mais lors de celui-ci, Taki se retrouve gêné, malgré la gentillesse compréhensive de Miki, qui pense qu’il est tombé amoureux d’une autre, et reste son amie. Après ce rendez-vous, plus aucun échange ne se produit, et Taki décide de partir à la recherche de Mitsuha, ne parvenant pas à la joindre sur son portable. Ne sachant rien de l’endroit où elle habite, il tente de se repérer avec les croquis d’Itomori qu’il a esquissés. Alors qu’il commence à perdre espoir, un restaurateur reconnaît son dessin et lui apprend une affreuse nouvelle : Itomori a été détruite le , trois ans auparavant, par une météorite issue du cœur brisé d’une comète, et un tiers de ses habitants, soit environ 500 personnes, sont mortes.
En cherchant dans les registres, Taki retrouve le nom de Mitsuha, de sa famille et de ses amis dans la liste des victimes. Il comprend alors que leurs échanges ne s’effectuaient pas dans la même trame temporelle, et voit les messages sur son portable disparaître petit à petit. Désespéré, le jeune homme se souvient d’un rite shinto d’offrande de kuchikamizake qu’il a vécu dans la peau de Mitsuha, et retrouve le sanctuaire où le saké sacré a été déposé. Il décide de le boire en demandant au dieu de le ramener à l’époque où son amie était encore en vie, et se retrouve projeté dans les méandres du temps. En revivant les dernières journées de Mitsuha et la chute de la comète, il s’aperçoit et se souvient que la jeune fille avait tenté de le retrouver à Tokyo la veille de la catastrophe, mais s’apercevant qu’il ne la connaissait pas, elle s’était enfuie, lui laissant un ruban qu’il avait conservé attaché à son poignet.
Taki se retrouve finalement une dernière fois dans la peau de Mitsuha, le matin avant la chute de la météorite. Alors qu’il tente de fomenter avec les deux amis de Mitsuha un plan pour faire évacuer la population, il se heurte à l’implacabilité du maire ; il court alors vers le sanctuaire pour retrouver Mitsuha, afin qu’elle puisse convaincre son père. Cette dernière se réveille dans le corps de son ami, et sort du sanctuaire, se demandant ce qu’il fait à Itomori, et constate avec effroi le cratère créé par le météore. Au crépuscule, en se guidant avec leurs voix, ils finissent par se retrouver sur une crête par-delà le temps, et se parlent quelques instants ; le jeune homme rend le ruban à son amie, et pour ne pas oublier leurs prénoms respectifs, Taki écrit sur la main de Mitsuha, mais au moment où elle va écrire sur la sienne, elle s’estompe, et le stylo tombe ; ils se retrouvent chacun dans leur époque et dans leur corps, perdant rapidement les souvenirs liés à l’autre. En courant pour retourner au village, Mitsuha regarde sa main et constate que Taki y a écrit « Je t‘aime » ; elle parvient finalement à convaincre son père d’organiser un exercice d’évacuation, ce qui permet de sauver la population du village lorsque la météorite tombe.
En , Taki est toujours à Tokyo et cherche du travail ; Miki vient le voir et lui souhaite de trouver le bonheur, mais il ressent constamment un manque, se demandant pourquoi il s’est beaucoup intéressé à la catastrophe d’Itomori à une époque et a fini par se réveiller seul dans la montagne aux abords du village. Mitsuha est également venue vivre à Tokyo, et ils se croisent à l’occasion sans se reconnaître. Alors qu’ils sont tous deux dans des trains allant dans des directions opposées, leurs regards se rencontrent par la fenêtre, et ils ressentent une forte émotion. Sortant chacun à la station suivante, ils courent pour tenter de se retrouver et se croisent dans un escalier. Alors qu’ils semblent ne pas se reconnaître, ils finissent par se retourner tous les deux, et Taki demande à Mitsuha s’il ne la connaît pas ; elle répond qu’elle a la même impression, et ils se demandent leur prénom, les yeux pleins de larmes...
Personnages
Un lycéen vivant à Tokyo passant des jours heureux avec ses amis et est employé à temps partiel dans un restaurant italien. Il est assez irritable, mais bien intentionné et gentil.
Une lycéenne vivant à Itomori, une ville rurale. Elle n'aime pas son père et est gênée par ses campagnes électorales municipales, ainsi que son rôle en tant que miko dans les rituels pour le sanctuaire créant du kuchikamizake, une manière traditionnelle et antique de créer ce saké exigeant la mastication du riz afin d'inhaler la levure et donc permettre sa fermentation.
Une étudiante dans le supérieur travaillant dans le même restaurant que Taki. Elle et Taki ont le béguin mutuel pour l'un et l'autre. Elle est plus généralement appelée Mme Okudera ou Senpai (un terme respectueux envers les aînés).
La cheffe du temple de la famille et la grand-mère de Mitsuha et Yotsuha. Leur nom de famille signifie littéralement « eau de sanctuaire ». Elle est une experte de kumihimo, qui est l'une des traditions de la famille. La ville d', où elle et sa famille vivent et la moitié des événements de l'histoire se déroule, signifie "fil protecteur".
Un ami de Mitsuha, qui est un spécialiste dans la construction de machine et d'objet en tout genre, en particulier les explosifs.
Une amie de Mitsuha. C'est une jeune fille nerveuse faisant partie du club de radiodiffusion de leur lycée qui nie fougueusement son attirance pour Katsuhiko.
Un des amis de Taki au lycée. Il est souvent préoccupé par Taki chaque fois que Mitsuha est dans son corps.
Un des amis de Taki au lycée. Il est optimiste et saute au secours de ses amis.
La sœur cadette de Mitsuha, qui vit avec elle et leur grand-mère. Elle pense que sa sœur est un peu folle mais l'aime malgré la situation. Elle participe à la création à la fois du kumihimo et du kuchikamizake.
Le père de Mitsuha et de Yotsuha, c'est le maire d'Itomori. Il était un folkloriste qui s'est rendu dans cette ville pour ses recherches et y a rencontré la mère de Mitsuha. Il est très strict et lassé des événements qui ont eu lieu dans sa vie.
La mère décédée de Mitsuha et de Yotsuha.
. La professeure de littérature classique japonaise de Mitsuha, de Katsuhiko et de Sayaka. Elle leur enseigne le mot « Kataware-doki », qui signifie crépuscule dans le dialecte local d'Hida, dans sa classe. Yukari est également apparue dans The Garden of Words.
Fiche technique
Titre original : Titre international : Réalisation : Makoto Shinkai Scénario : Makoto Shinkai Musique : Radwimps Direction artistique : Akiko Majima, Takumi Tanji, Tasuku Watanabe Direction de l'animation : Masashi Andō : Masayoshi Tanaka Montage : Makoto Shinkai Pays de production : Production : Katsuhiro Takei, Genki Kawamura, Kôichirô Itô Coproduction : Tatsuro Hatanaka, Shin'ichirô Inoue, Masanori Yumiya, Junji Zenki Sociétés de production : CoMix Wave Films, Amuse, Tōhō Sociétés de distribution : Eurozoom (France), FUNimation Entertainment (Canada), Tōhō (Japon) Langue : japonais Format : couleur Dates de sortie : États-Unis : (Anime Expo - première mondiale) Japon : France : . Canada, Québec : (sortie limitée) Belgique : .
Production Makoto Shinkai a conçu l'intrigue du film après sa visite, en , du village de pêcheurs de Yuriage à Natori, à la suite du séisme et du tsunami de 2011 au Tōhoku. Face à la dévastation, il s'est dit : « cela aurait pu être ma ville ». Par la suite, il a imaginé un film où la place des habitants de Yuriage serait échangée avec celle des spectateurs. Lors de sa visite, Shinkai a réalisé divers croquis, dont certains ont été exposés publiquement.
Shinkai a soumis sa proposition initiale de film à la Tōhō le , sous le titre original de Yume to Shiriseba (夢と知りせば, Si j'avais su que c'était un rêve), tiré d'un vers d'un waka attribué à Ono no Komachi. Son titre a ensuite été modifié en Kimi no Musubime (きみの結びめ, Ton lien) et Kimi wa Kono Sekai no Hanbun (きみはこの世界のはんぶん, Tu es la moitié de ce monde) avant d'être définitivement arrêté sous le nom de Kimi no Na wa (litt. « Ton nom est... »). Le , Shinkai a annoncé qu'il était en train d'écrire le storyboard du film.
L'inspiration pour l'intrigue a été puisée dans diverses œuvres littéraires, notamment Dans l'intimité de Marie de Shūzō Oshimi, Ranma ½ de Rumiko Takahashi, le conte de l'époque Heian Torikaebaya Monogatari, et la nouvelle The Safe-Deposit Box de Greg Egan. Shinkai a également mentionné l'influence du film Interstellar (2014) de Christopher Nolan. En parallèle, Shinkai et son équipe ont minutieusement examiné leurs travaux précédents pour s'y référer, tels que Crossroads, une publicité télévisée pour Z-kai (2014), et 5 centimètres par seconde (2007).
Bien que la ville d'Itomori, l'un des décors principaux du film, soit fictive, le long-métrage s'est inspiré de lieux réels qui ont servi de toile de fond à la ville. Ceux-ci incluent notamment la ville de Hida et sa bibliothèque.
Genèse