Les médias et le genre désigne ici les liens entre les médias et les genres mais aussi entre les notions de féminité et de masculinité, et comment les genres sont représentés dans et à travers les médias (presse écrite, télévision, radio, jeux vidéos, plateformes en ligne).

Des initiatives et ressources existent afin de promouvoir l'égalité hommes-femmes et de renforcer l'autonomisation des femmes dans les représentations médiatiques et dans le milieu professionnel des médias. Par exemple, avec la coopération de partenaires comme la Fédération internationale des journalistes, l'UNESCO a mis en place les Indicateurs d'égalité des genres dans les médias (IGRM), renforçant ainsi le combat contre les inégalités de genres qui sont toujours présentes dans la sphère médiatique.

Histoire

Disparités entre les genres dans les carrières médiatiques

Même si le nombre de femmes augmente dans les professions médiatiques, par exemple en journalisme, les médias restent statistiquement dominés par les hommes qui occupent généralement la majorité des positions de pouvoir. Les hommes sont plus souvent cités que les femmes, par exemple à titre d’experts, et ce sont aussi eux qui couvrent le plus souvent les sujets « sérieux ». Le test de Bechdel, créé pour évaluer, d’une manière qui reste ludique, la représentation des femmes dans les œuvres de fiction, a été adapté aux emplois dans les médias, ce qui a permis de montrer que même pour des émissions où plusieurs femmes sont employées, celles-ci ne bénéficient pas d’une voix égale à celle de leurs collègues masculins. Par exemple, leur présence à la radio est faible puisqu’elle se restreint généralement à des sujets comme la météo et la culture.

Une étude conduite par Stacy Smith de l'université de Californie du Sud montre que seulement 7 % des réalisateurs, 13 % des scénaristes et 20 % des producteurs dans l'industrie du film et de la télévision sont des femmes.

Même si les chiffres restent bas, on constate une légère augmentation du nombre de femmes qui travaillent dans les médias. Cependant, elles sont souvent cantonnées à traiter de sujets liés aux besoins des femmes ayant souvent pour but de leur donner une image « positive ». De plus, les femmes sont de plus en plus nombreuses à être incluses dans le processus de décisions. Cette autonomisation des femmes leur donne plus de possibilités pour promouvoir une représentation médiatique des genres plus équitable et éviter la propagation de stétérotypes.

Représentations des femmes

L’identité se construit à travers des processus culturels dont la production et la réception de contenu médiatique. Les médias influencent notamment ce qui est considéré comme étant normal dans une société. L’assignation de genre désigne l’action d’attribuer à une personne une place ou un rôle et d’attendre qu’elle l’interprète en se conformant aux attentes sociales, selon qu’elle est perçue comme étant un homme ou une femme. Les médias occupent un rôle important dans le champ des significations sociales; ils ont le pouvoir d’implanter certaines représentations de genre, et ainsi de participer à la régulation des rapports sociaux par ces points de repères identitaires. Les analyses montrent régulièrement une sous-médiatisation des femmes et une stéréotypification (par exemple, traitement médiatique centré sur les tenues vestimentaires, la vie privée, etc.).

La sous-médiatisation des femmes dans les médias français (TV et radio) peut être illustrée par le temps de parole qu'elles détiennent sur les ondes, qui n'était que de 25 % en 2001 (contre 75% pour les hommes), contre 35 % en 2018.. Les femmes qui sont amenées à s'exprimer dans les programmes d'information TV sont plus souvent représentées dans des positions d'autorité moindres que celles de leurs homologues masculins..

Sous-représentation des femmes

Selon France Info, seules 16,9 % des personnalités les plus médiatisées en 2017 étaient des femmes.

Au cinéma, on soulève des problèmes comme le faible nombre de femmes réalisatrices et les difficultés que rencontrent les actrices plus âgées pour trouver des rôles intéressants. Il y a seulement une femme pour environ deux hommes dans les représentations populaires, et elles gagneraient deux fois et demie moins que ces derniers pour des emplois équivalents. La guilde des acteurs américains en arrive à des proportions similaires, en précisant que les femmes ont un peu plus de rôles principaux féminins en comparaison aux rôles de soutiens féminins, mais toujours beaucoup moins de rôles en comparaison aux rôles principaux masculins tenus par les hommes.

Représentation des femmes à la télévision

Séries télévisés Comme la télévision est un média d’influence, il n’est pas rare de constater que les formes de pouvoir se matérialisent à travers les contenus de ce médium et se reflètent dans la société. En effet, les séries télévisées sont un bon exemple afin d’expliquer et d’observer la représentation des femmes dans les médias. Plusieurs études s’entendent pour dire que dans les séries télévisées, la stigmatisation des rôles féminins est très présente. Les femmes sont souvent représentées dans des situations embarrassantes ou elles seront perçues comme une source de divertissement et non comme personnage principal. Elles occupent des positions passives tandis que les hommes seront impliqués directement dans le développement de l’histoire Les femmes occupent, en effet, des rôles qui sont souvent valorisés par la présence d’hommes. Selon les perspectives féministes expliquées dans certaines études, la hiérarchie des genres et les constructions sociales qui existent aujourd’hui dans la société serait une réflexion de ce qu’on retrouve dans les médias communicationnels tels que la télévision Plusieurs séries télévisées ont été étudiées afin d’analyser les stéréotypes auxquels les femmes font face et qui ont par la suite des répercussions dans nos sociétés. Prenons l’exemple de la série « Ramdam », une émission de jeunesse québécoise qui se veut réaliste, mais où les personnages principaux sont définis par plusieurs stéréotypes liés au genre. Ramdam est une série télévisée illustrant des adolescents évoluant dans un milieu scolaire. Cependant, les rapports qu’ont les personnages féminins avec divers personnages masculins illustrent à plusieurs reprises la femme comme étant soumise à certains standards l’obligeant à adopter des comportements spécifiques Ainsi, cette représentation des femmes met de l’avant la problématique de la hiérarchie sociale entre les hommes et les femmes au sein des séries télévisées populaires aussi présente dans la société réelle.

Télé-réalités Les émissions de télé-réalité ont comme but de divertir le public. Au sein de celles-ci, il est fréquent que la femme soit représentée dans des situations où elle est confrontée à un rapport particulier avec son apparence et sa sexualité. La femme est souvent contrainte à se soumettre à des comportements dégradants et stigmatisant. En effet, les émissions de télé-réalités « dégagent la nette impression d’une régression sur les acquis antérieurs des mouvements sociaux féministes et d’un grand désarroi des représentations collectives devant la précarité de l’émancipation. » Le problème relevé par certains chercheurs est la différence dans la représentation des femmes par rapport à celle des hommes dans ces émissions De plus, la popularité et l’influence de ces émissions peuvent affecter directement la représentation que le spectateur fera par la suite du pouvoir des femmes par rapport à celui des hommes : « les sons et les images de la télévision traversent le récepteur et pénètrent au-delà de sa conscience à des niveaux très profonds. En effet, la télévision atteint l'individu dans presque toutes les fibres de sa personnalité. Elle agit sur lui tout autant dans ses activités cognitives et psychiques que dans ses valeurs et comportements » Ainsi, il y a une banalisation importante de la stigmatisation liée aux participantes de ces émissions et donc de la hiérarchisation des pouvoirs au sein de ces émissions de télé-réalité entre le rôle de l’homme et de celui de la femme perdure.

Émissions d'affaires publiques Plusieurs chercheurs s’accordent pour dire qu’il y aurait une importante distinction entre les hommes et les femmes appelés à témoigner en tant que spécialistes dans les émissions traitant de sujets d'actualité et émissions-débats. En effet, les chercheurs Amir Hetsroni et Hila Lowenstein expliquent qu’il y a une problématique importante en ce qui concerne la crédibilité accordée par le public vis-à-vis des experts féminins invités. Cet enjeu perdure dans sphère publique puisque les femmes en position d’autorité ou en position de partager des connaissances distinctes sur un plateau de télévision provoquent plusieurs réactions, notamment dues à la forte présence de stéréotypes liés aux sexes C’est d’ailleurs la légitimité des propos proférés par ces spécialistes de sexe féminin qui est remise en doute selon Hetsroni et Lowenstein, car le spectateur accorderait une confiance plus importante aux intervenants masculins. De plus, les scientifiques démontrent que les femmes sont souvent appelées à témoigner dans le cadre de sujets considérés comme « légers ». Ces émissions présentent davantage des spécialistes de sexe féminin lorsqu’il est question de thèmes comme la culture, la cuisine ou tout ce qui concerne le bien-être. Alors que d’un autre côté, les sujets comme l’économie, la politique ou les problématiques judiciaires sont souvent expliqués par des spécialistes de sexe masculin. Ainsi, cette démonstration de la femme comme celle qui s’y connait qu’en cuisine ou en beauté reflète la tendance à placer la femme dans des positions distinctes de la société. Aussi, la chercheuse Elspeth Probyn établit le lien particulier entre le genre télévisuel et le genre sexuel. Selon cette théorie, les émissions ont pris un tournant différent afin de rejoindre le public la femme étant à l’époque au foyer. Par contre, le monde télévisuel a continué à alimenter cette pratique alors que les femmes ont commencé à évoluer dans différents milieux. Par conséquent, la représentation des femmes comme spécialistes au sein d’émissions d’affaires publiques se fait encore rare.

La place des femmes expertes dans les émissions d'affaires publiques

Reconnaissance des progrès sur l'approche de genre Il est indéniable que l’approche de genre connaît une évolution sans précédent, d’après une étude de Brun (2009), sur le site web des Archives de Radio-Canada et les femmes en 2007. L’auteur parle de l'obtention des nouveaux droits, permettant aux femmes de siéger au Sénat canadien (1929), du droit de vote pour les femmes au Québec (1940) et de la pleine capacité juridique pour la femme mariée (1964) ; ainsi que le mouvement de libération des femmes (de la fin des années 1960 au milieu des années 1980), la décriminalisation de l’avortement (1988) et l’adoption d’une loi québécoise sur l’équité salariale en 1996 (Le Collectif Clio, 1992). L’étude souligne également cette progression en ce qui a trait aux médias, car dans les premières décennies de la radio, de nombreuses comédiennes ont prêté leur voix aux personnages féminins des radio romans. Pourtant, on ne reconnaissait pas à la voix féminine la dignité et l’autorité nécessaire à la présentation des contenus plus « nobles », telle l’information (Martin, 1989).

Les biais de genre dans les interventions médiatiques D'après l’étude de Brun (2009), les femmes sont plus représentées aux médias, dans les catégories suivantes :

Personnalités Arts et culture Vie et société

Les hommes sont souvent représentés aux médias, dans les catégories suivantes :

La politique et l'économie Les guerres et conflits Les sports Les sciences et technologies

Découvertes de l'étude

En Israël