Fondée en 1907 et résultat de la fusion en 1958 de deux des trois plus grandes agences de presse américaines, United Press et International News Service, l'agence United Press International était jusqu'au début des années 1980 l'une des quatre grandes agences de presse mondiales. L'entreprise a ensuite traversé de graves difficultés financières puis changé d'actionnaire et de modèle économique à l'aube des années 2000, pour privilégier une diffusion d'information par internet et dans des volumes limités.

Prémices Les associations de journaux concurrents de l'Associated Press thumb| James Edmund Scripps en 1907. Il a fondé la "Ligue Scripps-MacRae" en 1889. L'un des ancêtres de l'UPI était la "Ligue Scripps-MacRae" fondée en 1889 par James Edmund Scripps, avec son demi-frère Edward Willis Scripps (1854 – 1926) et Milton A. McRae, le directeur du quotidien Saint-Louis Chronicle. Un peu plus tard apparait la Scripps-Blades News Association, une autre agence de presse de l'Empire de presse Scripps-Howard, fondée en 1897 dans l'Ohio par Edward Willis Scripps pour établir un lien entre des quotidiens de la côte est et de la côte ouest. Elle était en concurrence avec l'Associated Press de ChicagoBreaking News: How the Associated Press Has Covered War, Peace, and Everything Else.

Son directeur général était Hamilton B. Clark et son rédacteur en chef Max Balthazar"The Nation's Newsbrokers: The rush to institution, from 1865 to 1920", par Richard Allen Schwarzlose, page 197 . Elle vise en priorité les journaux de la côte Pacifique, région où la United Press (association), qui venait de perdre son bras de fer avec la Western Associated Press devenue Associated Press, n'était pas bien implantée. La jurisprudence de 1900 En 1900, la Cour suprême de l'Illinois, par l'Arrêt Inter Ocean Publishing contre Associated Press, décide qu'un journal a le droit d'être membre de deux agences de presse concurrentes, même si l'une des deux lui refuse cette adhésion. Une décision qui vise à protéger les autres agences que l'Associated Press. Cette jurisprudence désigne les agences de presse comme des services publics n'ayant pas le droit d'effectuer de discriminations entre leurs clients. Elle introduit une garantie solide aux nombreux quotidiens tentés d'utiliser les services de l'Empire de presse Scripps-Howard mais qui craignaient de subir les foudres de l'Associated Press. La décision de la Cour Suprême est la conséquence de l'action en justice du journal de Chicago Inter Ocean, membre d’AP depuis 1865, qui avait été exclu en 1898, de l'association au motif qu’il reçoit des nouvelles d’un autre service d'agence de presse « American journalism: history, principles, practices”, par William David Sloan, Lisa Mullikin Parcell.

Fondation L'UP, des quotidiens de Cleveland et Detroit thumb|right|Dès 1918, The Detroit News, un des piliers de l'agence de presse, reçoit par le télégraphe près de par jour. La United Press est créée en 1907 par l'éditeur Edward Willis Scripps, sous forme associative et sous le nom de "United Press Association", reprenant le nom d'une structure associative à laquelle avait adhéré en 1892 le navire-amiral du groupe de presse familial, The Detroit News, créé par son demi-frère James Edmund Scripps. Mais le nom d'usage de la nouvelle agence de presse devient très vite "United Press". Autre pilier de l'agence de presse, le journal Cleveland Press, fondé par Edward Willis Scripps sous le nom de Penny Press en 1878, puis renommé The Press en 1884, en 1889 le Cleveland Press. Dès sa création, United Press a 369 journaux clients, dont une partie seulement appartient au groupe de presse d'Edward Willis Scripps. Pour les servir, Edward Willis Scripps positionne son agence de presse comme une alternative à la toute puissante Associated Press.

L'embauche de Row Howard chez UP L'un des premiers dirigeants de la nouvelle agence de presse est Roy W. Howard, qui a commencé comme livreurs de journaux dans l'Indiana. Il est ensuite correspondant à New York pour les publications d'Edward Willis Scripps, et directeur du bureau de New York de la Publisher's Press Association, l'une des trois associations de journaux que l'Empire de presse Scripps-Howard va fusionner pour créer United PressForeign Correspondence: The Great Reporters and Their Times, ar John Hohenberg, page 67 . En 1908, après un entretien d'embauche dans sa propriété de Miranar, Edward Willis Scripps fait de lui le nouveau président de la United Press. Il se fait connaître comme un rédacteur en chef exigeant. Howard exigeait en effet"Information et persuasion : écrire", par Thomas Gergely, page 14 L'archive de Roy W. Howard n'a aucune information pour confirmer cela. que toute dépêche comportât, dans son premier alinéa, juste séparé par des virgules, les réponses aux Cinq w du journalisme: "who did what, where and when, and why" (qui a fait quoi, où, quand et pourquoi ?). La création de l'INS en 1909 Deux ans après l'UP, une troisième agence de presse américaine, l'International News Service, est créée en 1909 par le magnat américain des médias William Randolph Hearst, qui avait commencé à déployer un réseau de journalistes en Europe. D'abord conçue pour les seuls journaux du matin, elle réussit à se faire une place au soleil, grâce au grand nombre de titres détenus par William Randolph Hearst, qui lui permettent d'obtenir la taille critique. Les offres de Reuters En 1912, Reuters envisage de remplacer Associated Press par une nouvelle agence, au sein de l'alliance mondiale des agences de presse et se tourne vers l'UP, qui talonne l'Associated Press par le nombre de journaux réunis. Entre 1915 et 1917, les trois premières agences de presse américaines ont respectivement 908, 625 et 400 clients aux États-Unis, Associated Press conservant la tête mais en réunissant moins de membres que ses deux poursuivantes réunis.

Années 1910 Première guerre mondiale left|thumb|Première page du New York Times le . Lors de la Première Guerre mondiale, l'une des deux composantes de la future UPI a maille à partir avec les autorités européennes. En , la France et l’Angleterre reprochent à William Randolph Hearst son manque de neutralité car il fait ouvertement campagne contre l’entrée en guerre des États-Unis. En rétorsion, l'agence INS se voit refuser par la France et l’Angleterre l’accès aux liaisons par câbles transatlantiques. Un peu plus tôt, la revue Harper's Weekly avait enquêté, pour accuser INS d’avoir de faux correspondants en Europe, et de fabriquer de faux reportages"Variations sur l'influence culturelle américaine", par Florian Sauvageau, Université Laval. Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord, Presses Université Laval, 1999, page79 à partir de nouvelles de l’Associated Press. William Randolph Hearst n’avait pas répondu à ces accusations. L’Associated Press lui fait un procès « American journalism: history, principles, practices”, par William David Sloan, Lisa Mullikin Parcell, page 160.

L'annonce de la capitulation allemande Roy W. Howard fut le premier journaliste à publier la nouvelle de l'Armistice de 1918, quatre jours avant qu'il ne soit annoncé officiellement, s'attirant les foudres de l'administration militaire car le processus pour y parvenir a été long et progressif, sur fond de situation sociale trouble en Allemagne. À partir de septembre, une série d'offensives sur les fronts d'Orient et d'Italie déclenche une première capitulation, les armistices sur les fronts d'Orient. Le , Erich Ludendorff et Paul von Hindenburg décident d'organiser l'armistice en avertissent le kaiser Guillaume II (empereur allemand), par le diplomate Paul von HintzeFoch et la bataille de 1918 de André Laffargue, p. 334.. Mais il faut attendre le , Matthias Erzberger., représentant du gouvernement allemand, passe la ligne de front à Haudroy (commune de La Flamengrie, Aisne), vers la villa Pasques, à La CapelleFrédéric Plancard, « Le clairon de l’Armistice », 8 novembre 2008, sur le site de L'Est républicain, estrepublicain.fr, consulté le 9 novembre 2009. pour préparer les négociations de l’armisticeArticle de Benjamin Mériau, La Voix du Nord, 8 novembre 2009.. Ce n'est que le que le nouveau chef du gouvernement allemand, Friedrich Ebert, signe un pacte avec les dirigeants de son armée et implore son négociateur de clore sans tarder.

Premier à détenir une information encore partielle, après être passé par Brest et avoir discuté avec un amiral américain, Roy W. Howard diffusera l'information en "avant-première". Toutes les procédures de vérification d'information n'auraient pas été respectées, et tous les journaux ne se firent pas l'écho de cette nouvelleTopics in Chronicling America - World War I Armistice, mais une énorme fête eut lieu avec des dizaines de milliers de personnes dans les rues à New York et dans une partie des États-Unis. UP sera ensuite obligé de préciser que l'armistice n'est toujours pas signé, corrigeant son rapport initial"Encyclopedia of Journalism", par Christopher H. Sterlin, page 1411.

Années 1920 L'émergence des clients radio À partir de 1920, le groupe investit dans les nouveaux médias comme la radio, en créant en particulier l'Evening News Association et la radio WWJ. La montée en puissance de ce nouveau média augmente la demande de service des agences de presse et leur permet de renouveler leur offre, avec un style encore plus direct, informatif, accessible au grand public. La radio valorise aussi la rapidité d'information des agences de presse et permet au public de comparer plus facilement les différents médias. Les difficultés du concurrent Reuters Fin 1922, la United Press profite aussi des difficultés de l'Agence Reuters. Elle fonde à Montréal une nouvelle société, la "British United Press", dont la filiale londonienne est une réplique de la maison-mère, afin de viser le marché européen« Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas », par Pierre Frédérix – 1959 - page 344. En 1923, la United Press réussit une première percée en Europe, en signant un contrat avec l'agence de presse russe, l'Agence de presse Rosta, qui deviendra quelques années plus tard l'Agence Tass. Mais ce contrat est résilié au bout d'un an« Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas », par Pierre Frédérix – 1959 - page 345.

Années 1930 L'accord avec l'Associated Press thumb|Franklin Roosevelt utilisait souvent la radio. Il a aussi encouragé le pluralisme des agences de presse aux États-Unis. Le directeur de l'United Press dans des années 1930 est Karl Bickel, qui connait personnellement bien le président américain Franklin Delano Roosevelt« Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas », par Pierre Frédérix – 1959 - page 383. C'est grâce au soutien de ce dernier qu'il obtient un accord plaçant son agence sur un pied d'égalité, ou presque, avec l'Associated Press, la grande rivale américaine. Le 1934, Karl Bickel signe un accord avec Kent Cooper, le directeur de l'Associated Press, au Ritz de Londres. L'accord prévoit qu'aucune des deux agences ne signera plus de contrat avec aucune agence de presse européenne qui refuserait de les servir l'une et l'autre à la fois, ou même qui refuserait de servir l'International News Service, la troisième agence de presse américaine. Cet accord est resté pendant plusieurs mois secret, avant qu'Havas et Reuters n'en découvrent l'existence. Les décisions d'Hugh Baillie UPI a ensuite été dirigée de 1935 à 1955 par Hugh Baillie, qui a commencé à travailler pour le journal Los Angeles Herald, comme spécialiste des enquêtes criminelles, puis fut directeur des bureaux de l'United Press à San Francisco, Portland puis New York entre 1915 et 1920. Malgré une forte opposition de l'industrie de la presse écrite, UP a commencé à vendre des nouvelles à grande échelle aux stations de radio en 1935, des années avant que la concurrent AP ne fasse de même.