Charles Grandemange, né sans bras ni jambes le aux Forges près d'Épinal dans le département des Vosges, au sein d'une famille d'ouvriers pauvres, est un mathématicien, calculateur prodige et instructeur de l'arithmétique d'Orléans, ville où il est mort le .
Biographie Naissance et handicap Charles Grandemange naît le à du matin au domicile familial à la Tranchée de BainActe de naissance de Charles Grandemange, Registre des naissances des Forges, du , , , archives départementales des Vosges., hameau de la commune des Forges dans le département des Vosges (ce hameau est rattaché en 1892 à la commune de Chantraine, puis aujourd’hui à la commune de Renauvoid). Son père, Jean Grandemange, est ouvrier charpentier, et sa mère, Christine Fouchécour, est tisserande. Il vient au monde lourdement handicapé, sans bras ni jambes.
En 1854, un journaliste américain rencontre Charles Grandemange, âgé de , qui lui fait ainsi le récit de sa jeunesse : .
Une enfance sans instruction dans la pauvreté D'une famille pauvre de sept enfants, il montre très jeune un talent particulier pour le calcul mental. Mais . Cependant, il parvient à se former et à lire sans maître à l'adolescence, et malgré son handicap, réussit à écrire en s'aidant de son moignon dextreGrandemange saltimbanque, Grandemange et l'écriture, Grandemange professeur d'arithmétique, , /4, colonne 2, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans.. Son acte de mariage comporte d'ailleurs sa signature, de bonne qualité graphique, Registre d'état civil d'Orléans dans le Loiret du , , acte , , sur le site des archives départementales du Loiret..
La découverte par les médecins du talent de calculateur Charles Grandemange commente encore sa jeunesse dans un journal américain en 1854 (traduction de l'anglais) :
Mais les médecins qui ont accouché Christine Fouchécour ne laissent pas tomber la famille et font une découverte :
Un phénomène de foire chez les saltimbanques La famille de Charles Grandemange se trouvant dans l'impossibilité d'élever ses sept enfants, Charles est toutefois contraint à une vie errante faite d'exhibitions. Il se retrouve à l'adolescence dans le monde de la foire, notamment à Orléans. , où il est montré comme un phénomène de foire et épate le public par ses prouesses de calcul, ce qui est une pratique courante au Les spectacles du calculateur prodige Jacques Inaudi sur paranormal.blogspirit.com..
Le Journal du Loiret du rapporte que . Le journal souligne que .
Par ailleurs, dans un livre d'Auguste Rondel intitulé Collection de manuscrits, Section MRo. Musique, music-hall, danse, mime, cirque, marionnette, fêtes et carnavals qui compile les autographes de certaines célébrités, Charles Grandemange appose, le , son élégante signature ornée d'arabesques et de fioritures, au titre d'exploit physique de la part d'un handicapé. Il est classé dans la sous-section Cirque comme un artiste de cirque à la , et comme artiste lyrique à la Autographe de Charles Grandemange, Collection de manuscrits d'Auguste Rondel, sous-section Cirque/Artistes de cirque, sur gallica.bnf.fr, consulté le 11 juillet 2016..
Un journaliste américain qui a eu l'occasion de connaître Charles Grandemange en 1854 regrette que son talent soit davantage interprété comme un phénomène de spectacle que comme une marque de génie scientifique (traduction de l'anglais) : .
La « boîte » Le journaliste américain déjà cité raconte les conditions de vie de Charles Grandemange (traduction de l'anglais) : .
L'écriture et la signature Dans sa jeunesse, Charles Grandemange avait appris à écrire en s'aidant de son moignon dextre. Plus tard, le journaliste américain déjà cité décrit une autre méthode adoptée par Charles Grandemange pour écrire (traduction de l'anglais) : .
Charles Grandemange, considéré comme une personnalité de renom au milieu du , se voit également honoré d'apposer le son autographe dans une collection de manuscrits d'Auguste Rondel, aux côtés d'artistes et de célébrités.
Les portraits (daguerréotype, dessin et photographie) Il existe un dessin représentant Charles Grandemange figurant dans le de L'Illustration du , d'après un daguerréotype tiré au Casino des Arts par , utilisateur de la lumière électrique dans les procédés photographiques, où il est représenté calé dans une boîte de qui soutient son buste, posée sur un fauteuil. Sur ces dessins figurent son écriture et sa signature agrémentée d'ornements« Charles Grandemange, mathématicien mental, né sans bras ni jambes »,L'Illustration, Journal universel du , (dernière page) numérotée 224, sur s3-eu-west-1.amazonaws.com, consulté le 26 août 2016..
Vers 1865 également, le photographe Arthur Dupré« Brève biographie du photographe Arthur Dupré », yveslebrec.blogg.org, consulté le 26 août 2016., du 41 rue Solférino à Compiègne, a pu tirer le portrait en photographie de Charles GrandemangePhotographie de Charles Grandemange avec sa signature ornementée sur delcampe.fr, consulté le 24 août 2016..
La carrière mathématique Le , le Journal du Loiret annonce que le jeune Charles Grandemange, alors âgé de , qui , a donné une séance le dimanche Les premières conférences de Charles Grandemange, , /4, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
Son succès public est tel que Charles Grandemange décide de rester à Orléans. Repéré par le professeur de mathématiques et Conseiller de l'Université Louis Bourdon, Grandemange devient professeur de calcul mental à l'école municipale professionnelle d'Orléans. Bourdon devient son .
Mariage Le , il épouse à Orléans Victoire-Clotilde Freneaux, lingère, née le à Orléans, fille d'Étienne Alexandre Casimir Freneaux et de Clémence Sophie Grosset.
Les aptitudes de calculateur prodige Charles Grandemange possède .
Le journaliste américain déjà cité raconte ceci (traduction de l'anglais) :
Mais il n'est pas simplement doté d'une mémoire hors du commun comme tous les calculateurs prodiges Charles Grandemange a également été capable d'apprendre à lire, à écrire et à se cultiver par lui-même. Pour l'arithmétique, il élabore des stratégies de calcul : Les stratégies mathématiques de Charles Grandemange, , /4, colonne 2, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
N'ayant eu la chance d'avoir reçu une instruction dans sa jeunesse, Charles Grandemange, transmetteur du savoir, , /8,, colonnes 2 et 3, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
La reconnaissance, les prix Le journaliste américain déjà cité exprime ainsi son admiration pour Charles Grandemange (traduction de l'anglais) : .
Dès 1853, Grandemange reçoit Annonce du premier livre de Grandemange, , /8, colonnes 2 et 3, in Journal du Loiret sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans.. Le , la société des sciences industrielles de Paris lui décerne une médaille d'or de classe..
Louis Bourdon, savant mathématicien, a . 28° édition des Éléments de mathématique, Louis Bourdon, note de la .. Louis Bourdon s'entretient fréquemment avec le jeune Grandemange, devine les moyens simples et ingénieux qu'il met en œuvre pour ses calculs et puise chez lui Entretiens de Louis Bourdon avec Charles Grandemange, 15 avril 1863, /8, colonnes 2 et 3, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
Il est dit plus d'une fois à Charles Grandemange : .
Charles Grandemange avait pour ambition de diffuser le fruit de ses conceptions mathématiques de manière désintéressée et dans le but d'être utile. Le Journal du Loiret du montre sa reconnaissance pour cet homme : .
En 1863, Charles Grandemange fait hommage au Prince impérial en lui envoyant le manuscrit de son traité d'arithmétique mentale. Le premier août, le sous-chef du cabinet de l'Empereur fait savoir à Charles Grandemange que Grandemange et le Prince impérial, août 1863, /4, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans.. Mais M. C. Maze, dans le Cosmos, fait remarquer en 1871 que Les calculateurs prodiges - Partie 2 (Revue encyclopédique), A. Béligne, 1892 sur carnets2psycho.net. provoqué par les communards.
Au cours de sa vie, il devient membre-lauréat de plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères.
Après 1863, la méthode de calcul mental écrite par Charles est couronnée d'une médaille d'argent exceptionnelle de la Société pour l'instruction élémentaire de ParisMédaille d'argent pour la méthode de calcul de Charles Grandemange, 20 août 1859 /4, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
En , l'évêque d'Orléans énonce sa reconnaissance à Charles Grandemange pour sa méthode de calcul en ces termes: Reconnaissance de l'Évêque d'Orléans, 28 mai 1863, /4, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
Un prix de calcul mental est créé en l'honneur de la méthode de Charles Grandemange : le prix d'enseignement spécial, option calcul mental, d'après la méthode du mathématicien, attribué par des membres de la Société d'encouragement de Paris aux élèves de l'école supérieure d'OrléansPrix d'Enseignement spécial, 14 août 1856, /4, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
Le , le conseil municipal et le maire d'Orléans inscrivent une somme de Indemnité de la mairie d'Orléans pour le professeur du primaire Grandemange, 11 décembre 1857, /4, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
Les cours à domicile Charles Grandemange donne tous les ans pendant les vacances d'été, en plus de ses cours à l'école supérieure d'Orléans, des cours particuliers de calcul mental à son domicile du Leçons d'arithmétique de Charles Grandemange, 20 août 1860, /4, sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
L'accident Le , le Journal du Loiret rapporte un accident survenu à Charles GrandemangeL'accident de la baignoire de Charles Grandemange, , /4 sur mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans., . En effet, en l'absence de membres, il ne pouvait pas se rattraper de la chute et risquait la noyade.
Les cinq domiciles à Orléans Après 1858, il s'installe avec sa femme au , puis au . C'est là qu'il donne ses leçons particulières et se met à écrire un . Son acte de mariage indique qu'il habite au . En 1860, il habite au . Son acte de décès atteste qu'il habitait alors au .
Décès Le Journal du Loiret du , en de la annonce par l' le décès le à cinq heures du matin à son domicile du à l'âge de seulementActe de décès de Charles Grandemange, Registre des décès d'Orléans de 1870, Cote EC 52797, vue 459/512, Archives départementales du Loiret.. Il n'y a pas d'autre article de type hommage posthume concernant Charles Grandemange dans le Journal du Loiret, malgré sa notoriété et les fréquents articles sur lui entre 1850 et 1870. En effet, cette mort tombe à l'époque de la guerre franco-allemande de 1870 et le Journal du Loiret ne paraît plus qu'épisodiquement à cette périodeArchives des éditions du Journal du Loiret par année, sur le site mediatheques.orleans-metropole.fr, Bibliothèque numérique d'Orléans..
Publications Charles Grandemange est l'auteur de trois ouvrages sur l'arithmétique : Arithmétique théorique, pratique et mentale ou application raisonnée du calcul mental à l'Arithmétique, considérée du point de vue agricole, industriel et commercial, 1863, 248 pagesArithmétique théorique, pratique et mentale de Charles Grandemange, 1863, 248 pages, sur Google books. Arithmétique théorique, pratique et mentale, 1866, 94 pagesArithmétique théorique, pratique et mentale de Charles Grandemange, 1866, 94 pages, sur Google books.