Louis Jean François Lagrenée, dit « Lagrenée l'aîné », né le à Paris où il est mort le , est un peintre français.
Biographie Louis Jean François Lagrenée est né le à ParisAuguste Jal () cite l'acte de baptême de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, qui donnait la date de naissance, et corrige , qui fournissait de manière erronée la date du ..
Élève de Carle van Loo, il est admis en à l'École royale des élèves protégés nouvellement créée et obtient le prix de Rome en 1749. Il séjourne à l'Académie de France à Rome de 1750 à 1754.
De retour à Paris, il est reçu membre de l'Académie royale le avec L’Enlèvement de Déjanire. Il se marie le avec Anna-Agathe Isnard, âgée de 16 ans.
Il est en Russie en 1760 à 1763 où l'impératrice Élisabeth le nomme peintre de Sa Majesté et directeur de l'Académie des beaux arts de Saint-Pétersbourg à la suite de la mort de Louis-Joseph Le Lorrain.
Il revint en France exercer la même fonction au sein de l'Académie royale en 1763. Il devient successivement, adjoint-professeur, professeur, directeur de l'Académie de France à Rome, recteur, conservateur et administrateur honoraire du Musée. Le , il est nommé professeur de peinture à l'Académie royale de peinture et de sculpture, en remplacement d'Edmé Bouchardon, avant d'être nommé à la direction de l'Académie de France à Rome, de 1781 à 1787. Il aura pour successeur Antoine-Denis Chaudet en 1810Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873) », Romantisme, , 1996, ..
Ces responsabilités ne l'éloignent nullement de la pratique ː peintre prolifique, il se distingue notamment dans des œuvres, mythologiques ou religieuses et souvent de petit format, que goûte une clientèle d'amateurs. Sa manière mêle habilement la souplesse de la peinture française des années 1750 à la poésie de Francesco Albani et à la rigueur du dessin d'un Guido Reni, deux peintres italiens qu'il admirait.
Napoléon lui octroie la Légion d'honneur en 1804.
Louis Jean François Lagrenée meurt au palais du Louvre, où il résidait.
Son fils Anthelme-François Lagrenée fut également peintre et son gendre, Antoine-Laurent-Thomas Vaudoyer, architecte.
Œuvre Dans la période de transition qui, entre François Boucher et Jacques-Louis David, prépare l'avènement du néoclassicisme, Lagrenée mène une carrière de peintre officiel, servant avec constance la politique artistique des Bâtiments du roi et sa préoccupation première, qui fut la régénérescence de la grande peinture. C'est un artiste particulièrement fécond qui s'illustre particulièrement dans les petits tableaux de cabinet aux mythologies galantes, allégories gracieuses ou Vierges à l'Enfant que les amateurs s'arrachèrent. Son style épuré et suave imité des peintres bolonais du Seicento lui vaudra le surnom flatteur d'« Albane moderne »Notice Joconde..
Au début de sa carrière, Denis Diderot lui trouve des mérites mais déplore son manque d'imagination et d'esprit ː Mais quelques années plus tard, le même critique reconnaît ː
On a un moment cru que, tout comme son frère, il avait pratiqué la gravureMichèle Hébert, Inventaire du fonds français, graveurs du , BnF Estampes, t. XII, Janinet-Launay, . mais cela s'est révélé inexactRémi Mathis, « Louis-Jean-François Lagrenée a-t-il jamais gravé ? », Nouvelles de l'estampe, , 2017, ..
L'éloge de la docilité vignette|Marie avec le Christ et saint Jean Baptiste (1764), Staatliche Kunsthalle Karlsruhe. La grâce de cette scène familiale, la délicatesse du dessin, la poésie des accords chromatiquesLes harmonies colorées avec ces répons de rouges et de bleus qui rythment la composition favorisent la méditation ː nous sommes invités à regarder attentivement, pour apprendre de ces enfants et de Marie qui nous livrent avec une infinie douceur une leçon de docilité.
Marie avec le Christ et saint Jean Baptiste, peint sur cuivre en 1764 et exposé au Salon de 1765 (Salons (Diderot))Le Salon de 1765 : Diderot ou la nouvelle critique de l'art.. La Vierge, à genoux sur un tabouret, dans une pièce dépourvue de tout décor à l'exception « d'un vieux fauteuil, un bout de couverture, avec un oreiller de coutil d'une vérité à tromper les yeux » (Diderot), et d'un rideau qui repose sur le rebord d'une fenêtre ouverte, s'occupe avec tendresse de son fils. L'enfant est assis sur un agneau, couché à terre. Devant lui, tenant maladroitement sur ses jambes, se trouve son cousin Jean Baptiste. Aucune auréole n'atteste la sainteté des personnages représentés. Ils sont immédiatement identifiables ː le Christ tient dans sa main droite une pomme et Jean Baptiste, une croix de bois sur laquelle est enroulé un phylactère portant l'inscription Ecce Agnus Dei. Jésus et Jean Baptiste sont des enfants, des tout-petits, qui s'amusent avec un animal si docile qu'il porte autour du cou un ruban bleu servant de laisse. Marie, Jésus et Jean Baptiste sont unis ː ils s'inscrivent dans une forme pyramidale dont le Christ est le centre. La candeur de l'enfance est à peine troublée par l'annonce de la Passion attesté par la pomme, la croix, aussi par le linge sur lequel repose Jésus, préfigurant le linceul, même par le rideau pourpre de la fenêtre, préfiguration du manteau dont on le vêtira avant de le conduire au CalvaireSophie Mouquin, Magnificat, décembre 2024, n° 385, p. I à VI..
Peintures L'Assomption, 1750, huile marouflée, , Douai, collégiale Saint-Pierre, chapelle du dômeAssomption, base Joconde.. Horace venant de frapper sa sœur, entre 1750 et 1754, huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de RouenHorace, base Joconde.. Autoportrait, 1750-1755, huile sur toile, , Helsinki, Galerie nationale de FinlandeAutoportrait, Helsinki.. L'Enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus, 1753, Salon de 1755, huile sur toile, , Paris, musée du LouvreDéjanire, base Joconde.. Saint Jean dans l’île de Pathmos, 1758, huile sur toile, , Lyon, primatiale Saint-Jean. Marie avec le Christ et saint Jean Baptiste , 1764, huile sur cuivre, , Staatliche Kunsthalle Karlsruhe. Mercure, Hersé et Aglaure jalouse de sa sœur, Salon de 1767, huile sur toile, , Stockholm, NationalmuseumMercure, Stockholm.. Cupidon et Psyché, 1767, huile sur toile, , Stockholm, NationalmuseumCupidon, Stockholm.. Allégorie à la mort du Dauphin, 1767, huile sur toile, , château de FontainebleauMort du Dauphin, base Joconde.. Psyché surprend l'Amour endormi, 1768, huile sur toile, Diamètre , dessus de porte provenant du château de Meudon, Paris, musée du LouvrePsyché, Louvre.. Bacchus et Ariane, 1768, huile sur cuivre, , Stockholm, NationalmuseumBacchus, Stockholm.. Diane et Endymion, 1768, huile sur cuivre, , Stockholm, NationalmuseumDiane, Stockholm.. Vénus et Mars, une allégorie de la Paix, 1770, huile sur toile, , Los Angeles, Getty CenterVénus, Getty.. Cérès ou l'Agriculture, vers 1770, huile sur toile, , commandé par Louis XV pour la salle à manger du Petit Trianon en 1768, château de VersaillesCérès, base Joconde.. Saint Germain l'Auxerrois donnant une médaille à sainte Geneviève, 1771, huile sur toile, , Paris, église Saint-Thomas-d’Aquin. Jeune femme endormie sur un lit parsemé de roses, 1773, huile sur cuivre, , Clermont-Ferrand, musée d'Art Roger-QuilliotJ. Femme, base Joconde.. Jupiter et Junon sur le mont Ida endormis par Morphée, 1774, toile ovale, , localisation inconnue, vente Tajan 2004Jupiter, catalogue Tajan.. Mithridate devient amoureux de Stratonice, 1775-1780, huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de QuimperMithridate, Quimper.. L'Amour des Arts console la Peinture des écrits ridicules et envenimés de ses ennemis, Salon de 1781, huile sur toile, , Paris, musée du LouvreAmour des Arts, base Joconde.. Pygmalion et Galatée, 1781, huile sur toile, , Detroit Institute of ArtsPygmalion, Detroit.. Les Deux veuves d'un chef indien se disputant les honneurs du bûcher, 1783, huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de Dijon.. Mort de la femme de Darius (Plutarque XXXIII, 30), vers 1784, huile sur toile, , Paris, collection particulière. La Mort de la Femme de Darius, Salon de 1785, huile sur toile, , commandé par Louis XVI, Paris, musée du LouvreFemme de Darius, base Joconde.. L’Amitié consolant la Vieillesse de la perte de la beauté et du départ des plaisirs, 1786, huile sur toile, , Paris, collection particulière. La Résurrection, 1788, huile marouflée, , collégiale Saint-Pierre de DouaiRésurrection, base Joconde.. Mercure, Hersé et Aglaure ou Alcibiade aux genoux de sa maîtresse, 1798-1804, huile sur toile, , Pasadena, Norton Simon MuseumMercure, Pasadena.. Aphrodite et Éros, huile sur toile, , Athènes, Pinacothèque nationale.. L'Aurore, huile sur toile, Sacramento, Crocker Art Museum.
Dessins
Tapisseries vignette|300px|Vénus aux Forges (vers 1760), tapisserie de basse lisse, laine et soie, , Aubusson, Cité internationale de la tapisserie. Ensemble de sujets mythologiques tissés d'après six peintures, acquises par l'administration royale pour la manufacture d'Aubusson, 1759Pascal-François Bertrand. Aubusson, tapisseries des Lumières, Paris, Snoeck / Aubusson : Cité de la tapisserie, 2013, . : Aurore enlève Céphale, carton et tissage non localisés ; Jupiter transformé en taureau enlève Europe, carton conservé à Paris au musée des Arts décoratifs ; Vénus aux forges de Lemnos, carton décrit par Denis Diderot lors du salon de 1759, tapisserie conservée à Aubusson à la Cité internationale de la tapisserie ; Borée enlève Orythie, localisation inconnue ; Thétys reçoit Apollon, carton conservé à Paris au musée des Arts décoratifs ; Mercure apporte Bacchus aux nymphes de Nysa, dit aussi La Naissance de Bacchus, tapisserie conservée à Paris au Mobilier national.
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur, le ..
Élèves
Jean Bardin Jacques Bouillard Antoine-Denis Chaudet Jean-Jacques Lagrenée, dit Lagrenée le Jeune, son frère Pierre Peyron
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
. Dictionnaire Bénézit. Marc Sandoz, Les Lagrenée, I. Louis (Jean, François) Lagrenée, 1725-1805, Tours, 1983. Pascal-François Bertrand, « La tenture des sujets mythologiques d'après Lagrenée l'aîné reconstituée », in : Aubusson, tapisseries des Lumières, Paris, Aubusson, 2013. Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire : errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques d'après des documents authentiques inédits, , Paris, Henri Plon imprimeur-éditeur, 1867 (lire en ligne). Rémi Mathis, « Louis-Jean-François Lagrenée a-t-il jamais gravé ? », Nouvelles de l'estampe, , 2017, .
Autre
Liens externes
« Lagrenée l’Aîné » dans la base Joconde.
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