Les Coptes (en copte : ⲛⲓⲣⲉⲙⲛ̀ⲭⲏⲙⲓ, en arabe : أقباط) sont un groupe ethnoreligieux autochtone d'Afrique du Nord qui habite principalement l'Égypte (Coptes d'Égypte).

Les Coptes sont aujourd'hui les habitants chrétiens d'Égypte. La très grande majorité des Coptes sont membres de l'Église copte orthodoxe dirigée par un primat, mais il existe aussi depuis le une Église catholique copte, ainsi qu'une Église évangélique copte.

Sur le plan de la doctrine, l'Église copte orthodoxe est fidèle aux trois premiers conciles œcuméniques et est souvent rattachée à tort, comme les Églises arménienne, éthiopienne, et érythréenne, à l'orthodoxie, peut-être parce qu'elle présente une grande similitude de rite. Elle s'en distingue pourtant puisqu'elle se fonde sur les thèses miaphysites condamnées par le concile de Chalcédoine. Les Coptes, comme tous les Égyptiens à l'exception des Nubiens, parlent arabe et la messe se dit dans cette langue mais aussi parfois en langue copte ; les prières du Credo et le Notre Père se disent encore en langue copte, ainsi que la liturgie.

Historiquement, la langue copte est une langue chamito-sémitique qui descend directement de l'égyptien démotique qui était parlé à la fin de Antiquité.

Devant les soubresauts de l'histoire de l'Égypte qui ont fait de la communauté copte une minorité, une diaspora s'est progressivement organisée, notamment au cours du .

Étymologie Le substantif [consulté le 2017]. [consulté le 2017].Entrée , dans – , () [consulté le 2017].Entrée , dans [consulté le 2017]. copte est un emprunt au latin moderne , attesté en avec le [consulté le 2017]. d'Athanasius Kircher. Le latin est attesté dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien comme désignation de Coptos Entrée , dans [consulté le 2017].. Mais le de Kircher serait une adaptation du latin moderne , attesté en dans le . de Joseph-Juste Scaliger. est lui-même un emprunt à l'arabe ou , nom donné par les Arabes, dès le , aux chrétiens d'Égypte, et serait lui-même emprunté au grec / , nom donné par les Grecs aux Égyptiens. C'est pour cette raison, et d'après un contexte historique, que les coptes sont considérés comme les descendants les plus proches des Égyptiens anciensAntoine Sfeir, Atlas des religions, Plon-Mame, 1994 .

Des linguistes estiment que le terme « Copte » provient de l'égyptien ancien qui désignait la ville de Memphis, refuge du dieu Ptah. À la suite des conquêtes arabes de 641, le mot se serait transformé en qubti puis finit par être utilisé par les Arabes pour désigner les habitants de l'Égypte. Le mot hébreu gibtith figure également dans le Talmud au après J.-C..

En français, copte est attesté dès le . D'après le Trésor de la langue française informatisé, sa première occurrence se trouve, sous la graphie isolée cofte dans la Relation d'un voyage fait au Levant de Jean Thévenot. La graphie cophte, qui sera employée jusqu'au , est attestée dès dans le Dictionnaire universel d'Antoine Furetière. La graphie actuelle copte est attestée dès dans le Dictionnaire de Trévoux.

Religion

L'Église d'AlexandrieLa Coptipedia - Section « Notre Église ». de l'évangéliste Marc, à laquelle les coptes se rattachent, est l'une des plus anciennes Églises chrétiennes au monde. Elle a son propre rite et constitue la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient. Les coptes se considèrent par ailleurs comme les Égyptiens authentiques, descendants des Égyptiens anciens, de l'époque des pharaons« « Question » copte, questions à l’Égypte », le Monde diplomatique, ..

Au cours des siècles, l'Église d'Alexandrie a connu des schismes, à l'origine de plusieurs Églises autonomes. Aujourd'hui, 90 % des coptes dans le monde sont membres de l'Église copte orthodoxe dirigée par un primat faisant office à la fois de pape et de patriarche. Une originalité de l'Église copte est l'élection du patriarche par le peuple des fidèles. Aujourd'hui, il doit ensuite être confirmé dans ses fonctions par le gouvernement égyptien.

La liturgie copte est encore plus compliquée que la liturgie orthodoxe à laquelle on la compare souvent. On compte jusqu'à 36 onctions pour le baptême et la confirmation qui sont célébrés simultanément, à la mode orientale ; quant au sacrement des malades, il fait appel, dans sa forme solennelle, à sept prêtres officiants.

Depuis le existent également une Église catholique copte et une Église évangélique copte.

Doctrine thumb|gauche|Codex liturgique copte, XVII-XVIII, Metropolitan museum of Art, New-York. thumb|Baptême du Christ, Tétraévangéliaire, , BNF.

Longtemps on a cru que les coptes professaient le monophysisme d'Eutychès soutenu par Sévère d'Antioche. Cette doctrine affirme que le Christ a une nature unique, d'ordre divin, alors que la plupart des Églises chrétiennes admettent les deux natures du Christ, divine et humaine. Après le rejet du monophysisme par le concile de Chalcédoine en 451, les coptes quittèrent la communion avec l'Église byzantine. Ils constituent depuis lors une Église autonome.

Cette interprétation doctrinale a servi de prétexte à des persécutions des coptes par les croisés lors de leurs passages en Égypte. En réalité, la position christologique de l'Église copte penche vers le miaphysisme : le Christ a une nature divine, mais « incarnée » (où le divin fait sienne la dimension humaine). Le différend théologique avec l'Eglise Catholique Romaine a été éclairci et réglé par un accord entre le primat et le pape .

La position commune des Églises apostoliques, dont l'Église catholique et l'Église copte, reprend la position christologique d'Athanase d'Alexandrie et de Cyrille d'Alexandrie, tous deux « papes d'Alexandrie et patriarches de la Prédication de saint Marc et de toute l'Afrique ».

Relations avec l'Église éthiopienne orthodoxe thumb|Icône copte représentant le Christ et Ménas.

Évangélisée dès le par des missionnaires égyptiens, l'Éthiopie a suivi le même destin religieux que son tuteur spirituel. L'Église copte d'Égypte a exercé jusqu'au un contrôle sur l'Église orthodoxe éthiopienne, de conviction monophysite, et dont le patriarche était traditionnellement égyptien. Jusqu'en 1929, le chef de l'Église éthiopienne, l'AbunaAbu-na signifie littéralement « notre père »., était en effet un copte égyptien consacré par le patriarche d'Alexandrie. De 1929 à 1959, il fut choisi parmi les évêques éthiopiens, mais devait toujours être consacré par le patriarche d'Alexandrie et ce n'est qu'en 1959 que l'Église orthodoxe éthiopienne est devenue totalement indépendante.

Contrairement à la situation en Égypte, le christianisme est la religion majoritaire en Éthiopie et compte de fidèles soit 45 % de la population. Pourtant il ne présente pas la même vigueur qu'en Égypte et semble souffrir de plusieurs difficultés dont le manque de formation théologique de son clergé.

Histoire

Fondation de l'Église d'Alexandrie

gauche|vignette|Marc, saint chrétien.

La conquête de l'Égypte pharaonique par Alexandre le Grand vers 330 av. J.-C. donne naissance à une civilisation originale : celle des Ptolémées, limitée d'abord dans la région du delta du Nil de 323 à 30 av. J.-C. puis étendue à l'ensemble de l'Égypte.

En 30 av. J.-C., l'Égypte devient romaine. Au cours du , le christianisme s'y développe comme dans l'ensemble du bassin méditerranéen. La tradition attribue à l'évangéliste Marc la fondation de l'Église d'Alexandrie, vers l'an 42Michel Malherbe, Les religions de l'humanité.. Le christianisme égyptien est dynamique, et particulièrement dans son mouvement monachique (Michel Malherbe, 1995)., avec pour figure emblématique Antoine le Grand, un saint majeur du christianisme et, ultérieurement, un sujet de prédilection pour l'art chrétien. En 328, l'Égypte devient byzantine. vignette|Un homme égyptien avec Anubis, Empire ptolémaïque Les chrétiens d'Égypte ne sont pas épargnés par les nombreux conflits et accusations d'hérésies qui agitent le christianisme à ces époques : ainsi l'arianisme, professé par l'évêque arien d'Alexandrie est condamné, à l'instigation de l'empereur Constantin, par le concile de Nicée (325). Au moment où se constituait la Pentarchie, celle-ci éclata à la suite de la formation d'Églises qui, pour des raisons politiques et culturelles, refusaient les formulations dogmatiques du concile de Chalcédoine (451). Ainsi apparurent, à côté de l'Église impériale byzantine ou « melkite » des Églises qui n'acceptaient pas l'hégémonie de la pensée byzantine et s'inscrivaient dans la continuité de l'école théologique d'Alexandrie. Ces Églises( l'Église syrienne, l'Église copte en Égypte, l'Église d'Éthiopie, l'Église arménienne et l'Église maronite du Liban qui, à partir du entra dans le giron de Rome., dont fait partie l'Église copte d'Égypte, ne forment pas un groupe homogène et sont désignées sous le nom « d'Églises orientales non chalcédoniennes ».

En particulier, les jacobites soutenaient que la nature divine de Jésus avait, en quelque sorte, « absorbé » sa nature humaine, de telle manière qu'il n'avait plus que la seule nature divine (en grec, monophysite). En revanche les melkites restaient dans la ligne de l'Église traditionnelle selon laquelle Jésus est à la fois Dieu et homme et a donc pleinement les deux natures, divine et humaine. Il est probable que ce sont des raisons politiques, plus que théologiques, qui ont provoqué le conflit et la sécession. l'Égypte supportait mal de faire partie de l'Empire byzantin, et le patriarche d'Alexandrie, une fois devenu jacobite, fut suivi par la plus grande partie de son peuple dans sa sécession.

Domination arabo-musulmane

Persécutés au par les empereurs byzantins, les Coptes accueillent favorablement les Arabes musulmans comme des libérateurs..

Aux s, l'Égypte passe successivement sous la domination des Omeyyades, des Abbassides. Aux Toulounides (868-905) et aux Ikhchidides (935-969) succèdent les Fatimides (969-1171) qui ne reconnaissent pas l'autorité de la dynastie des Abbassides, fondée en (750-1258), et se proclament califes. La dynastie des Ayyoubides (1171-1250) de Saladin est suivie de la garde turque des mamelouks. Durant toute cette période, les Coptes, considérés comme des « gens du Livre », conservent leurs patriarches.

Le traumatisme passé du déchirement politique et religieux entre Constantinople et Alexandrie explique sans doute que, deux siècles plus tard, les Égyptiens aient opposé une faible résistance à la pénétration de l'islam. Le désir de se débarrasser de la tutelle de Constantinople était toujours aussi fort et l'Église était encore très affaiblie par ses querelles théologiques internes.

La masse de la population égyptienne se convertit progressivement à l'islamEncyclopédie Larousse. mais les coptes restèrent majoritaires jusqu'au .. C’est vers le que la langue copte commença à être reléguée au seul usage liturgique, l’arabe la supplantant comme langue vivante..

Face à des politiques changeantes, les Coptes se révoltèrent à plusieurs reprises durant cette période, notamment dans le delta, et la répression par le pouvoir fut alors sévère.. Des persécutions eurent lieu au sous les règnes des Fatimides puis des Turcs. Certains coptes s'exilèrent en Éthiopie, y développèrent l'Église chrétienne et participèrent au commerce en Afrique de l'Est entre l'Éthiopie, l'Arabie, l'Inde, l'Indonésie et le pays d'Himyar.

La conquête de l'Égypte des Mamelouks, qui connaît une période de déclin économique, par le sultan ottoman en 1516, ouvre une nouvelle période d'exil pour les coptes. Désormais province ottomane, l'Égypte est gouvernée par un pacha nommé chaque année par Constantinople.

Entre 1798 et 1801, l'Égypte est occupée par les troupes françaises de Bonaparte puis Kléber et Menou.