Le vignoble du Rheingau est une des treize régions viticoles d'Allemagne.
Elle comprend principalement une bande étroite entre les hauteurs du Taunus et la rive nord du Rhin, à l'ouest à partir du coude du Rhin à Wiesbaden, mais également les vignobles autour de Wiesbaden sur la rive nord du Main entre Flörsheim et la confluence du Main avec le Rhin. La surface totale des vignobles du Rheingau est d'environ , le cépage principal étant le RieslingWeinbauliche Kenndaten (Stand 31. juillet 2019).
Géographie Vignobles Dans la région Main-Rhin, les vignobles appartenant au Rheingau s'étendent du nord du Main et du Rhin et du sud du massif de Taunus jusqu'à Lorchhausen à l'ouest et Francfort-sur-le-Main et le Lohrberger Hang à l'est. Le plus septentrional des vignobles de Hesse, le Böddiger Berg, près de Felsberg (Hesse), en fait également partie. Ainsi, l'appellation viticole du Rheingau fait référence à une région plus grande que le Rheingau historique et géographique.
En 1980, la région viticole s'est élargie sur la rive gauche du Main, lorsqu'un un vignoble mémorial a été planté à Rüsselsheim, anciennement une ville viticole, par le maire de Rüsselsheim Karl-Heinz Storsberg et grâce à l'aide de l'association viticole du Rheingau. Ce vignoble rappelle notamment la première mention historique du riesling en 1435, dans la correspondance papale avec le comte Johann von Katztenelnbogen.
Définition de l'appellation contrôlée région viticole du Rheingau thumb|Le Vignoble de Schlossberg à Rüdesheim Les vignobles de douze villes et communes constituent la région viticole pour le vin de qualité du Rheingau :
Seules Eltville, Geisenheim, Kiedrich, Lorch, Oestrich-Winkel, Rüdesheim et Walluf font partie du pays féodal historique du Rheingau. Francfort-sur-le-Main, Flörsheim, Hochheim et Wiesbaden sont situés à l'est de celui-ci, sur les contreforts du Taunus au bord du Main ainsi que dans le bas Taunus. Felsberg se situe assez loin desdites communes, dans la vallée de l'Eder, en Hesse du nord.
Climat Le climat du Rheingau est très clément. Il bénéficie de l'ombre pluviométrique des hauteurs boisées du massif du Rheingau, qui s'étend du sud-ouest au nord-est et fait partie du Haut-Taunus. Les forêts entravent la descente de l'air froid nocturne vers les vignobles en contrebas. Comme le cours du Rhin s'oriente vers l'ouest jusqu'à Rüdesheim, les coteaux du Rheingau sont majoritairement face au sud, et donc exposés à un ensoleillement important.
Les moyennes sur 30 ans (1971–2000) sont les suivantes : Précipitations : sur 12 mois, dont pendant la période de végétation (point de mesure d'Eltville) Heures d'ensoleillement : heures sur 12 mois, dont pendant la période de végétation (point de mesure de Geisenheim) Température moyenne annuelle : , pendant la période de végétation (point de mesure d'Eltville)
Cépages thumb|Le cépage le plus fréquent du Rheingau : le riesling Le cépage de loin le plus fréquent dans le Rheingau est le riesling. Le riesling, de très grande qualité, occupe à peu près 80 % de la surface viticole cultivée, et se cultive sur presque toutes les meilleures propriétés. Le vignoble de la ville d'Assmannshausen possède un statut d'exception, car le pinot noir y est cultivé sur une surface de 75 hectares, ce qui en fait la plus grande zone de culture de ce cépage d'Allemagne.
La répartition généraleDeutscher Wein – Statistik 2023/2024 : Riesling 76,9 % Pinot noir 24,3 % Pinot blanc 2,0 % Pinot gris 1,1 % Le rendement par hectare est d'environ 67,70 hectolitres par hectare (2008-2018)
En raison de leur structure acide et de leur complexité, les vins du Rheingau nécessitent une période de stockage afin de développer les propriétés gustatives qui leur sont propres. Selon le millésime et le niveau de qualité, cette période peut s'étendre sur deux ans, voire plus, même pour les vins bruts. La tendance évolue vers des rieslings qui développent un taux d'acidité compris entre 6,5 et par litre et qui ont donc meilleur goût au cours des deux premières années après la vendange.
Histoire de la viticulture au Rheingau thumb|Le château de Johannisberg et son domaine L'histoire de la viticulture le long du Rhin remonte à l'époque romaine. Probus (* 232, † 282), appelé « l'empereur viticole », a promu la viticulture dans ce que sont aujourd'hui les régions de Bade et du Palatinat. Or, ces cultures semblent être limitées à la rive gauche du Rhin. Dans le Rheingau, on n'en trouve aucune trace concrète. Il est possible que ce fait soit lié à la proximité du Limes, qui passait par le Taunus, à seulement quelques kilomètres au nord. Au cours de l'Antiquité tardive, la viticulture a par la suite sombré dans l'oubli.
C'est Charlemagne qui redonne finalement de l'élan à la viticulture. Selon la légende, il aurait regardé au-delà du Rhin depuis son palais impérial d'Ingelheim, et remarqué que la neige sur le Johannisberg fondait plus vite qu'ailleurs. Il aurait donc ordonné d'y planter des vignes. Sous son égide, les surfaces viticoles se sont considérablement étendues. Le premier vignoble du Johannisberg remonte à l'an 817, celui de Walluf à 779. Cependant, ce domaine portait initialement le nom de Bischofsberg (Mont Évêque), probablement en référence au savant Raban Maur. Celui-ci s'y rendait souvent pendant sa période en tant qu'archevêque de Mayence autour de 850, et y est également mort. Par une donation des saints empereurs germaniques Otton II et Otton III, connue dans l'histoire sous le nom de donation de Vérone, l'archevêque de Mayence Willigis obtient les droits féodaux sur le Rheingau. En 1100, ces droits sont transférés aux bénédictins de l'abbaye Saint-Alban devant Mayence, où ces derniers y ont fondé un monastère. L'église abbatiale a été consacrée à Jean le Baptiste en 1130, ce qui a conduit à ce que le domaine soit renommé Johannisberg.
Pendant cette période, la superficie de la région viticole atteint un point culminant en Allemagne : environ trois fois plus grande que ce qu'elle n'est aujourd'hui, elle s'étale sur environ 300 000 hectares. Les monastères sont particulièrement impliqués dans la poursuite de son développement. En plus des moines bénédictins du monastère de Johannisberg, les cisterciens d'abbaye d'Eberbach font de celui-ci un centre de la viticulture au fil des siècles. Leur commerce de vin se tient principalement en aval du Rhin et prospère grâce aux exonérations douanières importantes des comtes de Katzenelnbogen, qui ont fait d'Eberbach leur monastère. Tandis qu'à Francfort un décret interdit la création de nouveaux vignobles et que les seigneurs de Mayence imposent la culture du vin de cépage français (du bon vin rouge à haut rendement), non loin de là, à Rüsselsheim, le Comte Johann von Katzenelnbogen plante un nouveau raisin blanc, le riesling. Ses terres comprennent, en plus de nombreux vignobles du Neckar jusqu'à la Moselle, des vignobles à Rüdesheim am Rhein, dans la Hesse. Dans les documents relatifs à son fief, un vignoble dans le domaine Geisenheim est mentionné en 1346, en plus des vignobles autour de la ville.
Cette période de fin de Moyen Âge, apogée de découvertes scientifiques et artistiques, mais aussi de décadence des principautés ecclésiastiques et laïques, voit naître une demande croissante de boissons de prestige. Alors que les prix des Malvoisie et d'autres vins à haute teneur en alcool originaires de la région méditerranéenne sont quatre à cinq fois plus élevés que celui des vins locaux, et que la bière pose une concurrence de plus en plus forte, les mélanges traditionnels sont remplacés par des associations en fonction du cépage, ce qui mène à l'apparition des premières mentions de cépage, après le riesling : entre autres, le cépage Klebrot (Pinot Noir) à Hattenheim en 1470, ou encore, en 1476, le cépage Grobrot (également appelé Tauberschwarz) dans le monastère d'Eberbach. Cependant, l'appellation « vin de Rheingau » semble déjà être une indication de la qualité du vin, puisqu'en 1475, le comte Philippe de Nassau-Katzenelnbogen-Diez permet à son bailli de choisir, en guise de rémunération, entre du vin de Rheingau et du vin de Bergstrasse. La crise de la Réforme, durant laquelle de nombreuses nouvelles compétences sont perdues, a entravé à long terme un développement viticole extrêmement fructueux.
Découvertes et nouvelles variétés Origine des vendanges tardives et découverte de la pourriture noble thumb|Pourriture noble sur du riesling Jusqu'au , les vendanges tardives ne sont pas chose commune dans les régions septentrionales telles que le Rheingau. Les vignerons craignent en effet que le raisin ne moisisse. Les périodes de vendanges sont donc prescrites par les autorités locales.
Le domaine Johannisberg, qui appartient alors à l'évêque de Fulda, fait exception. Avant de pouvoir commencer la vendange annuelle, le vigneron du domaine Johannisberg doit au préalable obtenir la permission de Fulda. En 1775, cependant, le messager est retardé de 14 jours. Il existe plusieurs versions quant aux raisons de ce retard : le Prince-Evêque aurait été indisponible en raison d'un voyage de chasse, le messager aurait été retardé par des voleurs ... Quoi qu'il en soit, les moines du monastère de Johannisberg voient leur raisin attaqué par la pourriture et commencer à se ratatiner. Après réception de l'autorisation, la vendange a enfin lieu malgré tout, et, à la stupéfaction du vigneron, il s'avère que le raisin donne un vin exceptionnellement bon. Cet événement permet de découvrir la vendange tardive, et avec elle le fait que le vin tiré de raisin botrytisé peut présenter une qualité exceptionnelle. La pourriture noble donne par la suite lieu à des spécialités dont des vins de prédicat comme les Auslese, les Beerenauslese ou encore les Trockenbeerenauslese.
Pour la première fois, depuis 1999, les vins de Rheingau proviennent tous d'exploitations scientifiquement classées et sont certifiés « Premier cru ». En effet, seuls les sites bénéficiant d'un climat favorable et des meilleurs sols (les terroirs) produisent un vin de qualité, marqué par les caractéristiques de la terre, qui font de la dégustation un plaisir. thumb|Carte de la viticulture du Rheingau, près de Nassau En 2011, l'on découvre que l'histoire de la classification des vignobles du Rheingau remonte déjà à 150 ans. L'ouvrage Der nassauische Weinbau, publié en 1867 par Friedrich Wilhelm Dünkelberg, contient une carte de la viticulture du Rheingau dans les environs de Nassau (Weinbau-Karte des nassauischen Rheingaus). Tous les vignobles alors exploités y sont indiqués par un code couleur qui les répartit en trois catégories : vignobles de première classe, vignobles de seconde classe et vignobles communsDaniel Deckers 2011: Die erste Lagenklassifikationskarte der Welt galt im Jahr 1867 dem Rheingau (PDF; 92 kB)dilibri Rheinland-Pfalz: Der nassauische Weinbau : eine Skizze der klimatischen, Boden- u..
En 1867, seuls 13 vignobles répartis sur 9 territoires communaux appartiennent à la : Zone de productionNom du vignobleRauenthal Gehren, Wieshell, RothenbergKiedrich GräfenbergErbach MarcobrunnHattenheim SteinbergJohannisberg Schloss JohannisbergGeisenheim RothenbergRüdesheim Hinterhaus, Rottland, BergAssmannshausen Hinterkirch (Rother Wein)Hochheim Dom-Dechanei