Château-Chinon (Ville) (prononcé ), ou plus communément Château-Chinon ( ), est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Considérée comme la capitale du Morvan., elle est bâtie sur les flancs d'une colline culminant à . Compte tenu de sa situation stratégique, son histoire est chargée depuis les époques gauloise et gallo-romaine avec le peuple des Éduens, au Moyen Âge et à l'Ancien Régime comme étant une châtellenie puis un comté appartenant aux plus grandes familles du royaume de France. À l'époque contemporaine, le bourg est surtout connu pour l'élection en 1981 de son maire, François Mitterrand, à la présidence de la République française.

Géographie

Localisation vignette|Les trois croix du Calvaire en 2007. La ville est bâtie en amphithéâtre sur les flancs sud et ouest d'une colline culminant à , le Calvaire, qui surplombe principalement le Morvan mais aussi la rive gauche de l'Yonne et la plaine du Bazois.

Ce gros bourg est considéré comme la capitale du Morvan et se situe dans l'est du département de la Nièvre, à environ de la limite avec la Saône-et-Loire.

Avec ses 428 hectares, Château-Chinon (Ville) est l'une des communes du département ayant le plus petit territoire.

Communes limitrophes

Le territoire de la commune de Château-Chinon (Ville) est quasiment enclavé dans celui de la commune de Château-Chinon (Campagne). L'unique contact avec une autre commune se situe à l'ouest, dans la forêt communale de Château-Chinon, vers le lieu-dit Chaligny de la commune de Saint-Hilaire-en-Morvan. Cette limite avec une autre commune que Château-Chinon (Campagne) ne fait qu'une centaine de mètres de longueur.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Lorraine, plateau de Langres, Morvan » et « Centre et contreforts nord du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Voies de communications et transports Réseau routier Château-Chinon (Ville) est traversée d'ouest en est par la route départementale 978 (portion de l'ancienne RN 78) qui permet de rejoindre Nevers à l'ouest, et Autun, puis Louhans à l'est.

Par le sud, depuis Luzy, on peut rejoindre la commune via la route départementale 27.

La commune est également accessible par la route départementale 37 depuis Cercy-la-Tour au sud et Montsauche-les-Settons au nord.

Toujours depuis le nord, on peut rejoindre Château-Chinon depuis Lormes et Avallon par la route départementale 944 (portion de l'ancienne RN 444 reliant Château-Chinon à Troyes avant son déclassement en 1972).

Transports en commun La commune est desservie par 5 lignes d'autocars : Ligne 501 : Château-Chinon - Nevers, tous les jours par les autocars Mobigo (Réseau interurbain de la Bourgogne-Franche-Comté) sur le site RÉSEAU RÉGIONAL MOBIGO : NIÈVRE - FICHE HORAIRESLignes d'autocars et horaires. Ligne 4 : Château-Chinon - Gouloux, le mercredi et le de chaque mois par les autocars Taboureau. Ligne 12 : Château-Chinon - Autun, du lundi au samedi par les autocars Buscéphale (autocars du réseau départemental de Saône-et-Loire)Carte du réseau Buscéphale sur le site du conseil général de Saône-et-Loire. Ligne 7 : Château-Chinon - Arleuf, uniquement le samedi, par les cars Siyatégie. Ligne 8 : Château-Chinon - Glux-en-Glenne, uniquement le mercredi par les autocars Voyages Gonin.

Le Tacot du Morvan

Au début du , la commune était desservie par une des lignes du Tacot du Morvan : le chemin de fer d'Autun à Château-Chinon.

Le , la ligne fut prolongée et le terminus, situé précédemment aux hameaux de Athez et Corcelles (commune d'Anost) depuis son ouverture en août 1900, fut alors fixé à Château-Chinon (Ville), dans la bien nommée rue du Tacot, près de l'actuelle place Jean-Sallonnyer.

Le , la ligne fut à nouveau prolongée et le terminus se trouva alors plus à l'ouest, à de Château-Chinon (Campagne), au niveau de la gare terminus de la ligne PLM qui rejoint Tamnay-en-Bazois.

Le trafic voyageurs fut stoppé le , remplacé par un service d'autocars. La ligne, fermée définitivement en 1936, fut démontée entièrement en 1939.

Urbanisme Typologie Au , Château-Chinon (Ville) est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (48,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (49,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (48,2 %), zones urbanisées (32,9 %), prairies (18,9 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Logements Depuis 1968, le nombre total de logements a augmenté pour se stabiliser entre et durant les 20 dernières années.

En 2007, la commune comptait logements dont 695 maisons individuelles et 494 appartements. Cette même année, les occupants des 962 résidences principales étaient quasiment à parts égales des propriétaires et des locataires. On comptait en effet 461 propriétaires et 468 locataires (ainsi que 33 locataires à titre gratuit)Insee : Chiffres clés de Château-Chinon (Ville) - Thème : Logement.

+ Évolution du nombre de logements par catégorie depuis 1968 : Année Résidences principales Résidences secondaires et logements occasionnels Logements vacants Total 1968 8436487994 19759217876 198289769129 199096694136 19999697799 200796297140 200994399144

Toponymie Attestations anciennes Au Moyen Âge, on note les appellations suivantes sous la forme latinisée Castellania de Castro Canino en 1193 et sous la forme française Chasteaul-Chignon en 1372... Durant l'Ancien Régime, des documents et textes officiels (notamment des chartes établies par le roi Louis XIVoir la Charte établissant la création d'une élection et d'un grenier à sel à Château-Chinon sur WikisourceVoir la Charte établissant la cession de la seigneurie de Château-Chinon au duc de Bourbonnois sur Wikisource ou une lettre écrite par Louis XIVVoir la Lettre de Louis XIV à Roger de Bussy-Rabutin sur Wikisource) utilisent l'appellation Chastel-Chinon ; d'autres mentionnent ChâteauChinonVoir un plan de ChâteauChinon au sur Wikimedia Commons. En 1792, la commune est divisée en deux, Château-Chinon (Campagne) et Château-Chinon (Ville) qui s'appelle alors Château-Chinon Intra-Muros, avant de prendre ensuite le nom de Château-Chinon(Ville) ou . En 1793, Château-Chinon (Campagne) prend le nom révolutionnaire de Chinon-la-Montagne. En patois morvandiau Sâtiau-Sgnion [s'tyo-s'nõ]..

Étymologie L'étymologie du toponyme Château-Chinon a stimulé l'imagination des érudits et historiens :

Château : Du roman castellum « château », souvent latinisé en castrum dans les formes médiévales. L'analyse proposée par les linguistes et toponymistes contemporains conclut à une formation toponymique médiévale en Château-, anciennement Chastel, qui pouvait avoir divers sens en ancien français « forteresse, enceinte urbaine, place fortifiée, citadelle, donjon, château fort », puis plus tard « grande maison de plaisance, grande demeure ». Ce terme est issu du gallo-roman CASTELLU, terme de latin classique (diminutif de castrum, camp) qui avait le sens de « redoute », puis « château d'eau » et en latin médiéval, celui de « citadelle, ville fortifiée, oppidum »Site du CNRTL : étymologie de « château ».

Certains, comme l'historien Adrien de Valois dès le , prétendent que Jules César y logeait ses piqueurs et ses chiens, d'où le nom de « camp des chiens ». Cette théorie fut toutefois contestée en 1897 par la Société nivernaise des lettres, sciences et arts. ; d'autres, comme Jean-Baptiste Bullet ou le Edmond Bogros, affirment que cette appellation a une origine celtique et que « caninum » viendrait des termes « can » et « nein » et signifierait « cime blanche », faisant allusion à la neige pouvant recouvrir durant plusieurs mois la colline du Calvaire, se détachant ainsi dans le paysage du Morvan (qui selon la même démarche signifierait « montagne noire »). ; l'abbé Jacques-François Baudiau prétend quant à lui que « caninum » viendrait du nom d'un lieutenant que Jules César posta en Gaule pour pacifier le pays après la Guerre des Gaules : Caninius Rebellius. Le Bogros fit toutefois remarquer que Caninius ne fut pas envoyé chez les Éduens mais chez les Rutènes et les Pictons ; enfin, certains attribuent cette dénomination à l'existence d'un temple dédié à Mercure que les Celtes adoraient sous le nom de Theutatès et que l'on représentait avec une tête de chien, Tome III, . . ; ou bien encore à Anubis comme le pensait le poète autunois du , Étienne Ladoue.

Aucun de ces érudits ne s'interroge préalablement sur la nature des formes anciennes, à savoir leur caractère tardif au Moyen Âge et le fait qu'il s'agisse donc de latinisations médiévales (le latin ayant été langue de l'administration jusque l'ordonnance de Villers-Cotterêts au , d'où la latinisation récurrente des toponymes pour les besoins des textes). En outre, aucun d'entre eux ne s'interroge sur les divers noms en Château- de France jamais attestés avant le Un bon exemple du caractère tardif de ces formations toponymiques est offert par Château-Larcher, appelé Mesgonno encore en 857, puis Castrum Acardi en 976, Castelachart vers 1172, altéré en Chasteaularchair en 1599. cf. ..