Auguste Pawloski Guinnard, né à Paris le et mort en 1882 (?), est un voyageur et aventurier français.
Biographie
Employé à Paris dans une maison de commerce d'exportation, il part chercher fortune en Amérique du Sud en 1855. Il embarque ainsi en au Havre et débarque à Montevideo. La guerre civile y fait rage et entrave ses projets. Il gagne alors Buenos Aires puis, en , part prospecter dans les provinces du Sud de l'Argentine, en Azúl et au Tandil puis à Bahia Blanca, Fort Argentino (rio Colorado) et dans la vallée du rio Negro jusqu'à Carmen.
À Quequén, il rencontre un jeune Italien, Pedritto, qui devient son compagnon d'aventures. Ils partent alors pour Rosario () et traversent la Sierra de la Ventana mais ils se trompent totalement d'orientation et pénètrent profondément dans les territoires des tribus indiennes, en guerre permanente avec les ouignecaë (les chrétiens). En , ils sont attaqués par des Indiens Puelches qui tuent Pedritto.
Prisonnier, Guinnard est réduit à l'esclavage. Il va alors accompagner toutes les pérégrinations des Indiens. Vendu à plusieurs reprises, il subit de nombreuses vexations. Mais il apprend aussi leur langue. Passé aux mains des habitants de la Pampa, il gagne peu à peu la confiance du cacique Calfucurá, en devient le conseiller et s'accoutume entièrement à la vie des Indiens. En 1858, il se voit secrétaire de la confédération nomade et participe même aux négociations en écrivant des missives au général Urquiza président des Provinces Unies de La Plata.
En , il parvient à s'évader et après un long périple, est accueilli sur le rio Quinto par une famille espagnole. Il reste alors six semaines entre la vie et la mort.
Reconnu par les Indiens et par peur d'être recapturé ou tué par eux, il reprend ensuite la route à pied avec un chien qu'il a recueilli. Il passe à San Luis et séjourne quelque temps à Mendoza. Il franchit les Andes au défilé d'Uspallata où, assoiffé et affamé et souffrant du froid, il abandonne son chien.
Après avoir réussi à franchir le très difficile col de la Cumbre, il arrive, pratiquement mourant, à La Guardia puis à Quillota où un ingénieur français nommé Barthès le recueille (1860). Barthès le fait engager au chantier du chemin de fer de Santiago puis il travaille dans un grand ranch. Avec l'argent gagné, il peut enfin gagner Valparaiso en . N'y trouvant pas d'emploi et malade, il fait appel au consul de France qui le fait rapatrier en sur la corvette Constantine. Arrivé à Rochefort en .
À son retour en France, il se fait connaître en publiant ses aventures extraordinaires dans le Bulletin de la Société de géographie et dans la Revue Le Tour du monde fin 1861. La publication en 1864 d'un volume sous le titre Trois ans d'esclavage chez les Patagons, récit de ma captivité le rend très célèbre. À la Société de géographie, il rencontre Jules Verne qui lui rend hommage dans Les Enfants du capitaine Grant et en fait même un collègue de son personnage Jacques PaganelChapitre XXI. . Verne utilise aussi, dans son roman, son récit comme source sur les mœurs, les coutumes et les croyances des tribus indiennes. Son livre fera l'objet d'au moins sept rééditions (plus des fac-similés récents peu intéressants).
Membre des Sociétés de Géographie et d'Ethnographie, secrétaire-adjoint du Comité d'archéologie américaine, Guinnard travaille ensuite à la Préfecture de police (de à ) puis il devient (du à ), Inspecteur spécial des Chemins de Fer de première classe.
Il épouse le Angelina Maria Augusta Davy-Desmoulins. Sur l'acte de mariage, la mère d'Auguste est désignée comme . Son père est colon à Lodi, district de Medeah (Algérie) où, contremaître de chantiers, il donnera son accord au mariage devant le notaire de Medeah. Les parents d'Angelina sont qualifiés tous deux (bien qu'ils soient encore forcément assez jeunes) de .
Il s'exile volontairement à Caracas accompagné pour un temps par sa femme, sa fillette et sa belle-mère. Les relations deviennent orageuses avec sa belle-mère qui rapatrie à Paris sa fille et sa petite-fille, laissant Auguste Guinnard seul à Caracas.
Quatre lettres, datées du début 1877 et adressées par Auguste à sa femme Angelina, sont conservées dans sa famille en ligne directe : lettre (non datée) en commande à Paris pour des pièces et matériels de réparation de pianos. Il explique dans cette lettre que ses affaires marchent mal à Caracas et qu'il ne peut transmettre d'argent à sa famille (même par le canal d'un ami sûr qui l'avait visité à Caracas). Il demande à sa famille de lui envoyer un piano Pleyel. lettre de Caracas en date du où il sollicite M. Naudin, chef de cabinet du préfet de police, son ancien supérieur, pour être réintégré. () lettre de Caracas du , où il se plaint amèrement de l'absence de sa femme et de sa fille. dernière lettre de Caracas en date du . Cette lettre, en écriture croisée extrêmement difficile à déchiffrer, n'est qu'une suite de jérémiades. Elle peut faire douter de la santé mentale d'Auguste Guinnard à ce moment-là.
Le , au mariage de sa fille, Auguste Guinnard est absent. L'acte d'état-civil établi ce jour-là stipule . Valérie Dumeige précise dans son étude A la recherche d'Auguste GuinnardV. Dumeige, A la recherche d’Auguste Guinnard, l’itinéraire d’un aventurier malchanceux, in Esclave chez les Patagons, Cosmopole, 2000 : .
Le , il est déclaré officiellement absent par le Tribunal de Première instance de la Seine. Il est dit qu'il est domicilié en dernier lieu en 1881 au 75, rue d'Avron à Paris et qu'il serait parti pour la Trinidad (Antilles espagnoles).
Divorcée, la fille d'Auguste Guinnard se remarie à Paris le au arrondissement. L'acte de mariage confirme l'absence de son pèreArchives de Paris Acte de mariage n°676, vue 27 / 31.
Publications Excursion dans l'intérieur de la Patagonie, Bulletin de la Société de géographie, 1861 Trois ans de captivité chez les Patagons, Le Tour du monde, vol. 4, 1861, Trois ans d'esclavage chez les Patagons, 1864 ; rééd. Aubier, 1979, Cosmopole, 2000, Chandeigne, 2009Le livre est traduit aussi dans plusieurs langues comme en espagnol (2004 et 2008) et en anglais (depuis 1871)..
Bibliographie Béatrice Didier, Dictionnaire universel des littératures, vol.1, 1994, Numa Broc, Dictionnaire des Explorateurs français du siècle, t.3, Amérique, CTHS, 1999, Alexandre Tarrieu, L'Exploration de la Terre, in Jules Verne : De la science à l'imaginaire, Larousse, 2004, Pierre Kalfon, Pampa, Édition du Seuil, 2007Il s'agit du récit romancé de la vie de Guinnard.
Notes et références
Liens externes
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