L’équipe de Belgique de football connait une année riche en évènements en 1930. Tout d'abord, la sélection belge participe à la première Coupe du monde de la FIFA, en Uruguay, mais ne peut y briller. Elle s'incline à deux reprises et ne parvient à dépasser le premier tour, privée de certains joueurs cadres. Afin de préparer ce tournoi, les internationaux jouent un grand nombre de matchs préparatoires en Europe (six au total). Enfin, en fin d'année, les commémorations du centenaire du pays permettent la construction et l'inauguration du Stade du Centenaire (actuellement Stade Roi Baudouin). Les Diables Rouges en profitent pour inaugurer en beauté leur nouvelle résidence par une victoire 4 buts à 1 contre la sélection néerlandaise.
Résumé de la saison
En cette année 1930, la toute première Coupe du monde de football se profilait à l'horizon pour l'équipe de Belgique. Cependant, la perspective d'y participer ne soulevait pas vraiment l'enthousiasme des foules en Belgique et dans le reste de l'Europe. Il faut dire que la FIFA en avait confié l'organisation à l'Uruguay, fraîchement auréolée de son deuxième titre olympique et probablement la meilleure formation de l'époque, et la distance et la durée du déplacement effrayaient la plupart des nations du vieux continent. La Belgique allait néanmoins être du voyage et faire partie des treize pays pionniers.
Il convenait dès lors de préparer l'événement et le programme des Belges fut donc particulièrement chargé cette saison-là, les Diables Rouges disputant treize parties au total, un record jusqu'alors.
vignette|gauche|275px|Résumé muet du Pays-Bas-Belgique, disputé le au Stade olympique d'Amsterdam ().
C'est à l'aube de 1930 également que Raymond Braine fut suspendu, aussi bien au sein de son club du Beerschot que de la sélection nationale, pour faits de professionnalisme après l'ouverture d'un café à Anvers. Le communiqué officiel du Comité exécutif de la fédération, le , annonça la nouvelle aux médias : . La perte de ce joueur talentueux allait s'avérer irréparable pour la Belgique, notamment pendant la Coupe du monde.
Après une belle victoire (5-0) face à la sélection hollandaise des début mars, les internationaux belges se rendent à Colombes le pour leur traditionnelle rencontre contre les Bleus. Ce match fut l'occasion de démarrer l'année en fanfare avec une très large victoire (1-6), grâce entre autres à un triplé de Michel Vanderbauwhede qui allait se distinguer comme le meilleur artificier de la saison. Par la suite, la Belgique allait encore affronter la France à deux reprises cette année-là.
Le premier derby des plats pays de l'année s'achève sur un nul très disputé (2-2), le au Stade olympique d'Amsterdam.
Les rencontres se suivent alors sur un rythme hebdomadaire.Tout d'abord, les internationaux belges subissent une défaite nettement plus honorable que les précédentes (1-3) face à l'État libre d'Irlande dans le stade du Daring. Les Belges avaient même ouvert le score par Désiré Bastin et réussi à maintenir le nul jusqu'à la pose. Ensuite, les Diables Rouges défont les Oranje (3-1) dans le cadre de la Coupe Van den Abeele au Bosuil, puis s'inclinent face à la France (1-2) au Stade du Pont d'Ougrée.
Ayant au préalable fait match nul dans une nouvelle rencontre face aux (3-3) devant spectateurs à Rotterdam fin mai, la Belgique dispute un dernier match de préparation le contre le Portugal le à Deurne. Les Belges remportent cette rencontre (2-1). Depuis Barcelone, la sélection s'embarque alors pour l'Uruguay sur le transatlantique italien . Entretemps, l'entraîneur avait disparu comme il était venu, c'est-à-dire très discrètement. C'est Hector Goetinck, jusque-là responsable de l'entraînement, qui lui succède à la tête de la sélection. Seize joueurs montent à bord du bateau, mais sans Raymond Braine, suspendu, Florimond Vanhalme, Michel Vanderbauwhede, Désiré Bastin et Jules Lavigne, soit tout de même quatre titulaires - dont le meilleur buteur de cette saison - qui n'avaient pu se libérer de leurs obligations professionnelles pour la durée du voyage et du tournoi.
vignette|droite|300px|Phase de jeu lors du tout premier match de Coupe du monde disputé à Montevideo, face aux États-Unis.
Le paquebot avait déjà pris au passage les autres délégations européennes, celles-ci se limitant à la Yougoslavie, embarquée à Gênes, ainsi qu'à la France et la Roumanie, montées à bord à Villefranche-sur-Mer. Le voyage, long de deux semaines, ne permettait pas beaucoup l'exercice physique et les délégations s'entraînaient comme elles le pouvaient, notamment en improvisant de petits jeu. Le cuisinier sachant y faire, les joueurs firent quelques excès et prirent du poids, notamment Bernard Voorhoof qui grossit de huit kilos.
vignette|gauche|200px|John Langenus, l'arbitre belge de la finale.
Ce n'est en tous cas pas dans les meilleures conditions que la sélection belge arriva en Uruguay : en manque de préparation spécifique, la fatigue du voyage, le mal du pays et la nourriture locale à laquelle ils n'étaient pas habitués, ajoutés à la liste des titulaires absents, eurent pour conséquence que les Diables rouges ne furent pas en mesure de faire plus que de la figuration lors de cette première édition de la Coupe du monde.
Le premier match contre les États-Unis était censé se dérouler au stade du Centenaire. Celui-ci n'étant pas encore achevé le , c'est au Parque Central que la rencontre eut lieu. Une équipe américaine professionnelle, renforcée de quelques éléments écossais, car de l'autre côté de l'Atlantique on ne prêtait pas trop d'attention à la véritable nationalité des joueurs, donna la leçon aux Belges (3-0) sans qu'ils n'eurent réellement voix au chapitre.
Une semaine plus tard, la Belgique disputa une rencontre face au Paraguay de bien meilleure facture mais ne put néanmoins éviter une défaite de justesse (1-0). Le tournoi s'acheva là pour les Diables Rouges. L'essentiel avait été de participer à cette grande aventure et de faire partie des nations pionnières dans l'organisation de cette compétition qui allait, à terme, devenir l'un des événements les plus suivis médiatiquement dans le monde, avec les Jeux olympiques et le Super Bowl. Un Belge allait toutefois défrayer la chronique : John Langenus entra dans l'histoire comme l'arbitre de la toute première finale de Coupe du monde qui opposa l'Uruguay et l'Argentine le .
vignette|droite|300px|Le Stade du Centenaire en 1935.
En 1930, on célébrait également avec faste le Centenaire de la Belgique. L'une des plus grandes réalisations pour cette occasion fut le Stade du Centenaire, future résidence des Diables Rouges, qui sera tour à tour rebaptisé stade du Heysel en 1946 puis stade Roi Baudouin en 1995. À l'occasion de son inauguration le et en présence de son promoteur, le bourgmestre de Bruxelles Adolphe Max ainsi que du Prince Léopold, la sélection belge y reçoit les Pays-Bas et s'impose très nettement (4-1). Ce match amical célébrait également le de la fédération belge (URBSFA) mais ne fut pas reconnu officiellement.
En 1930, le Heysel, avec sa capacité de places, était l'un des plus grands et plus beaux stades d'Europe. Il faisait la fierté des sportifs nationaux mais il allait toutefois être à l'origine d'une véritable « guerre des stades » entre la capitale et Anvers puis Liège et Bruges. À l'inverse de toutes ces autres enceintes qui disposaient chacune d'un club résident, le stade du Heysel n'accueillait que l'équipe nationale pour un nombre limité de rencontres annuelles et, occasionnellement, d'autres manifestations sportives ou culturelles. Pour ces raisons, ce stade a toujours été au centre de polémiques en Belgique bien qu'il fût rénové deux fois. Il fut même décidé pendant un temps, au début des années 1970, de le déserter et d'opter pour une alternance entre la Wallonie et la Flandre, toujours avec Bruxelles mais généralement à Molenbeek-Saint-Jean ou Anderlecht.
Une courte défaite à l'Antwerp face à l'ogre tchécoslovaque (2-3) ainsi que deux nuls contre la Suède à Liège (2-2) et la France à Montrouge (2-2), entrecoupés d'une rencontre officieuse, le , face à une sélection londonienne sur la Butte (4-4) clôturent une saison mitigée quant aux résultats mais riche en événements marquants pour les Diables Rouges.
Les matchs
Note : Première rencontre officielle entre les deux nations.
Note : Première rencontre officielle entre les deux nations.
Note : Première rencontre officielle entre les deux nations.
Note : Ce match amical, à l'occasion de l'inauguration du Stade du Centenaire au Heysel, célébrait le de l'Union Royale Belge des Sociétés de Football-Association (URBSFA) mais ne fut pas reconnu comme rencontre officielle et ne figure donc pas dans les statistiques officielles des deux équipes.
Les joueurs Joueurs Amical Amical Amical Amical Amical Amical CM 1930 CM 1930 Non officiel Amical Amical Amical Gardiens de butArnold Badjou Daring Club de Bruxelles90Première sélection officielle pour le joueur.90909090909090Jean De Bie Racing Club de Bruxelles909090rrLouis Somers Royal Antwerp FC90 DéfenseursThéodore Nouwens Racing Club de Malines909090909090909090909090Nicolas Hoydonckx R Excelsior FC Hasselt909090909090909090 90 9090Alexis Chantraine RFC LiégeoisrrHenri De Deken Royal Antwerp FCr90 MilieuxPierre Braine R Beerschot AC9090 90 909090 90 90 90 90 Florimond Vanhalme RCS Brugeois90 90 90Dernière sélection officielle pour le joueur. Jean De Clercq Royal Antwerp FC909090909090rAuguste Hellemans RFC Malinois909090909090909090Gérard Delbeke RFC Brugeoisr90Henri Van Poucke RCS Brugeois909090Alfons Mertens Royal Antwerp FC90 AttaquantsLouis Versyp RFC Brugeois90 909090909090909090 90Bernard Voorhoof K Liersche SK909090 90 9090r90 90 9090 Michel Vanderbauwhede RCS Brugeois90 9090909090 90 909090Ferdinand Adams SC Anderlechtois90 90 9090909090Désiré Bastin Royal Antwerp FC9090 90 90 9090 90909090Jacques Moeschal Racing Club de Bruxelles909090909090 9090Jan Diddens Racing Club de Malines9090André Saeys RCS BrugeoisrrJacques Secretin RFC Montegnée909090 Premier but officiel pour le joueur.Joseph Van Beeck Royal Antwerp FC90
Un « r » indique un joueur qui était parmi les remplaçants mais qui n'est pas monté au jeu.
Sources Références
Bibliographie COLIN, François. Les Diables Rouges : 1900-2014 / François Colin ; [traduction du néerlandais : Étienne Terroir]. - Bruxelles : Racine, 2014. - 1 vol. (204p.) : ill., couv. ill en coul. ; HUBERT, Christian. Le siècle des Diables rouges / Christian Hubert. - Bruxelles : Luc Pire, 2006. - 1 vol. (152p.) : ill., couv. ill en coul. Collectif. Le Dictionnaire des Diables Rouges / Bruno Govers, Pierre Bilic, Claude Henrot, Bruno Dubois, Pierre Danvoye. - Bruxelles : Euro Images Productions, 2000. - 1 vol. (320p.) : ill., couv. ill en coul. GULDEMONT, Henry. 100 ans de football en Belgique: 1895-1995, Union royale belge des sociétés de football association / Henry Guldemont, Bob Deps. - Bruxelles : Vif , 1995. - 1 vol. (312 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; . (rel.). HUBERT, Christian. Les diables rouges (édition revue et augmentée) / Christian Hubert. - Tournai: Gamma, 1981. - 1 vol. (253p.) : ill., couv. ill en coul.
1930 Belgique Catégorie:Football en Belgique en 1930