Giocatojo (en corse : Ghjucatoghju) est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la piève d'Ampugnani, en Castagniccia.

Géographie Situation vignette|Ghjucatoghju.|alt= Giocatojo est une petite commune du canton de Fiumalto-d'Ampugnani, en plein cœur de la Castagniccia, une microrégion de moyenne montagne dominée par le Monte San Petrone () au centre-est de la Corse et couverte, comme son nom l'indique, par une forêt de châtaigniers. Elle est située dans l'ancienne pieve d'Ampugnani.

Communes limitrophes

Géologie et relief Giocatojo est une commune de moyenne montagne, sans façade maritime. Elle se situe au nord de la Castagniccia, dans l'En-Deçà-des-Monts (Cismonte en langue corse) ou Corse schisteuse au nord-est de l'îlepar opposition à l'Au-Delà-des-Monts (Pumonte) ou Corse granitique au sud-ouest, dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse qui se poursuit avec le massif du San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia. Son plus haut sommet est la Punta di San Paolo culminant à d'altitude, « à cheval » sur quatre communes : Morosaglia, Ortiporio, Giocatojo et Poggio-Marinaccio, et se trouvant à (distance orthodromique) au nord du Monte San Petrone ().

Son territoire occupe le flanc méridional d'un chaînon secondaire de la dorsale schisteuse du San Petrone, articulé à la Punta di San Paolo et orienté dans un axe ouest-est en direction du Monte Sant'Angelo () via le col de Saint-Antoine (Casabianca). Il est le bassin versant du ruisseau de Molaghina qui alimente le ruisseau de Pozzo Bianco., affluent du Fium'Alto, et du ruisseau de Cagnolo et de Teja qui se jette dans le ruisseau d'Arche., affluent du ruisseau de Molaghina. Molaghina et Cagnolo et de Teja forment deux vallons autour de l'arête rocheuse centrale sur laquelle est construit le village de Giocatojo, à d'altitude moyenne.

Hydrographie Le réseau hydrographique de la petite commune de Giocatojo est dense. Plusieurs petits cours d'eau prennent naissance sous la ligne de crête septentrionale. Le ruisseau de Cagnolo et de Teja. à l'ouest, et le ruisseau de Molaghina. à l'est, sont les deux principaux cours d'eau communaux.

Climat et végétation La situation géographique de la commune, bien exposée puisqu'au sud d'une ligne de crête remontant de à d'altitude qui la protège des courants froids du nord, lui procure un climat tempéré ainsi d'un bon ensoleillement. Mais, comme partout en Castagniccia orientale, la commune est soumise aux précipitations parfois fortes amenées par les vents du sud-est.

Le village lui-même, construit en alignement sur le versant méridional d'une arête rocheuse à d'altitude, bénéficie ainsi d'un ensoleillement maximal.

La couverture végétale est homogène dans l'ensemble. Elle est dominée par les châtaigneraies qui sont le plus souvent présentes sous forme de vergers ou de taillis.

Voies de communication et transports Accès routiers Giocatojo se situe au carrefour de la route D515 (reliant l'ex-RN 193 à la D 71) avec la D 405 qui le relie La Porta. À de route au sud-ouest se trouve le petit hameau, dépendant de la commune de Poggio-Marinaccio, de Lutina aux maisons anciennes traditionnelles et aux escaliers empierrés. Présence d'une petite chapelle.

Transports Le village est éloigné des métropoles régionales. L'arrêt des Chemins de fer de la Corse le plus proche est la gare de Barchetta, distant de . La gare la plus proche est celle de Ponte-Nuovo à .L'aéroport le plus proche est celui de Bastia distant de . Le port de commerce de Bastia se trouve à et celui de L'Île-Rousse de .

Urbanisme Typologie Au , Giocatojo est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (63,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (36,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Toponymie

Le nom corse de la commune est .

Histoire Antiquité Selon Ptolémée, la Corse était habitée par douze nations qui, pour la plupart autochtones, n'ont subi l'influence romaine que dans de faibles proportions. Concernant le pays d'Ampugnani, c'étaient les Licnini, établis au sud des Cilebenses, à l'ouest des Mariani et au nord des Opini, qui occupaient le bassin moyen du Golo. Xavier Poli in La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge - Librairie Albert Fontemoing Paris 4, rue Le Goff - 1907.

Moyen Âge Un acte, rédigé par un notaire appelé Mariano, nous apprend que l'an 1019, le seigneur de l'île qui était le marquis GuglielmoGuglielmo et Ugo, seigneurs de Corse, juges de Cagliari et marquis de Massa, accorda aux moines de Montecristo de vastes terrains dans la piève d'AmpugnaniGiovanni della Grossa in Chronique', traduction de l'abbé Letteron in Histoire de la Corse, Tome I ..

La communauté se situait dans la pieve d'Ampugnani, dans un pays alors appelé les Cinq Pièves.

L'évêché d'Accia n'avait que deux pièves, Ampugnani et Rostino. En 1133, il fut soumis à l'archevêché de Gênes, après l'avoir été à celui de Pise depuis 1092.

Poursuivant sa description de l'île, Giustiniani rapporte qu'au sommet de la montagne dominant la piève d'Ampugnani, on peut voir les ruines d'une très ancienne église appelée Santo Pietro d'Accia. Giustiniani in Dialogo nominato Corsica, traduction de l'abbé Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse Tome I ..

La piève d'Ampugnani contenait une vingtaine de villages. Les caporauxLe peuple avait pour chefs des caporaux (caporali) demeuraient à Casabianca et à Pruno. Le pays jouit d'un air sain, et est habité par de braves gens ; il produit des céréales et des châtaignes en assez grande quantité, du bois, des fruits et les meilleures cerises de l'île.

Ampugnani et les pièves de Casinca, Tavagna, Moriani, Orezza, Vallerustie, Rostino et Casacconi, formaient l'un des trois terzeri du pays du Deçà des Monts, appelé ordinairement « Terre de Commune ».

Le pays était dominé par les Cortinchi. Vers la fin de sa vie, Guglielmo Cortinco alla habiter à Ampugnani où il se fit seigneur, et construisit un château à Lumito. Il mourut, laissant un fils qui établit encore son autorité sur Moriani et Tavagna et bâtit un château dans chacune de ces pièves. Ces trois pièves, Ampugnani, Moriani et Tavagna, obéissaient précédemment à Alberto de Loreto.

1347 - La Corse devient génoise.

Temps modernes Vers 1520, la pieve d'Ampugnani avait pour lieux habités : la Casabianca, la Porta, la Croce, Polveroso, Monte d’Olmo, lo Pruno, lo Selvarechio, la Casalta, lo Piano, Scata, Ficagia, lo Pomeragio, Stopianova, lo CatogioAntoine-Dominique Monti in Éléments pour un dictionnaire des noms propres corse - ADECEC Cervioni. 1563 - Accia composé d'Ampugnani et de Rostino, est réunifié à Mariana, donnant le diocèse d'Accia et Mariana.

Au début du , en 1730 (?), dans un rapport rédigé à la demande des Génois, l'abbé Accinelli écrivit : Francesco Maria Accinelli in Storia di Corsica (1767), ..

La pieve d'Ampugnani se trouvait dans la juridiction de Bastia ; elle comprenait les communautés suivantes, avec leur population : Porta, e Poggiale 493. Quercitello, e Stoppianova 271. Giucatoggio, e Ponte 264. Castel d’acqua 260. Pruno 160. Polveroso 189. Monte d’Olmi, Alzi, e Bonifatio 235. Casabianca, e Querceto 202. Casalta, e Piano 196. Poggio con 3 ville 172. Silvareccio 317. Croce 352. Ascata 173. Ficaia 337. Début 1735, une nouvelle et plus grave rébellion soulève l'île tout entière. Par un règlement du , les Génois avaient augmenté les impôts. Les députés des villages convoqués, ont refusé de prêter serment au nouveau règlement et de réclamer leur adhésion aux projets financiers du suzerain. Pour étouffer ce germe de rébellion le gouverneur Pallavicino décida de recourir à la force.

1768 - Le , la Corse est cédée à la France par les Génois. L'île passe sous administration militaire française. 1789 - La Corse appartient au royaume de France. 1790 - Avec la Révolution française est créé le département de Corse avec Bastia comme préfecture, 1793 - An II. la Convention divise l'île en deux départements : Golo (l'actuelle Haute-Corse) dont fait partie Giocatojo, et Liamone (l'actuelle Corse-du-Sud) sont créés. La commune porte le nom de Giocatojo. Elle intègre le canton d'Ampugnani dans le district de Bastia et dans le département du Golo. 1801 - Sous le ConsulatLa loi du 28 pluviôse an VIII (19 février 1800) porte sur l'administration locale. Elle conserve les départements hérités de la Révolution mais elle redécoupe les divisions intérieures. Les districts deviennent des arrondissements, la commune est définie et le canton créé. À chaque niveau on trouve un fonctionnaire public (nommé) ainsi qu'une assemblée consultative (élue), la commune garde le nom de Giocatojo, est toujours dans le canton d'Ampugnani, dans l'arrondissement de Bastia et le département du Golo. 1811 - Les départements du Golo et du Liamone sont fusionnés pour former le département de Corse. 1828 - Giocatojo passe dans le canton de La Porta.

Époque contemporaine En 1954, Giocatojo fait partie du canton de Porta, constitué avec les communes de Casabianca, Casalta, Croce, Ficaja, Giocatojo, Piano, Poggio-Marinaccio, Polveroso, Porta d’Ampugnani, Pruno, Quercitello, San-Damiano, San-Gavino-d'Ampugnani, Scata et Silvareccio. 1973 - Giocatojo bascule dans le nouveau canton de Fiumalto-d'Ampugnani créé avec la fusion imposée des anciens cantons de la Porta et Peru-Casevecchie. 1975 - L'île est à nouveau scindée en deux département. Giocatojo se trouve en Haute-Corse.

Politique et administration Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Population et société Démographie

Enseignement L'école primaire publique la plus proche se trouve à La Porta, à . Le collège le plus proche se trouve à Folelli, à , le lycée professionnel agricole de Borgo à . Le lycée Pascal Paoli de Corte est à .

Santé Le cabinet de médecin le plus proche est situé à Ponte-Leccia, à environ . Les plus proches hôpitaux sont : le Centre hospitalier de Bastia à , le Centre Hospitalier Intercommunal Corte Tattone à . Les ambulanciers les plus proches se trouvent également à Ponte-Leccia, de même que les masseurs kinésithérapeutes. L'infirmière la plus proche est installée à Casabianca, à .

Manifestations culturelles et festivités Fêtes

Cultes Le culte pratiqué est le catholicisme. L'église paroissiale San Quilicu relève du diocèse d'Ajaccio. Une messe y est célébrée une fois par mois. Elle fait partie du secteur inter-paroissial de Folelli.

Économie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Église paroissiale Saint-Cyr