Meria est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Luri, dans le Cap Corse. Géographie Localisation Meria est une commune de la façade orientale du Cap Corse, située au sud de Rogliano et de Tomino, et au nord de Luri, dans l'ancienne seigneurie San Colombano des Da Mare devenue en 1592 la province génoise du CapoCorso, et dans l'ancienne pieve de Luri.

Géologie et relief Le Cap Corse est un bloc de schistes lustrés édifiés au Tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien tectonisé lors de la surrection des Alpes : déformés, broyés ils se sont chevauchés avec des gneiss antécambriens intercalés d'amphibolites vert-foncé et de filons granitiques kaolinisés par l'action des eaux au contact du feldspath du granite, en surface et dans les fissuresFascinant Cap Corse de Alerius Tardy 1994. À l'est de la péninsule où se trouve Meria, schistes sériciteux à l'aspect soyeux et ridé, schistes chloriteux, schistes calcaires ou calschistes, et cipolins dominent. Grisâtres, légèrement calcifères, ces roches formées durant l'ère secondaire dans l'ancien océan liguro-piémontais doivent leur aspect lustré à la séricite (mica aux reflets cendrés) et au chlorite (silicate feuilleté verdâtre avec clivage).

Meria recèle plusieurs filons d'antimoine, les plus connus étant ceux de Fossato, San Martino et Vallone. Le gisement de Meria est le plus important des gisements d'antimoine du Cap Corse.

Meria occupe la majeure partie d'un alvéole de la péninsule du Cap Corse, composé de trois principaux vallons ouverts à l'est sur la mer Tyrrhénienne : vallon de Meria (ou vallée de Meria) au nord, celui du ruisseau éponyme ; vallon du ruisseau de Morteda qui naît sur les flancs orientaux du Monte Baccinajo ( - Meria) ; vallon du fiume Alessandro (ruisseau de Lissandru en amont) au sud.

La façade Meria possède une façade maritime sur la mer Tyrrhénienne, soit environ 6 kilomètres d'une côte déchiquetée, n'offrant aucun abri pour la navigation, avec une seule plage de sable au sud-ouest de la Tour de Meria.Cette côte démarre au nord, à hauteur des mines d'antimoine de Meria, et se termine au sud du site de Morteda, l'ancienne anse et marine antique fréquentée il y a 25 siècles par les marins phocéensAlerius Tardy in Fascinant Cap Corse Bastia-Toga 1994. Cette anse a été comblée depuis par les alluvions du fiume Alessandro qui y a toujours son embouchure. Au nord, au milieu de la plage de Meria, se situe l'embouchure du fiume di Meria.

Limites territoriales Le territoire communal est ceinturé par : au nord, un court et bas chaînon montagneux, « à cheval » sur Rogliano, Tomino et Meria, déclinant vers la mer en passant par les Monte di Peri (), Monte di a Funa (), Monte San Paolo (). La ligne de crête entre Bocca di Pantanelli () et Monte di a Funa, sépare Rogliano de Meria. La démarcation entre Tomino et Meria est représentée par une ligne quasi rectiligne et horizontale partant du Monte di a Funa jusqu'à la mer. au sud, un petit chaînon montagneux plus élevé que celui au nord, démarrant à l'ouest de Punta di Gulfidoni () sur la dorsale du Cap Corse et « à cheval » sur Morsiglia et Meria, et déclinant vers la mer passant par Pianta Fiadone (), Monte Baccinajo, la crête de Santarelli Aja, Campu Pianu () et la colline de Fagiolajo () séparés par le ruisseau de Lissandru. De Punta di Gulfidoni, part la démarcation entre Meria de Luri, représentée par la ligne de crête dominant le vallon de Bonnellasca, soit le haut cours du ruisseau de Lissandru (Luri). Cette ligne droite presque parfaite, orientée au sud-est, passe par la chapelle San Salvadore () « à cheval sur » les deux communes, puis suit la crête en déclinant régulièrement jusqu'à la mer, au nord de Punta Castelluccio. à l'ouest, un secteur de la dorsale schisteuse du Cap Corse ou chaîne de la Serra, une crête s'étirant sur environ , entre Punta di Gulfidoni et Bocca di Pantanelli. Cette crête sépare Morsiglia de Meria.

Hydrographie Le territoire composé de plusieurs petits vallons, présente quatre cours d'eau principaux. Du nord au sud, ils sont : le ruisseau de Meria qui prend sa source à d'altitude sous le nom de ruisseau de Giunchetto, au sud-ouest du Monte di e Guadelle ( - Morsiglia). Orienté d'ouest en est, il se jette dans la mer à la Marine de Meria ; le fiume di Gareta (ou ruisseau de Ghereta) qui a sa source à l'est de Pianu , non référencé ; le ruisseau de Morteda. qui naît sur les flancs orientaux du Monte Baccinajo ( - Meria) et alimente le fiume Alessandro ; le fiume Alessandro (ou ruisseau de Lissandru.) qui prend sa source au sud de la Punta di Gulfidoni et qui a son embouchure dans la mer Tyrrhénienne en aval du lieu-dit Murteda.

Climat et végétation Le climat est méditerranéen, aux écarts thermiques modérés. Du fait de sa situation la commune est protégée des forts vents d'ouest dominants sur le Cap Corse ; en revanche elle est soumise aux vents d'est et nord-est, la tramuntana hivernale et le grécale (ou grégale), ce dernier humide apporte d'octobre à mars, de fortes précipitations dans les hautes vallées orientales. L'altitude favorisant le contraste thermique impose la montée des perturbations canalisées vers les cimes par le relief alvéolé. D'où l'explication des fréquentes coulées de boue qui ont eu lieu en octobre-, et . Les mois les plus secs sont juillet et août.

Le relief est couvert d'un tapis végétal qui a visiblement souffert plusieurs fois d'incendies. Sur les hauteurs, la végétation est arborescente, avec châtaigniers et chênes verts majoritaires. Sur le littoral, le maquis est prédominant avec des bosquets d’oliviers et de chênes verts.

Urbanisme Typologie Au , Meria est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (95,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (80,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (9,8 %), forêts (5,8 %), zones agricoles hétérogènes (2,9 %), eaux maritimes (0,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Meria Bâti sur une arête rocheuse, à d'altitude, le village de Meria domine sa marine dépourvue de port.

Le bourg est formé de sept quartiers : Aghia, Casale, Cortalina, Croce, Lingulina, Puggiale et Serdulacciu. Casale, le plus ancien, renferme une chapelle de confrérie Sant'Erasmu créée en 1774 en remplacement d'une confrérie fondée en 1599, et qui assura jusqu'en 1923 de remarquables processions jusqu'à la Marine via l'église San Paolo, particulièrement le Vendredi saint avec lampions, croix et bannières brodées.

Le village recèle une tour génoise et le Palazzu, une remarquable maison du dotée d'un pont-levis. Cette construction a été sauvée de la ruine vers 1975. S'y trouve aussi l'église San Roccu datant du et qui renferme deux œuvres classées dont une du .

À plus de au sud du village, en plein maquis, sont les ruines de la chapelle Santa Catarina. Un sentier aménagé permet d'y accéder. Son départ en direction du nord, se situe à Campu (Luri) via la chapelle San Salvadore « à cheval » sur les deux communes.

À au sud-est du village, se situent les vestiges du village de Caraco abandonné vers 1925. Ce lieu comportait une chapelle San Sebastianu et une douzaine de maisons. On accède à Caraco ( d'altitude) par un sentier d'environ à travers maquis, partant du village de Meria.

Au nord de Caraco les lieux de San Giuseppe, San Giovanni et Santa Maria témoignent des sanctuaires disparus.

Marina di Meria La Marine (A Marina) est un village récent, construit au , qui se situe autour de l'embouchure du fiume di Meria dit Fiuminale dans la partie inférieure de son cours. Située dans un amphithéâtre de verdure, la Marine se développe depuis, en raison de l'attrait de son littoral comportant une plage de sableLes plages de sable sont rares dans le Cap Corse dominée au nord par une tour génoise en bel état.

Peu à l'ouest, se situait le village de Murticciu ruiné par les Barbaresques au début du . Murticciu n'apparait pas sur les cartes.

À l'ouest de la Marine, à proximité de la route D35 qui relie Marina di Meria à Morsiglia sur la côte occidentale du Cap Corse, on découvre en plein maquis San Marcello, une chapelle ruinée dont certains affirment qu'elle a été élevée au sur les ruines d'un édifice paléochrétien qui remplaçait un temple romain. Aucune étude archéologique ne vient cependant donner corps à cette déclaration bien incertaine.

Plus à l'intérieur des terres, soit à environ à l'ouest de la Marine, sur une petite éminence (), se dresse l'église San Paolo, l'ancienne paroisse de la vallée de Meria. La tradition, qui relève du mythe, raconte qu'en 59 l'apôtre saint Paul de Tarse se rendant en Espagne via la Corse, posa la première pierre du sanctuaire paléochrétien. En revanche, un fragment de pierre d'autel dédié à l'empereur Claude a été trouvé en ce lieu.

Morteda Morteda (A Murteta) est un petit hameau dont le nom signifie « parmi les myrtes » et provient du grec murtos. Il se situe au sud-est de la commune, proche du fiume Alessandro dit localement fiume di Murteta dans la partie inférieure de son cours, et près de l'ancienne Marine de Murteta qui desservait autrefois le village de Muracce à l'intérieur des terres. Murteta et Muracce razziés par les Barbaresques au début du , ont été abandonnés vers 1730, leurs habitants rejoignant la population de Campo, l'ancien centre du fief des seigneurs De Campo di Luri.

Pastina Pastina (Pàstina) est un hameau situé à l'intérieur des terres, au nord de la route D 35 qui traverse latéralement le Cap Corse. Il est bâti sur un éperon de schiste grisâtre à d'altitude, dominé par la chapelle Sant'Anna et dominant la D 35 qui longe le fiume di Pastina. Proche de la mine d'antimoine, il comptait 89 habitants en 1906. Il est de nos jours habité par intermittence.

Face au hameau, à peu près à la même hauteur sur l'autre rive du fiume di Pastina, s'élève la remarquable église de San Martino du dite « d'Acquafredda ». Elle est accessible par un sentier au départ de la D 35, proche du pont routier sur le fiume di Pastina.

Au sud de San Martino sont situées les mines d'antimoine, les ruines des logements et de la coopérative des mineurs. La mine de San Martinu .

Le hameau de Pastina et la plage de Meria ont servi de décor au roman de Marie NeuserLa grand-mère paternelle de l'écrivaine Marie Neuser est native de Pastina. intitulé Un petit jouet mécanique.

Voies de communication et transports Accès routiers vignette|Vue de la marine au début du .