La (en occitan : carrièra Antonin Mercièr) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue Antonin-Mercié est une voie publique. Elle se trouve dans le quartier Saint-Georges.

Elle naît perpendiculairement à la rue d'Alsace-Lorraine, dans l'axe des rues qui traversent le centre-ville entre la place de la Daurade et la cathédrale Saint-Étienne, et elle prolonge donc les rues de la Daurade, Jacques-Cujas, Temponières, Peyras et Genty-Magre. Longue de , elle se termine au croisement de la rue des Arts. Elle est prolongée à l'est par les rues Cantegril et d'Astorg.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile à sens unique. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue Antonin-Mercié rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :

Rue d'Alsace-Lorraine Rue des Arts

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Le nom de la rue Antonin-Mercié rend, depuis 1920, hommage à Antonin Mercié, sculpteur et peintre né à Toulouse le Extrait d'acte de naissance, sur le site de la base Léonore, Archives nationales, consulté le 26 juillet 2016. et mort à Paris le . Élève d'un autre Toulousain, Alexandre Falguière, et de François Jouffroy à l'École des beaux-arts de Paris, il remporte le prix de Rome en sculpture de 1868. Avec Jean-Marie Mengue, Laurent Marqueste, Victor Ségoffin et Auguste Seysses, il fait partie du « groupe des Toulousains ». Quoiqu'il passe l'essentiel de sa carrière à Paris, la municipalité toulousaine lui confie, avec son maître Falguière, le Monument à Goudouli qui orne le bassin du square de la place Lafayette (actuelle place Wilson) à Toulouse.

Au Moyen Âge, la rue n'était que la continuation de la rue Peyras et portait donc le même nom : on la trouve sous les formes latines de carraria de Payranis (1295) et de carraria Petra Brevaria (1310). À partir du , elle prit également, avec l'actuelle rue Genty-Magre, le nom du couvent voisin des Augustins, car elles le bordaient au nord, et furent connues ensemble comme la rue des Augustins ou des Grands Augustins. À la Révolution française, le , lorsque toutes les rues de Toulouse reçurent des appellations révolutionnaires, on leur donna le nom de rue du Musée, car le Musée du Midi de la République, créé en 1793, avait été installée dans l'église du couvent des Augustins. La rue du Musée fut l'une des rares, avec la rue de la Fonderie et la rue de l'Écharpe, à conserver après 1806 le nom qui lui avait donné à la Révolution. Ce n'est qu'en 1920 que la rue prit le nom d'Antonin Mercié et fut à ce moment séparée du reste de la rue du Musée, qui reçut celui de Genty-MagreChalande 1920, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, l'actuelle rue Antonin-Mercié appartient au capitoulat de Saint-Pierre-Saint-Martin. Elle n'est d'abord qu'une portion de la rue Peyras et en porte donc le nom. Plus largement, elle appartient à la principale voie qui traverse Toulouse d'est en ouest, depuis la Porte Saint-Étienne au pont de la Daurade, qui aboutit à la place du même nom.

Les premiers bâtiments couvent des Augustins - en particulier l'église - sont construits entre 1310 et 1341 sur la rue Peyras (actuelles rues Genty-Magre et Antonin-Mercié) : il se développe au cours du et du , jusqu'à occuper tout le moulon délimité par la rue Peyras au nord, raison pour laquelle la partie est de cette rue (actuelles rues Genty-Magre et Antonin-Mercié) reçoit le nom de rue des Augustins.

Au , la rue abrite aussi des parlementaires, puisque le président Jean-Étienne Duranti réside, entre 1563 et 1582, dans un immeuble de cette rue (emplacement de l'actuel )Chalande 1920, .. En 1604, la maison est passée au conseiller au Parlement Georges de Caulet, qui la réunit à la maison voisine (actuel ) pour y construire son hôtel, dont la cour est ornée d'un puits sculptéChalande 1920, ..

La rue des Augustins a logé plusieurs artistes. Entre 1533 et 1534, avant de s'installer dans une maison de la rue Cantegril, Nicolas Bachelier occupe comme locataire une maison en corondage de cette rue (emplacement de l'actuel ). À la fin du , cette même maison est occupée par un atelier fréquenté par plusieurs sculpteurs toulousains : en 1676, Bernard Blanc, puis son fils, Antoine Blanc ; en 1704, Marc Arcis, sculpteur ordinaire du roi, doyen de l'Académie royale de sculpture de Paris, puis son fils Jean-Marc Arcis ; en 1755, Jean-Baptiste Rascouaille, dit CastelnauChalande 1920, .. Dans la seconde moitié du , un autre sculpteur, Simon Mouniot, a son atelier dans une maison qui jouxte le petit cloître du couvent des Augustins (ancien , disparue)Chalande 1920, ..

Époque contemporaine À la Révolution française, la rue est touchée par les transformations révolutionnaires. En 1790, l'ordre des Augustins est dissous et le couvent des Augustins est fermé, tandis que les bâtiments deviennent bien national. Le , le couvent est affecté à la création du Musée du Midi de la République, aussi donne-t-on en 1794 à la rue des Augustins le nom de rue du Musée. Elle conserve ce nom après 1806, date à laquelle les autres noms révolutionnaires sont supprimées dans le reste de la villeChalande 1920, ..

En 1822, la confrérie des Pénitents gris, créée en 1577 mais supprimée à la Révolution, se reconstitue. Ses membres, après s'être réunis dans l'église Saint-Pierre, achètent en 1826 l'ancienne maison du capitoul Guillaume de Jessé, rue du Musée (actuel ), et la transforment en chapelle. Un bas-relief gothique, représentant la Crucifixion, dernier reste de l'ancienne chapelle des Pénitents gris, est placé au-dessus de la porte. Après 1848 cependant, la confrérie est définitivement dissoute et leur chapelle devient la propriété du diocèseChalande 1921, ..

Si la rue ne change pas de nom, en revanche son visage de la rue se transforme au cours du . Les premiers travaux, dans le deuxième quart du , visent à élargir la rue à , et plusieurs immeubles sont reconstruits afin de mettre les façades à l'alignement. Mais la rue du Musée est surtout bouleversée par le percement de la rue Longitudinale, rebaptisée rue d'Alsace-Lorraine en 1873, qui la coupe en deux. Plusieurs maisons, parmi lesquelles la Maison des collégiers (ancien ) et la maison de Siméon Mounit (ancien , contre le petit cloître du Musée des Augustins), sont abattues, tandis que de nouveaux immeubles, dans le goût haussmannien, sont élevés à la place. Les travaux se terminent au début du , lorsque plusieurs maisons du côté nord de la rue sont reconstruites afin d'élargir la rue à 8 ou . Ces constructions nouvelles, d'un style haussmannien influencé par l'Art nouveau ( bis et 15), finissent de donner à la rue son aspect contemporain, mais provoquent la disparition de bâtiments plus anciens, tels que l'hôtel de Georges de Caulet en 1903 ou la maison de Nicolas Bachelier en 1910.

Patrimoine et lieux d'intérêt Musée des Augustins

Immeubles vignette| : chapelle Saint-Jean-Baptiste. 7 : chapelle Saint-Jean-Baptiste. Une maison, construite au , appartient à Guillaume de Jessé, capitoul en 1592-1593, qui la tenait de son beau-père, le marchand François Milhau. De cette époque date le portail, avec ses deux consoles sur lesquelles repose une corniche moulurée, et son blason martelé à la Révolution française. En 1826, la maison est achetée par la confrérie des Pénitents gris et transformée pour devenir leur chapelle. C'est à cette époque qu'un bas-relief gothique de la Crucifixion, provenant de l'ancienne chapelle des Pénitents gris, est placé au-dessus du portail.. En 1847, une cloche de la maison des fondeurs toulousains Louison est installée au sommet de la façade.

vignette| : détail de la façade. 11 bis : immeuble. L'immeuble est construit en 1903 par l'architecte Joseph Galinier, dans un style éclectique animé par un riche décor en pierre dans un style néo-rocaille. La façade sur la rue, bâtie en brique claire, se développe sur quatre niveaux : un rez-de-chaussée, deux étages carrés et un niveau de comble. Le rez-de-chaussée, traité en bossage continu, est ouvert par de grandes ouvertures de boutique rectangulaires. La porte, qui s'ouvre dans la travée de droite, est mise en valeur par un lourd décor végétal de feuillages et de fleurs. Des consoles en pierre, également sculptées de feuillages, portent le balcon filant du orné d'un garde-corps en fer forgé. Les mêmes motifs se retrouvent sur les garde-corps des balconnets des fenêtres du . L'élévation est couronnée par deux corniches à modillons superposées, réunies à intervalles réguliers par des consoles à volutes. Sur la cour, les corps de bâtiment élevés au pour Michel de Mulatier, conseiller au présidial, ont été remaniés avec l'ajout d'un oriel en structure métallique et orné de verres peints..

15 bis : immeuble Calbairac (1904, Jules Calbairac)..

21 : hôtel Calbairac. Une maison en corondage du est démolie en 1910 et remplacée par un hôtel particulier dessiné par l'architecte Jules Calbairac pour lui-même. Il s'agit du premier immeuble construit en béton armé à Toulouse, raison pour laquelle l'architecte fait appel à François Hennebique, qui vient d'implanter un de ses agences dans la ville. En 1935, Jules Calbairac dessine les plans de l'immeuble de son fils, contigu (actuel rue Antonin-Mercié). La façade est prolongée sur cette rue dans le même style.L'étroitesse de la parcelle – 20 mètres de long sur la rue des Arts, mais seulement 4 mètres sur la rue Antonin-Mercié – est une contrainte majeure pour Jules Calbairac. Le choix du béton armé, utilisé pour les façades et les planchers, lui permet de gagner de la place : les murs n'ont pas plus de 30 centimètres d'épaisseur, les planchers 15 centimètres. Malgré l'innovation du matériau, la mise en œuvre reste traditionnelle, d'un style éclectique simplement influencé par l'Art nouveau, le béton imitant un appareillage de pierre. La symétrie de la façade est soulignée par l'oriels en bow-window qui s'élève aux et de la travée centrale. Il repose sur une large console en béton, dont les formes arrondies ont été galbées directement à la main.Papillault 2016, .Furnémont 2019, ..

Œuvre publique vignette|Fontaine Xavier Darasse. fontaine Xavier Darasse.En 1992, une fontaine, dessinée par l'architecte en chef des monuments historiques Bernard Voinchet, est aménagée contre le mur de l'église du couvent des Augustins, à l'angle de la rue des Arts. Elle est dédiée à Xavier Darasse, organiste et compositeur toulousain.. Elle rappelle par ailleurs la présence ancienne d'un puits, connu comme le puits des Augustins, qui se trouvait au carrefour des ruesChalande 1922, ..

Personnalités Marc Arcis (1704-1739) Nicolas Bachelier (1533-1534) Georges de Caulet (mort en 1634) : conseiller au parlement, il occupe à partir de 1604 une maison de la rue (emplacement de l'actuel ). Jean-Étienne Duranti (vers 1534-1589) : conseiller, puis président au parlement, il habite de 1563 à 1582 dans une maison de la rue (emplacement de l'actuel ). Il déménage ensuite dans un immeuble voisin (emplacement de l'actuel rue des Arts).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrages généraux Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, , tome VIII, Toulouse, 1920, et , tome IX, Toulouse, 1921, . Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 .

Ouvrages détaillés Geneviève Furnémont, Toulouse Art Nouveau. Période 1890-1920, coll. Les maîtres bâtisseurs toulousains, éd. Terrefort, Toulouse, 2019 . Rémi Papillault (dir.), Laura Girard et Jean-Loup Marfaing, Guide d'architecture du en Midi toulousain, coll. « Architectures », Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2016 .

Articles connexes