Le manoir du Vauberger est un manoir construit au situé à Saint-Denis-du-Maine en Mayenne situé route de Saint-Georges-le-Fléchard. L'édifice est accompagné de douves et d'un oratoire.

La terre et seigneurie de Vauberger s'étendait dans les paroisses de Saint-Denis-du-Maine et de la Bazouge-de-Chemeré. Il relevait à foi et hommage de la chatellenie de Saint-Denis, mais pour moitié seulement, l'autre moitié se trouvant sous la suzeraineté de Chemeré.

Histoire

Seigneurs Famille de Grazay On trouve comme seigneur de Vauberger Jehan de Grazay, qui vivait en 1367 et avait fondé une chapelle Archives nationales, P. 1.343, francs-fiets du comté du Maine en 1307-1369.. Il a pour successeur son fils Guillaume de Grazay, qui était, en 1389, seigneur de VaubergerGuillaume Le Doyen, Annales et chroniques du pais de Laval, éd. La Beauluère, , note.. Il avait pour femme Guillemette d'Arquenay. Veuve dès 1391, celle-ci fit en 1395, comme bail et garde noble de ses enfants mineurs, foi et hommage à Guillaume II de Brée, seigneur de Saint-Denis-du-Maine, pour sa terre et seigneurie de VaubergerAbbé Angot, Généalogie de la famille de Brée..

En 1412, Jehan de Grazay, fils de Guillaume et de Guillemette d'Arquenay, devient seigneur de Vauberger et rend en cette qualité aveu à la seigneurie de Saint-Denis-du-Maine. Il avait épousé Valence de MaimbierAbbé Angot, Dictionnaire de la Mayenne, article Grazay.. Il combat les Anglais lors de la guerre de Cent Ans et est pendant quelque temps leur prisonnier. Il revenait d'être remis en liberté quand, en 1434, il se fait donner un sauf-conduit par l'autorité anglaiseArchives nationales, KK 324, f° 88 comptes des revenus du sceau du Régent (duc de Bedfort), en 1433-1434. .

Famille Ferrand

La terre de Vauberger passe, vers le milieu du , par alliance très probablement, aux Ferrand.

En 1452, la femme et hoirs feu Guillaume Ferrand étaient vassaux de la dame de Laval, au regard de la châtellenie de Meslay, pour les terres de la Chesnaye, en Saint-Denis-du-MaineArchives nationales, P 345, aveu supplémentaire rendu en 1452 par la dame de Laval au comté du Maine; devoirs dus à ladite dame au « jour saint Jehan-Baptiste, au lieu et paroisse de Saint Denys du-Maine ». , voisines et dépendantes du Vauberger. Il est possible que Guillaume Ferrand avait épousé une fille de Jehan de Grazay et qu'il est devenu ainsi seigneur de Vauberger.

Jehan Ferrand possédait, à partir de 1470, la terre dont il est qualifié seigneur dans plusieurs actes. Veuf en premières noces de Catherine Baraton, fille de Jehan Baraton, chevalier, seigneur de Varennes-Bourreau, et de Guillemine Coisnon, il s'était remarié avant 1477 avec Jehanne de Vassé, qui lui avait apporté en mariage la terre de Sourches 1. en septembre 1470, vente par Hugues d'Arquenay à Jehan Ferrand, seigneur de Vauberger, de 65# sur les lieux de la Jaistière et de la Renardière (Histoire générale de la maison de Quatrebarbes, notice sur la famille d'Arquenay. 2. en 1474-1470, Jehan Ferrand, seigneur de Vauberger, cité parmi ceux qui devaient cens, tailles et rentes à la seigneurie de Sougé-le-Courtin (Archives de Sougé-le-Courtin) 3. en 1477, « noble homme Jehan Ferrand, écuyer, seigneur de Vauberger et de Chources, et demoiselle Jehanne de Vassé, son épouse, baillent à Jehan Chevalier, maréchal, différents héritages sis en la paroisse de Bernay » (Histoire du château de Sourches, par Ambroise Ledru)..

Robert Ferrand

De son premier mariage il avait eu un fils, Robert Ferrand, qui lui succède comme seigneur de Vauberger. En 1493, « Robert Ferrand, écuyer », est cité comme vassal dans l'aveu du seigneur des Touches à Bazougers, « pour son lieu du Pressoir, sis près le bourg de Saint- Denis-du-Maine»P. Moulard, Monographie de la Chapelle-Rainsouin, .. En 1513, on le trouve encore achetant de « François de Launay, marchand, demeurant aux fauxbourgs du Pont-de-Mayenne, près Laval », et de « Guyonne Boudé, son épouse, » la dix-huitième partie par indivis du lieu des Nos, situé en la paroisse de Saint-Denis-du-Maine. Dans ce dernier acte, il est qualifié « chevalier, seigneur de Vauberger »Bibliothèque Nationale de France, cabinet des titres, P. 0., dossier Ferrand. .

Robert Ferrand faisait en ces années-là partie de la compagnie d'ordonnance de « Monsieur de la Trémoille », en garnison à Auxonne, et où il servait comme homme d'armesBibliothèque nationales, fonds français, montres 25.784 pour 1509 et 21.509 pour 1515. . En 1518, nous le retrouvons au château de Comper, assistant comme témoin au contrat de mariage de Claude de Rieux avec Catherine de Laval, fille aînée de Guy XVI de LavalBibliothèque nationale, fonds français, 22.331, f° 640.. Plus tard, il est chevalier de l'ordre de Saint-MichelIl est du moins ainsi qualifié à l'occasion des lots et partages de sa succession faits en 1579 entre ses héritiers (Archives départementales de Maine-et-Loire, E 2.441). . Il avait épousé dans les premières années du , Renée de la Saugère, fille aînée de Pierre de la Saugère, seigneur dudit lieu en Châtres, près d'Évron, des Pins, de Gaultret, et autres lieux au Maine et en Anjou, et de Jehanne du Chesne, dame de Parneau. Celle-ci, veuve dès l'année 1548. Elle fonde en 1554 une chapelle dans son manoir de la Saugère, où elle s'était retirée après la mort de son mariArchives départementales de la Sarthe, G 336, f° 220. Fort âgée, elle meurt dans les années suivantes.

Famille de la Hune Cependant, Robert Ferrand n'ayant pas eu d'enfants de son union avec Renée de la Saugère, avait eu comme héritiers les enfants issus du mariage de sa sœur Jehaune avec Jehan de la HuneJehan de la Hune, seigneur de la Hune en Bazougers et des Brosses-Marquet en Anjou, avait épousé, avant 1497, Jehanne Ferrand, dont il avait eu Girard, François et Anne, femme d'Emar d'Aubigné, mentionnés tous trois dans un arrêt du Parlement de Paris de juillet 1527 (Archives nationales, X1n 4.881, P 239). Il avait vendu, en 1519, la Hune a Ambroise de Gravy, seigneur du Boisgamats. : Girard, François et Anne, femme d'Emar d'Aubigné.

Girard du la Hune eut, en qualité d'aîné, la terre de Vauberger, et, à ce titre, présenta en à la chapelle de Vauberger, desservie au manoir du même nom, paroisse de Saint-Denis-du-Maine, son propre frère, messire François de la Hune, doyen de Saint-LôFrançois de la Hune se disait, en 1327, « escollier à l'Université d'Angers en mai 1531, toujours « escollier estudiant à l'Université d'Angers », il plaidait devant le Parlement de Paris contre messire Jehan Houdayer, prêtre, au sujet de la cure et église de Saint-Georges-le-Fléchard (Archives nationales, Xin 4.890). qui ne tarda pas à prendre possession de son bénéfice, mais pour le résigner deux ans après. Le successeur de Guillaume Ferrand se qualifiait « seigneur dudit lieu de Vauberger et de Landeronde, chevalier, et l'un des cent gentilshommes de la maison du roi»Archives de la Sarthe, insinuations ecclésiastiques du diocèse du Mans..

Girard de la Hune habitait en Anjou le manoir de Landeronde en la paroisse de Bécon. Mort avant 1563En février 1563, « noble François de la Hune » et « sa très chère mère, demeurants en la maison de la Perrière, en Saint-Germain-d'Arcé », avaient présenté messire Guy Blinaye à « la chapelle de Vauveron, desservie en la chapelle de Vauberger » (Archives de la Sarthe, insinuations ecclésiastiques du diocèse du Mans.) , il avait laissé cette terre ainsi que celle de Vauberger a son fils aîné, François de la Hune, époux de Marie de la Trémoïlle et mort lui-même avant 1575, laissant un fils mineur, François, qui avait été baptisé en 1587Registres paroissiaux de la commune de Bécon., dans l'église de Bécon. Celui-ci avait pour curateur son oncle Jehan de la Hune, écuyer qui, vers la fin de l'année 1575, présenta au nom dudit François de la Hune, seigneur de Vauberger, à la chapelle de Vauberger, maître Pierre Bonechère, clerc.

En 1584, François de la Hune était toujours mineur mais son curateur était alors noble Jacques de la Hune, seigneur du Bignon, qui, en cette qualité, présenta le de cette année-là, à la chapelle de Vauberger, maître Pierre Leterme, prêtre, du diocèse du Mans.

À l'époque dont il s'agit, les affaires des de la Hune étaient très embrouillées déjà en 1579, la terre de Landeronde, en Anjou, avait été saisie et vendue à la requête de François II Fouquet, marchand, sieur de la HaranchèreArchives départementales de Maine-et-Loire, E 2441, sentence du juge d'Anjou, qui adjuge à maitre François Fouquet, marchand, la maison seigneuriale, terre, fiefs et seigneurie de Landeronde, saisis sur noble homme François de la Hune, fils de défunt François de la Hune, et sieur dudit lieu de Landeronde et de Vauberger. et l'on voit par un arrêt du Parlement, rendu en , que d'autres créanciers poursuivaient de leur côté les criées de la terre de Vauberger a laquelle des commissaires avaient été établis. À ces derniers créanciers vint se joindre, en 1588, Jehanne de la Houssardière, veuve de Guillaume de Quatrebarbes, laquelle, comme dame de la châtellenie de Saint-Denis-du-Maine, prétendait que, par le décès de Jehan de la Hune, tué l'année précédente à la bataille de Coutras, il y avait ouverture du fief de Vauberger en sa faveur, et en conséquence en réclamait les fruits.

Tout cela n'empêchait pas les de la Hune de continuer à en qualité de seigneurs de la terre de Vauberger. En effet, à la date du , l'évêque du Mans, Claude d'Angennes, confère la chapelle de Vauberger à maître Christophe Gouault, que lui présente noble Jacques de la Hune, devenu par suite de la mort de son neveu François et de son frère Jehan, seigneur propriétaire de la terre dont il s'agit. Ce dernier vint lui-même à décéder en .

Famille Fouquet thumb|right|180px|D'argent à l'écureuil rampant de gueules, armes des Fouquet Aussitôt, François II Fouquet, seigneur des Haranchères, aïeul et tuteur de François IV Fouquet, fils mineur de feu François III Fouquet, conseiller du roi, s'empresse, pour affirmer sans doute les droits de créancier de son petit-fils sur la terre de Vauberger, d'y présenter comme chapelain un de ses parents, maître Christophe Fouquet, clerc d'Angers () mais presque en même temps, Mgr Simon de Maillé, archevêque de Tours, confère le bénéfice en question à maître Guillaume Trouillard.

Le Archives départementales de Maine-et-Loire, série 5E1. , Jean Gault, créancier de feu Jean de la Hune, dénonce au Parlement de Tours le décret qui a octroyé à François Fouquet Vauberger

Famille des Rotours En 1592, la dame du Coudray, Radegonde des Rotours, se fait adjuger la terre, fief et seigneurie de VaubergerDès 1568, Robert des Rotours s'était fait subroger aux droits de François d'Aubigné, fils d'Emar et d'Anne de la Hune. Or, par suite de cette subrogation et de l'extinction complète de la descendance mâle de Jehan de la Hune et de Jehanne Ferrand, la fille de Robert des Rotours se trouvait, en 1592, appelée à recueillir, en désintéressant les créanciers, l'héritage de Jacques de la Hune.. C'est ainsi qu'elle devint dame de Vauberger, et qu'en 1598 elle présenta en cette qualité à l'évêque du Mans, comme chapelain, maître Jehan Lemarié, prêtre.

En , « Monsieur de la Fouillée » et « Madame son épouse » accordèrent à « noble Jacques de la Lande et à demoiselle Françoise Le Roy, son épouse », la permission de faire inhumer leur fille, Christophlette, en la chapelle de Vauberger, desservie en l'église de Saint-Denis-du-MaineRegistres paroissiaux de la commune de Saint-Denis-du-Maine..

Famille de Sévigné En 1627, à l'occasion du mariage de sa fille Gabrielle du Bellay avec Renaud de Sévigné, seigneur de Monmoron, Radegonde des Rotours avait donné à celle-ci en avancement d'hoirie la maison et terre seigneuriale de Vauberger, situées en la paroisse de Saint-Denis-du-Maine, avecq la mestairie du Boullay et partie de celle de la Dorbellière.