Le Pertuis est une commune française située en Velay, dans le département de la Haute-Loire (43), en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie Localisation
La commune du Pertuis se trouve dans le département de la Haute-Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Elle se situe à par la routeLes distances sont mesurées entre chefs-lieux de communes par la voie routière et évaluées à l'aide d'un calculateur d'itinéraires. du Puy-en-Velay., préfecture du département, et à de Saint-Julien-Chapteuil., bureau centralisateur du canton d'Emblavez-et-Meygal dont dépend la commune depuis 2015 pour les élections départementales.
Les communes les plus prochesLes distances sont mesurées entre chefs-lieux de communes à vol d'oiseau. sont. : Saint-Hostien (), Bessamorel (), Queyrières (), Saint-Étienne-Lardeyrol (), Saint-Pierre-Eynac (), Saint-Julien-du-Pinet (), Saint-Julien-Chapteuil (), Rosières ().
vignette|center|alt=Le col du Pertuis en Haute-Loire|303x303px|Le col du Pertuis
Volcanisme Four restauré à Dinamands (Le Pertuis), couvert de lauzes|gauche|vignette
Le territoire de la commune du Pertuis, restreint (), est situé dans la partie septentrionale du massif volcanique du Meygal : il est encadré et dominé par plusieurs sucs, pointements récents, peu érodés, essentiellement phonolithiques, d'où descendent des chiers, longues coulées de pierrailles formées lors des dernières périodes de glaciation.
Dès le Moyen Âge, des carrières de phonolithe ont fourni des lauzes utilisées pour la couverture des toits ; nombreuses dans les années 1900, sur le Rand et autour du plateau du Loségal, ces carrières ont décliné rapidement devant la concurrence des tuiles ; une seule est encore exploitée au début du , surtout pour la restauration des toitures.
Relief Loségal, Mont Gros, suc de Jorance|vignette|gauche Le bourg est implanté au col du Pertuis, à d'altitude, entre le Loségal () et le suc du Pertuis (). À la limite avec la commune de Queyrières, au sud-est, se dresse le Rand (), au milieu de la vaste forêt de la Grande Vezolle. Le suc d'Ardemez (), à l'est, est partagé avec la commune de Bessamorel. Le suc de Jorance (), qui domine au nord-ouest, est situé sur la commune de Saint-Julien-du-Pinet. Mont Gros (), à l'ouest, est flanqué du curieux puy des Juscles, resté dénudé, truffé de failles et de gouffres, site d'une via ferrata très fréquentée. La Via Ferrata du puy des juscles propose divers obstacles, tels que des filets himalayens, des passerelles, des tyroliennes, des poutres, des passages souterrains et même une paroi d’escalade. La location de matériel est possible dans un café à proximité..
La commune est traversée par le ruisseau de Truisson, affluent du Ramel.
Végétation
La végétation était autrefois très pauvre : herms (espaces vides), chauds (pâturages parsemés de pierres) se retrouvent dans plusieurs toponymes (L'Herm, La Chaud, La Chomette). Les espaces boisés étaient rares : la carte de Cassini, au , ne mentionne que le bois de la Vesolle, sur les sucs du Rand et de Corbière. Bois de pins et taillis composés de feuillus et de buissons ont recouvert les flancs des montagnes et les versants des gorges du ruisseau de Truisson. gauche|Forêts sur les hauteurs du Pertuis|vignette Dès le , des instructions gouvernementales, pour protéger et améliorer les forêts, s'opposent aux dégradations des troupeaux qui y paissaient ou des habitants cherchant du bois de chauffage. Elles sont renforcées, au , par l'instauration du Code forestier sur des bois appartenant à des communes ou à des sections de communes (1827) : plantations de résineux, interdiction du pacage.
Au Pertuis, le régime forestier a été imposé par l'arrêté préfectoral du : en 1868, de bois y sont soumis ; le repeuplement est fait d'épicéas, de mélèzes, de pins sylvestres. Son application a connu une vive opposition de la part des autorités municipales comme de la population paysanne, privée de terrains de pacage : dans la nuit du 4 au , un incendie ravage de bois de pins sur le Loségal.
Aujourd'hui, la forêt reste importante : en 1988, de bois et taillis (40,8 % de la superficie communale), dont de résineux. Une part notable est encore propriété collective de multiples sections groupant les foyers d'un ou plusieurs villages de la commune ou de communes environnantes : ce sont les communaux qui représentaient, en 2015, , surtout boisés, avec quelques couderts (pâturages collectifs d'un village) ou même des chiers.
Population gauche|vignette|De 2x2 voies, la RN 88 passe à 2 voies seulement, en vue du Pertuis.
La rudesse du relief et du climat a entraîné un rapide déclin de l'agriculture depuis un siècle, les labours cédant la place à des prairies et pâturages ; avec la mécanisation, le nombre d'exploitations est devenu très faible, ainsi que celui des emplois agricoles (267 actifs comptabilisés en 1886, 25 en 2010).
La population communale, qui a atteint son maximum en 1891 ( hab), n'en comptait plus que 327 en 1990, avant une nette progression (440 hab en 2015).
L'essor démographique récent est lié en partie à la route entre Le Puy et Saint-Étienne via Yssingeaux, qui passe par le col du Pertuis : autrefois « route royale », aujourd'hui route Nationale 88 (axe Lyon - Toulouse), elle traverse le bourg. Un autre col, le col de Pozedonne, permet de rejoindre Yssingeaux en empruntant l'ancienne route 88..
Initié vers 1980, le projet de déviation du Pertuis par une route à 2x2 voies est encore d'actualité, le secteur Le Pertuis - Lachamp restant le seul grand tronçon à deux voies de cet axe très fréquenté, entre Lyon et Le Puy. La création d'un village service a été envisagée pour maintenir le commerce dans le bourg.
En effet, l'artisanat et le commerce local (station-service, boulangerie, charcuterie, café-restaurant...) profitent de la clientèle de passage et des occupants des nombreuses résidences secondaires.
Le bourg est aussi devenu une halte pour les amateurs de sports de nature ; le GR 40 (sentier de grande randonnée) traverse la commune.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Sud-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , minimale en été, maximale en automne.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Le Pertuis est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Yssingeaux, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (44,5 %), prairies (36,1 %), zones agricoles hétérogènes (16 %), zones urbanisées (3,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Habitat et logement En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de 331, alors qu'il était de 322 en 2013 et de 331 en 2008.
Parmi ces logements, 59,4 % étaient des résidences principales, 22,1 % des résidences secondaires et 18,5 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 95,5 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 4,5 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements au Le Pertuis en 2018 en comparaison avec celle de la Haute-Loire et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (22,1 %) supérieure à celle du département (16,1 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 84,3 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (80,8 % en 2013), contre 70 % pour la Haute-Loire et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement au Le Pertuis en 2018. Typologie Le Pertuis. Haute-Loire. France entière. Résidences principales (en %)59,471,582,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)22,116,19,7 Logements vacants (en %)18,512,48,2
Toponymie Anciennes mentions : Hospitale del Pertus (1284), Villa de Pertuzio (1329), Prior de Pertusio (1353), Lo Partus (1518), Le Pertuys (1561).
Selon le toponymiste Ernest Nègre, le toponyme Le Pertuis proviendrait de l'occitan pertuis, pertus signifiant « trou, ouverture ».
Histoire Moyen Âge et Temps modernes Au milieu du Moyen Âge, le terroir du Pertuis forme un espace répulsif et dépeuplé, zone frontière entre les pays "d'en-deçà les bois" (bassin du Puy) et ceux "d'au-delà des bois" (vers Yssingeaux). À la limite des seigneuries de Chapteuil, Queyrières et Saussac, il est dominé par les seigneurs de Glavenas. Il est englobé dans la paroisse de Rosières, avant de dépendre de celle de Saint-Hostien où un prieuré est fondé vers 1222 par les Bénédictins de La Chaise-Dieu.
Les Cisterciens vignette|droite|Ruines de la grande abbaye de Mazan. Au début du , commence le peuplement du territoire du Pertuis : un manuscrit de 1213 mentionne les lieux-dits de Monte Ritbrant (Monibrand) et La Chalmeta (La Chomette).
À La Chomette, une "grange", ou domus ("maison"), est fondée par des Cisterciens de l'abbaye de Mazan, en haute Ardèche : une bulle du pape Honorius III (1217) en témoigne. Le seigneur de Glavenas a cédé à l'abbé de Mazan l'autorité sur une zone correspondant à peu près à la commune actuelle du Pertuis, n'y conservant, jusqu'en 1451, que la haute justice. Mais, en 1298, Mazan a échangé, contre un territoire situé près des sources de la Loire, le secteur à l'ouest du Loségal, donné à l'Hôtel-Dieu du Puy, qui a constitué le mandement de Chomeil-L'Herm.