Saint-Mihiel (en meusien Sint-Miel) est une ville du Nord-Est de la France, située sur la Meuse, en Lorraine. Bureau centralisateur de canton du département de la Meuse, la commune fait partie de la région administrative Grand Est. Géographie Localisation et communes limitrophes centre|400px|VCarte de la commune de Saint-Mihiel et des communes limitrophes.
Saint-Mihiel se situe au centre du département de la Meuse, à mi-chemin entre Bar-le-Duc et Verdun ; à une distance de à l'est de Paris-Notre-Dame., point zéro des routes de France, à au nord-est de la préfecture du département, Bar-le-Duc., à au sud-est de Verdun. et à au nord-ouest de Nancy..
Relief et géologie
Hydrographie La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Rhin et de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Meuse, le canal de l'Est Branche-Nord, le ruisseau de Marsoupe et le ruisseau le Royat.. vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-MihielLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
La Meuse traverse, du sud au nord, la partie occidentale de la commune et délimite partiellement son territoire avec celui des communes de Chauvoncourt et Bislée. D'une longueur de dans sa partie française, elle est un fleuve européen qui prend sa source en France, dans la commune du Châtelet-sur-Meuse, à d'altitude, et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas. Les caractéristiques hydrologiques de la Meuse sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:04 TU à partir des 670 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1968 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
Au centre de Saint-Mihiel, le pont Patton enjambe la Meuse. Unique pont qui fait la jonction entre la rive gauche et la rive droite, il possède trois arches et a été construit en 1966-1967 en béton pré-contraint. Il succède à différents édifices, le premier connu étant un pont en bois du propriété de l'abbaye. De 1507 à 1732, un nouveau pont en pierre de est construit. Il comprend treize arches. Il est détruit par les Bourguignons en 1551 puis restauré entre 1729 et 1732. Aplani et élargi en 1908, il est détruit en 1914. Reconstruit de 1922 à 1925 à trois arches, il est encore détruit en 1940. Jusqu'en 1966, la ville doit se contenter d'un pont métallique provisoire, avec une chaussée faite de planches de bois..
Le canal de l'Est Branche-Nord, d'une longueur de , est un chenal et un cours d'eau naturel navigable qui relie Givet à Troussey, où il rejoint le canal de la Marne au Rhin.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Nonsard-Lamarche à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Sismicité Commune située dans une zone 1 de sismicité très faible..
Situation géologique Le territoire de la commune de Saint-Mihiel se situe au centre de la région naturelle du Val-de-Meuse., qui correspond à la haute vallée de la Meuse, entaillant le plateau des Côtes de Meuse, entre Barrois et Argonne, à l'ouest, et Woëvre, à l'est.
La ville en elle-même se répartit de part et d'autre du fleuve, au sud-ouest de la commune. Elle est dominée par des collines : la colline du faubourg de Bar (), sur la rive gauche ; et, sur la rive droite : les collines des Capucins () et de la Garenne () sur laquelle se situait un ancien camp romain. Le reste du territoire, la partie centrale et orientale, est constituée de petites collines recouvertes de forêts : la forêt domaniale de Gaumont au nord-est, et au sud-est la forêt domaniale de Gobessart.
L'altitude minimale est de , au niveau des rives de la Meuse lorsqu'elle quitte le territoire communal, et l'altitude maximale est de , à l'est, au lieu-dit le Parc Chanois Vieux Moutier.
Les roches de Saint-Mihiel Sur la rive droite de la Meuse, à la sortie nord de Saint-Mihiel, se trouvent sept roches appelées les Dames de Meuse. Elles se présentent sous la forme de restes de récifs coralliens formés durant la période jurassique supérieur, étage oxfordien, alors que sous un climat très chaud la mer recouvrait toute la région. Leur base est faite d'une énorme couche calcaire qui leur donne une assise extrêmement solide. La genèse des couches a exigé plusieurs millions d'années (deux à trois). Le dégagement des roches par la Meuse s'est produit après la seconde glaciation quaternaire, marquée par des dépôts de graviers siliceux au-dessus des roches. Pendant une phase de grandes crues, en rive concave, les eaux ont affouillé la berge, arrachant les roches les moins résistantes. Le processus a exigé plusieurs milliers d'années et s'est produit il y a environ ansO. Leroux, Histoire géologique des Roches de Saint-Mihiel, dans Dossiers documentaires meusiens n°32, 1983; ..
Ces roches ont inspiré les armoiries de la ville où sur un blason d'azur sont posées trois roches d'argent. Le blason est encadré de deux aigles tenant dans leurs griffes une banderole sur laquelle on peut lire DONEC MOVEANTUR : jusqu'à ce qu'elles bougent. La sixième roche était autrefois surmontée d'un étrange champignon de deux mètres de largeur et connu sous le nom de table du diable. Elle était due à un phénomène d'érosion éolienne différentielle. Elle a été détruite durant la Première Guerre mondiale au cours d'un bombardement..
Voies de communication et transport Voies routières vignette|La gare de Saint-Mihiel au début du . Saint-Mihiel est accessible par plusieurs routes départementales, dont : la (portion de l'ancienne route nationale 64 avant son déclassement), qui traverse l'ouest de la commune du nord au sud et relie Saint-Mihiel à Verdun, au nord, Commercy puis Vaucouleurs, au sud ; la (portion de l'ancienne route nationale 401 avant son déclassement), qui traverse la commune du nord-est au sud-ouest et relie Saint-Mihiel à Chambley-Bussières, en passant par Vigneulles-lès-Hattonchâtel au nord-est ; et Rumont, au sud-ouest où elle rejoint la Voie Sacrée ; et la , qui relie Saint-Mihiel à Bouconville-sur-Madt, au sud-est.
Transport en commun Jusqu'en 1959, Saint-Mihiel disposait d'une gare ferroviaire établie sur la ligne de Lérouville à Pont-Maugis. La gare est fermée depuis l'arrêt des circulations des trains entre Lérouville et Ancemont.. La gare la plus proche est celle de Lérouville, située à au sud (par la ), et desservie par les trains TER Lorraine de la relation de Bar-le-Duc à Metz. Une navette par autocars relie Saint-Mihiel à la gare de Meuse TGV sur la ligne LGV Est européenne, avec une durée de trajet d'environ ..
Urbanisme Typologie Au , Saint-Mihiel est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-MihielUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Saint-Mihiel comprend une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Mihiel, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (67,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (67,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (64,8 %), terres arables (19,8 %), prairies (6,4 %), zones urbanisées (4,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,8 %), zones agricoles hétérogènes (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.0|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Vers le , la ville a pour origine le hameau du nom de Godonécourt : de Godon, grand propriétaire du territoire et le suffixe -court, du latin cohors-cohortis, qui désigne une ferme d'élevage puis l'ensemble des habitations qui l'entourent.
La plus ancienne mention de Saint-Mihiel apparaît sous le nom Sanctus-Michaelis en 674 dans le testament de Vulfoad.. Il apparaît plus tard la mention Villam sancti Michaëlis, cité dans une bulle du pape Pascal II. On retrouve également diverses autres mentions : Sancto-Micaëlo-Archangelo (756), Sanctus-Michelis (1106), Sanctus-Michaëlis (), Saint-Michiel (), Saint-Mihier (1243), Sainct-Mihiel (1324), Saint-Michael ou Michal (), Saint-Mihel (1549, 1608, 1707), Fanum Michaëlis (1580), Sainct-Miel (1601), Saint-Michel (), San Mihiellanius (1749). En meusien Sint-Mié. Au cours de la Révolution française, la commune porte le nom de Roche-sur-Meuse, jusqu'en 1793.