Le Royaume bamoun, situé dans les montagnes de l'ouest du Cameroun, a forgé son unité au cours des sept siècles d’existence du royaume depuis la fin du . Le roi des Bamouns est de la dynastie de Nchare Yen, venue de Rifum (Mbankim). Les croyances religieuses en vigueur dans cette région sont aujourd’hui l’islam, venu du nord, et le christianisme, venu du sud.

Géographie Avec une superficie de environ et Les Bamouns auront-ils leur province ?, la région du Noun couvre plus de la moitié de l’actuelle région de l’Ouest.

Le royaume est constitué d’un haut plateau () à l’ouest, surmonté de trois massifs alignés – Mbapit (), Nkogham et Mbam () – et d’une plaine encaissée au pied de la falaise à l'est de Foumban ; cette plaine longe la rive du Mbam jusqu'au point de confluence avec le Noun près de Bafia.

Le pays est limitrophe du royaume de La'djo et en est séparé par le Noun.

Histoire thumb|Le palais du sultan roi des Bamouns à Foumban. L’actuel territoire des Bamouns a été unifié en plusieurs étapes par une dynastie d'origine Tikar.

On suppose que vers la fin du , ont franchi le fleuve Mapé à la suite du prince Nchare Yen, qui soumit sept principautés (dont le peuple Pangié qui habitait le site de Magba actuel), avant de s’établir à Njimom. L’État bamoun y est proclamé et Njimom devient la première capitale du royaume. Le pacte fondamental stipule que :

Les sept compagnons Kom, cosignataires, sont les conseillers intronisateurs du roi, chargés de garder la loi fondamentale en l’état et de veiller à son application. Leur fonction est héréditaire et ils sont autonomes.

Depuis Njimom, Nchare soumet une dizaine d’autres ethnies. Il établit sa nouvelle capitale à Foumban après y avoir vaincu les Pa M'ben, qu’il réinstalle dans un quartier de la ville.

Le royaume s'étend alors presque de Magba jusqu'à Kundùm, en passant par Njimom. Sa population est d'environ .

Vers la fin du , Mbuombuo Mandù, onzième monarque bamoun, entreprend de grandes conquêtes aux frontières naturelles du Mbam, de la Mapè du côté de Malentouen et du Noun. La superficie du territoire est multipliée par quatre.

Le roi Njoya (1876-1933) et l’écriture royale vignette|redresse|Monument au Sultan bamoun Njoya. Njoya commence à gouverner vers 1892/1896, vers l’âge de 19 ans (il est né en 1876). À cette époque, progressivement, les religions monothéistes se substituent aux cultes traditionnels africains, ce qui préserve plus ou moins les convertis de la traite négrière. Arrivé sur le trône, Njoya a écarté du palais comme le veut la tradition le officier du palais, Gbetnkom, hérité de son père. Ce dernier, ne l’entendant pas de cette oreille, se soulève contre Njoya. Le jeune souverain décide de faire appel aux Peuls du lamidat de Banyo à quelque du pays bamoun. Leur soutien et celui de leur cavalerie sera décisif puisqu’ils permettent à Njoya de gagner la bataille. Impressionné, Njoya décide de se doter des éléments qui forgent selon lui la puissance de ceux qui l’ont aidé à gagner : une force armée dotée d'une cavalerie, des armes à feu, l’écriture et une religion monothéiste. Njoya forgea une religion inspirée à la fois de l’islam et du christianisme (prenant Ibrahim comme prénom, d’après le patriarche Abraham) et une écriture de 500 signes syllabiques. À son titre de Mfon (roi) il ajoute celui de Sultan.

Une écriture créée pour le peuple vignette|gauche|Écriture bamoun. vignette|Njoya, roi des Bamouns, en 1915. En 1907, des missionnaires européens découvrent que le jeune roi Njoya, roi des Bamouns, a créé une écriture. Ils racontent que, ayant vu un coran, Njoya voulait non seulement inventer une manière de consigner les paroles, mais aussi répandre l’écriture pour qu’elle soit accessible à tous.

L’écriture royale (ou écriture bamoun), qui comptait au départ plus de 500 signes, connaîtra plusieurs évolutions jusqu'en 1918.

La simplification - et notamment la réduction du nombre de signes à 80 caractères - assura une meilleure diffusion de l’écriture et amena l'augmentation des textes rédigés en écriture royale, qui était enseignée dans les écoles. Njoya institua un bureau d’état civil pour enregistrer les naissances et les mariages. Les jugements du tribunal royal étaient également consignés par écrit.

Le livre d’histoire, de lois et de traditions des Bamouns, qui compte plus de , est alors rédigé au moyen de l’écriture royale. Sa réplique se trouve actuellement au Pitt-Rivers museum d’Oxford.

Lors de sa tournée du pays, le roi imposa de nouvelles lois et modifia une grande partie des lois coutumières, abolissant certains privilèges.

Njoya négocia habilement avec les colonisateurs allemands et parvînt à préserver son autonomie. Mais après la défaite des colons allemands, les administrateurs français, le considérant comme un « allié des Boches », le privent de ses pouvoirs traditionnels vers 1924-1925. Il sera exilé à Yaoundé en 1931 où il mourra deux ans plus tard.

L'administration française interdit alors l’usage de l’écriture bamoun, qui cessera progressivement d’être utilisée. Toutefois, l'héritier Njimoluh Njoya et ses successeurs maintiennent la dynastie sur le plan coutumier.

Symboles

Le serpent à deux têtes, emblème bamoun est créé pour célébrer le triomphe du roi Mbuembue pour sa victoire sur les guerriers Pou et MgbètnkaCharly Ngon, Auletch, Pourquoi on appelle les Bamoun serpent à deux têtes ?, 16 mai 2018.

Ainsi, le serpent à deux têtes symbolise la puissance. L'araignée symbolise le travail et la sagesse. La double cloche symbolise l'unité et le patriotisme du peuple bamoun.

Dynasties MonarqueDébut de règneFin de règneNchare Yen13941418Ngouopou14181461Monjou14611498Mengap14981519Ngouh I15191544Fifen15441568Ngouh Ii15681590Ngapna15901629Ngouloure16291672Kouotou16721757Mbuembue17571814Gbetkom18141817Mbiekouo18171818Ngouhouo18181863Ngoungoure18631863Nsangou18631889Ibrahim Njoya18891933Seidou Njimoluh Njoya19331992Ibrahim Mbombo Njoya19922021Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoyahttps://www.jstor.org/stable/pdf/41857165.pdf?ab_segments=0%2Fbasic_search_gsv2%2Fcontrol&refreqid=fastly-default%3A0651061dcd0b73f805ce3f56c23bdf2c.2021 -

Titres nobiliaires Titre de noblesseTraductionRôle/FonctionNominations/SuccessionsMfonRoiSouverainCharge héréditaireKomMinistre (cofondateur)Conseillers intronisateursNommé, puis héréditaireNa FomMMère du roi ou reine mèreEquilibre du pouvoirNomméNji NgbetgniNji adjointVice-roiHéréditairePom MafonFrère ou sœurUtérin du roihéréditaireNji Fon FonNji des roisPremier ministreNomméTita NfonPère du roi?NomméTita NguPère du paysChef de la justiceNomméTupankaTête de PankaChef de l’armée royaleNomméKom Shu MshutCompagnon gardien du palaisConseiller du roiHéréditaireMan ShutGrand du palaisPersonnalité du royaumeNomméMfon TueRoi soumisChefs vassauxHéréditaireShu MshutGardien du palaisDivers servicesHéréditaireKpenEsclaveServiteur?

Notes et références

Voir aussi Histoire du Cameroun Foumban Bamouns Palais des sultans bamouns Ibrahim Njoya Écriture bamoun Lydia Mangweloune

Bibliographie Alexandra Loumpet-Galitzine, Njoya et le royaume bamoun : Les archives de la société des missions évangéliques de Paris, 1917-1937, Karthala, 2006, 580 p. Emmanuel Matateyou, Paroles sapientiales du royaume bamoun (nkù nsa nsa), Oralistique, 1990, 94 p. Claude Tardits, Le Royaume bamoum, A. Colin, Paris, 1980, 1078 p. (d’après une thèse de l’Université de Paris 1, 1978)

Discographie Cameroun : Royaume Bamum : musiques du palais et des sociétés secrètes, Maison des Cultures du Monde, Paris ; Auvidis, Antony, 1997-2001

Liens externes

, journal numérique d'informations et d'actualités sur le département du Noun et sur les Bamouns. regne du roi njoya part 1, de Memoro - La banque de la mémoire.

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