Albertville est une commune française située dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.
La ville tient son nom de Charles-Albert de Savoie-Carignan, roi de Piémont-Sardaigne et fondateur de la ville dans la première moitié du .
Située au cœur des Alpes, la commune se trouve à la confluence de l'Isère et de son affluent l'Arly, marquant également la jonction des vallées de la Tarentaise, du Beaufortain et du val d'Arly, en amont de la combe de Savoie. Cette situation géographique lui vaut actuellement le surnom de Carrefour des Quatre Vallées. Sa situation géographique et ses atouts montagnards permirent à la ville d’accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 1992 même si la plupart des épreuves se déroulaient dans les nombreuses stations alentour.
Géographie
Localisation La commune d'Albertville se trouve aux portes de plusieurs vallées alpines du département de la Savoie. Elle est en effet située à la limite de la Tarentaise, du Beaufortain et du val d'Arly, en amont de la combe de Savoie.
Albertville s'est développé sur le cours de la rivière Arly, avant sa jonction avec l’Isère, situé en partie au sud-ouest de la commune. Les massifs alentour sont pour leur part les Bauges (à l'ouest), le Beaufortain (au nord), la Lauzière (au sud) et le Grand Arc.
Les sommets observables depuis Albertville sont la Belle Étoile, la dent de Cons, le roc Rouge ou la Négresse, la roche Pourrie, le Mirantin, la pointe de la Grande Journée et la chaîne du Grand Arc.
vignette|redresse=2|center|Panorama d'Albertville et du massif des Bauges, depuis la cité médiévale de Conflans.
Communes limitrophes Les communes limitrophes d’Albertville sont Venthon et Queige dans le Beaufortain, Pallud, Mercury, Gilly-sur-Isère et Grignon dans la combe de Savoie, et Esserts-Blay et Tours-en-Savoie. On peut également énumérer comme cités voisines : Ugine (dans le val d’Arly) et La Bâthie (en Tarentaise).
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Ugine à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Albertville est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'AlbertvilleUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Albertville comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Albertville, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (50,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (49,7 %), zones urbanisées (26,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (11,5 %), zones agricoles hétérogènes (5,9 %), prairies (2,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,9 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,8 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Les conditions naturelles Albertville est en position de carrefour. La direction nord-est sud-ouest correspondant à la vallée de l’Isère et de son affluent l’Arly est l’axe majeur de la circulation intra-alpine : les géographes l’ont dénommé à juste titre Sillon alpin. Perpendiculairement à cet axe, vers le sud-est la vallée de l’Isère conduit au cœur de la Tarentaise et à l’Italie par le col du Petit-Saint-Bernard. Vers le nord-ouest, deux voies sont ouvertes en direction d’Annecy et de Genève : celle du col de Tamié à seulement 907 mètres a été historiquement préférée au détour par Ugine. Cette situation est encore valorisée par la discrète poterne qui donne accès au Beaufortain. Ce privilège géographique appelait un développement urbain. Cependant, Albertville a tardé à s’imposer comme la capitale de la Tarentaise car il était nécessaire de mettre la plaine à l’abri des inondations..
Le noyau de peuplement le plus ancien correspond à la butte de Conflans, éperon à l’extrême pointe occidentale du massif du Beaufortain. Elle domine la plaine alluviale de l’Arly et de l’Isère d’environ 80 mètres et échappe totalement aux risques d’inondation. Le nom de Conflans (confluence) montre à l’évidence que ce bourg était seul, dès l’époque romaine, en mesure d’exploiter cette position de carrefour. Mais l’exigüité de la butte ne se prêtait pas au développement d’un organisme urbain d’importance. Il fallait au préalable maîtriser le cours de l’Arly. Cet affluent étale son large cône de déjection sur une largeur d’environ six km avec une pente modérée d’une dizaine de mètres sur deux km. Selon une loi assez classique, il a gardé suffisamment de force pour plaquer l’Isère contre la forêt de Ronne, majestueux revêtement septentrional de la chaîne du Grand-Arc. On imagine mal aujourd’hui les dangers de son voisinage. Pendant la crue du « la rivière [a été] si extraordinairement grossie qu’elle regorgea dans la plaine de l’Hôpital et la submergea toute et s’étendit même par celle de Saint-Sigismond qui était toute contigüe » relate un témoin...
Conflans thumb|Conflans vue des quais d'Albertville. La vocation commerciale du bourg de Conflans depuis les temps médiévaux n’est plus aujourd’hui qu’un lointain souvenir.. Son déclin était à craindre avec le transfert des salines royales depuis Moûtiers en 1753. Leur fonctionnement dans la vieille capitale tarine avait épuisé les ressources forestières alentour : on manquait de « bois de cuite ». Dans la plaine sous Conflans, on pourrait exploiter les réserves intactes de la forêt de Ronne. Un « canal de l’eau salée » de 27 km, fait de tuyaux ou bornaux de brique, permit ce transfert. Dès lors, les lourds charrois de sel destinés au marché savoyard et même à l’exportation vers la Suisse se sont écartés du vieux bourg perché pour emprunter la route de plaine. Beaucoup plus décisifs dans le déclin de Conflans devaient être les travaux entrepris à partir de 1824 pour maîtriser le cours de l’Arly et soustraire son cône de déjection aux inondations. Aujourd’hui, le tourisme et l’artisanat d’art en complément sont devenus les activités dominantes. Les richesses patrimoniales ont été peu à peu remises en valeur grâce aux efforts conjugués des autorités, de personnalités dynamiques comme Marius Hudry et de la Société des amis du Vieux Conflans..
De l’Hôpital à Albertville alt=Saint-Sigismond a fusionné avec Albertville : les deux églises sont proches|vignette|Saint-Sigismond a fusionné avec Albertville : les deux églises sont proches. Le plan fait apparaître deux autres noyaux anciens de peuplement en rive droite de l’Arly. La paroisse de Saint-Sigismond, en bordure de coteau, tire son nom d’un des derniers rois burgondes exécuté par le roi franc Clodomir en 523 et L’Hôpital, qui en a été détaché au début du , tire son nom d’un gîte d’étape établi en bordure de l’Arly vers la fin du par les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Le trafic s’est animé au fil des siècles grâce au franchissement de la rivière par le pont des Adoubes (des tanneurs) au pied de la montée vers Conflans, mais la chétive bourgade ne comptait encore que en 1756. À la fin du , la « voiture du sel » avait déjà donné naissance à une floraison d’activités : cabaretiers, hôteliers, charrons, palefreniers.
Il a fallu toutefois attendre le milieu du pour qu’on puisse parler d’un véritable décollage. C’est alors qu’ont été entrepris, à l’initiative de la monarchie sarde, les travaux d’endiguement de l’Arly et de l’Isère.. À leur confluence, la Pierre du Roy rappelle la cérémonie inaugurale du en présence du roi Charles-Félix. La période la plus active a duré de 1829 à 1840. Dans le secteur du pont des Adoubes, l’Esplanade, plus tard convertie en champ de foire et aujourd’hui en marché, a été à l’abri des inondations en 1844.
Ajoutons que, pour faciliter les relations avec la rive gauche de l'Isère, en 1854, un pont a remplacé le bac du concessionnaire Albertin mais dont l'on a conservé le nom. A cette date, l'appellation d'Hôpital n’avait plus cours : « Froissés des méchantes allusions auxquelles prêtait cette désignation qui lui était commune avec les maisons de charité destinées à recevoir les malades ils [les habitants] cherchèrent à en adopter un autre [nom] ». Le roi Charles-Albert se prêta volontiers à cette demande et par lettre patente du , l’Hôpital est devenu Albertville le ..
Avant la Seconde Guerre mondiale alt=Pont des Adoubes sur l'Arly|vignette|Pont des Adoubes sur l'Arly. alt=La place Charles-Albert au déboiché du pont des Adoubes|vignette|La place Charles-Albert au débouché du pont des Adoubes.