Francesco Pennisi, né le à Acireale, en Sicile, et mort en à Rome, est un compositeur italien, également peintre, dessinateur et écrivain.
Issu d'une famille sicilienne cultivée, il vient à la composition en autodidacte après avoir découvert la musique de Luigi Dallapiccola. Installé à Rome en 1953, il y suit des études de lettres tout en travaillant la composition auprès du musicien américain Robert W. Mann.
Il figure en 1959 parmi les fondateurs de l'association Nuova Consonanza, aux côtés d'Aldo Clementi et de Franco Evangelisti. Après avoir suivi avec réserve les avant-gardes européennes et américaines des années 1950 et 1960, il élabore une écriture personnelle où se rejoignent la fluidité sonore de Debussy, la parcimonie de Webern et certains gestes d'Ives.
Son catalogue comprend plusieurs ouvrages de théâtre musical, un corpus de musique de chambre, des partitions pour soliste et orchestre et des œuvres vocales. Parallèlement à la musique, il mène une activité de peintre et de dessinateur, signe les décors de ses propres opéras et publie deux livres d'images. Ses archives sont conservées à l'Académie nationale Sainte-Cécile de Rome.
Biographie
Formation
Francesco Pennisi naît à Acireale, dans la province de Catane, le , au sein d'une ancienne famille sicilienne vouée aux arts.
Il pratique dès sa jeunesse la musique et la peinture. Marqué au lendemain de la guerre par un concert où Luigi Dallapiccola présentait ses propres œuvres, il compose en autodidacte ses premières pièces, dont les (1950-1954). Les expériences de Debussy et de Webern laissent durant cette période une empreinte durable sur sa sensibilité.
Il s'installe à Rome en 1953 où, parallèlement à des études à la faculté de lettres, il prend des leçons de composition auprès de Robert W. Mann.
Nuova Consonanza
En 1959, Pennisi fonde avec Aldo Clementi, Franco Evangelisti et Domenico Guaccero l'association Nuova Consonanza, destinée à faire connaître les différentes expressions de la musique contemporaine internationale.
Ses premières pièces remontent aux années 1950, mais les premières exécutions publiques n'interviennent que durant la décennie suivante. Il se fait connaître en 1962 à Palerme, dans le cadre de la deuxième semaine internationale de musique nouvelle, avec , sur un poème de Lucio Piccolo.
Diffusion
Ses partitions sont ensuite données à la Biennale de Venise, à la Biennale des jeunes de Paris et à la Reconnaissance des musiques modernes de Bruxelles.
La maison Ricordi relève que ses œuvres sont jouées, année après année, dans un nombre croissant de centres et de festivals italiens et étrangers, parmi lesquels le Festival de Royan, Hilversum, la Biennale de Venise et le Festival pianistique de Brescia et Bergame.
La décennie 1970 est marquée par un succès croissant, à partir de la Biennale de Venise de 1970, où est créée sous la direction de Bruno Maderna.
Membre de l'Académie nationale Sainte-Cécile, Pennisi meurt à Rome en octobre 2000.
Langage musical
Formation du style
Pennisi traverse des expériences sérielles et aléatoires avant de parvenir, vers le milieu des années 1960, à un langage personnel caractérisé par une écriture raffinée et d'une netteté dépouillée. Le timbre y acquiert la qualité de paramètre fondamental.
Selon la notice de son éditeur, il suit les avant-gardes européennes et américaines des années 1950 et 1960 avec attention, mais aussi avec un détachement et une réserve marqués. Son écriture réunit la fluidité du son debussyste, la parcimonie de Webern, certains gestes phoniques et formels d'Ives et, marginalement, de Cage, ainsi que la liberté surveillée des figures musicales du dernier Petrassi, avec leurs géométries cachées.
Son style évolue au fil des années vers une expression de plus en plus personnelle et mélancolique, riche de détails et d'allusions.
Jugements critiques
Le musicologue Mario Messinis écrit que Pennisi poursuit une voie solitaire et silencieuse échappant à toute classification sommaire, et que ce compositeur construit des miniatures ordonnées qui paraissent closes sur elles-mêmes mais s'allument de reflets illusoires, comme des miroirs mobiles annulant d'instant en instant une réalité seulement en apparence définie.
Le Classical Music Daily le décrit comme un minimaliste calligraphique d'inflexion méditerranéenne, élégant et raffiné, marqué par le néoclassicisme américain et par la musique douze sons.
Attache sicilienne
L'installation à Rome n'altère jamais son lien avec sa terre d'origine, dont subsistent des échos dans nombre de ses compositions ultérieures, telles que (1985) ou (1986), souvent inspirées du mythe d'une Sicile classique et ancienne.
Musique et littérature
La relation entre sa musique, la littérature et la poésie est tenue pour essentielle à la compréhension de son travail. Ses œuvres vocales jalonnent l'ensemble de son parcours et puisent chez Le Tasse, Ovide, Góngora, Eugenio Montale, Ezra Pound, Virgile et Vincenzo Consolo.
Œuvres
Théâtre musical
+ Ouvrages scéniques Année Titre Livret Création 1972 Biennale de Venise, théâtre du palais Grassi 1982 Francesco Pennisi Accademia Filarmonica Romana 1991 Roberto Andò, d'après Lucio Piccolo Orestiadi de Gibellina 1995 Ezra Pound Biennale de Venise 2000 Virgile, Énéide, livre IV Teatro Ponchielli de Crémone et Mai musical florentin, posthume
célèbre l'émersion puis l'engloutissement, en 1831, d'une île apparue entre Sciacca et Pantelleria ; Pennisi en signe le texte et les décors. Dans , la chute de la lune devient une métaphore du déclin d'une civilisation. , commande de la Biennale de Venise et du Teatro Comunale de Bologne, repose sur un texte hermétique de jeunesse d'Ezra Pound demeuré inédit jusqu'en 1987.
Pennisi a par ailleurs écrit des musiques de scène, dont celles de la trilogie eschylienne mise en scène par Filippo Crivelli avec des décors d'Arnaldo Pomodoro, donnée par le Teatro Massimo de Palerme sur les ruines de Gibellina.
Œuvres vocales
+ Sélection Année Titre Effectif Texte 1969 1982 Soprano, clavecin et orchestre Le Tasse 1986 Ovide et Góngora 1993 Ovide 1996 Eugenio Montale 1998 Soprano, voix récitantes et orchestre Vincenzo Consolo
a été composée pour l'Orchestre de la Toscane.
Musique instrumentale
Le catalogue de Pennisi est constitué en majorité d'œuvres de chambre et d'orchestre, avec ou sans solistes.
+ Sélection Année Titre Effectif 1962-1980 Piano préparé 1974 Flûte, violoncelle et clavecin 1979 1979 Alto et orchestre 1981 1981 Flûte et orchestre 1984 Flûte et percussions 1985 Flûte et orchestre 1985 Harpe et orchestre 1991 Harpe et orchestre 1996 Flûte et orchestre 1996
Le cycle est créé en 1979 dans les salles apollinéennes de La Fenice et donné l'année suivante à la Piccola Scala de Milan dans une version à implications théâtrales. Les deux partitions pour harpe et orchestre ont été composées pour les concerts de l'Académie Sainte-Cécile.
Les œuvres de Pennisi sont publiées par Casa Ricordi, Suvini Zerboni et Edipan.
Activité visuelle
Peintre, dessinateur et auteur des décors de ses propres ouvrages, Pennisi produit des œuvres visuelles que la notice du système archivistique national italien décrit comme d'une qualité de trait élevée, alliant élégance expressive et capacité à rendre par l'image des rythmes et des couleurs fondant passé et présent, espaces mimétiques et abstraits.
Selon une étude de l'université de Catane, ce passage vers les arts graphiques tient en partie à la disparition progressive de la figure du copiste : à côté du piano apparaissent la table à dessin, le normographe, le papier calque, les plumes à encre de Chine et les mines. La partition acquiert ainsi, par l'élégance de sa mise en page, une certaine indépendance.
Il continue de peindre et surtout de dessiner après que sa vocation de compositeur eut pris un caractère définitif, sans pour autant concéder aux graphismes dans ses partitions.
Expositions
+ Expositions personnelles Année Lieu 1973 American Academy, Rome 1978 Discothèque de l'université de Palerme 1985 Palais de Venise, Rome 1995 Institut Goethe, Rome 2001 Institut Goethe, Rome
Publications
Ouvrages
+ Livres de Francesco Pennisi Année Titre Lieu 1984 Venise 1994 Valverde
Illustrations
Pennisi a illustré de Giacoma Limentani, paru à Rome en 1993.
Recueil posthume
L'éditeur Flaccovio a publié à Palerme en 2001 une anthologie tirée de et de .
Ces ouvrages, publiés à tirage limité par de petites maisons, ne disposent pas de numéro ISBN répertorié dans les catalogues consultés.
Archives
Le fonds Francesco-Pennisi a été donné le à l'Académie nationale Sainte-Cécile par Laura Pelizzola Pennisi, à l'exception des objets d'art demeurés dans la famille.
Il témoigne des activités littéraire, musicale et picturale du compositeur et se répartit en cinq sections : archives personnelles, archives musicales, archives photographiques, archives sonores et objets d'art. Y figurent notamment la correspondance de 1960 à 2000, des documents de famille couvrant les , des essais, des écrits littéraires, une revue de presse et neuf disques compacts reprenant les enregistrements des créations de ses œuvres.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
Aldo Clementi Franco Evangelisti Lucio Piccolo Biennale de Venise
Liens externes
Fonds Francesco-Pennisi à l'Académie nationale Sainte-Cécile
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