L'économie du Pakistan est la au monde quant au produit intérieur brut nominal, qui est de de dollars en 2026. Avec une population de d'habitants, la cinquième mondiale, le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat était d'environ .
L'agriculture est un pilier de l'économie nationale, qui représente 24 % du PIB et emploie 40 % de la population. Le pays est l'un des premiers producteurs mondiaux de blé, riz et coton notamment. L’industrie représente 19 % du PIB avec une importante industrie textile exportatrice. Ses importations sont toutefois nettement supérieures aux exportations, notamment du fait d'une dépendance au pétrole et gaz importés.
Le Pakistan est un pays émergent dont la croissance économique est toutefois irrégulière et marque un important retard par rapport à son voisin indien. Le pays possède pourtant une main-d'œuvre abondante et bon marché, un emplacement stratégique proche de routes commerciales, des terres fertiles et des universités réputées. Mais le pays souffre d'une instabilité politique, de la corruption, des guerres en Afghanistan qui ont débordé en une insurrection islamiste sur son territoire et d'une faiblesse de ses infrastructures notamment énergétiques.
Historique 1947-1971 : libéralisme et planification
Peu après la partition des Indes, l'économie du pays est dans un état déplorable, notamment du fait de la difficile mise en place des institutions et de la rupture du commerce avec l'Inde. Durant ses premières décennies, le pays mène une politique économique libérale qui vise à doper les investissements par le biais de l'épargne privée et cherche également à minimiser le coût de production. Le pays introduit dans le même temps une planification économique pour développer les infrastructures, mais les objectifs sont rarement atteints..
Les premières années sont marquées par une croissance irrégulière ainsi qu'une disparité grandissante entre l'ouest du pays et le Pakistan oriental, délaissé. Le Premier ministre Suhrawardy tente de combler l'écart mais du fait de l'instabilité, la politique économique manque de cohérence. Durant la première moitié du régime militaire de Muhammad Ayub Khan, le pays connait une croissance exceptionnelle : entre 1960 et 1965, la production industrielle croit de 11,5 % par an. Les exportations sont favorisées et 20 % des terres agricoles sont redistribuées. La croissance ralentit toutefois considérablement après la guerre de 1965, ce qui entraîne une crise sociale renforcée par la mécanisation agricole qui a fragilisé de nombreux ouvriers agricoles. Cette crise va conduire à un mouvement de protestations de 1967 à 1969 et l'exclusion économique de l'est du pays débouche sur l'indépendance du Bangladesh en 1971.
1971-1977 : socialisme
De 1971 à 1977, Zulfikar Ali Bhutto met en place une politique de socialisation de l'économie. En 1972, il nationalise 31 grandes entreprises surtout dans les domaines énergétique et métallurgique et la mesure s'étend aux banques et assureurs en 1974. En 1976, entreprises plus petites du secteur agricole passent sous le contrôle de l’État. Toutefois, ce dernier ne procède à aucune expropriation, lui évitant le paiement d’indemnisations exorbitantes ; les propriétaires conservent leur titre mais la loi empêche toute cession des entreprises concernées et confie à l’État la nomination des administrateurs.
Le bilan est contrasté. Les deux premières années, la production industrielle se redresse et les exportations augmentent de 20 %. De plus, les inégalités sociales se réduisent et les plus démunis profitent d'un meilleur accès à l'éducation et aux soins. Toutefois, la croissance économique est plus faible que durant la décennie précédente (un taux annuel moyen de 4,8 %, contre 6,8 %) et le pays fait face à une fuite des capitaux, une baisse des investissements privés et une forte dévaluation de la monnaie par rapport à l'or (près de 60 %)...
1977-1999 : privatisations
Le second régime militaire de Muhammad Zia-ul-Haq marque le retour à une politique libérale. Le général ne revient toutefois que sur certaines nationalisations, surtout celles de 1976, et l’État conserve un rôle important. Le pays connait alors une nouvelle période d’expansion économique. De 1978 à 1983, la croissance économique s'établit à 7,6 % par an en moyenne mais baisse à 4,9 % pour 1983-1988. Les exportations augmentent de près de 60 % sur la décennie, surtout grâce au coton et au textile. Cette performance est aussi favorisée par la hausse des envois de fonds des expatriés pakistanais, plus nombreux dans les pays du Golfe. Ils comptent en effet pour 10 % du PIB en 1982 contre 4 % en 1976..
De 1988 à 1999, gouvernements de Nawaz Sharif et Benazir Bhutto mènent des politiques de privatisations plus profondes, dans les secteurs de l'énergie, de la finance et des télécommunications notamment. Le pays poursuit le développement de ses infrastructures, avec ses premières autoroutes et la mise en service du barrage de Tarbela, de loin sa plus puissante centrale. Cependant, la période est principalement marquée par une stagnation économique combinée à une forte inflation (stagflation). La dette publique augmente et la corruption atteint des niveaux records.
Depuis 1999 : crises
Les années du régime de Pervez Musharraf sont globalement marquées par une forte croissance du PIB, proche de 7 % par an de 2003 à 2006. Cependant, de 2007 à 2012, l’instabilité politique et l'insurrection islamiste sapent l'économie, qui progresse à peine plus vite que la croissance de la population, avec une stagflation (inflation atteignant jusqu'à 20 %), combinée à un fort sous-emploi. Le conflit, dont le coût pour l'économie est estimé par son gouvernement à quelque d’euros entre 2005 et 2010 ( de dollars selon le FMI) Le Pakistan appelle à la concrétisation des promesses d’aide internationale, Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 16 au 22 juillet 2010 , ambassade de France du Pakistan, a augmenté le déficit du budget fédéral, malgré les aides militaires et financières régulièrement accordées par les États-Unis Les militaires reprennent la main, Najam Sethi, The Friday Times, 29 mars 2010 Croissance de 4,1 % grâce à la protection du FMI, The express Tribune. Consulté le 16 juin 2010.
De plus, le pays souffre d’une grave pénurie d’énergie ; environ un tiers de la demande n’est pas satisfaite et chaque jour des coupures de courant privent les Pakistanais d’électricité pendant une durée allant de six à quatorze heures et fragilisent l’industrie (environ 35 % des entreprises ont mis la clé sous la porte). Le pays doit ainsi importer l'essentiel de ses besoins énergiques et la production électrique est trop faible. Pour rester compétitif, le pays subventionne les prix de l'énergie, ce qui aggrave son déficit budgétaire. À plusieurs reprises, il doit demander l'aide du Fonds monétaire international en échange de mesures d'austérité, alors que les importations trop fortes conduisent souvent à une baisse des réserves et une crise de la balance des paiements.
À partir de 2013, la croissance économique repart à la hausse, notamment grâce à une meilleure production électrique. Un accord signé en 2015 avec la Chine, le China–Pakistan Economic Corridor, prévoit de gros investissements de sociétés chinoises au Pakistan permettant un accès direct à la mer d'Arabie à ces dernières. Paradoxalement, ces investissements ont accru l'endettement du pays ainsi que la crise de la balance des paiements.. En 2019, le gouvernement d'Imran Khan fait alors appel à l'aide du FMI en échange de mesures d'austérité, pour combler un fort déficit public (6,5 % du PIB).. En conséquence, la croissance économique chute, l'inflation explose et la pauvreté repart à la hausse après des années de baisse. Dans le même temps, les investissements chinois dans le pays permettent de lancer la construction de réacteurs nucléaires et méga-barrages dans le nord du pays, afin de réduire la crise énergétique et la dépendance aux importations. Si cinq réacteurs nucléaires ont été ajoutés entre 2011 et 2022, les chantiers des barrages souffrent de nombreux retards et surcoûtsPakistan's water ambitions sinking in financial chaos as mega projects face generational delays sur tribuneindia.com, le 16 mai 2026.
En 2024, dans le cadre d'un énième prêt du FMI, le Pakistan annonce un plan pour augmenter l'assiette fiscale et lutter contre la fraude fiscale, dans un pays où l'État a du mal à percevoir l'impôt. De 2024 à 2026, la croissance économique se situe autour de 3 %, bien inférieure aux besoins du pays, et l'écart avec le niveau de vie des Indiens et Bangladais s'est considérablement creusé depuis 2009.
Statistiques
Son taux de croissance était sur la période 1992-2002 de 3,4 %, 5,5 % en 2003. Celle-ci tourne en 2004 autour de 6-7 % et en 2009 autour de 2 %. Son taux d'inflation était de 3,6 %. Sa population active est d’individus et sa dette extérieure était de de dollars en 2003.
L'indice de développement humain en 2021 (, soit mondial) est considéré comme faible d'après le Programme des Nations unies pour le développement.
Le taux d'alphabétisation de la population était de 46 % en 2003.
En 2009, 35 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et, selon la Banque mondiale, 74 % de la population pakistanaise vivrait avec moins de américains par jour. En 2011, plus de 41 % de la population, soit de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté.
+Croissance de l'économie et de la population du Pakistan par année. - .2001200220032004200520062007200820092010PIB GDP growth (annual %) - Pakistan data.worldbank.org+ 3,7 %+ 2,6 %+ 5,4 % + 7,3 %+ 6,1 %+ 4,4 %+ 2,1 % + 3,5 % + 1,5 % Population Population growth (annual %) data.worldbank.org + 2,5 %+ 2,4 %+ 2,5 %+ 2,4 %+ 2,4 %+ 2,6 %+ 2,7 % + 2,5 % + 2,5 %+Croissance de l'économie et de la population du Pakistan par année. - .2011201220132014201520162017201820192020PIB+ 2,7 %+ 3 %+ 4,4 %+ 4,1 %+ 4,2 %+ 6,6 %+ 4,4 %+ 6,2 %+ 2,5 % Population + 2,2 % + 1,9 % + 1,6 % + 1,5 % + 1,4 % + 1,4 % + 1,6 % + 1,7 % 1,8 %+Croissance de l'économie et de la population du Pakistan par année. - .20212022202320242025PIB+ 6,5 %+ 4,8 %- 0,4 %+ 3,1 %+ 3,7 %Population + 1,9 % + 1,7 % + 1,5 % + 1,5 % + 1,6 %
Agriculture
Le Pakistan a produit en 2018 : de tonnes de canne à sucre ( producteur mondial, derrière le Brésil, l'Inde, la Chine et la Thaïlande) ; de tonnes de blé ( producteur mondial) ; de tonnes de riz ( producteur mondial) ; de tonnes de maïs ( producteur mondial) ; de tonnes de coton ( producteur mondial) ; de tonnes de pomme de terre ( producteur mondial) ; de tonnes de mangues (dont mangoustan et goyave) ( producteur mondial, seulement derrière l'Inde, la Chine, la Thaïlande et l'Indonésie) ;
de tonnes d'oignons ( producteur mondial) ; 1,6 million de tonnes oranges ( producteur mondial) ; tonnes de mandarines ; tonnes de tomates ; tonnes de pommes ; tonnes de pastèques ; tonnes de carottes ; tonnes de dattes ( producteur mondial).
En plus de petites productions d'autres produits agricoles Production pakistanaise en 2018, par la FAO .
Au Pakistan comme en Inde, les grandes familles régnantes d’hier continuent à jouir d’un prestige et d’une grande autorité. Une étude de la Banque mondiale indique que 44 % des terres arables sont détenues par seulement 2 % des exploitants soit influentes familles rurales.
Dans ce pays essentiellement agricole, cette position implique l’autorité quasi-directe, proche de l’absolu, sur plusieurs millions d’individus. Une mainmise impossible à ignorer pour le pouvoir central, dépendant du soutien de cette classe dominante..
Énergie et ressources naturelles