Robert Ménard, né le à Oran, est un journaliste, essayiste, éditeur et homme politique français.

Il est cofondateur de l'association Reporters sans frontières (RSF), dont il est le secrétaire général de 1985 à 2008, ainsi que du site internet Boulevard Voltaire, lancé en 2012. Il est également le fondateur, en 2008, de la maison d'édition Mordicus, qu'il dirige avec son épouse, Emmanuelle Ménard.

D'abord engagé à gauche, il s'en éloigne progressivement pour rejoindre l'extrême droite. À l'issue des élections municipales de 2014, il est élu maire de Béziers avec le soutien de plusieurs partis politiques classés à l'extrême droite française : Front national, Debout la République et Mouvement pour la France. D'orientation populiste, son premier mandat est marqué par des mesures et des déclarations suscitant des polémiques jusqu'au niveau national et qui sont pour certaines sanctionnées par la justice. Après la victoire de sa liste dès le premier tour des municipales de 2020, il est réélu maire et prend la présidence de la communauté d'agglomération Béziers Méditerranée, devenant la première personnalité d’extrême droite à accéder à la présidence d'une intercommunalité en Occitanie. En mars 2026, il est reconduit une fois de plus à la tête de la mairie de Béziers en remportant les élections municipales dès le premier tour comme candidat « divers droite » bien qu'ayant reçu le soutien de LR. Cette élection marque également une rupture, celui-ci faisant pour la première fois face à un candidat du RN avec lequel il ne cache plus certains désaccords. Il sera dans la foulée réélu président de Béziers Méditerranée.

Origines et jeunesse Issu d'une famille pied-noir installée en Algérie française depuis 1850 , Robert Ménard naît le à Oran.. Il a neuf ans lorsque sa famille, rapatriée d'Algérie, s'installe à Brusque dans l'Aveyron., puis dans le quartier neuf de la Devèze, à Béziers. Son père, Émile, est tour à tour commerçant, imprimeur, éleveur de poules , syndicaliste communiste . puis membre de l’OAS... Son oncle est emprisonné pour avoir piloté l'avion de putschistes..

Il suit les cours du collège religieux Saint-Gabriel à Saint-Affrique. Il envisage à l'époque de devenir prêtre, ce à quoi sa mère s'oppose.. En mai 1968, il fait fermer son collège puis obtient un diplôme d'études supérieures (DES) de philosophie, à l’Université Paul-Valéry-Montpellier.

En 1973, au lycée Jean-Moulin à Béziers, à l'époque des manifestations contre la loi Debré abrogeant les sursis pour études au-delà de 21 ans, il donne des cours de philosophie, pendant les grèves, à des lycéens pour éviter qu'ils ne prennent trop de retard..

À Béziers, proche des milieux anarchistes, puis trotskistes, il milite à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de 1973 à 1979, rejoint le Parti socialiste, via le CERES, devient délégué du CERES pour la fédération de l'Hérault au congrès de Metz (6 au ) : . Il démissionne du PS six mois après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, se disant stupéfait par tous ceux . Depuis 1981, Robert Ménard n'est membre d'aucun parti politique et s'est progressivement rapproché de la droite. Il se dit consterné par la gauche , qu’il accuse de vouloir interdire tout débat constructif sur l'immigration, l'islam et la sécurité.

Carrière professionnelle

Débuts dans le journalisme

Dans la mouvance des radios libres, il crée en 1978 Radio Pomarède (du nom d'un bandit de Caux, village du Biterrois exécuté en 1843 à Pézenas.), radio qui continue d'émettre malgré l'interdiction du ministère de l'Intérieur. Son objectif initial est de servir son combat contre La Littorale, filiale d'Union Carbide, qui fabrique alors à Béziers le Temik, l'insecticide qui sera responsable de la catastrophe de Bhopal.. Devenu président de l'Association Consensus Liberté Radio, il est la cible de très nombreuses poursuites judiciaires. Lors d'un de ses procès, François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti socialiste, se porte témoin de moralité à son égard. Toujours à Béziers, il participe au lancement en 1979-1980, sous la mandature du communiste Paul Balmigère, d'un nouveau journal gratuit d'informations et d'annonces créé par la Régie Occitane de publicité, intitulé Le Petit Biterrois. Il est contraint de l'arrêter un an plus tard à la suite de difficultés avec ses annonceurs..

En 1983, il devient journaliste à Radio France Hérault, poste qu'il occupe jusqu'en 1989.

Reporters sans frontières Avec Rémy Loury, Jacques Molénat et Émilien Jubineau, puis Rony Brauman, Jean-Claude Guillebaud, le soutien de François Mitterrand et Jean-Michel Du Plaa, conseiller général PS de l'Hérault et chef de cabinet du président du conseil général Gérard Saumade , il fonde le à Montpellier, l'association Reporters sans frontières (RSF), publie L'information dans le monde aux Éditions du Seuil et L'Atlas mondial des libertés aux éditions Arléa. Interdit de séjour en Tunisie, Cuba, Turquie, Algérie, Burkina FasoRobert Ménard, Ces journalistes que l'on veut faire taire, Albin Michel, mars 2001, et Robert Ménard, Des libertés et autres chinoiseries, Robert Laffont, 2008., Thierry Perret déclare que « l'Afrique est un terrain privilégié pour l'association [...] Robert Ménard a très tôt pris fait et cause pour Pius Njawé, et le patron du Messager du Cameroun, devenu son ami, est assuré d'un soutien sans faille. [...] Robert Ménard, avec sa dégaine d'éternel adolescent, est un agitateur-né, qui ne se cache pas de recourir à toutes les recettes du marketing et de l'action médiatique pour faire avancer la « cause. » Lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine, il soutient l’équipe d’Oslobodjenje, journal multiethnique de Sarajevo. France Télévisions cite le cas de la prise d'otage de Florence Aubenas pour illustrer le fait qu'il thumb|Déploiement, à Paris en 2008, du drapeau de RSF représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes accompagné de la mention « Beijing 2008 ». Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le sur proposition de Bernard Kouchner , mis à jour le 26 septembre 2008.. Il ne l’apprend que le lendemain lorsque des manifestants de RSF perturbent la cérémonie d’allumage de la flamme olympique en GrèceAFP, , pour protester contre les violations des droits de l'homme en Chine avant les Jeux olympiques en Chine, Ménard a décidé de s’approcher de la tribune officielle lors du discours du responsable chinois à Olympie sous le slogan : « Freedom in China ! »

Il manifeste lors du passage de la flamme à Paris : plusieurs grimpeurs accrocheront des drapeaux représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes, symboles de la campagne de RSF, sur un grand nombre de monuments emblématiques de Paris. Lui-même grimpera, de nuit, sur Notre-Dame, afin d’y brandir ce drapeau avec le journaliste Jean-François Julliard et les écrivains voyageurs Sylvain Tesson et Priscilla Telmon .

Quelques mois plus tard, il est interpellé sur les Champs-Élysées, alors qu’il proteste contre la présence du président syrien Bachar el-Assad à la tribune officielle du défilé du .

Au cours de son mandat, il a été accusé de manquer d'objectivité dans le traitement de la liberté de la presse dans le monde. Jean-Claude Guillebaud, cofondateur de RSF, quitte l'agence en 1993 en regrettant qu'elle ait abandonné la critique des médias français ; selon lui et Acrimed, ce changement s'est opéré à l'initiative de Ménard, dans le but d'obtenir leurs soutiens . Cette attitude sera de fait assumée par l'intéressé, notamment dans son livre Ces journalistes que l'on veut faire taire (2001), où il écrit qu'en s'attardant sur le cas de la France, « nous risquons de mécontenter certains journalistes, de nous mettre à dos les grands patrons de presse et de braquer le pouvoir économique. Or, pour nous médiatiser, nous avons besoin de la complicité des journalistes, du soutien des patrons de presse et de l'argent du pouvoir économique ». Mais, en , il rachète et relance la revue trimestrielle Médias pour répondre aux critiques lui reprochant de se préoccuper davantage des journalistes emprisonnés à l’étranger que de la situation des médias en France. Stéphane Courbit devient actionnaire du titre à la fin de 2007.

Jean-Claude Guillebaud juge également RSF trop proche de la presse anti-Chávez au Venezuela et complaisant à l'égard des États-Unis, tandis que Jean-Luc Mélenchon fait grief à Ménard de s'attaquer systématiquement aux cibles des néoconservateurs américains . De son côté, Jacques-Marie Bourget accuse RSF d'avoir , et d'avoir tardé à signaler le cas de Sami al-Haj, journaliste soudanais emprisonné à Guantánamo. Quant à Maxime Vivas, il affirme que plusieurs officines-écrans de la CIA ont subventionné RSF , ce que Ménard conteste .

Rony Brauman, autre cofondateur de RSF qui quitte l'organisation en 1995, dénonce, pour sa part, l'autoritarisme de Ménard à la tête de l'ONG : Alla Lazaréva, ancienne correspondante de RSF, tient des propos similaires : ..

Centre pour la liberté de l'information à Doha Le , il annonce brusquement sa démission et quitte la direction de Reporters sans frontières. Le de la même année, après une proposition faite à Cheikha Mozah , il avait pris les fonctions de directeur général du centre pour la liberté de l'information à Doha au Qatar créé en sous l'impulsion de RSF , censé accueillir et soutenir des journalistes persécutés dans leur pays, et doté d'une subvention annuelle de 3 millions de dollars par l'émir . Son conseil d’administration comptait entre autres Patrick Poivre d'Arvor et Dominique de Villepin. Les détracteurs de l'ancien secrétaire général de RSF s'étonnèrent de cette reconversion dans un pays qui n'a rien d'une démocratie : le pouvoir y est transmis par hérédité et la presse n'a pas le droit d'émettre des critiques contre la famille régnante ni le gouvernementÉmission Mots Croisés animée par Yves Calvi sur France 2 avec Edwy Plenel et Jean-François Kahn, 11 avril 2011.. RSF elle-même . Mais Jean-François Julliard indiquait en : .

Après avoir menacé de démissionner du centre en , Robert Ménard finira par passer à l'acte en , estimant qu'il n'a AFP, . Télérama affirme : .

Retour au journalisme

Après son départ de RSF, il revient au journalisme en tant que chroniqueur et éditorialiste sur une ligne réactionnaire dans des talk-shows de grande écoute, et voit ainsi sa notoriété s'accroître Raphaëlle Bacqué, « », Le Monde..

Entre fin 2009 et , il reçoit un invité chaque matin à dans Ménard sans interdit, sur la chaîne d'information en continu I-Télé. Toujours sur la même chaîne, il rejoint l'équipe du - (L'Info sans interdit) de Julian Bugier et Sonia Chironi pour renouveler son entrevue déplacée à et ses éditoriaux, bien qu'il soit toujours présent dans la tranche - de la chaine, pour différents éditoriaux et échanges avec le journaliste Claude Askolovitch.

Après avoir été remercié de RTL, où il disposait d'une chronique et participait à l'émission On refait le monde , il prend la tête de la matinale de Sud Radio (-) en .

En , la revue trimestrielle Médias, dirigée par lui-même et Emmanuelle Duverger, doit s'arrêter en raison notamment d'une baisse de 80 % des recettes publicitaires en deux ans, que les dirigeants attribuent à . L'année précédente, RSF, qui était détentrice de parts dans la société qui publie le magazine, avait indiqué vouloir se séparer de celles-ci par la voix de son président Jean-François Julliard . Stéphane Courbit, actionnaire, avait également décidé de jeter l'éponge. Médias avait notamment ouvert ses colonnes à Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, Alain Soral, Renaud Camus, Christian Vanneste, ou encore Pierre Cassen de Riposte laïque, ce qui témoigne déjà, selon Marine Turchi de Mediapart, de son évolution politique.