, né le et mort le sur l'île de Margit-sziget, à Budapest, est roi de Hongrie et de Croatie du à sa mort, duc de Styrie de 1254 à 1258. Membre de la dynastie Árpád, il est le fils d' et de Gertrude de Méran et le frère de sainte Élisabeth de Hongrie.
Biographie
Le prince héritier Béla est couronné roi dès 1220. Un groupe de grands propriétaires oppose immédiatement le jeune adolescent à son père le roi afin qu'il obtienne un pouvoir temporel sous la forme d'un duché comprenant la Dalmatie, la Croatie et la Slavonie, au sud de la Drave qu'on nomme désormais la « Slavonie entière » soit une partie importante du Royaume. Après la proclamation de la Bulle d'or, les relations se tendent avec son père et Béla se réfugie en Autriche en 1223. L'année suivante autorise son fils à revenir et lui rend son duché de Slavonie. Un parti se constitue autour de Béla à la cour avec l'archevêque de Spalato, les évêques, le ban et les ispans. décide alors en 1226 de nommer son fils voïvode de Transylvanie et place son autre fils Coloman à la tête de la Slavonie. Béla tente d'agrandir son fief transylvain vers la Bulgarie et, en 1228, il assiège en vain la forteresse de Vidin. Au cours de l'été 1230, Béla entreprend sans succès une expédition en Galicie contre Danilo afin d'y rétablir son frère André. L'année suivante, le roi André et ses fils Béla et André ont plus de succès et le prince André (mort en 1234) reprend son trône. En 1232, le roi et ses fils Béla et Coloman doivent souscrire la « Convention de Bereg » qui leur est imposé par la noblesse par l'intermédiaire du pape . Le roi meurt le et le prince Béla est couronné sous le nom de le .
Les invasions mongoles Alerté par l’invasion de la Russie par les Tartares, il dépêche plusieurs moines dominicains chargés de rechercher des Hongrois qui étaient restés « dans la patrie des ancêtres » lors de la migration de 895. En 1237, il accueille en Hongrie quarante mille Coumans, peuple de pasteurs turcs, chassés du bas Danube par les Mongols, et les établit dans la zone marécageuse entre la Tisza et le Danube. Il espère ainsi avoir à sa disposition des troupes contre l’oligarchie nobiliaire.
Le chef mongol Batu Qân entre en Moravie et en Hongrie où il prend Pest à l’issue d’une victoire à Mohi sur les rives du Sajó () sur les troupes de . Les Mongols pillent le pays et massacrent une partie de la populationMarie Favereau : La Horde. Comment les Mongols ont changé le monde., 2023, Éd. Perrin, .. Béla doit se réfugier auprès du prince , qui, au lieu de l’aider, profite de l’occasion pour lui arracher trois comtés. Il prend alors le chemin de la Dalmatie et s’installe à Trau (Trogir), en attendant l’aide de l’Occident.
En , l’avant-garde de Batu atteint l’Adriatique et le roi ne doit son salut qu’à un embarquement précipité sur un navire en rade de Trogir. À l’annonce de la mort d’Ögödei (), le chef mongol, ses troupes refluent vers l’Orient pour participer au quriltay organisé pour l’élection de son successeur. L’Europe centrale est ainsi sauvée.
La reconstruction , de retour en Hongrie, trouve un pays ravagé et doit tout reconstruire. Parmi les résidences royales, il privilégie la forteresse de Buda et laisse Esztergom à la disposition de l’archevêque. Il repeuple le pays dévasté en faisant appel à des colons allemands établis comme hôtes (hospites), qui jouissent d’un statut particulier. Il autorise les grands à construire des châteaux forts de pierre. Les comitats (comtés) deviennent des comitats nobiliaires : l’ispan, nommé par le roi, est assisté de juges choisis par la noblesse locale. Les comitats obtiennent le droit d’envoyer leurs représentants à la diète. Le système des ordres débute, qui caractérise par la suite la Hongrie, qui devient une oligarchie de barons.
La Transylvanie, ravagée par les Mongols, est soumise à la même féodalisation que la Hongrie. Elle est divisée en comitats autour de châteaux désormais en pierre. Les chefs valaques sont intégrés à la noblesse des ispans. Les privilèges des Saxons et des Szeklers sont renouvelés. Les premiers peuvent élire leur comte, qui dépend directement du roi ; les seconds désignent leurs juges qui administrent les sept sièges (Stühle) qu’ils forment.
thumb|200px| dans le Chronicon Pictum, 1360. accorde un nouveau statut municipal à Székesfehérvár (Albe royale) qui devient le modèle du développement urbain en Hongrie. Il fonde la forteresse de Buda, y transfère la population survivante de Pest et en fait le centre commercial principal du pays. Une vingtaine d’autres villes sont construites, bénéficiant de privilèges royaux, d’une topologie ordonnée et de la construction d’enceintes.
Le roi dispose de nombreux revenus domaniaux et régaliens comme les mines, le sel, les taxes et les péages, ainsi que l’entretien de la cour. Il accroît ses revenus par la frappe de monnaies d’argent, confiée à l’archevêque d’Esztergom, qui l’afferme à un Juif venu de Vienne, Henel. Cette monnaie sûre stimule l’activité économique, commerciale et les rentrées fiscales. La Hongrie exporte des bœufs, du vin, du sel, importe des draps, de la soie, des épices de Venise, d’Allemagne et de Moravie. Les droits régaliens provenant des mines (argent, or, sel) et sont partagés entre le fisc, les nouveaux entrepreneurs (notamment allemands) et la bourgeoisie des villes minières qui participe à l’exploitation. Ces activités fournissent autant ou davantage de revenus que les anciens impôts en nature. Le redressement économique s’effectue par la mise en valeur des régions périphériques ou dépeuplées, particulièrement dans le Nord (Slovaquie actuelle), où de nouvelles villes ou bourgades sont fondées. Le royaume compte alors deux millions d’habitants et est peuplé d’une mosaïque de peuples de toute provenance : Allemands, Wallons, des « réfugiés » des steppes (Coumans et Iasses), des Juifs et des Ismaélites, des paysans « russes » de Galicie, des Roumains, des Polonais, des Moraves et autre Slaves.
La révolte d'István En 1262 et 1265, son fils István (le futur ), qui gouverne en Transylvanie, tourne les armes contre son père. Il bénéficie de l’appui des Coumans (il a épousé une princesse coumane) et des troupes des barons félons qu’il attire dans son camp. Excellent chef militaire, au contraire de son père, il guerroie avec succès contre et contre la Bulgarie. Il finit par battre son père et se fait proclamer « roi-junior » de la moitié orientale de la Hongrie en 1265. À la mort de le , le problème de la succession se pose à nouveau et l’anarchie féodale triomphe en Hongrie.
Ascendance
Union et postérité épouse en 1218 Marie Lascaris, fille de l'empereur de Nicée et d'Anne Ange. Ils eurent dix enfants : Cunégonde (1234 morte en 1292), épouse en 1239 ; Marguerite († avant 1242) ; Catherine († avant 1242) ; , duchesse de Mačva, épouse en 1244 ; Élisabeth (1236 morte en 1271), épouse d' ; Constance (? – ?), épouse du roi ;
Marguerite ( – ) ; Yolande de Pologne (? – 16/ après 1303), épouse de Boleslas le Pieux, duc de Grande-Pologne ; (mort en 1269), duc de Slavonie en 1260.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . L. Juhasz (éd.), Carmen Miserabile super Destructione Regni Hungariæ per Tartaros, dans Szentpetery, ed., Scriptores Rerum Hungaricarum, 2 vols. (Budapest 1937-1938) 11, p. 543-88.
Liens externes
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