Les vitraux de la cathédrale de Rouen constituent un large panorama de l'art du vitrail depuis le début du jusqu'à la fin du Les églises de la ville de Rouen possèdent un remarquable ensemble de vitraux anciens et modernes.La cathédrale possède 52 fenêtres dont 12 du , 6 du , 22 du , 3 du , 9 du .
Historique Il ne subsiste aucun vitrail antérieur à l'incendie de 1200 et à la reconstruction de la cathédrale. Les verrières ont été posées au fur et à mesure de l'avancement des travaux, comme cela a été le cas pour des cathédrales contemporaines de Chartres et de Bourges. Les fenêtres basses ont été vitrées avant 1250, dont subsistent intactes aujourd'hui celles du déambulatoire (vers 1220-1230).
Vers 1265/1275, des chapelles sont ajoutées aux bas-côtés de la nef. Les verrières des bas-côtés de la nef (vers 1200-1210 et 1220-1230) ont été remployés après 1270 et regroupées pour former les célèbres « Belles Verrières ».
La chapelle de la Vierge est reconstruite à partir de 1306, sous l'épiscopat de Guillaume de Flavacourt. Les vitraux, réalisés aux environs de 1310, représentent les saints évêques et archevêques de Rouen. Le voit aussi la réalisation des vitraux des roses dont seule celle du portail des Libraires a été conservée.
Jenson Salvart remplace les fenêtres hautes de la cathédrale afin d’y apporter davantage de lumière. Les nouveaux vitraux sont l’œuvre de Jehan de Senlis. Guillaume Pontifs, qui devient maître-d'œuvre de la cathédrale en 1462, poursuit le travail de Jenson Salvart et Geoffroi Richier dans le réaménagement du fenestrage du croisillon nord du transept. Guillaume Barbe et son atelier réalise entre 1463 et 1470 les fenêtres basses de la nefCaroline Blondeau, Le vitrail à Rouen, l'escu de voirre, 1450-1530, Rouen, Presses-Universitaires de Rennes, Corpus Vitrearum France série "Etudes", 2014.
La construction de la tour de Beurre verra un artiste d'influence germanique pour la réalisation des verrières de la chapelle Saint-Étienne-la-Grande-Église, tandis que les deux verrières du croisillon sud du transept sont caractéristiques de l'école d'Arnoult de Nimègue. La Dormition de la Vierge d'Engrand Le Prince exécutée en 1528 a malheureusement disparue.
Des verrières sont au remplacées par des verres incolores afin de mieux éclairer l'intérieur de la cathédrale. Un ouragan en 1683 dévaste la façade occidentale et détruit la rosace.
Le est marqué par plusieurs campagnes de restaurations.
Les verrières du restées en place sont détruites lors de la Seconde Guerre mondiale. Après-guerre, des panneaux provenant de l'église Saint-Vincent ainsi que des créations de Max Ingrand, Jean-Jacques Gruber, Simone Flandrin-Latron et Sylvie Gaudin viennent compléter les baies restées vides.
En 1993, il restait encore de panneaux anciens à poser et m² de verrières à créer.
Numérotation des baies
La numérotation des baies est celle adoptée par le Corpus vitrearum. Elle va de 0 à 99 pour le niveau inférieur, commence par le chevet jusqu'à la façade de la nef. Le numéro 0 est donné à la baie située dans l'axe de l'abside ou de la chapelle d'axe. Les numéros impairs sont donnés aux baies situées côté gauche, au Nord. Les numéros pairs sont donnés aux baies côté droit, au Sud. Le niveau supérieur va de 100 à 199, suivant le même principe que pour le niveau inférieur. La baie 100 est la baie située dans l'axe du chœur.
Les vitraux sont présentés ci-après suivant l’ordre dans lequel ils sont vus lorsqu’on fait le tour intérieur de la cathédrale, par le collatéral et le déambulatoire, du nord au sud.
Les verrières Rosace occidentale
N° baie Nom du vitrail Donateurs Dates Maître verrier Base Palissy Wikimedia Commons151Rose occidentale200px
Tour Saint-Romain
Les vitraux du étage de la tour Saint-Romain proviennent de l'église Saint-Vincent de Rouen et sont l'œuvre de Guillaume Barbe et de son atelier.
N° baie Nom du vitrail Donateurs Dates Maître verrier Base Palissy Wikimedia CommonsAVerrière de sainte Barbevers 1525Guillaume Barbegendre BarbeBVerrière d'une Vierge à l'Enfantvers 1525Guillaume Barbegendre BarbeCVerrière d'un Christ bénissantvers 1525Guillaume Barbegendre BarbeDVerrière de saint Jean-Baptistevers 1525gendre BarbeEVerrière de sainte Marie-Madeleinevers 1525gendre BarbeFVerrière de saint Michelvers 1525Guillaume Barbegendre BarbeGVerrière d'une Vierge de Pitiévers 1525Guillaume Barbegendre BarbeHVerrière de l'Éducation de la Viergevers 1475Guillaume BarbeIVerrière de sainte Catherinevers 1500vers 1525Guillaume Barbegendre Barbe
Collatéral Nord de la nef
Les vitraux de la nef ont été exécutés vers le milieu du . Après la fin de la guerre de Cent Ans, des travaux importants furent entrepris à la cathédrale de Rouen. Les fenêtres des chapelles construites à partir de 1270, hormis celles contenant les "Belles Verrière", ont alors été dotées de vitraux par le maître verrier titulaire de la cathédrale, Guillaume Barbe. Un seul vitrail, dans la chapelle Sainte-Catherine, a été conservé des panneaux du . Ils ont été remontés dans une fenêtre dont la grisaille a été remplacée par des vitraux de Max Ingrand au .
Au nord, deux chapelles du collatéral recèlent les vitraux les plus anciens conservés en place en Normandie. Ces vitraux de 1200 surnommés depuis le « les Belles Verrières » sont célèbres pour leur couleur bleue « de Chartres ». Remontés après la création des chapelles vers 1270, plusieurs vitraux ont été assemblés dans deux baies plus grandes, et mélangent des scènes des vies de sainte Catherine, saints Sever d'Avranches et Sévère de Ravenne, saint Nicolas, saint Jean-Baptiste et saint ÉtienneJacques Tanguy, Les Belles Verrières, Rouen-Histoire.com, 2002.. Les parties inférieures des deux baies des chapelles où se trouvent les « Belles Verrières » sont garnies de vitraux différents, datés du , œuvre de Guillaume Barbe, maître-verrier de la cathédrale.
N° baie Emplacement Nom du vitrail Donateurs Dates Maître verrier Base Palissy Wikimedia Commons57Chapelle Saint-Mellon55Chapelle Sainte-AgatheVitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien1468/14691960Guillaume BarbeJean Gaudin53Chapelle Saint-Jean-de-la-NefVerrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangerevers 1200-12101220-12301468/14691960Guillaume BarbeJean Gaudin51Chapelle Saint-SeverVerrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christvers 1200-12101220-12301468/14691960Guillaume BarbeJean Gaudin49Chapelle Saint-JulienVerrière des saints Michel, Julien, Guillaume et Geneviève1468/14691960Guillaume BarbeJean Gaudin47Chapelle Saint-ÉloiVerrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas14701960Guillaume BarbeJean Gaudin45Chapelle des Fonts43Chapelle Saint-NicolasVerrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'Enfant1465/14701960Guillaume BarbeJean Gaudin41Chapelle Sainte-AnneVerrière des saints Claire, évêque, Madeleine et Éducation de la Vierge14651960Guillaume BarbeJean Gaudin
Bras Nord du transept
Il ne reste des roses du transept datant de la fin du que la rose septentrionale. Elle avait été réalisée par Guillaume Nouel à qui on doit aussi les verrières des chapelles nord de la nef. Au centre le Christ est représenté en Majesté. Il est entouré des apôtres, des symboles des évangélistes, d'évêques, de rois et de martyrs.
La verrière de saint Vincent et saint Laurent composée de huit panneaux du faisaient partie des Belles Verrières. Ils se trouvaient probablement dans les fenêtres du bas-côté sud. Ils ont été remontés dans la fenêtre ouest du croisillon nord du transept, entourés d'une composition moderne qui les met en valeur. Un panneau montrant deux bourreaux se penchant sur le corps supplicié de saint Vincent a été mutilé et complété par des verres divers.
N° baie Nom du vitrail Donateurs Dates Maître verrier Base Palissy Wikimedia Commons39Verrière de saint Vincent et saint Laurent37121Rose des Librairesvers 12801973Guillaume NouelSimone Flandrin-Latron et Durand
Chapelle Notre-Dame-de-Pitié
N° baie Nom du vitrail Donateurs Dates Maître verrier Base Palissy Wikimedia Commons3533
Chapelle du Saint-Sacrement
N° baie Nom du vitrail Donateurs Dates Maître verrier Base Palissy Wikimedia Commons31Verrière composite : baptême du Christ, donatrice offrant une verrière et un roi trônantvers 12301958-1960Max Ingrand29Verrière composite : Saint-Jean-l'Évangéliste écrivant l'Apocalypse, symboles eucharistiques et Pélican symboliquevers 12301958-1960Max Ingrand27Verrière composite : communion d'un soldat, pèlerin, Azon le Tort et sa femme offrant le vitrail et Vierge à l'EnfantAzon le Tort et sa femmevers 1230vers 12661958-1960Max Ingrand25Verrière des symboles de l'Eucharistie1959Max Ingrand
Déambulatoire
Le vitrail de saint Julien l'Hospitalier (vers 1220-1230) a été offert par les poissonniers.. Ce vitrail est très bien conservé. Il raconte légende de saint Julien l'Hospitalier. qui inspira par ailleurs Flaubert dans son ouvrage intitulé Trois contes.Durant son enfance, on prédit à Julien qu'il tuera père et mère. Pour échapper à son sort, il quitte le foyer parental et se met au service d'un seigneur. Celui-ci mort, il épouse sa veuve et part à la guerre. Mais ses parents le recherchent. Ils arrivent au domicile de sa femme qui leur offre son propre lit. Julien revient cette nuit-là et, voyant les deux corps dans le lit, croit à un adultère. Il tue alors son père et sa mère (voir ci-dessous). Sa femme lui apprend la vérité. Pour faire pénitence, il quitte sa demeure avec son épouse et fonde un hôpital près d'un fleuve. Il devient passeur, tandis que sa femme soigne les blessés. Une nuit, il est appelé de l'autre côté du fleuve et s'aperçoit, sa tâche achevée, que le passager est le Christ. Enfin, c'est le diable qui l'appelle. Julien le ramène. Le diable tente les deux époux allongés côte à côte dans leur lit. Mais ils ont fait vœu de chasteté et ils résistent (voir deux registres donnés plus haut). Enfin, l'avant-dernier registre illustre la mort des deux époux qui montent au ciel entre deux anges thuriféraires. Le dernier registre est un Christ en majesté..
Le vitrail dans le déambulatoire nord, baie , auprès de la chapelle de la Vierge, racontant la vie du patriarche Joseph et offert par les tondeurs de drap, porte l'inscription dans un phylactère « CLEMENS VITREARIUS CARNOTENSIS M(E FECIT) »Traduction : « Clément, verrier de Chartres ».. Ces deux vitraux ont été fabriqués vers 1230. les différences de facture et de présentation laissent à penser qu'ils doivent être attribués à deux auteurs différents. Celui de droite est signé (c'est le seul au ), par un verrier de Chartres. Contrairement à l'habitude, il ne se lisent pas de bas en haut. L'histoire commence en haut du vitrail de droite pour se terminer en haut du vitrail de gauche.
Le vitrail de la Passion (baie 10), contemporain de la construction du déambulatoire, date des environs de 1230, époque de la fin de la reconstruction de la cathédrale. Il mêle les scènes de la passion du Christ avec des scènes allégoriques tirées de l'Ancien Testament. Le vitrail a été offert vers 1220-1230 par les tailleurs de pierre qui se sont fait représenter dans les bordures de la fenêtre. Les scènes historiées, qui sont dans des parties sphériques de fond bleu, sont entourées de pastilles, bleues également, parsemées d'étoiles. Souvent, ces étoiles sont montées en chef-d'œuvre. Le vitrail a été remis en plomb en 1458 par Robin Damaigne, tandis que Guillaume Barbe a refait les étoiles en 1461Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, CNRS éditions, 2001..