Le gouvernement Philippe est le gouvernement de la République française entre le et le . C'est le quarante-et-unième gouvernement de la et le deuxième sous la présidence d'Emmanuel Macron.
À l'issue des élections législatives de 2017, remportées par la majorité présidentielle, le président de la République reconduit le Premier ministre Édouard Philippe, dont le premier gouvernement avait été formé en après l'élection présidentielle.
Le second gouvernement Philippe, nommé le , reprend une grande partie des membres du premier, mais quatre ministres en sont écartés. Il fera l'objet de plusieurs ajustements et remaniements. Le , suite à son élection comme maire du Havre, Édouard Philippe présente sa démission au président de la République, qui nomme Jean Castex pour lui succéder.
Prise de fonction À la suite des élections législatives françaises de 2017, le , le Premier ministre présente la démission de son gouvernement au président de la République, qui le charge d'en former un nouveau... Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, annonce alors un ..
Mais quatre ministres du précédent gouvernement sont amenés à se retirer, car visés par des enquêtes préliminaires de la justice : l'ancien secrétaire général de La République en marche Richard Ferrand pour de présumés montages financiers lorsqu'il dirigeait les Mutuelles de Bretagne., et les deux MoDem Marielle de Sarnez et François Bayrou, ainsi que Sylvie Goulard (ex-MoDem, désormais LREM) soupçonnés d'avoir utilisé des emplois fictifs dans le cadre de leurs activités au Parlement européen.. Les modifications de l'équipe gouvernementale s'avèrent donc plus importantes que ne le prévoyaient les commentateurs. Le gouvernement reste cependant soutenu par le MoDem.
L'annonce de la composition du gouvernement est traditionnellement faite depuis le perron du palais de l'Élysée. Exceptionnellement, ayant lieu en même temps que la fête de la musique le , elle s'est faite depuis les jardins ; le perron étant occupé par un orchestre colombien en l'honneur du président Juan Manuel Santos en visite diplomatique..
Composition initiale Le gouvernement nommé le est composé de trente membres dont quinze femmes et quinze hommes, parmi lesquels le Premier ministre ; il comprend dix-neuf ministres et dix secrétaires d'État :
Dix ministres et trois secrétaires d'État sont présentés comme étant de la « société civile ». Parmi eux : un est un ancien candidat de la primaire écologiste de 2011 : Nicolas Hulot. ; quatre ont exercé dans des cabinets ministériels ou des conseils régionaux socialistes : Marlène Schiappa, Élisabeth Borne, Muriel Pénicaud et Nicole Belloubet ; un fut membre du Parti socialiste et s'impliqua dans la primaire citoyenne de 2011 puis dans la campagne de François Hollande en 2012 : Mounir Mahjoubi ; un a exercé dans des cabinets ministériels de l'Union pour un mouvement populaire : Jean-Michel Blanquer, même si celui-ci conteste être marqué à droite. ; une a exercé pendant comme haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères : Nathalie Loiseau cinq n'ont jamais exercé de responsabilités politiques : Laura Flessel, Sophie Cluzel, Agnès Buzyn, Frédérique Vidal et Françoise Nyssen ;
Deux ministres et sept secrétaires d'État sont issus de La République en marche (LREM), dont six étaient auparavant membres ou proches du PS et deux de LR ; Trois ministres sont issus du Parti socialiste (PS) : Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly ; Deux ministres sont issus du Parti radical de gauche (PRG) : Jacques Mézard et Annick Girardin ; Une ministre et une secrétaire d'État sont issues du Mouvement démocrate (MoDem) : Jacqueline Gourault et Geneviève Darrieussecq ; Deux ministres et un secrétaire d'État sont issus des Républicains (LR), en plus du Premier ministre : Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu.
Sept ministres adhèrent à La République en marche durant leurs fonctions : Bruno Le Maire, Jean-Michel Blanquer, Muriel Pénicaud, Agnès Buzyn, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Frédérique Vidal.
Premier ministre Titre Titulaire Premier ministreÉdouard Philippe
Ministres d'État Titre Titulaire Ministre d'État, ministre de l'IntérieurGérard Collomb Ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaireNicolas Hulot
Ministres Titre Titulaire Garde des Sceaux, ministre de la Justice Nicole Belloubet Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian Ministre des Armées Florence Parly Ministre de la Cohésion des territoiresJacques Mézard Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn Ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire Ministre de la Culture Françoise Nyssen Ministre du Travail Muriel Pénicaud Ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Stéphane Travert Ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal Ministre des Outre-mer Annick Girardin Ministre des Sports Laura Flessel
Ministres auprès d'un ministre Titre Ministre de tutelle Titulaire Ministre sans portefeuille Ministre de l'Intérieur Jacqueline Gourault Ministre chargée des Transports Ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne Ministre chargée des Affaires européennes Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Nathalie Loiseau
Secrétaires d'État Titre Ministre de tutelle Titulaire Secrétaire d'État chargé des Relations avec le ParlementPorte-parole du gouvernement Premier ministre Christophe Castaner Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa Secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel Secrétaire d'État chargé du Numérique Mounir Mahjoubi Secrétaires d'État sans portefeuille Ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu Brune Poirson Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne Ministre des Armées Geneviève Darrieussecq Ministre de la Cohésion des territoires Julien Denormandie Ministre de l'Économie et des Finances Benjamin Griveaux
Évolution de la composition du gouvernement Le , Richard Ferrand, ministre de la Cohésion du territoire, avait démissionné du gouvernement précédent pour briguer la présidence du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale.
Le lendemain, Sylvie Goulard, ministre des Armées, avait annoncé quitter le gouvernement, pour se tenir à la disposition de la justice dans le cadre de l'enquête préliminaire sur les assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen.
Le , François Bayrou, ministre de la Justice et président du MoDem, et Marielle de Sarnez, ministre délégué aux Affaires européennes et vice-présidente de ce même parti, mis en cause, eux aussi, dans l'affaire des assistants parlementaires, annoncent qu'ils ne feront pas partie du nouveau gouvernement. Après avoir été élue députée, Marielle de Sarnez est désignée présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale..
Le remaniement profond d' est marqué par un équilibre plus important entre les nominations voulues par le Président et celles voulues par le Premier ministre.
Comparaison avec le premier gouvernement Philippe Changement de ministre, à portefeuille identique : Florence Parly est nommée ministre des Armées, en remplacement de Sylvie Goulard. Elle devient ainsi la troisième femme à occuper ce posteAprès Michèle Alliot-Marie du 7 mai 2002 au 15 mai 2007, et Sylvie Goulard du 17 mai au 19 juin 2017.. Nicole Belloubet, membre du Conseil constitutionnel et proche du PS, est nommée garde des Sceaux, ministre de la Justice en remplacement de François Bayrou. Richard Ferrand est remplacé à la Cohésion des territoires par Jacques Mézard, lui-même remplacé à l'Agriculture par Stéphane Travert, proche d'Emmanuel Macron. La délégation de ministère aux Affaires européennes est confiée à Nathalie Loiseau en remplacement de Marielle de Sarnez.
Portefeuilles enrichis ou reformulés : Le ministère de l'Économie redevient ministère de l'Économie et des Finances.
Changement de statut : Le ministre de la Justice perd le statut de ministre d'État.
En termes d'effectifs, avec un poste de ministre auprès d'un ministre et six secrétariats d'État créés, il y a sept postes de plus par rapport au premier gouvernement Philippe.
Remaniement du 24 novembre 2017 Le gouvernement est remanié le , après l'élection à la présidence du parti La République en marche de Christophe Castaner. Celui-ci perd sa fonction de porte-parole du gouvernement, mais conserve son secrétariat d'État chargé des Relations avec le Parlement.
Quant à Benjamin Griveaux, il reprend cette charge de porte-parole du gouvernement mais ne sera plus secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Pour le remplacer est nommée Delphine Gény-Stephann.
Olivier Dussopt, issu du Parti socialiste fait son entrée au gouvernement en tant que secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Il doit notamment intervenir sur les sujets relatifs à la fonction publique..
Remaniement du 4 septembre 2018
Le , Nicolas Hulot annonce sa démission du gouvernement.. Sa lettre de démission parvient à l’Élysée le et le , il ne participe pas au conseil des ministres.. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux annonce que le remaniement ministériel interviendra d'ici le , pour un conseil des ministres le lendemain..
Nicolas Hulot est remplacé par le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy..
En outre, Roxana Maracineanu est nommée ministre des Sports en remplacement de Laura Flessel, démissionnaire..
Ajustement du 3 octobre 2018
Le , le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, présente sa démission à Emmanuel Macron, qui la refuse... Gérard Collomb réaffirme pourtant son intention de démissionner de ses fonctions le même jour., puis de nouveau le lendemain, ce qui contraint le président de la République à entériner son départ. Ce dernier charge alors le Premier ministre Édouard Philippe d'assurer l'intérim avant un prochain remaniement.
Remaniement du 16 octobre 2018 Un remaniement ministériel a lieu le . Repoussé à plusieurs reprises à la suite de la démission de Gérard Collomb, il est marqué par le refus d’un nombre important de personnalités d’intégrer le gouvernement....
Christophe Castaner est nommé ministre de l'Intérieur, ce qui met un terme à l’intérim d’Édouard Philippe, le plus long de la place Beauvau.. Il est remplacé aux relations avec le Parlement par Marc Fesneau, le président du groupe Modem à l'Assemblée nationale.
Deux autres parlementaires sont nommés ministres, le député Agir Franck Riester comme ministre de la Culture en remplacement de Françoise Nyssen et le sénateur socialiste Didier Guillaume comme ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation en remplacement de Stéphane Travert.
Jacqueline Gourault devient ministre de la Cohésion des territoires en remplacement de Jacques Mézard avec un portefeuille élargi aux Relations avec les collectivités territoriales. Les secrétaires d'État Sébastien Lecornu et Julien Denormandie deviennent ministres auprès de Jacqueline Gourault, respectivement chargé des Collectivités territoriales et chargé de la Ville et du Logement.
Plusieurs secrétaires d'État font leur entrée au gouvernement ; Gabriel Attal à l'Éducation nationale, Laurent Nuñez à l'Intérieur, Christelle Dubos aux Solidarités et à la Santé, Agnès Pannier-Runacher à l'Économie et Emmanuelle Wargon à l'Écologie, alors que Delphine Gény-Stephann n'est pas reconduite.
Le secrétariat d'État au Numérique, occupé par Mounir Mahjoubi, est rattaché au Ministère de l'Économie et des Finances et à celui de l'Action et des Comptes publics alors qu'il dépendait du Premier ministre auparavant.