La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, communément désignée sous le nom de Paris-Lyon-Méditerranée ou son sigle PLM, est l'une des plus importantes compagnies ferroviaires privées françaises entre sa création en 1857 et sa nationalisation en 1938, lors de la création de la SNCFGeorges Dupuy, « Il était une fois le PLM », L'Express, 31 mai 2001 lire en ligne (consulté le 11 février 2010)..
Desservant le sud-est de la France, et notamment la Côte d'Azur, la Provence, les Cévennes, et les Alpes, le PLM était la compagnie par excellence des départs en villégiature. La gare parisienne du PLM était la gare de Lyon.
Outre les lignes ferroviaires, la compagnie proposait également de nombreuses lignes desservies par des autocars et possédait des hôtels en lien avec ceux-ci.. L'une de ces lignes était la route des Grandes Alpes, itinéraire touristique réalisable en plusieurs étapes promu par le Touring-Club de France et la compagnie du PLM.
Histoire La naissance de la compagnie vignette|Bâtiment du PLM près de la gare Saint-Lazare, au 88, rue Saint-Lazare. Les études du chemin de fer de Paris à Lyon et à Marseille commencent au début des années 1840. De nombreux projets sont élaborés, de nombreuses compagnies formées. En particulier, les frères Pereire, initiateurs du Paris-Saint Germain, et Paulin Talabot, polytechnicien de sensibilité saint-simonienne, sont les plus actifs. Ce dernier obtient la concession du premier tronçon, lié à la desserte de ses mines de la Grand-Combe, Conformément à la loi de 1833, c'est l’État qui fixe les tracés et attribue les concessions : le tronçon d'Avignon à Marseille, par Tarascon et Arles, est concédé en 1843 à la Compagnie du chemin de fer de Marseille à Avignon. Les travaux durent jusqu'en 1852 ; le tracé de Paris à Dijon est décidé en 1844 et concédé à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon. Il se prolonge en direction de Lyon. Chalon-sur-Saône est atteint en 1851. Lyon est atteint en 1854 et mis en service le .
L'antériorité de l'activisme de Paulin Talabot explique la chronologie curieuse de la construction de la ligne. De plus, de nombreux intérêts menacés (navigation fluviale et activité de transbordement à toutes les ruptures de charges) font pression pour retarder le plus longtemps possible la réalisation du tronçon Paris-Lyon.
Le tracé et le profil général de la ligne de Paris à Lyon sont résumés dans un ouvrage de l’époque qui décrit les plans et profils détaillés des gares .
le tronçon de Lyon à Avignon, avec embranchement sur Grenoble, est concédé en 1846 à la Compagnie du chemin de fer de Lyon à Avignon. Les travaux commencent en 1849 et sont achevés en 1856.
vignette|Affiche de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (P.L.M.) pour l'une de ses lignes d'autocars : « Dauphiné - Route de la Grande Chartreuse, entrée du Désert », 1895.
Des embranchements sont également concédés : de Dijon à Besançon par Dole, concédé le à la Compagnie du chemin de fer de Dijon à Besançon et prolongé jusqu’à Belfort en ; de Lyon à la frontière de Genève, avec embranchement sur Bourg et Mâcon, concédé le à la Compagnie du chemin de fer de Lyon à Genève ; de Laroche à Auxerre, concédé le .
La ligne est presque terminée en 1855 sur son tracé de base : Paris – Lyon – Marseille. Elle est empruntée par , ce qui lui vaut le titre d’« artère impériale. »
Elle est alors partagée entre plusieurs compagnies qui finissent par fusionner en deux entités : la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée (LM) ; la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon (PL).
Mais cette situation ne perdure pas : par des traités du , approuvés par un décret du de la même année, les deux compagnies, ainsi que la Compagnie du chemin de fer de Lyon à Genève et une portion du Grand-Central, sont réunies et le PLM est créé le , par Paulin Talabot qui en deviendra le directeur général de 1862 à 1882.
La principale entrave à cette fusion est la traversée du Rhône et de la Saône à Lyon. Les trains sont alors limités au nord à Vaise et au sud dans le quartier de La Mouche. Il faut d'âpres négociations avec les autorités localescelles-ci devaient faire face notamment aux hoteliers, déjà opposés à la liaison entre gare de Perrache et gare des Brotteaux, qui raccordait les lignes Lyon-Saint Étienne et Lyon-Genève., pour joindre par la presqu'île et le quartier de Perrache les deux tronçons.
L'extension : ouverture de la section Les Arcs – Cagnes-sur-Mer de la ligne de Marseille-Saint-Charles à Vintimille (frontière) (PLM). En 1863, une loi attribue au PLM l'exploitation de du réseau algérien (lignes Alger – Blida, Philippeville (Skikda) – Constantine, Oran – Saint-Denis-du-Sig (Sig)) qu'il conservera sous différents statuts jusqu'à la création, en , de la nouvelle administration des Chemins de fer algériens (CFA). le est promulguée la loi 1530 qui reprend les divers accords et conventions pris lors de l'annexion du comté de Nice. La compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel cède à l'État français les sections construites ou à construire qui sont sur le territoire français, l'État les rétrocédant au PLMFrance, bulletin des lois de l'Empire français, volume 30, imprimerie nationale, 1868. lire (consulté le 20/12/2009)..
Parallèlement à son exploitation de la ligne impériale, le PLM commence en 1870 la construction de son réseau secondaire, avec des bâtiments typiques.
thumb|Ancienne petite gare PLM à Chivres (Côte-d'Or). Le , ouverture du premier tronçon de la ligne Nîmes-Le Vigan. En 1875, le PLM rachète plusieurs petites compagnies. En 1876, le PLM rachète la ligne Alès – Bessèges et désenclave l'Ardèche par la ligne Le Teil – Alès. En 1896, la gare de Lyon est reconstruite pour l'Exposition universelle de 1900 à Paris.
Le thumb|left|Carte du réseau de la compagnie en 1937, juste avant la création de la SNCF. thumb|Publicité dans Le Miroir en 1914. thumb|gauche|Obligation de la Compagnie en date du . La ligne de Paris–Lyon à Marseille écoule un très important trafic, étant l'axe le plus chargé de France. Électrification expérimentale en - de la section Grasse-Mouans Sartoux, en 1911.
Une crise interne ébranle le PLM en 1920 : un désaccord entre les dirigeants et le personnel a conduit à deux grèves importantesla splendeur des grandes gares est parfois expliquée par une gestion visant à ne reverser les bénéfices ni aux actionnaires ni aux salariés..
Le PLM commande du nouveau matériel au début des années 1920, mais ce n'est qu'en 1928 que son trafic atteint à nouveau les niveaux d'avant-guerre.
Des travaux importants de modernisation sont entrepris au début des années 1930 : en 1929, électrification de la ligne Chambéry – Saint-Jean-de-Maurienne – Modane, et vers le tunnel ferroviaire du Mont-Cenis ; renforcement de l'artère Paris – Lyon ; passage au block automatique lumineux dès 1935 ; électrification par caténaires continu du tronçon Culoz-Chambéry, en 1936 ; essais d'autorails, de locomotives à vapeur carénées et de puissantes locomotives diesel.
Le PLM est intégré à la SNCF le premier janvier 1938. À cette date, la ligne de Culoz à Modane (frontière) est la seule du réseau à être électrifiée, en continu. L'électrification Paris-Lyon figure déjà dans les projets, mais ne se réalise qu'après-guerre (1949-1952), en continu — Carte des lignes européennes électrifiées ou en projet durant la guerre mondiale..
Compagnies absorbées par le PLM vignette|Affiche PLM par Émile André Schefer, vers 1925. Paris à Lyon Lyon à la Méditerranée Lyon à Genève Grand-Central de France (en partie) Compagnie des chemins de fer du Dauphiné Bessèges à Alais Belleville – Beaujeu Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est Alais – Méditerranée Actifs situés en France de la compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel Bonson – Saint-Bonnet-le-Château
Activité touristique L'intérêt des compagnies ferroviaires pour les stations balnéaires et de sports d'hiver s'exprime dès la fin du . Dans le Cantal, le conseil général presse la Compagnie d'Orléans d'édifier un hôtel près de la gare, construit en 1898, l'"Hôtel du Lioran", qui deviendra l'"Hôtel des Touristes". Le directeur d'exploitation du PLM crée lui la Société des Chemins de Fer et Hôtels de Montagne des Pyrénées. La PLM devient célèbre pour ses affiches commerciales à installer dans les gares, qui font la promotion des destinations de leur trains dans les villes d'eaux, notamment les bienfaits des eaux et les monuments caractéristiques"Le rôle du chemin de fer dans la mise en valeur touristique : Le cas d'une moyenne montagne française, le Massif Central" par Marie-Eve Fererol, dans les Cahiers de géographie en 2006 .
Sections de chemins de fer de campagne
Pour organiser ses transports et les constructions et exploitations de lignes militaires, le ministère de la Guerre avait une direction dénommée : Direction des Chemins de fer de Campagne (D.C.F.C.). Le personnel des sections technique d'ouvriers de Chemins de fer de Campagne était recruté dans le personnel des réseaux, parmi les ingénieurs, employés et ouvriers au service des grandes compagnies et du réseau de l'État, soit volontaires, soit assujettis au service militaire par la loi de recrutement était réparti en dix sections formées de la manière suivante : : P.L.M. : P.L.M.
Lignes du PLM thumb|La gare de Vienne vers 1861, vue depuis le côté nord avec son souterrain.
Paris – Lyon – Marseille Lyon – Genève Saint-Étienne – Le Puy-en-Velay Saint-Étienne – Clermont-Ferrand par les monts du Forez Alès – La Grand-Combe sur la ligne des Cévennes, en parallèle à la précédente, conçue par l'ingénieur Charles Dombre Marseille – Vintimille Dijon – Vallorbe Dole – Besançon – Belfort Paray-le-Monial – Lyon (ligne de l'Azergues) Vichy – Riom Nice – Coni Chambéry – Saint-Jean-de-Maurienne – Modane (ligne de la Maurienne) Saint-Gervais – Chamonix – Vallorcine Collonges – Nyon (liaison transfrontalière de l'Ain vers la Suisse). Forcalquier – Volx
Le PLM après 1938 En 1938, à la suite de la nationalisation du réseau du PLM au sein de la SNCF, la Compagnie poursuit son activité dans l'hôtellerie. En effet, le PLM avait développé une importante activité dans ce domaine, qui en faisait la première société hôtelière de France. La famille Rothschild, principal actionnaire, continue le développement de cette activité, souvent en collaboration avec la Compagnie internationale des wagons-lits.
La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée est finalement reprise par la Compagnie internationale des wagons-lits. En 2001, celle-ci est reprise par Accor.
Matériel roulant
020 T PLM 7001 à 7005 030 PLM 1401 à 1510 030 PLM 1513 à 2457 030 T PLM 7401 à 7615 031 PLM 3001 à 3140 040 PLM 3211 à 3362 040 PLM 4501 à 4640 220 PLM C 61 à C 180 221 PLM 2991 à 3000 230 PLM 2431 à 2599 de 1910 à 1913 230 PLM 2601 à 2760 de 1905 à 1909 230 PLM 3420 à 3740 de 1901 à 1906 231 PLM 6011 à 6030 & 6221 à 6285 231 PLM 6301 à 6480 et 181 à 230 242 AT PLM 1 à 120 242 CT PLM 1 à 50 151 PLM 1 à 10
Personnalités du PLM Paulin Talabot (1799-1885), à l'origine de la création de la compagnie, directeur général de 1862 à 1882Annales, Paulin François Talabot (1799-1885) lire en ligne (consulté le 11 février 2010).. Paul-Romain Chaperon (1808-1879), pionnierAuguste Perdonnet, Notions générales sur les chemins de fer: suivies Des biographies de Cugnot, Séguin et George Stephenson; d'un mémoire sur les avantages… et d'une bibliographie raisonnée, E. Lacroix, 186?, 56 intégral (consulté le 22 mai 2011). du chemin de fer, ingénieur de la ligne de Strasbourg à Bâle. Sera directeur du PLM. Stéphane Dervillé (1848-1925), président du Conseil d'Administration de 1899 à 1925. Eugène Verlant (1867-1958), directeur d'exploitation de 1919 à 1932Annales, Eugène Antoine Alexandre Verlant lire en ligne (consulté le 11 février 2010).