Asnan est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté. Géographie Asnan est située à au sud de Clamecy, sous-préfecture de la Nièvre. Le point le plus haut de la commune culmine à d'altitude (bois des Menées). Le point le plus bas est à d'altitude (route de Germenay). Le bourg est à mi-pente, entourant la source d'un petit ruisseau (le Riau) qui se jette en aval dans l'Yonne.

Le paysage, très vallonné, est dominé par le bocage au sud et à l'est, et par l'openfield à l'ouest. Au nord, le plateau de Montgué est en partie sauvage, mais le bois de pins noirs d'Autriche des Menées, soumis au régime forestier, est géré depuis sa plantation dans les années 1950 par l'Office national des forêts.

Le sous-sol est calcaire avec des intercalations marneuses (Jurassique inférieur).

Communes limitrophes

Les agglomérations les plus proches sont Tannay (), Corbigny (), et Clamecy (). Asnan est desservie par le chemin de fer (ligne Paris-Bercy-Corbigny) et par le canal du Nivernais : Gare de Flez-Cuzy - Tannay (à ). La route départementale D 34 (la Grande route) traverse le nord du village.

Accès

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Clamecy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Asnan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Clamecy, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (80,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (56,9 %), prairies (23,7 %), forêts (7,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6,4 %), zones urbanisées (5,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Premières mentions : Aanant (1158), Aanantum (1287), Anento (1369).

Ad-Nantum : ad (à côté/près) et nantum (du radical gaulois * latinisé évoquant un petit cours d’eau, celui qui prend sa source au cœur du village)François Falc'hun et Bernard Tanguy, Les Noms de lieux celtiques, Première série, Vallées et plaines, Éditions Jean-Paul Gisserot, 1966.

Selon le Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France de Dauzat et Rostaing, le terme Ad Nantum signifierait « le village à côté de la rivière »Dauzat A. et Rostaing (Ch.), Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France, Paris 1963, réédition 1984. Ce que Gérard Taverdet remet en cause par plusieurs objections dont la principale est l'absence de rivière en ce lieu mais la présence d'un ruisseau. Il préfère une autre traduction du terme gaulois Nantum, celle encore vivante en Savoie de « torrent »Gérard Taverdet, professeur à l'Université de Dijon, Les noms de lieux de la Nièvre, centre de documentation pédagogique de l'académie de Dijon, A.B.D.O., 1987. La source d'Asnan alimente son lavoir. Cette source est aujourd'hui canalisée, par le passé elle jaillissait d'une pente au dénivelé supérieur à 6% et pouvait alimenter par son débit rapide, sur ce terrain accidenté, un torrent. La signification première de Adnantum serait alors « le village à côté du torrent ». Gérard Taverdet nous donne deux autres significations de ce terme gaulois pour la commune d'Asnan, celui de creux ou de vallée à rapprocher de la proximité immédiate du village avec le site préhistorique de Mont Gué. La signification pourrait être également celle du « village au pied / au creux de l'oppidum » ; Peut-être un dérivé de asinus « âne » ; ce serait un ancien relais (le village est sur une route importante). Les collines boisées au nord du village sont nommées les « Menées » (peut être à rapprocher du celte/breton Menez signifiant « mont » ou « montagne »).

Micro-toponymes Noms des parcelles cadastrales : La Barrière, Beauregard, Les Bobins, Le Buisson Rond, La Campagne d'Huban, Les Carelles, Cascard, La Cassarde, Le Cercueil, Challuée, Le Champ de l’Étang, Le Champ Gouté, Le Champ de la Terre Creuse, Les Champs Courté, Les Champs du Bout, Château Renaut, La Chaume de Menée, Le Clou, La Comme, La Croisette, La Croix d'Asnan, La Croix Champagne, La Croix de Mission, La Croix de Pierre, La Croix Rouge, Le Crot Guillier, Le Croto, L’Écheintre Goby, En Clair, En Forêt, L’Étang, Fossenne, La Folie, La Fonte de Pru, La Grosse Terre, Les Hâtes, Les Huit Pendus, Les Malandres, Les Melons, Le Montdié, Le Montpolin, Niar Colas, L’Orillette, Les Ouches, La Pièce du Moulin, Les Piliers, Les Plantes, Le Plessis, Le Pré Aubin, Le Pré des Planches, Le Pré de la Porte, Les Quatre Noyers, La Queue d'Erse, Les Réculons, La Riole, La Suée, Sur l’Église, Sur Le Jour, Les Terres de Menée, Les Vignes des Champs Théry, Les Vignes de la Croix.Archives départementales de la Nièvre, E Dépôt/015 état de sections (1837) 1G8, ancien cadastre (1837) 3PPLANS/015, procès-verbal d'arpentage (1789) 1C1

Histoire Préhistoire vignette|Le Montgué dominant Asnan Le village d’Asnan est dominé au nord par un plateau se terminant en un étroit promontoire (le Montgué, ). Ce promontoire a été aménagé il y a environ ans en éperon barré. Il s’agissait là d’une position défensive, prototype des premières fortifications. L’éperon était barré par un rempart transversal qui permettait d’en interdire l’accès à d’éventuels assaillants venant du plateau, les pentes latérales abruptes formant des protections naturelles.

Le site néolithique du Montgué à Asnan est qualifié de camp en éperon barré. Le rempart ( de long), qui n’est plus actuellement qu’un faible talus, a été fouillé en 1970-1971 par le Groupe nivernais de recherches archéologiques préhistoriques. Les fouilles ont montré que le rempart était précédé d’un fossé (largeur 4,50 m, profondeur ) et que sa masse était retenue par une structure en bois et une palissade. Le matériel recueilli est essentiellement néolithique : tessons de poterie noire ou rouge et nombreux ossements humains calcinés et émiettés.

Au lieu-dit les Malandres et près du Montpolin, en bordure de la route reliant Asnan à Grenois, les missions photographiques aériennes ont révélé la présence de formes géométriques qui s’apparentent à des structures arasées. La voie antique reliant Avallon à Bourges (par Nuars, Saint-Didier, Challement, Hubans, Chevannes-Changy) passait à proximité du village. Elle était encore utilisée au Moyen Âge par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle en provenance de Vézelay.

Ancien régime vignette|Asnan sur la carte du duché du Nivernais en 1631 (détail). Le village s'est primitivement développé autour de la source du ruisseau. Il existait au une tradition orale relative à l’origine du nom du village. Selon cette légende, Asnan ne se composait à l'origine que de deux maisons : le château Boulaguet et le domaine de l'Ane. Au Moyen Âge, les moines de l'abbaye Saint-Léonard de Corbigny venaient à cette source pour recueillir de l'eau dans des outres qu'ils chargeaient sur un âne. De là le nom que l'on donna au petit domaine agricole qu'ils possédaient à côté, et ensuite, le nom d'Asnan donné au bourg qui se développa progressivement autour. Dès le (et jusqu'en 1790), l'abbé de Saint-Léonard de Corbigny fut en effet le nominateur et le décimateur de la paroisse. La légende aurait donc un fond de vérité, même si cette origine étymologique du nom d'Asnan est contestable.

Le seigneur juridique d'Asnan est le baron d'Hubans (ou Huban) qui réside dans sa tour fortifiée dominant le petit hameau voisin d'Hubans (commune de Grenois). Les premiers seigneurs connus sont Hugues (en 1084) puis Mathieu (en 1095). Les familles de Saint-Vérain (), de Mello et d'Eu (), de Montaigu (), de Rabutin ( et ) et de Jaucourt () se succèdent à la tête de la baronnie jusqu'à la Révolution. À partir du , ils résident dans leur château de Brinon-sur-Beuvron quand ils ne sont pas dans leur hôtel parisien. Le baron d'Hubans détenait la haute et moyenne justice du village. Le gibet et les fourches patibulaires se dressaient au lieu-dit les Piliers près de la route départementale D 34. Des seigneurs subalternes (dits fonciers) possédaient des arrière-fiefs à Asnan : l'étang et le moulin à eau du Plessis, le moulin à vent de Champs Théry, la maison Boulaguet. Le seigneur de Moraches détenait la basse justice d'Asnan.

Village entouré de basses murailles (ville close selon Guy Coquille dans son Commentaire sur la coutume du pays et duché de Nivernais (1590)), Asnan possédait quatre foires annuelles et un marché hebdomadaire. Vauban indique dans sa description géographique de l'élection de Vézelay (1696) : « Il y a du blé et du vin assez pour les habitants et pour en faire un assez bon commerce. »

Époque moderne La Révolution a été mouvementée dans ce bourg qui compte alors près de 700 habitants : la rédaction controversée du Cahier de doléances dont une autre version, demeurée célèbre., fut envoyée directement par les habitants au ministre Jacques Necker ; la Grande Peur de l'été 1789 où près de 2500 ouvriers du canal du Nivernais faillirent ravager le village ; des luttes incessantes entre clergé réfractaire et clergé constitutionnel ; l'hébergement de militaires étrangers prisonniers ; la mort en déportation de l'ancien curé ; l'arrestation du maire et de plusieurs notables et leur traduction devant le tribunal révolutionnaire de Paris.