Les Baoulés sont un peuple de Côte d’Ivoire, vivant pour sa grande majorité dans le centre et le centre-est du pays, notamment autour de Bouaké et de Yamoussoukro, mais également présents dans d’autres régions du pays, notamment à Abengourou

Ce peuple fait partie du groupe Akan et est originaire du royaume Ashanti, situé dans le Ghana actuel. En 2021, le groupe ethnique Akan représente 38 % de la population ivoirienne, ce qui en fait le plus important du pays..

Histoire

Les Baoulés se sont établis en Côte d'Ivoire entre les fleuves Bandama et Comoé au , guidés par la reine Abla Pokou qui y créa le royaume Baoulé. Celui-ci a perduré comme État indépendant jusqu'en 1893, moment où l'ensemble de la Côte d'Ivoire est intégrée à l'empire colonial français. Sa capitale historique, Sakassou, est située au centre du pays actuel.

Le nom Baoulé viendrait, selon la légende, du sacrifice, par la reine Pokou, de l'un de ses fils afin de passer un fleuve, alors qu'elle menait la fuite de son peuple du royaume Ashanti : ba ou li (l'enfant est mort). Félix Houphouët-Boigny puis Henri Konan Bédié ont été considérés par les Baoulés comme leurs chefs de file politiques.

Chefferie, sous-groupes et organisation politique traditionnelle

En 2020, le roi des Baoulés est Nanan Kassi Anvo, entouré d'au moins traditionnels.

Il existe une vingtaine de sous-groupes appartenant à des aires géographiques spécifiques :

Ces sous-groupes parlent la même langue, mais avec quelques variations, notamment dans le ton et la prononciation.

Certains peuples qui ont subi la domination des Baoulés ont tendance à se considérer aujourd’hui comme des Baoulés, à l'instar des Ouan (Tiéningbué, Kounahiri) ou des Ngain (M'bahiakro).

Organisation politique traditionnelle Les femmes ont toujours joué un rôle central dans la société baoulée, de façon exceptionnelle dans la région, d'autant que leur influence s’exerce aussi bien sur les décisions familiales que communautaires. Des femmes deviennent même parfois cheffes de village, et à Sakassou, fief du royaume baoulé, le palais est ainsi occupé par une reine, Akoua Boni.

Langue

Le baoulé est une langue africaine de la famille des langues akan ou tano central, principalement parlée en Côte d'Ivoire par les membres de l'ethnie baoulé.

Culture

Fêtes

Paquinou est une fête célébrée à Pâques dans les villages pendant trois jours, du vendredi au dimanche. Il s'agit d'une fête incontournable pour cette communauté à l'occasion de laquelle les Baoulé qui ont émigré, pour beaucoup en ville ou même à l'étranger, reviennent dans leurs villages. Le vendredi est ainsi l'occasion de se déplacer pour rejoindre ces derniers. Le samedi est la journée des palabres, pour régler les différends au sein de la communauté. Enfin le dimanche, après une nuit de fête en plein air, on exhibe le masque Goli qui ne sort que lors de grandes occasions, un masque en forme de tête de buffle surmonté de cornes aux couleurs des Baoulé rouge-blanc-noir. Le danseur, avec une chevelure en raphia et une peau de bête, se déplace dans tous les sens aux sons des tambours et bénit ainsi le village.

Danses thumb|redresse|Au centre : tambour baoulé (musée du quai Branly). Quelques danses baoulées très prisées : le goli, qui est notamment dansé par les Baoulés de Béoumi qui l'ont importé de leurs voisins Ouan qui leur étaient soumis. En revanche les chants qui accompagnent le goli demeurent en Ouan ; l'adjémlé, qui est dansé par les Baoulé de Sakassou et de Diabo ; le kôtou, qui est semblable à l'adjémlé et qui est dansé dans les régions de Tiébissou, de Yamoussoukro l'adjoss, qui est dansé dans toutes les régions baoulées. Le goli remplace peu à peu toutes les danses masquées, qu'elles soient sacrées ou de divertissement.

Musique

Artisanat

Les Baoulés sont réputés pour être d'habiles sculpteurs, tisserands et orfèvres.

Les objets emblématiques de l'artisanat baoulé sont les poids à peser l'or, les bijoux, les objets décorés en or de toutes sortes ; les Baoulés vouent un "culte" à l'or qui est symbole d'héritage, d'opulence, de pouvoir, et qu'il faut éviter de voler mais mériter.

Pagnes baoulé Les pagnes baoulé "wawlé tanni" sont très prisés pour leur qualité et leurs motifs éclatants. Tissés exclusivement par les hommes, ces vêtements de cérémonie sont portés par les femmes. Les Baoulés des régions de Yamoussoukro et de Tiébissou en sont les producteurs les plus réputés.

Cinq types principaux de pagnes sont produits : le blénou tani, le golikplo, l’ahoukpoa, le kpêta et le nankanfian.

En 2019, l'État ivoirien a lancé le processus de reconnaissance des pagnes baoulé en Indication géographique protégée (IGP)..

Noms Chez les Baoulé, le nom de famille est patronymique : le père donne son prénom comme nom de famille à ses enfants. Cette pratique est toutefois amenée à disparaître avec l'état civil moderne.

Les prénoms sont fixés selon plusieurs déterminants.

Les noms selon le jour de naissance (garçon / fille)

Les noms selon la position dans la fratrie

Les noms selon les circonstances de naissance

Les noms en référence aux éléments naturels, aux plantes, aux animaux

Les noms religieux

Les noms modernes ou forgés

Ils sont plutôt formulés selon le vécu, un témoignage, les circonstances, etc.

Toponymie Les noms des villes, villages, hameaux et campements chez les Baoulé sont en général formés avec le nom du fondateur + kro (originellement klô) :

Ainsi : Kouassikro (ville, village, hameau ou campement dont le fondateur est Kouassi), Kouadiokro, Konankro, Yaokro, Koffikro, Kouamékro, Klêmêkro, Ouendé-Kouassikro, Yamoussoukro, Bouaké (déformation de Gbêkêkro), Dimbokro (originellement Djimgbôklo), Daoukro (Daou étant une déformation de Lagoun)

Sinon, la toponymie est créée en référence à la position du village par rapport un élément naturel particulier : une rivière, un fleuve, une butte, un arbre, une forêt, etc.

-nouan signifie « au bord » : Lokanouan vient du fait que la localité est au bord de la rivière Loka, Séssénoua au bord de la rivière Séss, N'zianouan au bord de la rivière N'zi, Kongonouan au bord de la vallée/ravin, N'djébonou au bord de la forêt des fourmis magnans

-nou signifie « dans » : Kongonou = dans la vallée, Djangoménou = dans les ficus, Boblénou = dans la forêt dense, Mandanou = dans la bananeraie, Awahinou= dans les chiendents, Languibonou (à l'origine Lahibonou) = dans la forêt d'ails, Djékanou = dans les vigos (alchornea cordifolia), Djassanou = dans les enclos

-bo (h) signifie « sous » : Kokumbo = sous la colline Kokou, Okabo ou Bokabo = sous la montagne (colline ou butte en réalité), Pakobo (originellement Kpakobo) = sous le cocotier, Kodoubo = sous le carapa, Djamlabo = sous le bauhini, Afotobo = sous le bananier (musa sinensis), Kodrobo ou Kondrobo = sous le loloti, M'méboh = sous la forêt de palmiers (à ne pas confondre avec la palmeraie = M'méfiéh), Kpakpaboh = sous la forêt d'Ebiara

-sou signifie « sur » : Sakassou = sur la dépouille de la reine Abla Pokou, Kpangbassou = sur le roc ou sur le caillou Gbofia = caillou caché Béoumi = qu'on me voit (se référer à l'histoire du prince Abraha Akpo) Toumodi (originellement Tomidi) : l'étranger qui arrivait dans cette ville devrait s'acheter la nourriture qu'il devra consommer Boukébo = forêt d'escargots (village formé en faveur de la proximité d'une forêt pourvue d'escargots) Diabo = forêt d'éléphants roux Didiévi (originellement Idjévi) = cure-dent amer Saoundi = position de vassalité Les Baoulés se sont établis dans les régions forestières de l'ouest et du sud-ouest du pays pour créer de grandes plantations de café et de cacao, modifiant ainsi la toponymie des localités de ces régions.

Personnalités Baoulé

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Kwané René Allou, « Éclairage sur l’histoire précoloniale des Baoulé (2) », Université Cocody-Abidjan Cyprien Arbelbide et René Gentric, Les Baoulés d'après leurs dictons et proverbes, CEDA, 1975, 191 p. N-Dri Thérèse Assié-Lumumba, Les Africaines dans la politique - Femmes Baoulé de Côte d'Ivoire, L'Harmattan, 1997 P. R. Dasen (et al.), « N'glouele, l'intelligence chez les Baoulé », Archives de psychologie, 1985, vol. 53, 205, 293-324 Pierre et Mona Étienne, « À qui mieux mieux, ou le mariage chez les Baoulé », Cahiers de l'ORSTOM, série Sciences humaines, vol. VIII, 2, 1971) Vincent Guerry, La vie quotidienne dans un village Baoulé, Éditions Inadès, 1980 Yao Jérôme Kouadio, Les proverbes baoulés de Côte d'Ivoire : types, fonctions et actualité, LEditions T.I.C., 2004, 316 p. J. N. Loucou et A. Ligier, La Reine Pokou, Nouvelles éditions africaines, 1977 Marc Ménalque, Coutumes civiles des Baoulés de la région de Dimbokro, Larose éditeurs, 1933, 74 p. P. de Salverte-Marmier, L'expansion Baoulé au - Études régionales de Baouké, Ministère du Plan, Abidjan, 1967 Véronique Tadjo, Reine Pokou, concerto pour un sacrifice, 2005

F.-J. Amon d'Aby, Les principes successoraux des tribus agni et baoulé, en Côte d'Ivoire devant l'évolution économique moderne, CHEAM, 1958, 8 p. Jean Pierre Chauveau, «Economie de plantation et nouveaux milieux sociaux : essai d'analyse comparative et historique à partir d'observations en pays gban et baoulé ( Côte d'Ivoire forestière)», Cah. ORSTOM, série Sciences Humaines vol. XVI, n°1-2, Paris, 1979A. Petit, « Une danse "fétiche" à la Côte d'Ivoire » (La danse du Goli masquée des Akoué et autres clans du baoulé), Revue d'ethnographie et des traditions populaires, n° 3, 1924, pp. 174-176, p. 81-82 H. Hubert, « Coutumes indigènes en matière d'exploitation des gîtes aurifères en Afrique occidentale » (Droit coutumier de la Côte d'Ivoire, chez les agni, les baoulé de Bondoukou), Annuaire et mémoire du comité d'étude historique et scientifique de l'AOF, s.l., 1917, pp. 222-243 A. Petit, « Une danse "fétiche" à la Côte d'Ivoire » (La danse du Goli masquée des Akoué et autres clans du baoulé), Revue d'ethnographie et des traditions populaires, n° 3, 1924, pp. 174-176. A. Petit, « Une danse "fétiche" à la Côte d'Ivoire » (La danse du Goli masquée des Akoué et autres clans du baoulé), Sciences et voyages, 1924, pp. 8-10 B. Holas, « Le masque Do des baoulé Aïtou d'Akouékouadiokro », Notes Africaines, n° 38, 1948, pp. 5-6. N. Kouadio, « Le nom chez les baoulé », Not. Afr., n° 20, 1943, pp. II-12 « Traditions Malinké et Baoulé », Eburnéa, n° 21, Abidjan, 1969, pp. 26-27

Articles connexes Liste des groupes ethniques d'Afrique Démographie en Côte d'Ivoire Souris dans la culture : pour les boîtes à oracle ou divination

Liens externes

Baule Information (Art & Life in Africa, Université de l'Iowa) L'art des Baoulés par Suzanne Vogel (site personnel) La vie artisanale chez les Baoulé (site Rezoivoire) Civilisation Baoulé (site de l'Association de développement de la Région Centre) Site de l'université de Calgary Littérature

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