Le Pur-sang (, abréviation officielle PS) est une race de chevaux de course. C'est le plus connu des chevaux à sang chaud et l'un des plus répandus, puisqu'il court sur les pistes d'hippodromes lors des courses de galop.

Le Pur-sang résulte d'un élevage sélectif commencé aux en Angleterre, lorsque des juments locales sont croisées avec des étalons importés depuis des pays arabes. Le pedigree de chaque Pur-sang peut être tracé jusqu'aux étalons fondateurs et à ces juments anglaises, justifiant le nom donné à cette race de chevaux. Les Pur-sang se sont exportés dans de nombreux pays qui ont développé une industrie des courses hippiques, principalement en Amérique du Nord dès 1730, puis en Australie, en France, en Italie, au Japon et en Amérique du Sud, au cours du . Des millions de Pur-sang sont désormais élevés dans le monde. Chaque année voit l'enregistrement d'environ naissances.

Cheval réputé fragile et délicat, le Pur-sang se distingue en premier lieu par sa finesse, son agilité et sa vitesse. Il est élevé prioritairement pour devenir un cheval de course en sport hippique, mais peut concourir dans de nombreux sports équestres tels que le saut d'obstacles, le concours complet d'équitation, le polo et le horse-ball. Certains sont montés en chasse à courre, ou deviennent des montures d'instruction dans les centres équestres après une réforme. Ils sont souvent croisés à d'autres races de chevaux pour en modifier le modèle, ou en créer de nouvelles. Le Pur-sang participe ainsi à la formation de l'Anglo-arabe, du Selle français, de l'AQPS et de nombreux chevaux de sport.

L'entraînement et la sélection des Pur-sang sont une source d'accidents et de problèmes de santé chez la race. Le taux d'accidents dans les courses hippiques est le plus élevé parmi les sports légaux impliquant des animaux. Les Pur-sang ont fréquemment des saignements de poumons, une fertilité anormalement basse, un cœur et des pieds trop petits par rapport à leur masse. Plusieurs théories expliquent les raisons des accidents et des problèmes de santé. Les recherches tentent d'en réduire le taux et d'améliorer les soins aux animaux blessés ou malades.

Les courses de chevaux Pur-sang sont médiatisées dans un grand nombre de pays, tout particulièrement en Angleterre. Le Pur-sang et le monde des courses inspirent régulièrement écrivains et artistes, donnant des œuvres cultes telles que Le Grand National.

Étymologie et terminologie Le Pur-sang, longtemps nommé ou dans les pays francophones, est une race de chevaux distincte, bien que le terme de pur-sang puisse en théorie s'appliquer à n'importe quel animal de « race pure ». Le mot français « pur-sang », ou ses variantes « Pur-Sang » et « Pur Sang » (nom officiel de la race dans les documents de France Galop et de l'IFCE.), sont une traduction de l'anglais , qui signifie littéralement ou .

Le terme officiel anglophone pour désigner les animaux qui n'ont jamais été croisés avec d'autres races depuis leur origine correspond à la notion de « pure race » ou « race pure », c'est-à-dire ... En anglais, les éleveurs d'autres races animales de « sang pur » utilisent généralement le terme de purebreed (race pure), le nom n'est jamais utilisé pour d'autres races ou d'autres espèces. Selon les anglophones, est un nom propre qui se réfère spécifiquement à ce cheval.. En revanche, en langue française, le mot pur-sang (sans majuscule) est polysémique, pouvant désigner, d'après le CNRTL, un ou un .. Les États-Unis et le stud-book australien utilisent aussi le nom anglais .. Le mot thoroughbred n'apparaît pas dans la première édition du General Stud Book (registre généalogique anglais du Pur-sang) ; la d'anthropologie Rebecca Cassidy souligne que les premiers compilateurs des lignées généalogiques n'avaient peut-être pas pour intention de préserver une .

L'usage du terme s'est probablement généralisé après l'ouverture du General Stud Book (abrégé : GSB), qui constitue l'un des tout premiers registres généalogiques officiellement créés. Les éleveurs anglophones modernes du Pur-sang jugent l'emploi du terme de incorrect pour tout autre animal de « sang pur », en dehors de cette race de chevaux.

Histoire Le Pur-sang résulte d'un élevage sélectif basé sur la vitesse : ses éleveurs ont croisé les meilleurs sujets entre eux pour aboutir à ce cheval, le plus rapide au monde. De toutes les races de chevaux, le Pur-sang est probablement celle dont la création a eu la plus grande importance au niveau mondial, suscitant un tournant dans l'histoire de l'élevage. Ses premiers éleveurs sont des gentlemen anglais et irlandais qui créent des entreprises commerciales, avec le soutien des maisons royales de Stuart, de Hanovre et de Windsor. La race rencontre le succès international à partir du , dans le cadre de l'expansion de l'empire colonial britannique.

Bien que la croyance populaire voie dans le Pur-sang une race issue de l'Arabe, les études génétiques ne confirment pas une telle filiation..

Naissance du Pur-sang en Angleterre L'origine du Pur-sang serait à rechercher dès le , lorsque les Normands qui suivent Guillaume le Conquérant introduisent leur cavalerie formée de chevaux andalous. Des courses hippiques de plat existent en Angleterre au moins depuis l'an 1174, originellement pour la sélection militaire. Vers 1580, sous le règne d'Élisabeth , les chevaux anglais sont issus de lignées andalouses, Arabe et Barbe. Les premières sélections d'élevage et les premiers entraînements se mettent en place avec la création du handicap sportif lors des courses de vitesse. Pendant le règne de Charles II, la reine Anne de Grande-Bretagne, le roi William III et le roi George I posent les fondements de l'élevage du Pur-sang. Les courses et l'élevage des chevaux de course obtiennent le soutien royal. Avec cet appui, les courses de chevaux deviennent vite populaires auprès de toutes les catégories de la population. À partir du , les Anglais élèvent des chevaux sur des critères de taille, mais aussi sur des critères de rapidité. La première occurrence du terme pour décrire ces chevaux date de 1713.. En 1727 est créé un journal exclusivement consacré aux courses, le , contenant les résultats des courses passées ainsi que les dates des courses à venir. Le Jockey Club est fondé en 1750, originellement comme un club de propriétaires de chevaux de course.

Étalons fondateurs

Tous les Pur-sang modernes descendent de trois étalons fondateurs importés en Angleterre depuis le Moyen-Orient à la fin du : Byerley Turk (1680), Darley Arabian (1704), et Godolphin Arabian (1729).

L'étalon Darley Arabian, bien que qualifié d'« Arabe », était vraisemblablement un Turkoman (type turc). D'autres étalons issus de races orientales sont mentionnés, mais leur descendance est moins nombreuse, ils sont donc beaucoup moins influents. Ils ont néanmoins contribué à la formation de la race. Ce sont : Alcock's Arabian, D'Arcy's White Turk, Leedes Arabian et Curwen's Bay Barb. Le croisement de chevaux arabes avec des juments natives d'Angleterre marque la création du General Stud Book (GSB) en 1791 et le début des enregistrements des chevaux issus de ces lignées. Aussi, la création du GSB est considérée comme la date de la constitution du Pur-sang en race.

Chacun de ces trois étalons fondateurs fut l'ancêtre, grand-père ou arrière-grand-père, d'un cheval de course qui eut une immense influence sur chacune des trois lignées considérées comme fondatrices des Pur-sang modernes. Les quatre plus grands étalons du sont Matchem, un descendant de Godolphin Arabian, Herod (ou King Herod), arrière-arrière-petit-fils de Byerley Turk ; Highflyer, un fils d'Herod et Eclipse, célèbre arrière-arrière-petit-fils de Darley Arabian qui fut le plus grand cheval de course de son époque, et resta invaincu durant toute sa carrière. Les croisements ultérieurs avec des étalons extérieurs sont rarissimes, une exception étant le Wellesley Arabian, un étalon méconnu, importé en Angleterre en par Henry Wellesley..

95 % des Pur-sang mâles sont des descendants patrilinéaires (via leur chromosome Y) de Darley Arabian.. Toutefois, le pedigree des Pur-sang modernes montre que la plupart des chevaux ont eu plus de croisements avec la lignée de Godolphin Arabian (13,8 %) qu'avec celle de Darley Arabian (6,5 %) si l'on prend en compte toutes les lignées de descendance maternelle et paternelle. Curieusement, en pourcentage d'influence dans les lignées du Pur-sang moderne, Curwen's Bay Barb (4,2 %) apparaît plus souvent que Byerley Turk (3,3 %). La majorité des Pur-sang qui existent aujourd'hui descend directement de 27 ou 28 étalons des .

Juments fondatrices Les juments sélectionnées comme poulinières de la race du Pur-sang sont désignées par le nom de Royal Mares (« juments royales »). Une analyse de l'ADN mitochondrial a été menée en 2011 pour déterminer leur origine. Elle n'a apporté aucune preuve de l'existence d'origines maternelles arabes exclusives ni d'une importation importante de juments orientales, démontrant au contraire un .. Certaines de ces juments sont vraisemblablement issues d'une race irlandaise connue dans le Nord du pays depuis le , l'Irish Hobby citant ..

Le chercheur Bruce Lowe a identifié au certaines de juments dans la race du Pur-sang ; le nombre de juments fondatrices a été fixé à 74 citant .. Toutefois, des études récentes à partir de l'ADN de juments Pur-sang indiquent que certaines de ces 74 juments semblent avoir elles-mêmes un ancêtre commun, ou bien que le registre anglais du Pur-sang comporte des erreurs.

Développement de la race

Développement en Angleterre

Toutes les grandes courses classiques anglaises voient le jour à la fin du : le St. Leger Stakes en 1776, les Oaks d'Epsom en 1779 et le Derby d'Epsom en 1780. Plus tard, les et le furent créés en 1809 et 1814. Le et les Oaks sont réservés aux pouliches, mais toutes les autres courses sont réservées aux poulains des deux sexes âgés de 3 ans. Les distances imposées pour ces courses, de à , ont modifié les pratiques d'élevage, les éleveurs produisant des poulains capables de commencer les courses beaucoup plus jeunes, et de courir beaucoup plus vite que par le passé. Au début du , les distances de course moyennes, , sont favorables aux chevaux plus âgés.

L'élevage sélectif sur la vitesse et l'habileté aux courses commença à avoir une influence considérable sur le modèle des chevaux, ceux-ci gagnant en taille et en vitesse par rapport à leurs ancêtres. Au milieu du , Bay Middleton, un vainqueur du Derby d'Epsom, mesurait plus de au garrot soit de plus que Darley Arabian. À cette époque, les éleveurs estiment que l'amélioration de la race du fait de l'élevage sélectif était telle qu'il serait impossible d'obtenir de meilleurs résultats en effectuant des croisements avec l'Arabe. En 1885, une course est organisée entre un Pur-sang considéré comme un coureur moyen, Iambic, et le meilleur coursier arabe de l'époque, Asil. La course se déroule sur et bien que Iambic soit handicapé de de plus qu'Asil, il parvient à le battre de 20 longueurs. À cette époque également, l'élevage ne s'orienta plus uniquement sur les courses de plat, les premières courses d'obstacles de type steeple chase voyant le jour. Jusqu'à la fin du , les Pur-sang ne sont pas élevés uniquement pour les courses, mais également comme chevaux de selle. L'implantation de l'élevage du Pur-sang au Royaume-Uni s'effectue au détriment des races natives..