Anna Simó i Castelló, née le à Els Alamús (province de Lérida), est une femme politique espagnole, membre de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC).

Militante d'ERC depuis 1990, elle parvient en à faire entrer son parti au conseil municipal de L'Hospitalet de Llobregat, dans la banlieue rouge de Barcelone. Sept mois plus tard, elle est nommée conseillère au Bien-être social et à la Famille dans le gouvernement de coalition de gauche du socialiste Pasqual Maragall. Elle en est exclue en , avec les autres conseillers d'ERC.

Elle siège ensuite au Parlement de Catalogne, entre et . Devenue en porte-parole du groupe parlementaire de la Gauche républicaine, elle cumule ce poste avec celui de porte-parole du parti à partir de . Après les élections de 2012, elle est élue vice-présidente du Parlement et renonce à ses fonctions à la direction du groupe de députés. Elle est remplacée, en 2015, comme porte-parole d'ERC et accède en parallèle aux responsabilités de secrétaire du Parlement catalan.

Elle renonce, deux ans plus tard, à se représenter aux élections anticipées convoquées à la suite de la suspension des institutions autonomes. Elle revient finalement à la vie institutionnelle en 2023, comme conseillère à l'Éducation dans le gouvernement minoritaire du républicain Pere Aragonès.

Biographie Jeunesse et carrière professionnelle Anna Simó i Castelló est née le à Els Alamús, dans le Segrià, en Catalogne « Qui és qui a la Mesa del Parlament », Nació Digital, 17 décembre 2012.. Comme beaucoup d'autres à la même époque, sa famille a vécu la migration intérieure des comarques rurales de la Catalogne vers l'agglomération de Barcelone : elle s'est installée à L'Hospitalet de Llobregat, dans le Barcelonès, lorsqu'Anna Simó était âgée de cinq ans. Son père travaillait dans l'usine automobile de la SEAT « Los otros inmigrantes », La Vanguardia, 7 janvier 2004..

Elle est titulaire d'une licence de et d'un postgrade sur la planification linguistique de l'université de Barcelone (UB) obtenu en 1992. L'étude , dont elle est co-autrice, reçoit le , décerné par Òmnium Cultural « Sindicalista y católica », La Vanguardia, 5 janvier 2004..

À partir de 1990, elle travaille pour le (CPNL). Elle devient la directrice de sa délégation de la Ciutat Vella, à Barcelone « Una joven filóloga afable », La Vanguardia, 21 décembre 2003..

En 1990, elle adhère au parti de gauche indépendantiste Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). Elle devient conseillère nationale du parti en 1994, puis membre de la direction en 1998 « Anna Simó tornarà a optar per un lloc a les llistes d'ERC en representació del Baix Llobregat », 324, 19 juin 2010.. En 2001, elle est désignée secrétaire à la politique sociale et aux droits des gays et lesbiennes. Entre 1996 et 2002, elle préside la section d'Esquerra à L'Hospitalet de Llobregat. Jusqu'alors, le parti n'avait jamais réussi à obtenir suffisamment de votes dans cette ville pour être représenté au conseil municipal. Anna Simó, tête de liste aux élections municipales de 2003, est la première à être élue conseillère municipale. Elle est également militante féministe à , syndicaliste des (CCOO) et membre du .

Conseillère au Bien-être social et à la Famille À la suite des élections au Parlement de Catalogne du 16 novembre 2003, elle est nommée conseillère au Bien-être social et à la Famille dans le gouvernement dirigé par Pasqual Maragall et regroupant le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et Initiative pour la Catalogne Verts (ICV). Âgée de , elle est la plus jeune conseillère du nouveau gouvernement. Elle incarne la nouvelle génération d'ERC. Les priorités de la mandature sont la légalisation de l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, l'extension des aides aux familles monoparentales, la lutte contre les violences sexistes, le développement des politiques de la dépendance des personnes âgées, et l'augmentation du budget consacré aux politiques sociales « La Generalitat creará un fondo de garantía para el pago de pensiones de divorcio », La Vanguardia, 5 février 2004..

Le projet de loi sur l'adoption est élaboré conjointement par la conseillère Anna Simó et par le conseiller à la justice, , et déposé en . Il vise à donner aux couples homosexuels les mêmes droits que les couples hétérosexuels, en tant que pères et mères adoptantes « Los gays podrán adoptar en Catalunya », La Vanguardia, 21 juillet 2004.. La loi est adoptée par le Parlement de Catalogne le « El Parlamento catalán aprueba una ley que permite la adopción por parejas homosexuales », El País, 31 mars 2005.. La conseillère Anna Simó est elle-même une personnalité engagée pour l'égalité des droits des personnes homosexuelles. Ainsi, en , elle est témoin du premier mariage homosexuel célébré en Catalogne, après sa légalisation par l'État espagnol « Anna Simó, testigo de la primera boda gay de Catalunya », La Vanguardia, avril 2005..

Le projet de loi sur l'universalisation des services sociaux est l'un des grands projets du gouvernement. Il doit revoir les critères d'attribution de l'ensemble des prestations sociales et leur mode de financement. Les travaux préparatoires commencent au début de l'année 2004, et une longue période d'étude et de concertation est prévue avant la présentation du projet de loi à la fin de l'année 2005 « Un comité de sabios definirá cómo ampliar los servicios sociales de la Generalitat », La Vanguardia, 2 juin 2004..

Le projet de loi sur la protection des droits de l'enfance est présenté en 2005 « El Parlament aprueba hoy una norma que pretende reducir el número de jóvenes tutelados », La Vanguardia, 12 mai 2010..

Le budget du département du bien-être social et de la famille augmente de 78 % entre 2003 et 2006. Le ministère traite d'affaires sensibles, dont certaines sont largement répercutées dans les médias : c'est notamment le cas de l'affaire Alba, du nom d'une enfant victime de mauvais traitements, ainsi que des problèmes liés à des adoptions d'enfants par des familles catalanes en République du Congo et en République démocratique du Congo « Dos problemas para dos conselleras », ABC, 28 octobre 2006..

Le , les conseillers d'ERC sont expulsés du gouvernement, après que le parti a décidé d'appeler à voter non au . succède à Anna Simó au département du bien-être social et de la famille. Celle-ci quitte le gouvernement sans avoir achevé son programme : les projets de loi sur les services sociaux et sur l'enfance restent en suspens. Son passage au gouvernement lui a assuré une relative notoriété. En , elle a été reconduite comme conseillère nationale d'ERC, avec le meilleur score des 75 candidats aux 25 postes « Acto de desagravio hacia Anna Simó », La Vanguardia, 4 juillet 2004.. Lorsqu'elle quitte ses fonctions en 2006, elle n'a pas encore quarante ans, mais est déjà considérée comme une dirigeante politique confirmée « Listos para el relevo », La Vanguardia, 2 juillet 2006..

Députée et porte-parole parlementaire d'ERC Lors des élections au Parlement de Catalogne du , la candidature de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) reflète ses nouveaux équilibres internes : les proches du nouveau secrétaire général, , occupent la majorité des positions éligibles. Anna Simó, qui fait partie de ses partisans, est placée en troisième place sur la liste pour la circonscription de Barcelone « Los fieles a Puigcercós copan los puestos clave de las listas de ERC en detrimento del entorno de Carod », El País, 22 juillet 2006.. Esquerra obtient un bon résultat électoral, avec , qui lui permet de jouer un rôle décisif pour la constitution d'un deuxième gouvernement tripartite de gauche. Anna Simó est élue députée « Esquerra consolida su posición de fuerza clave », La Vanguardia, 2 novembre 2006..

Elle devient porte-parole parlementaire adjointe d'Esquerra. Le porte-parole titulaire du groupe, Joan Ridao, doit être tête de liste lors des prochaines élections générales espagnoles, en 2008 ; il est prévu qu'Anna Simó lui succède. Les deux dirigeants du parti, Josep-Lluís Carod-Rovira et Joan Puigcercós, sont au gouvernement ; ils choisissent de ne pas désigner de président de groupe parlementaire « Carod y Puigcercós se repartirán el protagonismo de ERC en los grandes debates del Parlament », El Periódico, 13 novembre 2006.. Au Parlement, elle est aussi porte-parole d'Esquerra à la commission de la coopération, membre de la députation permanente, de la commission du règlement, de la commission du bien-être social et de l'immigration, de la commission du travail, de la commission de la santé, de la commission sur les droits des femmes, et de la commission sur le « H. Sra. Anna Simó i Castelló », législature, Parlement de Catalogne..

En , Joan Puigcercós quitte le gouvernement et devient président du groupe parlementaire, tandis que Joan Ridao est élu au Congrès des députés espagnol. Anna Simó lui succède comme porte-parole parlementaire le . Elle fait partie des plus proches soutiens de Joan Puigcercós « Puigcercós excluye al Gobierno de su pugna con Carod », El País, 19 mars 2008.. Elle cesse sa participation à la plupart des commissions parlementaires auxquelles elle était inscrite, et devient en revanche porte-parole d'Esquerra à la commission des affaires institutionnelles.

Aux élections législatives du 28 novembre 2010, elle est de nouveau candidate à la troisième place sur la liste d'Esquerra conduite par Joan Puigcercós « ERC aprueba sus candidaturas y relega al crítico Uriel Bertran », El País, 11 juillet 2010.. Le parti enregistre une lourde défaite, et obtient seulement , mais Anna Simó est réélue « 79 hombres y 56 mujeres, estos son los nuevos diputados del Parlamento catalán » ABC, 29 novembre 2010.. Avec Joan Ridao, elle participe à de brèves négociations avec la coalition nationaliste victorieuse Convergence et Union (CiU), qui sont rapidement abandonnées « El Parlament inicia su andadura con una Mesa que excluye a los grupos minoritarios », El País, 16 décembre 2010..

Elle demeure porte-parole parlementaire d'ERC, désormais dans l'opposition, et Joan Puigcercós se maintient comme président du groupe parlementaire « Puigcercós y Simó continuarán al frente del grupo parlamentario de ERC », Europa Press, 16 décembre 2010.. Pendant la législature, elle est également porte-parole du groupe à la commission des affaires institutionnelles, à la commission de l'enseignement et des universités, et à la commission de l'égalité des personnes « H. Sra. Anna Simó i Castelló », législature, Parlement de Catalogne.. Elle participe à la commission de rédaction créée en 2011, à l'initiative d'Esquerra, pour élaborer une proposition de loi sur la transparence « El Parlamento catalán impulsa una ponencia para una ley de transparencia y acceso a información pública », La Información, 10 février 2011..

En 2011, le candidat à la direction du parti, Oriol Junqueras, l'intègre à sa candidature pour le poste de porte-parole. Dans une équipe qui recherche l'équilibre entre les différentes tendances du parti, elle représente le secteur des proches de Puigcercós et la continuité avec l'équipe de direction en place « Junqueras excluye a Ridao de su proyecto para dirigir ERC », El País, 3 juillet 2011.. Lors du congrès tenu en , Oriol Junqueras est élu président d'Esquerra Republicana et Anna Simó en devient la porte-parole ; elle cumule cette fonction avec celle de porte-parole parlementaire « Anna Simó, designada portavoz de ERC por la ejecutiva », La Vanguardia, 3 octobre 2011..

Membre du bureau du Parlement