Le Chat, plus spécifiquement désigné sous le nom de Chat domestique ()Certains auteurs utilisent le nom trinominal de sous-espèce Felis silvestris catus, mais ce taxon est invalide dans la taxonomie actuelle., est une espèce de mammifères de l’Ordre des Carnivores, de la famille des félins (Félidés).

C’est un animal de petite taille, notamment caractérisé par ses oreilles triangulaires et pointues, ses yeux ronds et brillants, son museau court et arrondi, ainsi que son poil doux et soyeux. Il possède un corps plus ou moins allongé, souple et flexible, mais robuste et musclé. Agile, c’est un bon grimpeur. Il possède de très bons réflexes : le dicton populaire dit qu’ « un chat retombe toujours sur ses pattes ». Il est généralement doté d’une longue queue fine qui lui sert à maintenir son équilibre lorsqu’il est en hauteur. Ses sens sont très développés ; en plus de son bon odorat il est réputé pour son excellente vision nocturne, permise par sa capacité à adapter la forme de sa pupille selon l’intensité de la lumière. Il peut également entendre les sons les plus aigus et inaudibles pour l’être humain, ce qui lui permet d’être toujours alerte et d’anticiper le danger. Ses vibrisses, de longs poils situés sur son museau et communément appelés « moustaches », sont des organes sensoriels tactiles.

Son régime alimentaire est strictement carnivore ; son alimentation est principalement composée de viande, même s’il peut aussi consommer du poisson, des insectes et même des végétaux dans une moindre mesure. Ses griffes rétractiles et ses dents acérées sont parfaitement adaptées au maintien et à la mise à mort de petits animaux tels que les rongeurs ou les oiseaux. Le chat dispose de diverses vocalisations dont, le miaulement, le ronronnement, le feulement ou encore le grognement, bien qu'il communique principalement par des mouvements faciaux et corporels, ainsi que des phéromones. La femelle (la chatte) peut avoir des petits (les chatons) du printemps à la fin de l'automne dans les zones tempérées et tout au long de l'année dans les régions équatoriales, avec des portées allant souvent de deux à cinq petits.

Habituellement un chasseur solitaire aux mœurs nocturnes ou crépusculaires, le chat est devenu l'un des principaux animaux domestiques, à l’instar du Chien. Les progrès de l'archéologie et de la génétique ont montré que la domestication du chat a commencé au Proche-Orient vers 7500 av. J.-C à partir de populations du Chat ganté (Felis lybica) dans le croissant fertile au Néolithique. Aujourd'hui, le chat est présent sur tout le globe et est apprécié par les humains pour sa compagnie et sa capacité à éliminer les nuisibles. D'abord vénéré par les Égyptiens, il est diabolisé en Europe au Moyen Âge et ne retrouve ses lettres de noblesse qu'au . En Asie, le chat reste synonyme de chance, de richesse ou de longévité. Ce félin laisse son empreinte dans la culture populaire et artistique, tant au travers d'expressions populaires que de représentations diverses au sein de la littérature, de la peinture ou encore de la musique. L’on compte aujourd'hui une cinquantaine de races différentes à travers le monde, issues de sélections artificielles ou encore d’hybridation avec d’autres espèces de félins.

Malgré sa domestication, il est réputé pour son indépendance vis-à-vis de l’Homme, ainsi que ses grandes facultés d’adaptation. Le chat errant, évitant le contact humain, peut retourner à l’état sauvage et devenir un chat haret. La divagation et l’abandon de chats contribuent à l’accroissement exponentiel de la population féline à travers le monde, entraînant le déclin de nombreuses espèces de reptiles, d'oiseaux ainsi que de petits mammifères, notamment sur les îles. À partir de la fin du , les dommages qu'il occasionne à la biodiversité sont mieux compris, et il fait partie des cent espèces envahissantes parmi les plus nuisibles du monde. Pour endiguer ce phénomène, le contrôle de la population comprend la stérilisation et la castration, voire l’élimination des populations de chats harets dans certains pays.

Dénomination

Le chat domestique mâle est couramment appelé un tandis que la femelle est appelée Entrée [consulté le 3 novembre 2016]. et le jeune un (, 1) [consulté le 3 novembre 2016]. [consulté le 3 novembre 2016].Entrée [consulté le 3 novembre 2016]..

L'origine du mot chat est controversée. L'une des hypothèses est qu'il vient du bas latin , qui, d'après le Littré (édition de 1878), provient du verbe , qui signifie « guetter », ce félin étant alors considéré comme un chasseur qui guette sa proie. Cette interprétation porte cependant à controverse. On retrouve des racines du mot à rapprocher dans certaines langues chamito-sémitiques (afro-asiatiques) : en copte (bohaïrique) ϣⲁⲩ, šau (prononcé chaou ou chaw/shaw) « matou », peut-être issu de l'égyptien moyen tešau « chatte », le nom donné à la femelle est retrouve gravé au pied des statuettes funéraires égyptiennes placées dans les tombes des femmes et à partir de ce terme pourrait découler l'appellation de « chaus »https://www.chat-et-cie.fr/le-chat/. Dans les langues berbères - issues de la même famille linguistique - les termes mucc (mouch), amucc (amouch) et amcic (amchich)Dictionnaire des racines berbères communes, Mohand Akli Haddadou, Haut Commissariat a l'Amazighite, 2006 tirés de la racine MCW (MCHW) donnent une racine commune qui devient visible si l'on retire le préfixe berbère am- ou m- : CW (CHW). Dans la langues tchadiques, on retrouve gāda en afade, et dans les langues nilo-sahariennes kadiska ou kadis en nubien, probablement influencé par l'égyptien ancien. Le terme arabe qitt pourrait provenir de la même source. En latin classique, se dit (d'où, en français, « félin, félidés »), mais désigne uniquement le chat sauvage d'Europe, tandis que s'applique au chat domestique« Le chat : origines et étymologie. », sur Chat et compagnie, 2006 (lire en ligne).. Une autre hypothèse relie le terme à un mot germanique ancien ou d'une langue européenne du Nord qui fut absorbé en latin puis en grec, syriaque et arabe : en germanique et dans les langues européennes du Nord emprunté de l'ouralien, du sami septentrionali , « hermine » et hongrois , « dame, hermine » du proto-ouralien , « femelle » (d'un animal à fourrure)..

On désigne aussi plus familièrement le chat par « minet » ou « minou » et la chatte par « minette ». Ce terme, attesté dès 1560, provient de mine, nom populaire du chat en gallo-roman. Ce mot est à l'origine de l'expression « dès potron-minet », qui signifie . D'après le Littré, il s'agirait d'une déformation de paître au minet, c'est-à-dire du moment où le chat, qui se lève tôt, va chercher son paître : sa pâture, sa nourriture… Cette explication doit sans doute à la pudeur de cet auteur du : selon Claude Duneton, cette expression provient de poitron-jacquet, jacquet désignant un écureuil (animal matinal marchant la queue levée) et poitron désignant le postérieurClaude Duneton, La Puce à l'oreille : anthologie des expressions populaires avec leur origine / Paris : Stock 1978 ; nouvelle édition revue et augmentée, Paris : Balland, 2001.. Dès potron-minet signifie donc : « à l'heure où l'on voit le derrière du chat ». Quant au « minet » ou à la « minette » qui « fait des mines », lorsque ce terme est appliqué à l'être humain, c'est un jeune homme ou une jeune fille qui s'efforce de plaire et se préoccupe beaucoup de son apparenceLe terme est utilisé par Madame de Sévigné dans ses Lettres (4 février 1689) pour désigner un jeune garçon..

Un chat mâle non castré est un « matou », terme à l'origine incertaine qui viendrait peut-être d'une dérivation de mite comme dans chattemite.. Le chat est aussi nommé familièrement « mistigri », mot-valise composé du préfixe miste-, signifiant « adroit », et de gris, la couleur..

En argot, un chat s'appelle un (sens 3)..Entrée .. Deux explications s'opposent, qui peut-être n'en font qu'une : d'une part, le jeu de mots sur « griffe » est évident ; d'autre part, la fourrure de certains chats noirs comporte une sorte de plastron blanc sur le poitrail, et celui-ci évoque le rabat blanc que l'on voit sur la robe noire des greffiers à l'audience..

Anatomie

Squelette et muscles vignette|Squelette du chat domestique.

L'anatomie du chat est semblable à celle des autres espèces de félidés. Il possède un corps fort et flexible, des réflexes rapides, des dents pointues et des griffes rétractables adaptées à la mise à mort de petites proies.

Le squelette est composé de . Les vertèbres du cou sont courtes, et la colonne vertébrale est très souple.

La clavicule des chats, de petite taille comme pour tous les félins, est reliée au sternum par un unique ligament : cela lui confère une grande souplesse, les épaules pouvant bouger indépendamment l'une de l'autre. Comme tous les carnivores, la dernière prémolaire supérieure et la première molaire inférieure forment les carnassières qui permettent au chat de déchirer sa nourriture, grâce à des muscles puissants fixés aux parois latérales de son crâne, et de l'avaler sans la mâcher. L'os hyoïde est entièrement ossifié, ce qui permet au chat de ronronner mais pas de rugir.

Les pattes sont pourvues de griffes rétractiles. Le chat possède cinq doigts aux pattes antérieures, dont seulement quatre touchent le sol, le pouce restant à l'écart, ainsi que quatre doigts aux pattes postérieures. Des cas de polydactylie existent et certains standards de races de chats l'admettent dans les concoursLa TICA, l'ACFA et la CFA admettent la polydactylie chez le Maine Coon par exemple.. Les coussinets ou pelotes, sont constitués d'une membrane élastique qui confère une marche silencieuse, « De la tête aux pieds : un équipement efficace », ..

Ces spécificités confèrent à l'animal une grande souplesse et une détente ample lors des sauts : il peut notamment sauter à une hauteur cinq fois supérieure à sa taille. À la course, sa vitesse moyenne est de et il met neuf secondes pour faire , mais il n'est pas un coureur de fond et se fatigue assez vite. Contrairement à ce que l'on peut penser, tous les chats savent très bien nager et ils n'hésiteront pas à se jeter à l'eau s'ils y sont contraintsJoël Dehasse, Tout sur la psychologie du chat, deuxième partie « Le chat et ses comportements », les comportements locomoteurs..

Un chat pèse en moyenne entre et mesure de sans la queue, qui peut, elle mesurer de de long. Le record de poids et de taille est détenu par Himmy, un chat castré australien qui, à sa mort en 1986, pesait pour de longueur totale et un tour de taille de .

Système digestif Le chat mastique peu et le processus de digestion commence directement dans l'estomac, de petite taille (environ ) mais au contenu très acide (pH d'environ 1,5), ce qui est également utile comme moyen de prévention des infections digestivesL'Encyclopédie du Chat Royal Canin, , édition ..

Son intestin est plutôt court (environ un mètre pour l'intestin grêle et de pour le gros intestin), typique du chasseur de petites proies. Ces dimensions expliquent pourquoi le chat doit manger fréquemment mais en petites quantités : entre 10 et journaliers. Le système digestif du chat est également peu adapté à la diversité alimentaire, qui lui vaut généralement des diarrhées et vomissements de manière assez courante, sans pour autant revêtir une quelconque gravité.. Enfin, le transit digestif du chat est rapide, entre .

Pelage

Les types de pelages sont nombreux, car très variables en fonction des races. Le pelage du chat est composé de poils longs (jarre) et portant les marques de la robe (taches par exemple). En dessous se trouvent les poils plus courts (bourre), puis le duvet. Cette organisation permet une bonne isolation du corps. Il existe des poils longs, courts, frisés, et même crépus. Certaines races, comme le sphynx, sont presque dépourvues de poils : un très léger duvet recouvre le corps, ainsi que la queue.