Hubert Robert, né le à ParisParoisse Saint-Sulpice. et mort le dans la même ville, est un peintre français, dessinateur, graveur, professeur de dessin, créateur de jardins et conservateur au muséum central des arts de la République (futur musée du Louvre).
Il est l'un des principaux artistes français du .
Biographie Hubert Robert naît à Paris, dans une famille de la moyenne bourgeoisie, le , il est baptisé le lendemain en l'église Saint-Sulpice de ParisLes registres paroissiaux et d'état civil à Paris ont été incendiés pendant la Commune de Paris en 1871 ; l'acte de baptême et la référence figurent dans Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, 1872, .. Il est le fils de Nicolas Robert, intendant du marquis de Stainville. et de Jeanne Catherine Charlotte Thibault.
Grâce à la protection de la famille de Choiseul, il étudie au collège de Navarre entre 1745 et 1751.. Il y reçoit une éducation classique dont peu d’artistes parmi ses contemporains purent bénéficier. L’un de ses professeurs, l’abbé Batteux, note les facilités du jeune élève pour le dessin, en le voyant dessiner un mousquetaire à l'arrière de sa copie de traduction de grec.
Après un premier apprentissage dans l’atelier du sculpteur Michel-Ange Slodtz (selon l’Abecedario de Pierre-Jean Mariette), Hubert Robert part pour l'Italie en 1754 grâce au comte de Stainville (1719-1785), nommé ambassadeur de France à Rome. Il obtient le droit de suivre les cours de l’Académie de France à Rome alors installée au palais Mancini sur le Corso, dont il devient pensionnaire en 1759.
Le séjour à Rome
vignette|redresse|L'Atelier du peintre (1760), Francfort-sur-le-Main, musée Städel. Arrivé à Rome le , Hubert Robert retourne en France le . Grâce à l'appui du comte de Stainville, Hubert Robert obtient une place de pensionnaire à l’Académie de France à Rome, de 1759 à 1762, sans avoir remporté le prestigieux prix de Rome. Il profite alors des cours de perspective donnés par le peintre Giovanni Paolo Panini (1691-1765) et du voisinage de Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), dit Piranèse, dont l’atelier de gravure est situé sur la via del Corso, face au palais Mancini.
Le jeune homme se lie d’amitié avec Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), pensionnaire à l’Académie depuis . Ensemble, ils enchaînent les dessins à la sanguine réalisés sur le motif, à Rome ou dans la campagne environnante, comme Ronciglione ou Tivoli, en privilégiant les vues des jardins et des palais abandonnés par leurs riches propriétaires aux effets du temps et de la nature. Ce sont précisément ces sujets pittoresques qu’apprécient les amateurs du et qu’Hubert Robert exploite sans cesse en dessin, comme en peinture, tout au long de sa carrière.
À Rome, Hubert Robert rencontre Louis-Jacques Durameau, Étienne de La Vallée-Poussin et Jean-Robert Ango, ainsi que des amateurs influents. Parmi ces derniers, l’abbé de Saint-Non, membre honoraire de l'Académie royale de peinture et de sculpture, emmène Hubert Robert à Naples en pour visiter les sites les plus célèbres de Campanie, en particulier les temples doriques de Paestum, qui ne cesseront de le fasciner bien après son retour en France.
Un peintre paysagiste vignette|redresse|Hubert Robert, gravure de Simon Charles Miger d'après Jean-Baptiste Isabey, Vizille, musée de la Révolution française. Précédé par une excellente réputation de dessinateur d’architectures en ruines, Hubert Robert est de retour à Paris au mois d’. Quand il présente le , à l'Académie royale de peinture et de sculpture, un caprice architectural, Le Port de Ripetta à RomeParis, École nationale supérieure des beaux-arts, inv. MU 2625., il est agréé et reçu durant la même séance, en tant que « peintre d’architecture ».
Obtenant ainsi le droit d’exposer au Salon, il présente en 1767 plusieurs peintures et dessins d’architectures en ruines salués par la critique, Denis Diderot en tête. Sa participation au Salon est constante jusqu'en 1798. L'artiste fréquente des salons littéraires plus intimes comme celui de Madame Geoffrin, tenu les lundis jusqu'en 1777, celui de la fille de celle-ci Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault ou celui d'Élisabeth-Louise de Rohan-Chabot, dans lequel Hubert Robert enseigne le dessin aux amateurs, dont le jeune Thomas-Charles Naudet« Naudet, Thomas-Charles », in: Henri Beraldi, Les graveurs du Dix-neuvième siècle. Guide de l’amateur d’estampes modernes, Conquet, 1890, tome 10, et suiv..
Artiste à la mode, Hubert Robert développe très tôt un marché pour ses œuvres peintes et dessinées illustrant des paysages intégrant des architectures en ruines, qui se conjugue parfaitement avec la pratique du dessin en amateur. En effet, le paysage demeure un genre privilégié par les aristocrates, car son approche nécessite moins de métier que les sujets d’histoire. Au Salon de 1787, le marquis de Paroy et le marquis Turpin de Crissé, deux membres honoraires de l'Académie, exposent des œuvres imitant la manière d'Hubert Robert.
Hubert Robert prolonge son approche du paysage dans la création de jardins. Nommé successivement dessinateur des Jardins du Roi, garde des Tableaux du Roi, garde du Museum et conseiller à l’Académie, il est chargé d’aménager certaines parties des résidences royales, comme le hameau de la Reine à Trianon. Ce dernier s'inspire du hameau du parc d'Ermenonville, premier jardin anglais d'envergure sur le continent, à la conception duquel Robert participe en tant que conseiller artistique du marquis René-Louis de Girardin. Le parc de Méréville, appartenant au marquis Jean-Joseph de Laborde, peut être considéré comme celui où l'influence d'Hubert Robert est la plus importante.
La Révolution française
Déclaré « suspect » par le Comité de surveillance révolutionnaire, Hubert Robert est emprisonné à Sainte-Pélagie le , avant d’être transféré le à la prison de Saint-Lazare dont il est libéré le . Malgré ces vicissitudes, Hubert Robert produit des peintures sur assiettes et des dessins témoignant de la vie carcérale. Il dessina le portrait de Jean-Antoine Roucher que le poète envoya la veille de sa mort à sa femme et à sa fille. vignette|redresse|Hubert Robert, Autoportrait en prison, vers 1793-1794, localisation inconnue.
La Révolution a également entraîné la destruction de certains de ses travaux : Robert a conçu les décors d'un théâtre d’environ cinq cents places dans l’Aile neuve, à l'emplacement de l'escalier Gabriel actuel dans le château de Versailles. Ce théâtre était destiné à servir de théâtre ordinaire de la cour, en remplacement du théâtre de la cour des Princes, trop vétuste et trop petit ; construite à partir de l’été 1785 et inaugurée début 1786, cette salle a été détruite sous Louis-Philippe. Une aquarelle de la conception de Robert est conservée à Paris aux Archives nationalesUne impression couleur d'un détail de la conception est montrée dans Huisman..
vignette|redresse|Vue de la grande galerie du Louvre en ruine (vue imaginaire), Paris, musée du Louvre. vignette|redresse|Démolition de l'église Saint-Jean-en-Grève, Paris, musée Carnavalet.
Libéré après dix mois de détention, à la chute de Robespierre, il retrouve en 1795 son poste de conservateur au Museum, futur musée du Louvre, qu’il ne quitte qu’à sa mise en retraite en . Il projette dans ses œuvres de réunir le Louvre aux Tuileries. C'est de cette période féconde que datent ses nombreuses vues du Louvre, réelles ou imaginaires, dont ce tableau peint ainsi en 1796, intitulé Vue de la Grande Galerie du Louvre en ruine, imaginant la Grande Galerie du Louvre en partie détruite, voûtes effondrées, sculptures décelées et, au milieu des débris d’édifices et d’arcs renversés, l’Apollon du Belvédère (tableau exposé dans l’aile Sully du musée du Louvre).
Le , Hubert Robert meurt, sans héritier, d’une apoplexie au 19, rue Neuve-du-Luxembourg à ParisAuguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, 1872, ..
Le musée d'Art et d'Archéologie de Valence, le musée du Louvre, la bibliothèque municipale de Besançon et le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg conservent d'importantes collections de dessins et de peintures d’Hubert Robert.
Il est inhumé au cimetière d'Auteuil, dans l'actuel de ParisJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue Claude-Lorrain », . ; la tombe n'existe plus, sa stèle a été conservée..
Œuvres vignette|redresse|Artiste dessinant une jeune fille, sanguine, New York, Metropolitan Museum of Art. vignette|redresse|alt=Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, Paris, musée du Louvre|Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille (vers 1754), Paris, musée du Louvre.
Conception d'aménagements paysagers, d'architecture et de mobiliers Temple de la Philosophie Moderne au parc Jean-Jacques-Rousseau d'Ermenonville. Laiterie de Rambouillet : concepteur du jardin anglais, de la laiterie, et du mobilier de style étrusque de la laiterieCommuniqué de presse de l'exposition consacrée au peintre au musée du Louvre, du au . Quatre de ses fabriques se trouvent dans le parc de Jeurre (Essonne)« À la découverte des "folies" du parc de Jeurre », sur pointdevue.fr, ..
Peintures
Canada Montréal, Musée des beaux-arts : Jeunes Filles dansant autour d'un obélisque, 1798, huile sur toile, .
vignette|redresse|Paysage animé à l'obélisque cassé et trois pyramides (1798), Mougins, musée d'Art classique. France Amiens, musée de PicardiePinette Matthieu, Peintures françaises des XVIIe et XVIIIe siècles des musées d'Amiens, Paris : Somogy éditions d'art, Amiens Métropole, 2006: Les Polichinelles peintres, vers 1760, huile sur toile, 16 x 21,8 cm Les Polichinelles chanteurs, vers 1760, huile sur toile, 16,6 x 22 cm Dessinateur dans les ruines d'une temple de Paestum, vers 1760, huile sur bois, 42 x 40,8 cm Les Lavandières (attribué à), 1760-1761, huile sur toile, 46,5 x 65,2 cm Personnages dans le parc de la villa Barberini à Rome, vers 1762-1765, huile sur bois, 41,3 x 41,6 cm Portique avec danseurs et musiciens dans un parc, vers 1780-1785, huile sur toile, 51 x 51 cm Paysage avec femme renversée par sa monture au pied d'une statue de Vénus, vers 1790-1800, huile sur toile, 30,2 x 17,2 cm Paysage avec un homme soulevant un bloc de pierre au pied d'une statue d'Hercule, vers 1790-1800, huile sur toile, 30,2 x 17,4 cm Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie : Le Grand Jet d'eau de la villa Conti à Frascati, vers 1761, huile sur toile, .. Ruines du palais des empereurs à Rome, vers 1761, huile sur toile, .. Chartres, musée des Beaux-Arts. : Louis XIV devant l’aqueduc de Maintenon, huile sur toile, achat, 1863 (inv. 893) ; Restes du forum Palladium à Rome (attribué à), panneau, , acquisition. La Fère, Musée Jeanne-d'Aboville : La Grotte du Pausilippe à Naples. Le Havre, musée d'Art moderne André-Malraux : L'Incendie de Rome, vers 1771, huile sur toile, . Montpellier, musée Fabre, Le Pont (1776), Notice du musée Fabre. Mougins, musée d'Art classique : Paysage animé à l'obélisque cassé et trois pyramides, 1798. Paris : École nationale supérieure des beaux-arts de Paris : Le Port de Rome, orné de différents monuments d'architecture antique dit aussi Le Port de Ripetta à Rome, 1766, huile sur toile, , dépôt du musée du Louvre. Fonds d'art contemporain - Paris Collections : Le Gladiateur, huile sur toile, ; Marc Aurèle, huile sur toile, ; Vénus Callipyge ou Nymphe au bain, huile sur toile, ; Laocoon, huile sur toile, ; Apollon, huile sur toile, ; Flore, huile sur toile, . musée Carnavalet : Incendie du Théâtre de l'Opéra du Palais-Royal, , huile sur toile, ; La Bastille dans les premiers jours de sa démolition ; La Récréation des prisonniers à Saint-Lazare en 1794 ; Le Ravitaillement des prisonniers à Saint-Lazare en 1794. musée Jacquemart-André : Galeries en ruines. musée du Louvre : La Cascade de Tivoli, 1768 ;