François Le Métel de Boisrobert, né en Selon Maurice Cauchie, Textes Français Modernes, Boisrobert, Epitres, II, page 302, il est né entre le juillet 1589 et le 31 décembre 1589, et non en 1592, comme souvent dit. à Caen et mort le à Paris, est un poète et dramaturge français.
Biographie Fils d’un Procureur de la Cour des aides de RouenTallemant des Réaux le fait naitre vers 1592. Voir Historiettes, t. I, Paris, éd. de 1960, , note d’Antoine Adam., Boisrobert a fait des études de droit pour devenir avocat et s’inscrivit quelque temps au barreau de Rouen. Il vint à Paris, peu avant 1620, et fit d’abord partie du principal groupe de poètes libertins autour de Saint-Amant et de Théophile de Viau.
En 1625, après la condamnation de Théophile de Viau, accusant son Parnasse satyrique d’impiété, de blasphème et d’obscénité, il rejoint la mouvance de Malherbe, ce qui lui permet de prendre pied à la Cour puisque, dès l’année suivante, il participe au ballet des Bacchanales, représenté au Palais du Louvre en . Il abjure le protestantisme en 1621, est ordonné en 1623 et devient abbé de Châtillon-sur-Seine.
En 1625, il participe à une ambassade à Londres et, en 1630, il se rend à Rome où il gagne la faveur du pape Urbain VIII qui lui donne le prieuré de Nozay, d'une modeste valeur annuelle de 170 livresRevue de Paris. , 1839, .. Ce protestant converti, à la religiosité plus que douteuse, devient alors chanoine de RouenTallemant des Réaux rapporte que dans .. À partir de 1623, il entre dans les bonnes grâces du cardinal de Richelieu grâce à son esprit, à l’agrément de sa conversation et à son talent satirique. Il devint son favori éveillant nombre de jalousiesTallemant des Réaux, Historiettes, t. II, éd. de 1834..
Surtout, « Le Bois » était l’un des rares personnages qui arrivait à faire rire le Cardinal et ainsi le distraire de ses lourdes affaires d’État. Suivant son humeur, le Cardinal l’appelait : « Le Bois », lorsqu’il était content et cherchait à plaisanter ; « Robert » plus familièrement, lorsqu’il voulait lui soutirer quelque potin ; « Bois-Robert », lorsqu’il s’agissait d’une affaire officielleTallemant, , ..
Dès 1627, l’étendue de son savoir, la pénétration de sa psychologie et son incomparable entregent, en ont fait une espèce de Secrétaire d’État aux Affaires Culturelles., sans en porter le titre, de Richelieu et, avec Claude de L'Estoile, Pierre Corneille, Guillaume Colletet et Jean Rotrou, l’un des cinq auteurs qui mettaient en œuvre les idées du cardinal en matière dramatique. Il faisait partie des réunions littéraires qui se tenaient chez Valentin Conrart et en vanta l’intérêt à Richelieu, qui le chargea de proposer aux membres de cette assemblée de la constituer en société publique : ce fut le début de l’Académie française, dont il fut l’un des premiers membres, et l’un des plus actifs, n’hésitant toutefois pas à se moquer de sa lenteur dans l’élaboration du dictionnaire :
Il ne réussit jamais à faire une œuvre digne de la postérité. Cependant, enrichi par les bénéfices que lui procurait la haute protection du cardinal, il se montra généreux envers les hommes de lettres. Son style de vie a donné des armes toutes prêtes à ses ennemis. Il tomba plus d’une fois en disgrâce, mais, le plus souvent, jamais pour longtemps, bien que dans ses dernières années, il ait été obligé de donner plus d’attention à ses fonctions de prêtre. Gui Patin dit de Boisrobert : .
Joueur, aimant la bonne chère, Boisrobert ne cherchait pas à dissimuler son homosexualité et ses aventures avec les domestiques.. Au témoignage de Tallemant des Réaux, il aurait au fils du baron de Verderonne : Passionné de comédie. Il fréquentait assidûment l’Hôtel de Bourgogne et se montrait si grand admirateur du comédien Mondory qu’on le surnomma l’« abbé Mondori ». Il finit par régenter cet Hôtel, pour Richelieu, mais ses fonctions causèrent un grand scandale lorsqu’à une représentation très privée, il fit rentrer la petite Saint-Amour, « la plus grande gourgandine de Paris », alors que Gaston d'Orléans, frère du Roi, prince du sang, eut les plus grandes peines à y assister… Louis XIII s’en émut et tança Richelieu qui le prit très mal… Il connut là sa plus grande disgrâce. C’était également un familier de Ninon de Lenclos..
Sa conduite trop publiquement licencieuseIl était surnommé le . lui valut, en , d’être disgracié par Richelieu qui lui défendit de paraître devant lui. Mais le cardinal ne tarda pas à regretter son familier, qui avait su devenir indispensable. Un jour qu’il était tombé malade, son médecin lui dit : . Il lui fit une ordonnance qui portait seulement les mots Recipe Boisrobert, et le cardinal suivit ce conseil et rappela l’abbé.
Après la mort de Richelieu, Boisrobert s’attacha, mais avec un moindre succès, au cardinal Mazarin qu’il servit fidèlement sous la Fronde, sans en être d'ailleurs très récompensé ; il fut même à nouveau exilé pour blasphème en 1655. Il entra en rivalité avec Paul Scarron. Ce fut l’une de ses dernières querelles.
Œuvres Boisrobert a composé 18 pièces de théâtre, dont 9 tragi-comédies. L’une de ses comédies, La Belle plaideuse (1655) est remarquable et passe pour avoir inspiré l’Avare de Molière. Il est également l’auteur de nombreuses poésies. Il a édité les Œuvres de Théophile (1627) et le Parnasse royal, ou Poésies diverses à la louange de Louis XIII et du cardinal de Richelieu (1635, 2 vol.). D’après Bernard de La Monnoye, il serait l’auteur des Contes licencieux qui ont paru sous le nom de son frère, Antoine Le Métel d'Ouville.
Théâtre . . . . . . . . . . L’Inconnue, 1655. L’Amant ridicule, 1655. . . La Belle Invisible ou les Constances éprouvées, 1656. . . .
Poésie et œuvres diverses Poésies publiées dans le Recueil des plus beaux vers de Malherbe, Racan, etc., 1626. Lettres publiées dans le Recueil de Faret, 1627. Paraphrases sur les sept psaumes de la Pénitence, en vers, 1627. Histoire indienne d’Anxandre et d’Orasie, 1629. Nouvelles héroïques et amoureuses, 1657. Epîtres, Paris, Cardin Besongne, 1647. Epîtres en vers et autres œuvres poétiques, 1659.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . Anastasia Iline, François Le Métel de Boisrobert (1592-1662), écrivain et homme de pouvoir, Thèse d’École des chartes, 2004. .
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