La classe Dévastation est la toute première classe de batteries flottantes construites en France pour la Marine française, dans les années 1850. Conçues pour répondre au besoin de bombarder les positions ennemies dans la mer Baltique et dans la mer Noire durant la guerre de Crimée, trois d'entre elles iront au combat lors de la bataille de Kinbourn.
Genèse et conception
En 1853, éclate la guerre de Crimée, qui va montrer la nécessité de construire des batteries flottantes. En effet, les forces de la coalition anglo-française sont confrontées dans la mer Baltique à des forts situés dans des zones de hauts-fonds, et donc inatteignables par les vaisseaux de l'époque. La construction de bombardes est ainsi lancée, et l'étude des batteries flottantes remise au goût du jour, sur intervention personnelle de l'Empereur Napoléon III. Des expériences sont menées à Vincennes afin de déterminer la composition optimale de la cuirasse. En 1854 Pierre Armand Guieysse conçoit des plans d'une telle installation qui va former la classe Dévastation. 10 unités sont commandées le , 5 sont construites : la Dévastation, la Tonnante, la Lave, la Foudroyante et la Congrève.
Les expériences menées ont déterminé qu'il fallait une muraille de de fer sur une épaisseur de bois de pour protéger les batteries flottantes des projectiles de 16 et de . Ce sont finalement de qui sont posées, pour un poids total de de cuirasse, à comparer aux que déplacent les batteries. Longues de , larges de , leur faible tirant d'eau de leur permet d'atteindre leur objectif : bombarder des fortifications côtières. Elles sont armées de de en batterie et de deux canons de sur le pont ; sont nécessaires pour manœuvrer le bâtiment et l'artillerie. Au total, une batterie flottante coûte de l'époque.
Unités Nom Chantier Quille Lancement Destin Tonnante Arsenal de Brest 1854
Rayée des listes en 1871 Dévastation Arsenal de Cherbourg
Lave Arsenal de Lorient
Foudroyante Arsenal de Lorient
Congrève Arsenal de Rochefort
Rayée des listes en 1867
Histoire La Dévastation, la Lave et la Tonnante sont les trois premières batteries lancées, de juillet à . Remorquées vers la mer Noire, elles arrivent sur le théâtre de la guerre de Crimée en septembre après une traversée de . Les trois batteries participent alors à la bataille de Kinbourn le : vers du matin, elles se positionnent en demi-cercle au sud-ouest de la forteresse, par des fonds de . La Dévastation est ainsi à , la Lave à et la Tonnante à du fort ennemi. Elles démarrent leur bombardement de à et à midi, elles ont réduit les Russes au silence, ceux-ci capitulant dans la foulée. Durant ces quelques heures de bombardement les batteries ont respectivement tiré , et sur l'ennemi ; deux morts et sont à déplorer, un boulet ennemi passant par un panneau. Le succès de la bataille pousse l'amirauté britannique, à qui les plans ont été communiqués, à construire trois batteries : les Thunderbolt, Etna et Terror, deux d'entre elles rejoignant la Crimée fin .
La Foudroyante et la Congrève, prévues pour le théâtre de la Baltique, n'ont finalement pas à s'y rendre et restent au port. En 1859, les trois batteries de Crimée sont armées pour participer à la campagne d'Italie, mais elles arrivent devant Venise alors que l'armistice est signé. En 1866, la Dévastation sert d'annexe au navire-école de canonnage Louis XIV. La Congrève est rayée des listes en 1867, et ses le sont en 1871.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi Articles connexes Liste des cuirassés français
Liens externes
Dévastation (batterie flottante)