Laffaire Angélique Six est une affaire criminelle française relative au meurtre d'Angélique Six.

L'affaire a pour point de départ la disparition inquiétante d'une adolescente de , Angélique Six, le mercredi après-midi, après avoir laissé chez elle un mot expliquant qu’elle allait voir des amies. Elle n’est jamais rentrée. Deux jours après, sa famille a organisé une battue dans le quartier de l’Agrippin, où elle réside, sans résultat.

Un suspect, David Ramault, âgé de , est interpellé puis placé en garde à vue et écroué trois jours plus tard pour avoir tué la jeune adolescente. Il conduit ensuite lui-même les policiers au chemin forestier de Quesnoy-sur-Deûle, une des communes de Lille, à l’endroit où il avait abandonné le corps de la jeune fille. L'enquête a révélé que la victime a été violée avant de mourir par strangulation.

Une marche blanche a eu lieu en et une autre fin en mémoire d'Angélique Six.

Le , après ses obsèques à l'église Saint-Vaast de Wambrechies, Angélique est enterrée dans l'intimité des siens.

La victime Angélique Six, , originaire de Wambrechies, les yeux bleus, des taches de rousseur et les cheveux blonds, mesure . Elle est la fille de Corinne Six, mère au foyer, et de Frédéric qui ne travaille plus, arrêté par deux accidents cardiovasculaires successifs. Elle a été décrite par ses proches comme « une petite fille qui a toujours le sourire aux lèvres », « qui était toujours déterminée, pleine de vie, pleine d'ardeur ». « Angélique avait tellement d’énergie… Elle courait partout, elle sautait partout, toujours souriante », raconte Carine, une amie. Angélique a été décrite comme très fusionnelle avec sa sœur aînée Anaïs, ainsi qu'avec sa mère. Elle était scolarisée en cinquième au collège Flandre. Elle était la cadette de sa famille .

L'auteur des faits David Ramault, , père de deux enfants, chauffeur de bus depuis 2014 au dépôt de Wattrelos, est inscrit au Fijais pour « des faits commis en 1994, qualifiés de viol avec arme, attentats à la pudeur aggravés et vol avec violence » en 1996 . Seule sa femme était au courant du passé de son époux, lequel lui aurait expliqué qu'il avait « juste violé une femme, avec des copains, en étant sous l'emprise d'alcool », d'après elle : il avait fait de la prison étant jeune car il avait violé une femme, pas une enfant dans ce qu'il lui avait dit. C’était un délire débile mais un délire de copains .

Sa première victime était âgée de . Alors qu'elle rentrait du théâtre pour rejoindre sa mère, David Ramault, qui avait le visage dissimulé sous un casque, l'agresse avec un couteau, avant de la violer. Il est arrêté quinze jours plus tard puis jugé en 1996. Le jour de son procès, il s'était « excusé » auprès de sa victime, ce qui est selon elle nettement insuffisant .

Un de ses collègues le décrit comme une personne discrète ; et une des amies de sa femme le décrit comme souriant, très calme, très posé, très agréable. Il disait toujours bonjour, avait toujours le sourire au visage : « Je ne l'ai jamais vu en colère. » Après le meurtre d'Angélique, elle a même affirmé « C’est vraiment un sentiment de trahison, de dégoût, de honte. Honte d’avoir pu être amie avec lui ». Les collègues du suspect témoignent également d'un sentiment de trahison .

Une ancienne victime du suspect a eu un pressentiment quand elle a appris la mort d’Angélique .

Selon un témoignage, quelques jours avant le meurtre d'Angélique, David Ramault se serait exhibé devant des adolescents dans un bus .

Les faits Jour du meurtre Le , Angélique disparaît. Ce jour-là, c’est également le jour de repos de David Ramault. Il est seul chez lui, sa femme et ses enfants sont partis en vacances dans le sud de la France.

Il s'est rendu à Lille où il a acheté dans un sex shop des pilules contre les troubles de l'érection et de la bière. En rentrant chez lui, il va absorber deux ou trois pilules ainsi que trois canettes de bière. Il regarde ensuite la télévision en début d'après-midi et finit par s'endormir. L'homme se réveille peu après, « dans un état second », et sort pour prendre un peu d'air.

En passant devant le jardin où se trouve la jeune fille, il prétexte avoir un colis à remettre à ses parents, et réussit à l'attirer chez lui. L’adolescente connaissait David Ramault, qui était son voisin, et l'a donc suivi volontairement sans méfiance. Il l'emmène alors à son domicile, à quelques centaines de mètres de chez elle. Il la fait rentrer chez lui, lui offre à boire, et entame une discussion avec la jeune fille. Très rapidement, il en vient à lui poser des questions de plus en plus intimes. Face à cette conversation, Angélique cherche à partir ; mais l'homme l'en empêche. Elle commence ainsi à crier et à se démener. Il la maintient de force, au point où elle se cogne dans la table de séjour. David Ramault indique que lorsqu'elle a commencé à se débattre, il a compris qu'il fallait qu'il la tue. Il indique également que l'ensemble de toutes ces violences n'a pas duré plus d'un quart d'heure.

Par la suite, il nettoie son logement, notamment des traces de sang, et se débarrasse du téléphone de la victime, de ses vêtements. Il dispose également de ses propres vêtements. L'individu place le corps de la jeune fille dans une valise qu'il dépose dans le coffre de sa voiture, puis commence à rouler. Vers environ, il s'arrête en chemin pour acheter une pelle. Ensuite, le meurtrier se rend au sein de la commune où la jeune fille était l'après-midi même, et s'arrête à l'entrée du bois de celle-ci. Selon ses dires, il ne connaissait pas les lieux, et se serait arrêté à cet endroit par hasard. Il tente de creuser un trou mais, n'y parvenant pas, il finit par dissimuler le corps de la jeune fille dans un fourré et l'y abandonne.

Il revient ensuite chez lui où il écrit une lettre à sa femme, et une autre à ses enfants. Finalement, il ne les remet pas mais les place dans un classeur où elles seront découvertes .

Arrestation et aveux Le témoignage d'un garçon de a été crucial. Il a affirmé aux enquêteurs que le jour où Angélique a disparu, il a vu un homme adresser la parole à la victime. Grâce à un portrait fourni par cet enfant, les enquêteurs ont fait des recherches sur le Fijais et ont également interrogé les voisins. D'après les descriptions fournies par ce garçon et les voisins, David Ramault est rapidement identifié. Le suspect est promptement interpellé sur son lieu de travail à la fin de son service, puis placé en garde à vue. Toujours selon ce même témoignage, l’adolescente aurait volontairement suivi l’individu en question (affirmation assurée par le parquet de Lille ).

Au cours de ses auditions, David Ramault a « très rapidement avoué les faits », selon le procureur de Lille. D'après BFM TV, il aurait également affirmé l'avoir étranglée. Il a ensuite lui-même conduit les policiers, vers 1 h 30 du matin, à l’endroit « où il avait abandonné le corps de la jeune fille », poursuit le procureur de la République de Lille, Thierry Pocquet du Haut-Jussé .

Son avocat a évoqué son client comme « abattu, désemparé, bouleversé », étant « conscient de la gravité de ce qui lui a été reproché », affirmant également avoir conscience que « sa parole n'est pas audible » vis-à-vis de la situation .

Menaces, dégradations et injures Laetitia Ramault (infirmière), femme de l'intéressé pendant , dit avoir rétrospectivement vécu avec un inconnu. Elle est depuis cible d'insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, se concrétisant parfois par des actes réels : des inconnus s'en sont pris à sa maison, un jet de pierre a brisé une vitre de la façade, et sa maison s'est retrouvée sous scellés. Elle a porté plainte, et afin d'éviter toutes représailles et protéger ses enfants, a déménagé. Ils bénéficieront d'un soutien psychologique. Elle a choisi de se constituer partie civile, s'estimant elle aussi victime des agissements de son mari. De même, elle va entamer la procédure de divorce. Par ailleurs son mari a été placé en détention provisoire à l'isolement et a été transféré dans un hôpital psychiatrique pour détenus à Seclin, dans le Nord .

Elle évoque aussi « un acte impardonnable, monstrueux, et que bien évidemment son acte est juste prémédité » .

Le , on apprend que la demande de constitution de partie civile de Laetitia a été rejetée. Son avocate décide de faire appel .

Près d'un an plus tard, l'épouse de David Ramault, meurtrier présumé d'Angélique, s'exprime. Elle explique notamment être « en reconstruction » après avoir vu sa vie s'effondrer avec la mise en examen de son ancien compagnon, bien que sa douleur ne soir rien comparée à celle de la famille d'Angélique. Concernant l'enquête, elle avance à ce moment-là prudemment. David Ramault voit des experts psychologiques et psychiatriques, et est auditionné par les juges d'instruction. Les enquêteurs cherchent cependant à savoir s'il aurait pu faire d'autres victimes pendant les vingt ans qui l'ont séparé de sa première condamnation .

Suites judiciaires En prison David Ramault est bien conscient des faits qui lui sont reprochés .

En prison, il a écrit une lettre pour tenter d'expliquer son geste à son avocat avec des détails précis. Il décrit dans celle-ci la façon dont il a disposé du corps de la victime, affirmant avoir "déployé une énergie folle pour se sauver, tout en sachant que c’est peine perdue". Il semblait également avoir la volonté de tout avouer à sa femme, mais y aurait renoncé . Ces extraits de la lettre du meurtrier présumé ont d'ailleurs mis en colère les parents de la victime. « Le sentiment qu’on a eu et qu’ils ont eu, c’est d’avoir ajouté de l’indécence à l’horreur », rapporte Audrey Jankielewicz, l'avocate de ces derniers .

Le , le meurtrier présumé est extrait de sa cellule de la prison de Sequedin pour se rendre dans sa maison familiale, et est emmené à son domicile à Wambrechies accompagné par des policiers et des BRI et des magistrats dans un but visiblement inconnu .

Le , David Ramault a été entendu pour la première fois, au palais de justice de Lille, par la juge d’instruction chargée du dossier de la mort d’Angélique Six. Ce premier interrogatoire est aussi préalable à une reconstitution .

Le , Me Jankielewicz, l'avocat des parents et de la sœur d’Angélique, constate que la lenteur de la justice est injustifiée et inacceptable .

En , il est finalement annoncé que le procès du meurtrier présumé, qui doit se tenir devant la Cour d'Assises du Nord, est fixé aux dates du 16 au . La circonstance aggravante de récidive légale a été retenue pour le viol, mais la préméditation de l'acte n'a pas été retenue lors de son jugement.

Reconstitution Le débute la reconstitution dans la plaine de jeux de l’Agrippin, en présence de la famille de la victime et du principal suspect David Ramault, arrivé sur les lieux menotté et casqué. L’enjeu de cette reconstitution est donc de confronter le récit du suspect à la réalité du terrain et aux preuves matérielles .

Procès Le procès de David Ramault s'ouvre le devant la Cour d'assises du Nord, il est jugé pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’Angélique Six..

Dès le début du procès David Ramault demande pardon aux parents de la victime et reconnaît être « un monstre ». Il explique avoir été pris d'une "excitation soudaine" du fait notamment de sa consommation d'alcool peu avant le drame ; fait que conteste l'accusation, celle-ci affirmant qu'il avait imaginé un projet de viol, ce qui expliquerait pourquoi il a cherché à camoufler méthodiquement les preuves (par exemple, en laissant son téléphone portable (et d'autres éléments matériels) à son domicile pour se débarrasser du corps de l'enfant, et ainsi éviter un traçage). Les débats se concentrent sur le fait que David Ramault n'aurait pas commis de faits répréhensibles entre sa sortie de prison en 2000 et le jour des faits, une période de 18 ans pendant laquelle il a semblé mener une vie tranquille.