La péninsule Ibérique, ou simplement l’Ibérie, est une péninsule située à la pointe sud-ouest de l'Europe, qui comprend principalement l'Espagne, le Portugal et l’Andorre, ainsi que des petites parties de territoires français ou britanniques.

Géographie La péninsule Ibérique est entourée, au sud et au sud-est, par la mer Méditerranée ; au sud-ouest, à l’ouest et au nord-ouest, par l’océan Atlantique, et, au nord-est, par les Pyrénées, qui séparent l’Espagne de la France. Elle comprend actuellement :

Pays/Territoires Superficie dans la péninsule Proportion Description 84 % Occupe la plus grande partie de la péninsule. Partie continentale européenne sauf le Val d'Aran situé dans le bassin versant de la Garonne. 15 % Occupe la plus grande partie de l'Ouest de la péninsule. Seul État souverain de la péninsule exclusivement atlantique. < 1 % La moitié de la Cerdagne, territoire français situé sur le versant sud des Pyrénées. Quelques vallées pyrénéennes comme la haute vallée de l'Irati et Artxilondo. < 1 % Enclavé entre la France et l'Espagne dans les Pyrénées, au nord de la péninsule. Sauf les vallées de l'est qui sont orientées vers le bassin versant de l'Ariège. < 1 % Petit territoire britannique d'outre-mer, situé au sud de l'Espagne.

Environ d'habitants peuplaient la péninsule Ibérique en 2005 « Asimetrías socioeconómicas en Iberoamérica », 1. « Iberoamérica: un espacio geográfico y socioeconómico heterogéneo y asimétrico », Espacios iberoamericanos.. vignette|Carte ancienne de la péninsule ibérique, 1552. La limite nord de la péninsule, dans les Pyrénées, ne correspond pas forcément aux frontières politiques ni aux habitats et peuplements dont la présence a évolué au cours de l'histoire. Cas particulier, le village du Perthus à cheval sur la frontière franco-espagnole et la limite de partage des eaux entre nord et sud.

Climat La péninsule ibérique est située au sud du continent européen et au nord du Maghreb. Le climat y est principalement méditerranéen, pour les régions à basses altitudes et le littoral.

Néanmoins, en considérant le relief généralement montagneux de la péninsule, ce climat tend vers la continentalité à mesure que l'on s'enfonce dans les terres. Ainsi, les régions enclavées dans la péninsule comme l'Aragon ou la communauté de Madrid possèdent un climat méditerranéen à tendance continentale, avec de fortes variations saisonnières dans les températures, très chaudes l'été (plus de 30°C) et froides les nuits d'hiver (avec gel possible) où des chutes de neige peuvent se produire. Bien qu'exceptionnel, le cas de la tempête Filomena, qui a paralysé la capitale espagnole sous de neige en , semble même témoigner d'une aggravation de ces variations saisonnières du mercure, visiblement causée par le dérèglement climatique.

En fonction de l’altitude et du relief, on peut trouver un climat aux tonalités montagnardes avec des hivers plus froids où des chutes de neige peuvent se produire. Le littoral possède des températures plus douces l’hiver par rapport à l’intérieur des terres.

Les vastes plaines portugaises et espagnoles ont un climat nettement méditerranéen avec des étés chauds à très chauds, secs, et des hivers plus froids que sur les côtes.

Plus l’on se déplace vers le sud de la péninsule, plus la sécheresse est forte et les pluies sont faibles en plaine et sur le littoral.

Le Portugal et l’Espagne constituent deux des pays les plus secs et chauds d’Europe, ceci étant propice à la culture des arbres fruitiers méditerranéens comme l’olivier, l’amandier, le figuier de Barbarie, le citronnier, l’oranger, le dattier, le laurier.

La durée d'ensoleillement de la péninsule varie de 1 550 à 2 900 heures par an.

Géologie

left|thumb|Géologie de la péninsule ibérique

La péninsule Ibérique est constituée d'un ensemble de boucliers, anciennes îles de la mer Téthysienne, compressées lors de l'orogenèse alpine entre des sédiments marins soulevés et plissés. Le massif de la Galice et du nord du Portugal est le fragment méridional du massif avallonien, dont le fragment septentrional est le massif armoricain. Cette fragmentation est intervenue lors de la rotation du bloc Ibérique durant l'orogenèse himalayo-alpine. Cette histoire géologique a formé un plateau central (la ) entouré de chaînes plus élevées, la cordillère Cantabrique, les Pyrénées, la Sierra Nevada…

Histoire vignette|droite|Langues pré-hispaniques.

Ses premiers habitants connus sont les LusitaniensIndigènes pré-celtiques de la péninsule Ibérique, qui servirent notamment comme mercenaires ou alliés des Carthaginois lors des deux guerres puniques. et les Ibères, dont l'étymologie semble remonter à la racine indo-européenne *PiHwerjoHn (piouèryon, « fertile »)John T. Koch, , ABC-CLIO, 2005, . Puis les Carthaginois, les Celtes et enfin les Romains l'occupent successivement, la nommant Hispanie et y laissant la culture prédominante désormais, latine et chrétienne.

À la chute de l’Empire romain, les Wisigoths s'y installent, reprenant son nom antique de Bétique avant d'en être dépossédés par les Maures, qui eux la renomment Al-Andalus.

Au Moyen Âge, la péninsule est divisée en de nombreux États, les taïfas côté musulman, et des petits royaumes chrétiens dans le Nord. Durant sept siècles, elle représente un important carrefour entre les cultures chrétienne et musulmane (dont il reste de nombreux vestiges), jusqu'à la chute de Grenade en 1492.

Quatre des entités politiques présentes dans la péninsule sont regroupées en 1492 au sein d'une alliance monarchique personnelle, la monarchie catholique, permettant d'accentuer le degré d'intégration politique de l'ensemble, avec la conquête du royaume de Grenade par la Castille, du royaume de Navarre par l'Aragon, et la réunion des deux Couronnes de Castille et d'Aragon autour des Habsbourg d'Espagne. Cet ensemble, composé d’États distincts, servira de base aux Bourbons d'Espagne à partir du pour créer l'État espagnol actuel.

L'Union ibérique, bien que transitoire et personnelle, a lieu en 1580, avec Philippe II, roi des Espagnes : le jeune roi Sébastien du Portugal (Dom Sebastião) étant mort dans la bataille d'Alcácer Quibir (al-Ksar El Kébir) en 1578, au Maroc, et n'ayant pas laissé de descendants, son grand-cousin Philippe de Habsbourg réclame son droit au trône portugais, sous le prétexte que sa mère était fille du roi portugais Manuel . Bénéficiant de l'appui d'une partie de la noblesse portugaise jalouse de ses privilèges et de certains hommes d’État désireux de liquider l'énorme dette portugaise, il écarte les prétentions (légitimes) de Catherine de Bragance, vainc militairement les forces loyales au prétendant Antoine, prieur de Crato, et se proclame en 1580 roi du Portugal, sous le nom de Philippe de Portugal. Le Portugal et le reste des Espagnes demeurent tout de même des royaumes indépendants les uns des autres. L'union, qui n'est que personnelle, dure soixante ans jusqu'à ce que le Portugal s'en détache définitivement à la suite d'une révolte de l'aristocratie portugaise le , parallèle à une révolte de la Catalogne, alors que régnait Philippe IV, petit-fils de Philippe II.

Génétique En 2008, selon l'étude génétique dirigée par Mark Jobling de l'université de Leicester en Angleterre et publiée dans l’American Journal of Human Genetics, « 10,6% des habitants actuels de la péninsule Ibérique ont des ancêtres maures et 19,8% des ancêtres juifs sépharades », ce qui atteste d'un niveau important de conversions au christianisme. Cependant, si « la répartition des descendants des juifs ou des musulmans convertis n’est pas la même sur tout le territoire... , la carte des origines maures d’après le chromosome Y ne reflète pas celle de la colonisation musulmane ni du retrait de la population arabe. Elle serait donc bien la trace de l’intégration -forcée- liée à la politique de christianisation des rois catholiques et de la redoutable Inquisition ».

Villes principales Les villes principales situées sur la péninsule Ibérique sont Madrid, Barcelone, Lisbonne, Valence, Porto, Séville, Saragosse, Malaga, Murcie, Bilbao, Vigo, Alicante, Grenade, Valladolid, Oviedo, Santander, Braga, Coimbra, Badajoz, Setúbal, Leiria, Viseu, Tolède, Faro, Aveiro, Évora et Guarda.

Langues par État vignette|Linguistique de la péninsule ibérique. On dénombre actuellement plus d'une quinzaine de langues parlées dans la péninsule Ibérique (sans compter les innombrables dialectes), avec des statuts légaux très variables, mais disposant en général d'un degré de protection assez élevé. La diversité linguistique, le dynamisme culturel et les questions de société en découlant sont une des caractéristiques géopolitiques de cette région du mondeEncyclopédie Larousse, section Littérature espagnole, dans « Espagne », , éditions Larousse, 1995..

Espagne La constitution espagnole de 1978 reconnaît plusieurs « langues espagnoles ». Malgré le statut actuel des différentes langues en Espagne, il faut constater qu’il existe depuis des siècles une politique de castellanisation forcée de la péninsule Ibérique, préconisée par l’Espagne pour parvenir à une homogénéisation facilitant son hégémonie, avec des répercussions internationales (par exemple, en français une équivalence complète est faite entre « castillan » et « espagnol »). Cette incapacité à accepter ou à gérer autrement les différences linguistiques et culturelles de la péninsule Ibérique se manifeste encore aujourd'hui de différentes manières, à la fois au niveau populaire et au niveau des initiatives politiques. Cette pression a principalement touché les langues les plus importantes sur le plan démographique et culturel, le portugais et le catalan. Ses statuts sont définis de la sorte : Le castillan, seule langue officielle dans sept communautés autonomes de l'ancienne Couronne de Castille (Asturias, Extremadura, Cantabria, Castille-et-León, La Rioja, Madrid, Castille-La-Mancha, Andalousie, Murcia) et aussi a l'Aragón et la part non vascophone de Navarre. Elle est aussi la « langue espagnole officielle de l'État »Toutes les langues parlées en Espagne sont considérées juridiquement et historiquement comme des « langues espagnoles ». « Le castillan () est la langue espagnole officielle de l'État » (Constitution du 6 décembre 1978), et à ce titre, tous les citoyens espagnols « ont le devoir de le connaître et le droit de l'utiliser ». Cependant, en dépit de son statut de langue véhiculaire et de l'administration, il reste, techniquement, une « langue espagnole » parmi d'autres. La constitution de 1978 stipule : « Les autres langues espagnoles [i. e. basque, catalan, galicien, etc.] [sont] également officielles dans chacune des communautés autonomes en accord avec leurs statuts ».. le catalan ou , parlée par environ de personnesLes estimations du nombre de locuteurs varient entre , chiffre donné par la Généralité de Catalogne. et coofficiel dans les Pays catalans, à savoir en Catalogne, dans les îles Baléares et dans la Communauté valencienne (officiellement sous la dénomination locale de valencien, valencià). Le catalan est parlé aussi à l'est de l'Aragón et au Carxe (Murcia), mais il n'y est pas officiel ; le basque ou , coofficiel dans le Pays basque et dans certaines zones de la Navarre ; le galicien ou galego, coofficiel en GaliceAccepté verbalement dans le Parlement de l'Union européenne comme portugais. ; l'aranais ou aranés, dialecte gascon, coofficiel dans la comarque du val d'Aran (Catalogne)Depuis qu'il a reçu un statut de semi-autononomie en 1990, l'Aran est le seul territoire d'Occitanie où l'occitan (aranais) est langue officielle (conjointement avec le catalan et le castillan). ; le bable ou asturien, non officiel, mais mentionné dans le Statut d'autonomie de la principauté des Asturies (Art. 4.5. 1), qui stipule que « le bable jouira de protection », et que « son usage et sa diffusion dans les médias de communication et son enseignement » feront l'objet d'une promotion ;