Franciszek Maksymilian Pieczka est un acteur de théâtre et de cinéma polonais, né le à Godów et mort le à Varsovie.

Biographie Jeunesse Franciszek Pieczka naît le et grandit à Godów, un village situé dans le powiat de Wodzisław, en Haute-Silésie, en Pologne. Sa mère est Waleria (Waleska) née Popek. Son père, Franciszek, participe aux premières insurrections de Silésie dans la région de Wodzisław, il est apolitique. Ses parents sont catholiques.

Il est le plus jeune de ses six frères et sœurs.

Il va à l'école à Godów. Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, Pieczka est organiste dans l'église locale, travaille comme agriculteur et fait paître des vaches dans des prairies le long de la rivière Olza et de ses affluents, la Leśnica et la Piotrówka. Il participe également au trafic dans l'Olza ; des chaussures Bata de Tchécoslovaquie vers la Pologne et du bacon, de l'alcool et de la viande de la Pologne vers la Tchécoslovaquie.

Il travaille pendant un an dans la mine de Barbara-Wyzwolenie sous la recommandation de son père ; il y frôle la mort plusieurs fois et témoigne cette période au journal polonais Dziennik Zachodni :

Il aime les mathématiques et la physique.

Toujours sous la recommandation de son père, et malgré l'opposition de son professeur de polonais qui lui conseille d'aller dans une école de théâtre, il entreprend des études d’électronique à l'École polytechnique de Silésie, il quitte l'école après un mois.

Son père esquive l'armée durant la Première Guerre mondiale car quatre de ses frères y meurent. Durant la Seconde Guerre mondiale, Pieczka ne sert pas au Wehrmacht en raison de son jeune âge.

Carrière Lorsqu'il est au lycée, il participe à un enregistrement de Polskie Radio, ce qui est son premier contact avec l'art audiovisuel et ce qui lui fait découvrir ce domaine. Il participe ensuite à des diffusions radiophoniques.

Dès son plus jeune âge, il s'intéresse au théâtre et au cinéma, passion que son père n'approuve pas. Il a l'habitude de se rendre à pied aux séances de cinéma à Wodzisław Śląski, et, à quelques kilomètres de là, plus tard (après son incorporation à la Pologne en 1938) également à , une ville voisine. Le premier film qui le marque est Le Rebouteux de Michał Waszyński. Quand il retourne à la maison, son père le fouette avec sa ceinture.

Études et débuts au théâtre et au cinéma Après la Seconde Guerre mondiale, il étudie le théâtre. Au début des années 1950, Pieczka entre dans l'académie de théâtre Alexandre-Zelwerowicz de Varsovie ; il passe son examen d'entrée non pas dans la salle de l'académie mais dans la maison d'Aleksander Zelwerowicz. Durant l'examen, Zelwerowicz lui demande de prononcer le mot ville trois fois : une fois en énonçant une ville historique, une autre en énonçant une ville de production et une autre en énonçant une ville festive. En 1954, il est diplômé de l'académie.

Durant ses études, il fait partie de l'Union de la jeunesse polonaise. Il y défend notamment un ami, Krzysztof Chamiec, exclu de l'organisation car son père possède le puissant domaine de Chamc. Lors du vote d'exclusion, Pieczka est le seul à voter contre cette exclusion, il défend son ami en justifiant : .

Durant ses études, il fait ses débuts au théâtre Cyprian Kamil Norwid à Jelenia Góra, il y joue pour la première fois le dans de Heinar Kipphardt mis en scène par Tadeusz Żuchniewski. Il débute également sa carrière au cinéma dans le film Une fille a parlé d'Andrzej Wajda, il y joue un gendarme allemand.

Carrière théâtrale Malgré une proposition d'emploi d'Arnold Szyfman, directeur du Grand Théâtre de Varsovie, il rejoint le Teatr Ludowy de Nowa Huta, dirigé par Krystyna Skuszanka et Jerzy Krasowski, où il se produit de 1955 à 1964. Il y joue notamment avec Witold Pyrkosz.

Il joue ensuite entre 1964 et 1968 au théâtre Stary de Cracovie sous la direction de Zygmunt Hübner. Il y rencontre Konrad Swinarski, qu'il qualifie d'. Il s'y fait notamment remarquer sur scène dans le rôle de Beni Krik dans Le Crépuscule d'Isaac Babel dont la première a lieu en 1966, juste après Noël, avec uniquement des célébrités sur scène. Son rôle le plus important sur les scènes de Cracovie est le rôle de Franz Woyzeck dans le drame Woyzeck de Georg Büchner mis en scène par Konrad Swinarski en 1966.

De 1969 à 1974, après un déménagement à Varsovie, il joue au théâtre Powszechny de Varsovie. Le 1 , le théâtre ferme pour une rénovation complète et rouvre ses portes le .

De 1974 à 2015, il joue au Teatr Powszechny de Varsovie.

Il a joué entre autres dans des productions de Konrad Swinarski, Jerzy Jarocki et de Zygmunt Hübner. Pour son rôle titre de 1993 dans Jeannot le Verseau, il reçoit de nombreux prix, notamment au Festival du film polonais de Gdynia et du Festival international du film slave et orthodoxe de Moscou.

En 2008, il apparaît pour la dernière fois sur scène au Théâtre Powszechny de Varsovie, dans le rôle d'Al Lewis dans Słoneczni chłopcy, une œuvre mise en scène par Maciej Wojtyszko. En 2009, cette apparition lui apporte le prix Cyprian Norwid dans la catégorie Teatr.

Carrière audiovisuelle (à la télévision et au cinéma) Il joue dans plus d'une centaine de films, tant polonais qu'étrangers. Il reste dans les mémoires des spectateurs grâce à sa participation dans des créations comme La Terre de la grande promesse , Plus fort que la tempête , Quo vadis, Konopielka ou Jeannot le Verseau .

Lorsque Franciszek Pieczka est sélectionné pour jouer dans la série télévisée Czterej pancerni i pies, les réalisateurs ne savent pas qu'il est originaire de la Silésie, ni même qu'il connaît le dialecte de cette région. Lorsque l'équipe découvere cela, un des scénaristes, Janusz Przymanowski, décide de donner carte blanche à l'acteur pour les dialogues.

Il a acquis une grande popularité et une grande sympathie grâce au rôle de Gustlik dans la série Czterej pancerni i pies mais également grâce au rôle de Stanisław Japycz (souvent appelé Stach) dans la série Ranczo. Il est populaire en République démocratique allemande pour son rôle de Gustlik.

En 1979, il joue dans le film allemand David de Peter Lilienthal et y prouve sa connaissance ainsi que sa maîtrise de la langue allemande. Il joue également le rôle principal du film allemand Fariaho en 1983 réalisé par la DEFA avec comme coréalisateur Roland Gräf.

Le public tchèque le connaît principalement pour son rôle de père du personnage principal dans le film tchèque Merci pour chaque nouveau matin .

Le public russe le connaît principalement pour avoir joué dans deux films tournés durant la Russie soviétique ; le rôle de curé dans Legenda (1970) de Sylwester Chęciński et celui du sergent Pelka dans Libération (1971) de Iouri Ozerov.

Il est souvent considéré comme .

Lors du tournage de la série Czterej pancerni i pies, Jan Jakub Kolski, au moment des faits, fils d'un des monteurs de la série, visite le plan de tournage, il y rencontre Pieczka qui lui demande ce qu'il veut être à l'avenir, celui-ci lui répond qu'il souhaite devenir réalisateur. Dans les années 1990, il devient l’un des acteurs favoris du réalisateur polonais et Pieczka joue dans 9 de ses films.

En 2013, interrogé par Adam Kraśnicki pour le film biographique Nie tylko Gustlik, il déclare : .

Participations aux campagnes de sensibilisation

En 2016, il soutient une campagne de lutte contre le smog (causé par l'incinération d'ordures) dans sa région natale, la Haute-Silésie, en jouant le rôle principal dans un clip intitulé N'empoisonne pas ton voisin ! enregistré avec la ville de Wodzisław Śląski.

En , à l'occasion du 100 anniversaire des insurrections de Silésie qui a lieu en , il tourne, avec le président de la Pologne Andrzej Duda, une vidéo incitant à commémorer cet événement de l'histoire. Le , à la Diète de Pologne, le sénateur polonais Wojciech Piecha félicite Pieczka pour sa participation à la vidéo tout en ajoutant .

Vie privée Dans sa jeunesse, Franciszek Pieczka et ses amis d'enfance adorent l'actrice polonaise Lidia Korsakówna. Pendant qu'ils lui rendent visite dans son dortoir dans la résidence académique Dziekanka à Varsovie, il rencontre sa future femme, Henryka Witkowska, également fille d'un mineur, née dans le Pas-de-Calais, en France qui venait de commencer des études de journalisme à l'université de Varsovie.

En , l'acteur raconte à l'hebdomadaire polonais Gość Niedzielny la première rencontre avec Henryka :

En 1954, l'acteur termine ses études et ils se marient le . Le couple s'installe à Cracovie. L'acteur décide de travailler au Teatr Ludowy de Nowa Huta tandis que sa femme commence des études de romantisme à l'université Jagellonne. Deux ans après leur mariage, la naissance de leur première fille Ilona a lieu. Afin que l'acteur puisse poursuivre sa carrière, Henryka décide de s'occuper des tâches domestiques. En 1972, le deuxième enfant du couple, Piotr, est né. Le garçon naît prématuré et le couple craint pour sa vie, il survit finalement.

En 2004, à l'âge de et en raison d'une maladie grave meurt l'épouse de l'acteur, Henryka Pieczka, avec laquelle il a vécu pendant . Franciszek Pieczka, profondément affecté par la mort de sa femme, répète à plusieurs reprises dans ses conversations avec les journalistes . Il y ajoute . Lors d'une rencontre en direct à la radio avec Katarzyna Stoparczyk, journaliste, écrivaine et autrice du livre Franciszek Pieczka Portret intymny, l'acteur dit :

Il reconnait publiquement sa foi catholique et donnait fréquemment des interviews à l'hebdomadaire catholique polonais Gość Niedzielny. Il est baptisé le à l'église de Saint-Joseph à Godów. Ses parrains sont Norbert Tekieli et Maria Popek.

Mort Franciszek Pieczka meurt le à Varsovie, à l'âge de . Son fils Piotr témoigne des derniers moments de l'acteur avec sa famille :

Le , une minute de silence est organisée à la Diète de Pologne, à la demande d'Elżbieta Witek, présidente de la Diète.

Le à , une messe de funérailles a lieu à l'église du Sacré-Cœur de Varsovie. Franciszek Pieczka est ensuite enterré dans la tombe familiale (avec Henryka, sa femme) au cimetière d'Aleksandrów. Les cérémonies revêtent un caractère national, en présence du président de la république de Pologne, Andrzej Duda. Certains autres acteurs polonais qui ont travaillé avec lui sont présents aux funérailles, notamment Daniel Olbrychski.

Dans son single résumant les événements politiques, sociaux et de la culture pop, 2022, Pih mentionne la mort de Franciszek Pieczka.

Analyse de son travail d'acteur

Prononciation du ŏ silésien Dans une étude, Martyna Rzeźnik de l'Université de Łódź remarque chez Franciszek Pieczka une prononciation du ŏ silésien dans la série télévisée Ranczo, perdu dans le temps, mais audible chez les personnes âgées en Pologne. Dans le cas de l'acteur, il ne s'agit cependant pas d'une stylisation linguistique ou d'une caractéristique d'origine mais du fait que la prononciation de ce ŏ front-lingual-dental était autrefois exigée des élèves de l'école d'art dramatique.

Autocritique Lors d'une interview en 2008, il est questionné par Dariusz Zaborek pour Gazeta Wyborcza, demandé , l'acteur répond . Demandé , l'acteur répond .

Filmographie

Acteur Films et téléfilms

Séries télévisées vignette|Franciszek Pieczka sur le lieu de tournage de la série télévisée Ranczo.|alt=Photographie de Franciszek Pieczka.

Doublage

Théâtre

Théâtre physique École nationale de cinéma de Łódź

Théâtre-studio Stanisław Ignacy Witkiewicz (anciennement Théâtre de la Nouvelle Varsovie)

Théâtre Cyprian Kamil Norwid à Jelenia Góra

Théâtre populaire de Cracovie

Théâtre Stary de Cracovie

Théâtre dramatique de Varsovie

Théâtre national de Varsovie

Théâtre Powszechny de Varsovie

Théâtre de marionnettes Arlequin

Théâtre de la télévision polonaise

Théâtre de la radio polonaise : Opowieści z wysp Indonezji de Gerhardt Kahlo, mise en scène de Józef Grotowski