Destin françaisLa couverture du livre comporte un bandeau à vocation commerciale, comportant la mention . Inspirée de la dernière phrase de l'introduction , cette mention est absente de la page de titre et ne fait donc à proprement parler pas partie du titre de l'œuvre, tel que considéré par les bibliothèques. est un essai de l'écrivain français Éric Zemmour paru le .
L'essayiste y propose sa vision de l'histoire de France. Celle-ci a été fortement critiquée par de nombreux historiens , qui prétendent mettre en lumière les erreurs que comporterait l'ouvrage, notamment à travers un livret d’une cinquantaine de pages regroupant plusieurs historiens.
Mis en rayon en milieu de semaine, l'ouvrage entre dans le classement des meilleures ventes de livres dans la semaine du 10 au . Il est directement premier de la catégorie « Essais et Références ». Dès la deuxième semaine, il est premier toutes catégories confondues, détrônant Les Prénoms épicènes d'Amélie Nothomb. En troisième semaine, il est détrôné à son tour par la sortie du tome 4 de L'Arabe du futur de Riad Sattouf. En quatrième semaine, il perd la tête de la catégorie « Essais et Références » au profit de 21 leçons pour le de Yuval Noah Harari, qu'Éric Zemmour considère comme . Après de présence, il sort du classement des meilleures ventes le .
Près de du livre sont vendus à la fin de l'année 2018, ce qui, loin des ventes du Suicide français, reste un score élevé dans une catégorie documents dominée en 2018 par Un été avec Homère de Sylvain Tesson et ses .
Contenu de l'ouvrage Selon Zemmour, les historiens de métiers auraient , auraient pour contrôler le passé, ce qui aurait abouti selon lui à . Pour Zemmour, ces historiens détruiraient la France, et . Ce livre est censé être une réponse à ces .
Dans l'introduction, Éric Zemmour aborde d'abord son enfance et sa famille. Adversaire de la psychologisation à outrance, il justifie ce choix par la nécessité de dire d'où il parle.
Zemmour relève des figures supposément déchues par ce qu'il nomme les de l'histoire de France. Ainsi, il avance que Catherine de Médicis aurait combattu les Huguenots, non parce qu'ils étaient protestants, mais parce qu'ils se seraient opposés et auraient affaibli la politique du roi de France. Dans un même esprit, il avance que Robespierre serait l'inventeur de l'État-providence, le promoteur de l'État-nation, ainsi qu'un homme de raison. En outre, il fait sien cet éloge d'Ernest Renan : .
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Zemmour consacre à de Gaulle et à Pétain deux chapitres miroirs, dont les sous-titres et . Zemmour les décrit comme et y défend , une thèse révisionniste développée par l'écrivain Robert Aron et depuis largement contredite par les historiens.
Pour Éric Zemmour, la France serait , et la prochaine arriverait bientôt car .
Réception par les historiens Dans une tribune publiée dans Le Monde, l'historien Gérard Noiriel estime que Zemmour cherche à et que son ouvrage constitue une tentative de les historiens de profession. Réfutant la de Zemmour, Noiriel mentionne les erreurs factuelles commises par l'auteur tout au long de son livre ainsi que les amalgames qu'il mettrait en œuvre. Enfin, il ironise sur la adoptée par Zemmour, qui bénéficie d'un accès aux médias bien plus important que les chercheurs qu'il dénonce.
En 2022, un collectif de seize historiennes et historiens soulève son en commentant une série de citations tirées de l'ouvrage. Ses thèses sur Clovis, les croisades, Saint-Louis, le Grand Ferré, Voltaire, la Vendée, Pétain, Simone de Beauvoir, l'indépendance de l'Algérie développées dans l'ouvrage sont qualifiées de . Les auteurs estiment alors qu'il et qu'il cherche à . L'historienne Mathilde Larrère explique dans une vidéo qu'Éric Zemmour attribut à Simone de Beauvoir un faux propos qui est en fait tiré à la lettre du livre 1940-1945 Années érotiques de l'écrivain réputé proche de Zemmour Patrick BuissonMathilde Larrère, https://www.arretsurimages.net/chroniques/arrets-sur-histoire/zemmour-et-la-midinette-beauvoir.
Dans Slate, deux doctorants en histoire médiévale décèlent onze fautes et approximations dans la chapitre consacré à l'histoire médiévale, mentionnant qu'Éric Zemmour propose . Ils expliquent en outre qu'il mobilise à l'appui de son propos des historiens et essayistes très controversés comme Dimitri Casali et Sylvain Gouguenheim ou des historiens en leur temps importants mais aujourd'hui datés comme René Grousset ou Jules Michelet, ignorant ainsi les avancées de la recherche des dernières décennies et les débats historiographiques les plus récents.
Dans NonfictionSite web visant notamment à donner la parole à une nouvelle génération de chercheurs et à faire valoir les points de vue progressistes selon Frédéric Martel, fondateur du site, dans un entretien à Livres Hebdo, 31 août 2007, les doctorants en histoire moderne Guillaume Lancereau, Baptiste Roger Lacan et Jan Synowiecki estiment que, sur la partie consacrée au , Éric Zemmour s'inscrit dans la tradition intellectuelle des anti-Lumières, proches de « l’anti-rationalisme complotiste de l’Action française » ainsi que des écrits de l'auteur d'extrême-droite Pierre Gaxotte sur la Révolution française, et que ses attaques contre Voltaire reproduisent avec lequel il partage .
Réception critique Dans L'Express, Alexis Lacroix trouve passionnant l'. L'opinion de Zemmour, , lui rappelle les réquisitoires du nationaliste Maurice Barrès à la fin du contre les élites de la Troisième République et leurs .
Dans Valeurs actuelles, l'historien Jean-Marc Albert reproche à Zemmour de vanter les mérites de Robespierre.
Sur France Culture, Guillaume Erner considère que l'ouvrage est l’œuvre d'un « réactionnaire intégral ».
Controverses Division des médias sur la promotion du livre Les médias sont divisés sur le traitement à réserver au livre de Zemmour. Ainsi, dans Libération, Laurent Joffrin et Mario Stasi, sur le site de la LICRA (qu'il préside) critiquent ceux qui invitent Éric Zemmour. Ainsi pour Joffrin : .
Sur le service public, les portes lui sont quasi fermées. Son passage annoncé dans l'émission On n'est pas couché est annulé par la société de production. Interrogé, Laurent Ruquier explique avoir décidé de ne pas l'inviterAffirmation contestée dans Valeurs actuelles qui produira une lettre d'engagement envoyée par la production d'ONPC. Interrogé à ce sujet, Éric Zemmour affirmera que Laurent Ruquier l'avait appelé pour lui dire qu’il lui promettait de l’inviter pour la promotion de son prochain livre. De son côté, France Télévision dément toute interdiction d'antenne. Il est néanmoins invité sur France Inter dès la parution de Destin français car pour Laurence Bloch .
Le traitement est différent sur les chaines privés où Zemmour présente son livre sur Sud Radio, C8, dans plusieurs émissions de BFM TV, du groupe RTL et sur LCI. Ainsi son directeur, Fabien Namias, se déclare t-il car pour lui . Seul Jean-Jacques Bourdin refuse de recevoir Zemmour dans Bourdin Direct.
Face à une pétition pour qu', celui-ci répond : .
Une décision éditoriale est prise au groupe Challenges pour que Le Nouveau Magazine littéraire, L'Histoire et Historia ne parlent pas du livre, afin que la polémique ne prenne pas le pas sur les enjeux d'actualité de plus grande importance.
Polémique en marge du livre Interrogé sur ce sujet par Thierry Ardisson dans l'émission Les Terriens du dimanche ! diffusée le , il regrette que les prénoms des enfants donnés en France ne soient plus ceux du calendrier des saints, comme prévu par la loi jusqu'en 1993. La chroniqueuse Hapsatou Sy, née en 1981 avant le changement de la loi, l'interpelle : . Il répond : . Dans la suite de l'échange, coupée au montage, Zemmour affirme que le prénom Hapsatou « est une insulte à la France ». Hapsatou Sy porte plainte. En , Zemmour est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « injure à caractère racial ». Il est condamné, jeudi , par la cour d’appel de Paris pour injure à caractère raciste.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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