La Communauté Saint-Jean ou Famille Saint-Jean regroupe trois congrégations religieuses : les Frères de Saint-Jean, les Sœurs apostoliques de Saint-Jean et les Sœurs contemplatives de Saint-Jean, ainsi que des oblats. Ces communautés, bien que séparées et indépendantes dans leur fonctionnement, partagent une histoire et une spiritualité communes. Elles ont été fondées par Marie-Dominique Philippe en 1975 pour les frères, 1982 pour les sœurs contemplatives et 1984 pour les sœurs apostoliques.
La spiritualité de la Famille Saint-Jean repose principalement sur les écrits de saint Jean l'Évangéliste. Les membres de chaque congrégation vivent une vie communautaire, rythmée par la prière et l'apostolat. La formation intellectuelle, notamment en philosophie et théologie, occupe également une place importante dans la vie des membres.
Depuis 1986, la congrégation des frères de Saint-Jean, plus souvent appelée Communauté des Frères de Saint-Jean, est un institut religieux de droit diocésain dépendant de l'évêque d'Autun (France), c'est-à-dire sous l'autorité de l'Église catholique locale. De même pour les sœurs apostoliques depuis 1993. Quant aux sœurs contemplatives, elles ont initialement été fondées comme institut de droit diocésain, dépendant du diocèse de Lyon., mais dépendent maintenant également de l'évêque d'Autun..
Une enquête historique de 2023 a montré que le fondateur de la Communauté Saint-Jean, Marie-Dominique Philippe, s'est rendu coupable d'abus spirituels et sexuels. Par ailleurs, plusieurs membres de la Communauté Saint-Jean sont reconnus coupables d'agressions sexuelles dont des viols sur adultes, mineurs ou personnes fragiles.
Histoire Fondation à Fribourg en 1975 En 1975, un groupe de cinq étudiants de l'université de Fribourg demande au père Marie-Dominique Philippe d'être leur père spirituel. Sur le conseil de Marthe Robin, il les accompagne dans leur souhait de vie monastique.
En 1978, ce groupe est rattaché pour six ans à l'abbaye cistercienne de Lérins, ses membres en étant oblats, et prend le nom de Communauté Saint-Jean.
Premières implantations
Le premier prieuré est ouvert en 1981 à Cotignac (Notre-Dame-de-Grâces) à la demande de Gilles Barthe, évêque de Fréjus-Toulon.
En 1982, Marie-Dominique Philippe, cessant d'exercer comme professeur à Fribourg, quitte la Suisse. La jeune communauté le suit et s'installe à Rimont, en Bourgogne, où se trouve toujours sa maison mère. Puis le noviciat est ouvert en 1983 à Saint-Jodard (diocèse de Lyon). Il ferme en 2021..
La communauté connaît jusque dans les années 2000 une phase d'expansion avec de nombreuses fondations en France (La Chaise-Dieu, Murat, Pellevoisin, Orléans, Boulogne-Billancourt, etc.). Elle ouvre aussi des implantations à l'étranger, notamment à Taïwan, Genève et progressivement sur les cinq continents.
Naissance de la Famille Saint-Jean thumb|Noviciat et prieuré d'études philosophiques à Saint-Jodard (Loire). À ses débuts, la Communauté Saint-Jean est uniquement masculine, mais de nombreuses personnes gravitent autour. Des laïcs s'engagent comme oblats dès 1981, continuant leur vie dans le monde tout en étant proches de la communauté. Alix Parmentier, ancienne secrétaire de Marie-Dominique Philippe à Fribourg, fonde avec lui une communauté de sœurs contemplatives en 1982, mais rapidement, certaines se sentant une fibre plus active se séparent et fondent la communauté des sœurs apostoliques (en 1984).
Mises en cause de la communauté (2001-2009) Dans les années 2000, la Famille Saint-Jean connaît un certain nombre de difficultés, marquées par des départs et l'obligation de se restructurer. Une dizaine de frères, contestant la part trop importante de l'enseignement de Marie-Dominique Philippe par rapport à d'autres théologiens ou philosophes, partent chez les dominicains après le chapitre général de 2001. C'est pendant cette période, en 2000, que le cardinal Lustiger retire à la congrégation la charge de l'aumônerie du collège Stanislas de Paris. Ils ont également dû quitter le collège de La Salle Passy Buzenval situé à Rueil-Malmaison. Il est alors reproché à la communauté un manque de discernement dans son recrutement.. En 2001, Marie-Dominique Philippe laisse le gouvernement de la communauté à un deuxième prieur général élu, le père Jean-Pierre-Marie Guérin-Boutaud.
Marie-Dominique Philippe cesse d'enseigner en 2003 à la suite de la demande de la hiérarchie, pour une , précise Pierre Calimé, porte-parole de l'évêque d'Autun.. En 2004, Joseph Madec, ancien évêque de Fréjus-Toulon accompagne la communauté comme assistant religieux avec Hubert Niclasse, ancien prieur de la province dominicaine de Suisse..
En , le cardinal Barbarin, évêque ordinaire des sœurs contemplatives, démet de ses fonctions les sœurs chargées du gouvernement, dont la fondatrice, sœur Alix, après avoir constaté des dérives sectaires. S'ensuit une grave crise pour cette congrégation pendant plusieurs années qui aboutira en par un acte du pape François autorisant les sœurs dissidentes à fonder une nouvelle communauté., la communauté des sœurs de .
Depuis la mort de Marie-Dominique Philippe (2006) Le , Marie-Dominique Philippe meurt à Saint-Jodard (Loire)., un mois après avoir perdu l'usage de la parole à cause d'un accident vasculaire cérébral. Selon un télégramme de condoléances écrit par le cardinal Angelo Sodano à destination du prieur général de la Communauté Saint-Jean, le pape Benoît XVI rend hommage à .
En , sous la présidence de Benoît Rivière, évêque d'Autun le chapitre général des frères de Saint-Jean, constitué d'une cinquantaine de frères délégués, élit un nouveau prieur général pour un mandat de six ans, le père Thomas Joachim (renouvelé en 2016). Il remplace le père Jean-Pierre-Marie arrivé au terme de ses deux mandats de six et trois ans.. C'est sous son mandat que débutent les révélations sur les déviances sexuelles du père Marie-Dominique Philippe.
Le , le frère François-Xavier Cazali est élu pour succéder au frère Thomas Joachim.. Lors de la seconde session du chapitre général, en , la congrégation prend la décision d'une nouvelle étape dans le processus d'autonomie vis-à-vis de la figure du fondateur. Confirmée par le secrétaire du dicastère romain pour les religieux, l'évêque José Rodríguez Carballo, cette nouvelle direction implique que . vu qu'il ne peut être un modèle de vie à cause des révélations faites depuis 2013 sur ses comportements abusifs.. La Communauté Saint-Jean opte par ailleurs pour une révision des constitutions pour une clarification du charisme de l'institut ; la mise en place de régions provinciales plus autonomes fait partie de ce processus.
Lors de son chapitre général de 2022, la Communauté a indiqué qu'
En , les Frères de Saint-Jean rendent publique le rapport de la Commission Comprendre et Guérir demandée par le précédent Chapitre général. À travers des recherches historiques, théologiques et psychologiques, le rapport pose un diagnostic sur les abus sexuels notamment perpétrés par des Frères de Saint-Jean..
Le , le Chapitre général réélit frère François-Xavier Cazali comme prieur général pour un mandat de trois ans..
Structure et implantations Organisation La Famille Saint-Jean se compose de plusieurs branches.
Congrégation des frères de Saint-Jean Fondée en 1975 par Marie-Dominique Philippe, la Congrégration des frères de Saint-Jean est un institut religieux de droit diocésain dépendant de l'évêque d'Autun depuis 1986. Sa maison-mère et son siège est à Rimont, Fley. Après un temps de noviciat et de formation philosophique et théologique (environ neuf ans), les frères vivent dans des prieurés apostoliques comptant en moyenne cinq ou six frères. Les membres sont des religieux liés par les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, environ deux tiers d'entre eux sont prêtres. Leur vie se partage entre prière, étude, vie fraternelle et apostolat. Leur mission est variée, auprès des paroisses, des jeunes, des populations défavorisées, etc. La congrégation est dirigée par un prieur général élu pour six ans (renouvelable une fois pour trois ans), c'est François-Xavier Cazali qui assume cette fonction depuis . Il est réélu le pour un mandat de trois ans.
La Congrégation est structurée depuis en 5 provinces (France, Europe, Amériques, Afrique et la vice-province d'Asie-Océanie).. Les 18 prieurés en France constituent la province de France qui a élu Henri-Dominique de Certaines Prieur provincial en ..
Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean (1982-2005)
En , Tünde Szentes, ancienne secrétaire de Marie-Dominique Philippe à Fribourg, fonde la communauté des sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean. Elle place sa communauté sous la « double fidélité » au judaïsme et au christianisme. En , le cardinal de Lyon, Albert Decourtray donne à la communauté le statut d'association privée de fidèles. En , elle est annexée par la « Famille Saint-Jean » et en devient une de ses branches. En , dans le diocèse de Lyon, le statut d'association de fidèles est retiré à la communauté par décret du cardinal Philippe Barbarin. Une décision « rare et grave » prise en « raison de difficultés qui sont apparues, notamment en termes d'orientations religieuses.... » En , la Gendarmerie nationale effectue des perquisitions et des interrogatoires approfondis de la communauté. Le procureur de la République conclut : « Pas de trace de séquestration ou de maltraitance », « on n'a rien trouvé qui puisse donner corps à des dénonciations.. »
Congrégation des sœurs de Saint-Jean (sœurs contemplatives) thumb|Maison des sœurs contemplatives à Troussures. La Congrégation des sœurs de Saint-Jean (communément appelées sœurs contemplatives), érigée en Institut religieux de droit diocésain par l'archevêque de Lyon en 1994, a été fondée par Marie-Dominique Philippe en 1982, soit sept ans après les frères de Saint-Jean, et la première prieure est Alix Parmentier (1930-2016). La maison-mère des sœurs contemplatives est à Saint-Jodard et leur siège se trouve actuellement au prieuré de Troussures. Les prieurés des sœurs contemplatives comptent en moyenne huit sœurs. Les sœurs sont des moniales qui vivent une vie de prière, de vie communautaire et de travail manuel, elles vivent leur consécration totale à Dieu dans le silence et la solitude. Leur habit se distingue par son voile blanc. Une prieure générale élue pour six ans dirige la congrégation. La prieure générale actuelle est sœur Paul-Marie Moulin, en fonction depuis 2015..
Congrégation des sœurs apostoliques de Saint-Jean vignette|Le prieuré Saint-Hugues de Semur-en-Brionnais, maison-mère et noviciat des sœurs apostoliques. La Congrégation des sœurs apostoliques de Saint-Jean a été fondée en 1984. Elle a été reconnue comme congrégation religieuse de droit diocésain par l'évêque d'Autun, en 1993. Leur vie apostolique se réalise dans une vie d'évangélisation, par l'accueil et l'aide spirituelle dans les diocèses : centres de retraites, aumôneries d'écoles, d'hôpitaux et de prisons, participation à l'animation de paroisses. Leur mode de vie et leur charisme sont proches de ceux des frères, hormis le sacerdoce. La prieure générale est sœur Claire-de-Jésus Salvaige de Lamargé, depuis le .. La congrégation a sa maison-mère et son siège à Semur-en-Brionnais.
Lors du chapitre général de 2021, les sœurs apostoliques de Saint-Jean ont réformé leur gouvernance afin de restaurer la confiance dans la congrégation à la suite notamment d'« agressions sexuelles, d'abus spirituels, de maltraitance ». Néanmoins 35 religieuses, sur les 190 engagées, ont demandé une dispense de résidence en communauté pour une durée d'un an...